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La recherche de l’art #4, à l’ENSP – Arles

Les Rencontres 2015 à Arles se terminent en fin de semaine. Nous avons déjà évoqué ici nos impressions de visite et chroniqué plusieurs expositions qui nous ont particulièrement intéressées (« Imponderable »,« Congo », « LP Collection, les trésors cachés de la musique underground »)

Ce bref billet a pour objet de réparer un regrettable oubli. En effet l’exposition « La recherche de l’art #4 » proposée par les étudiants de l’École nationale supérieure de la photographie (Florian Da Silva, Célia Honoré, Margot Laurens et Vincent Marcq ) mérite sans aucun doute une mention et une visite si vous passez par Arles avant le 20 septembre.

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Tony Oursler, « Imponderable » aux Rencontres 2015, Arles

« Imponderable » de Tony Oursler est certainement l’exposition la plus surprenante et la plus dérangeante parmi celles que proposent les Rencontres de la photographie 2015.

Commanditée et produite par la fondation LUMA, organisée par Beatrix Ruf et Tom Eccles, « Impondérable » est le résultat d’un étonnant projet de recherche autour d’une étrange collection personnelle de l’artiste américain Tony Oursler.

Depuis les années 1990, l’artiste américain a rassemblé plus de 2 500 photographies, publications et objets uniques remontants parfois au début du XVIIIe siècle.  Tous ces documents s’intéressent aux phénomènes occultes, à la pensée spéculative, à la magie, au paranormal, à la fantasmagorie… Le communiqué de la Fondation Luma souligne  que l’impondérable pour Tony Oursler,  c’est « l’idée de ce qui ne peut être déterminé avec précision, mesuré, ou évalué de manière physique » mais aussi le terme qu’utilisaient les scientifiques du XVIIIème « pour décrire le magnétisme, l’électricité, et d’autres énergies qu’on ne parvenait pas alors à quantifier ».

Dans la vidéo ci-dessous, Tom Eccles co-commissaire de l’exposition avec Beatrix Ruf explique comment ils ont imaginé et construit l’exposition.

« Impondérable »  s’articule autour de deux objets :

  • « Impondérable – Les Archives de Tony Oursler », un ouvrage bilingue (français/anglais) de plus de 650 pages avec 2500 illustrations et plusieurs contributions d’universitaires est publié aux Presses du réel.

Tony Oursler, Impondérable, Rencontres 2015, Arles - Vue exposition 05_1

  • Un film en « 4D » (cette quatrième dimension s’imposait), réalisé par Tony Oursler  qui selon le même communiqué de la Fondation Luma  « explore les systèmes de croyance conflictuels et en chevauchement qui sont implicites dans l’engagement de son grand-père dans la démythification de toute activité paranormale ».
Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler - Holmes - Conan Doyle
Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler – « Holmes / Conan Doyle »

L’ensemble est présenté dans un des espaces rénové de l’atelier des Forges. Une confortable salle de projection adaptée à la « quatrième dimension » est précédée d’un hall d’accueil, où l’on patiente avant la projection en feuilletant  « Impondérable – Les Archives de Tony Oursler ».

Trois tables permettent de consulter cet ouvrage et de visionner sur d’étonnants écrans translucides, aux couleurs acidulées, des présentations « fantomatiques » de plusieurs objets de la collection. Dans une vidéoprojection plus classique s’enchaînent les curieuses archives assemblées par Tony Oursler.

Tony Oursler, Impondérable, Rencontres 2015, Arles
Tony Oursler, Impondérable, Rencontres 2015, Arles

Avant de pénétrer dans la salle de projection, on peut évidemment acheter  les indispensables sodas et Pop-corn… Une provocation qui irrite probablement les cinéphiles sourcilleux !

Le programme imprimé au revers de l’affiche qui est offerte à l’entée de la salle informe que la fascination d’Oursler pour les domaines du surnaturel est « enraciner dans son histoire familiale : son grand-père, Fulton Oursler était un auteur célèbre et un éditeur ; il était ami avec le magicien Harry Houdini et Artur Conan Doyle, le créateur de Sherlock  Holmes. Fulton prenait un intérêt particulier à dénoncer les fraudes des médiums spirites et à démystifier les prétendues preuves (souvent photographiques) qu’ils présentaient pour soutenir leurs incroyables affirmations ».

Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler
Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler

On retrouve donc Houdini et Conan Doyles, mais aussi Frankenstein, plusieurs membres de la famille Oursler et bien d’autres personnages dans une série de saynètes  incroyables, improbables où se mêlent kitsch, mauvais goût, bricolage et technologie numérique, dérision et l’humour. De quoi ravir les amateurs de « mauvais genres », des films de série Z et probablement les inconditionnels des Monty Python… Il faut convenir que ce genre d’humour ne doit pas plaire pas à tous, car nombreux sont les spectateurs qui se lassent rapidement… malgré la quatrième dimension !

Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler
Image fixe extraite du film « Imponderable » de Tony Oursler

Nous avons beaucoup apprécié cette invraisemblable succession de magiciens, d’illuminés, de pseudo-scientifiques dans « Cristaux de sang », « Madame Vesta, médium musical », « Un ange ? », « Au-delà du spectre » ou encore « Chanson de l’étincelle de vie »…
Mais, avouons-le ! Plus d’une heure et demie, c’est un peu « longuet »…

Au générique de cette réalisation de Tony Oursler, on trouve  Jim Fletcher, Sarah Kinlaw, Mark Mitton, Brandon Olson, Keith Sanborn, Holly Stanton, Madeleine Ruggi, Katie Langjahr, Josie Keefe, Kim Gordon, Constance DeJong et Tony Oursler. La musique originale est de J.G. Thirlwell.

Les admirateurs du travail de Tony Oursler  peuvent également être surpris… Loin des projections dans des installations complexes comme Phantasmagoria, sur des sphères (Obscura, Eyes…) ou sur des corps ou des poupées, Tony Oursler  retrouve ici une classique salle de projection même sur celle-ci est équipée pour la « 4D ».

Les amateurs de Photographie s’interrogeront certainement sur la présence de cette proposition dans le festival..

À l’évidence, on est très loin des classiques alignements d’images sur des cimaises, quelle qu’en soit la qualité par ailleurs !

Après les propositions autour de Frank Gehry , en 2014, avec « Solaris Chronicles », la Fondation Luma confirme sa volonté de présenter des expositions particulièrement originales dans leur conception comme dans leur présentation et dans une certaine mesure d’interroger l’exposition comme dispositif de médiation…  Une expérience clairement plus cohérente et aboutie que celle que nous propose Matin Parr et Mathieu Chedid avec « MMM » .

En savoir plus :
Sur le site des Rencontres de la photographie
Sur le site de la Fondation Luma
Sur le site de Tony Oursler

Alex Majoli et Paolo Pellegrin, « Congo » aux Rencontres 2015, Arles

Après la semaine d’ouverture, on avait écrit ici que « Congo » d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin était un de nos coups de cœur de ces Rencontres 2015. Un deuxième passage au Magasin électrique, confirme l’émotion et le plaisir de cette découverte du début du mois de juillet.

La magie de cette remarquable exposition repose avant tout, surles superbes images d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin. Cependant, la scénographie de  Daria Birang, qui assure le commissariat et son évidente complicité avec des deux photographes italiens de l’agence Magnum, donne à « Congo » son caractère très singulier.

Plutôt que de paraphraser ici le discours des deux photographes, on vous invite à regarder cette vidéo récemment mise en ligne par les Rencontres de la photographie :

Les images présentées dans  « Congo » sont réellement denses et captivantes. Chacune propose un regard particulier, chaleureux et empathique, mais toujours avec distance, sur le pays et ses habitants.

Alex Majoli et Paolo Pellegrin, « Congo ». Magasin éléctrique, les Rencontres de la photographie 2015, Arles © Alex Majoli/Magnum Photos

Dans son introduction à l’ouvrage  « Congo. Photographies d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin » publié chez Aperture, Alain Mabanckou, écrivain congolais écrit « au cours du projet, (les photographes) ont dû devenir des « Congolais » à plein temps, vivant avec les gens dans les villes et les villages, partageant leurs joies et leurs peines, traversant des rivières, marchant dans des décharges publiques, se mélangeant à la foule d’enfants survoltés, errant sur les bancs des affluents et des courants, regardant l’endurance des dockers. »

Alex Majoli et Paolo Pellegrin, « Congo ». Magasin éléctrique, les Rencontres de la photographie 2015, Arles © Paolo Pellegrin/Magnum Photos

Sans titre, sans légende, sans indication de lieu ou de date et sans crédit individuel, les paysages, les portraits, les scènes du quotidien de jour comme de nuit se succèdent avec intelligence dans une mise en espace et un accrochage très réussis…

Dans cette très éloquente scénographie, par leur dialogue ou leur contraste, les images d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin offrent aux visiteurs de multiples amorces narratives, sans jamais imposer de discours et en laissant leur place à l’imagination et à la sensibilité du regardeur.

Pour chaque cimaise, la disposition et l’agencement des images construisent des séries, des associations, des confrontations qui font émerger des conversations ou des oppositions toujours pertinentes.

Vastes panoramiques et grands formats alternent judicieusement  avec des images plus « intimes ». L’accrochage rythme le parcours avec intelligence. Il sait ménager l’espace et  le tempo indispensable au regard du visiteur, à son plaisir, à sa contemplation, à son émotion et à sa divagation. Il sait aussi le provoquer, le bousculer et relancer quand il faut son l’attention.

Si la majorité des photographies est en noir & blanc, quelques images en couleurs et quelques collages offrent des ruptures intéressantes.

La lumière zénithale des verrières et des rampes de néons produit un éclairage uniforme et homogène particulièrement réussi. Les tirages photographiques, souvent grands formats, sur des supports sans protection par vitrage, éliminent opportunément tout reflet désagréable.  L’ensemble offre un excellent confort au visiteur.

Alex Majoli et Paolo Pellegrin, « Congo ». Magasin éléctrique,  les Rencontres de la photographie 2015, Arles
Alex Majoli et Paolo Pellegrin, « Congo ». Magasin éléctrique, les Rencontres de la photographie 2015, Arles

Dans le seul texte de l’exposition, qui introduit le parcours, Alain Mabanckou souligne avec pertinence : « Alex Majoli et Paolo Pellegrin confirment que la vraie photographie est, au fond, celle qui redonne une existence autonome ou un sens particulier à ce qui nous paraît lointain, voire sans intérêt. La vraie photographie sait composer avec la pudeur sans pour autant s’adonner à l’autocensure. C’est ce juste milieu que l’on ressent dans ce travail. Le résultat ne trompe pas : l’émotion est présente, et elle est souvent poignante ».

S’il n’y a qu’une exposition à voir dans ces Rencontres 2015, c’est peut-être celle-là !

L’exposition bénéficie du soutien de Cherry Tree Arts Initiatives.
Les recettes de la vente du livre (300 dollars) vont à Lynx for Hope, association à but non lucratif dédié aux programmes de développement.

En savoir plus :
Sur le site des Rencontres de la photographie d’Arles
À propos d’Alex Majoli sur le site de l’agence Magnum
À propos de Paolo Pellegrin sur le site de l’agence Magnum
Les images de « Congo. Photographies d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin » sur le site de l’agence Magnum
L’ouvrage « Congo. Photographies d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin » est en vente sur le site d’Aperture

LP Collection, les trésors cachés de la musique underground, Rencontres 2015, Arles

Dans une première chronique, on avait évoqué une cannibalisation éventuelle du travail de LP Company (Laurent Schlittler et Patrick Claudet) par une trop grande proximité avec la pléthorique exposition « Total Record , La grande aventure des pochettes de disques photographiques ».

Un deuxième passage à Arles confirme cette impression.
« LP Collection, les trésors cachés de la musique underground » est un projet particulièrement original et passionnant qui mérite qu’on lui accorde l’attention nécessaire.

LP Collection, albums emblématiques 02

L’exposition occupe une partie des espaces rénovés au premier étage de l’atelier des Forges. Le parcours enchaîne quatre espaces, séparés par d’élégantes cimaises noires ou blanches dont l’uniformité est rompue par des disques ou des portions de disques de teinte inverse. L’accrochage, la scénographie et l’éclairage simples et efficaces sont particulièrement réussis et au service de ce projet pas banal.

LP Company (Laurent Schlittler et Patrick Claudet)

En introduction, quelques textes et une vidéo racontent sommairement la rencontre de Laurent Schlittler et Patrick Claudet. Le premier est écrivain, le second scénariste. Ils partagent le même bureau et surtout une passion pour une musique underground de groupes obscurs qui ne diffusent leur travail que sous la forme de disques 33 tours (Long Play), autoproduits et aux pochettes  généralement « bricolées ».

LP Collection, 45 albums emblématiques

Ces documents nous apprennent que de leur intérêt commun est née The LP Collection qui compterait actuellement 6 752 LPs.  Quarante cinq albums emblématiques de cette collection sont présentés dans les premiers espaces, mais sous la forme de reproductions photographiques, en raison de la fragilité et de la rareté des pochettes originales.
On découvre que Laurent et Patrick ont rapidement commencé un travail de recherche documentaire à propos de ces groupes ignorés, et qu’ils ont publié chez l’éditeur Le Mot et le Reste, un ouvrage : « LP Collection, les trésors cachés de la musique underground ».

The LP Collection. Les trésors cachés de la musique underground

On lira dans le compte rendu de visite ci-dessous qu’à mesure que l’on progresse dans la découverte de cette exposition un doute s’installe à propos de cette collection…

Des « Albums emblématiques » jusqu’au « On dirait le Sud » en passant par les « Figures énigmatiques », ce qui apparaît d’abord comme évident, devient vraisemblable… puis peu à peu improbable. Progressivement, on perçoit qu’il y a quelque chose qui ne sonne pas « juste » dans cette musique underground,  quand bien même, on nous propose, en fin de parcours, d’écouter quelques « reprises » de ces morceaux.

En effet, LP Collection est une collection de disques imaginaires. À partir de photos d’objets ou de journaux, Laurent et Patrick  ont créé des pochettes de 30 cm, inventé des noms de groupes, produit des listes de morceaux et rédigé des chroniques sur ces artistes et leurs musiques sans qu’une seule note de musique n’existe et à fortiori n’ait été enregistrée.

Après avoir produit ainsi une cinquantaine d’albums, Laurent et Patrick ont demandé à des artistes réels de bien vouloir « reprendre » certains des titres du « catalogue »… Des disques ont alors été enregistrés et les morceaux sont jouée en public ! (à découvrir sur le site The LP Collection) Ils démontrent ainsi  avec un humour décapant que « la fiction engendre de la réalité ou alors que la critique fait de la musique » !

Avec cette étonnante collection, les deux acolytes  avouent parler d’eux-mêmes, mais aussi du monde qui les entoure.

LP Collection, albums emblématiques 03

L’exposition est un contre-point parfait, ou plutôt un formidable contre champ (chant) à Total Records. Elle offre des pistes très productives pour un regard critique de cette (trop) abondante exposition. Ce projet permet de mettre à distance les inévitables bouffées de nostalgie que provoquent ces 600 albums réels rassemblés par Total Records

 « LP Collection, les trésors cachés de la musique underground »  est un projet original, un des plus réussi des ces Rencontre 2015 ! À ne pas manquer !
Lire ci-dessous notre compte rendu de visite.

Commissaire de l’exposition : Sam Stourdzé.
Publication : « The LP Collection. Les trésors cachés de la musique underground », Le Mot et le reste, 2014

En savoir plus :
Sur le site des Rencontres de la photographie
Sur le site de The LP Company
Sur le site The LP Collection
Sur la page Facebook de The LP Company
Suivre The LP Company sur Twitter

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Les Rencontres d’Arles 2015 – Premières impressions

Après le marathon  de la semaine d’ouverture, voici nos premières impressions sur ces Rencontres 2015.
Globalement l’ambiance de ces « nouvelles » Rencontres 2015, sous la direction de Sam Stourdzé, se déroulent dans une ambiance apaisée. Les liens avec la ville et les autres institutions, en particulier la Fondation Luma, semblent à la fois plus simples et plus fructueuses. L’organisation le même soir de la Nuit de l’Année et  de la Nuit de la Roquette montre la volonté de renforcer les liens avec la ville. Cette initiative aura été l’occasion de découvrir la friche industrielle des Papeteries Etienne à Trinquetaille, de l’autre côté du Rhône, face au Musée Départemental  Arles Antiques. Ce site devrait être investi par les Rencontres 2016 à la place des Ateliers qui seront alors entièrement occupés par la Fondation Luma. Pour les années suivantes, l’avenir reste encore incertain, mais la volonté affirmée par Sam Stourdzé et ses interlocuteurs conduiront certainement à offrir aux Rencontres la visibilité sur le moyen terme souhaitée par son directeur.

Total Records - Les Rencontres de la photographie, Arles 2015
Total Records – Les Rencontres de la photographie, Arles 2015

La réduction du nombre des expositions d’une cinquantaine à 35, loin de nuire au Festival, lui donne au contraire plus de cohérence et  force. La programmation autour de grandes thématiques (Relecture, Résonances, Je vous écris d’un pays lointain, Les plateformes du visible, Étranges collectionneurs et Émergences) offre à l’ensemble une lisibilité simple et claire…

Du côté des expositions, on trouvera ci-dessous nos premières impressions. Au cours de l’été, des comptes-rendus de visite viendront éventuellement  compléter cette chronique.

Coup de cœur pour « Congo » d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin et dans une moindre mesure pour « Total Records ».
Mentions pour « Duck, une théorie de l’évolution » d’Olivier Cablat, « Tourisme de la désolation » d’Ambroise, « Affaires Privées » de Thierry Bouët et « Les paradis, rapport annuel » de Paolo Woods et Gabriele Galimberti  .
Grosse déception avec « MMM » de Matthieu Chedid et Martin Parr.

En savoir plus :
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