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Geneviève Asse au musée Fabre à Montpellier.

Du 24 novembre 2012 au 1 0 mars 2013, le musée Fabre présente, dans les salles contemporaines, 22 œuvres de Geneviève Asse, produites entre 1948 et aujourd’hui. Petites toiles et grands formats retracent la carrière de l’artiste en peinture. Toutes les toiles proviennent  de son atelier, 10 sont inédites.

Boîtes bleues, 1948, 75 x 93 cm
© Jean-Louis Losi / ADAGP Paris 2012

L’exposition s’ouvre sur une œuvre emblématique, Boîtes bleues, peinte en 1948.  Cette toile illustre ses premières recherches. Jusqu’au tout début des années 50, elle peint des natures mortes très formelles où s’empilent boîtes, bouteilles ou verres et quelques paysages (Aigues-Mortes, 1957).
Par la suite, les formes se fondent dans la surface de la toile. L’objet  se dissout peu à peu,  jusqu’à une abstraction totale. La couleur et la ligne, la lumière et les effets de transparences  deviennent sujets d’expérimentation.
Geneviève Asse  réalise ainsi de grandes toiles d’une gamme de bleus.  Seuls une ligne et un espace viennent perturber la sérénité de ces toiles qui invitent à la méditation, au voyage.

Cette couleur bleue est  aujourd’hui associée à Geneviève Asse, comme le noir peut l’être à Soulages. « Cette couleur est venue spontanément à moi. Il y a toujours eu du bleu dans ma peinture, mais il a grandi à partir des années 1970. Il est venu me chercher, puis s’est graduellement répandu. D’abord, ce fut des bleus de toutes sortes, ensuite un bleu différencié qui m’appartient vraiment, je crois. Petit à petit, j’ai trouvé mon bleu. J’avais utilisé des bleus foncés et des bleus très clairs avant d’arriver à ce bleu personnel, qui mélange des gris et d’autres bleus »[1]

Insoupçonné au premier regard, le geste est à l’origine du tableau. Instinctif, il est fait d’un coup, sans repentir. La matière est fluide, posée par de larges brosses aux poils usés. La trace fine et transparente recouvre progressivement les couches précédentes.

L’exposition du musée Fabre dévoile parmi les 10 œuvres inédites du fonds d’atelier de l’artiste une série des carrés de même format (105 x 105 cm) réalisés entre 1987 et 1994, variation autour de la ligne et du passage de la couleur,  ainsi que des œuvres très récentes comme Verticale lumière II de 2011.

Sans titre, 1987, 1993 et 1994, huiles sur toile, 105 x 105 cm
© Jean-Louis Losi / ADAGP Paris 2012

Cette exposition inaugure un cycle inédit consacré à l’art de Geneviève Asse à la veille de ses 90 ans. Quatre expositions et évènements ponctueront l’année 2013 dans plusieurs musées français.  Originaire de Bretagne, Geneviève Asse prépare une donation au musée des Beaux-arts de Vannes. Le Centre Pompidou lui consacrera sa première rétrospective d’ampleur en 2013 autour des grands formats.  Le Musée des Beaux-arts de Lyon se concentrera, lui, sur son œuvre  graphique.


[1] Entretien avec Sylvia Baron-Supervielle, Un été avec Geneviève Asse, l’Échoppe, 1996, p.73

Repères biographiques

1923
Naissance de Geneviève Asse à Vannes (Morbihan). Elle est élevée par sa grand-mère maternelle, dans la presqu’île de Rhuys.

1933-1940
Ses parents ont divorcé. À dix ans, Geneviève et son frère jumeau rejoignent leur mère à Paris.
Elle visite de nombreux musées en France, en Belgique, aux Pays-Bas.
En 1937 à l’Exposition Universelle, elle est séduite par Dufy et Delaunay exposés dans le pavillon français.

1940-1942
Étude à l’École Nationale des Arts décoratifs. Découverte de Chardin et Cézanne au Musée du Louvre. Sa mère se remarie. Geneviève Asse vit à Montparnasse. Rencontre d’Othon Friesz. Elle fréquente l’atelier du groupe de l’Echelle, réunion de jeunes peintres travaillant autour de la nature morte. Dans l’atelier de la rue de la Grande-Chaumière, accessible par une échelle, Geneviève Asse, peint ses premières natures mortes, boîtes empilées, disposées dans l’espace.

1944
Elle rejoint son frère chez les FFI. Elle s’engage dans la 1ère DB comme conductrice ambulancière et  participe aux campagnes d’Alsace et d’Allemagne. Volontaire pour l’évacuation des juifs français du camp de Terezin, elle est décorée de la Croix de guerre en 1945.

1946
De retour à Paris, elle vit à Saint-Germain-des-Prés, et dessine pour les maisons de tissus Bianchini-Ferrier, Flachard, Paquin, et pour Jean Bauret. Industriel du textile, collectionneur et mécène, il mettra à sa disposition un atelier, ce qui lui permettra de travailler à de grands formats. Jean Bauret la présente à la galeriste Jeanne Bucher et aux artistes qu’il soutient : Nicolas de Staël, Serge PoliakoffBram van Velde, Samuel Beckett, André Lanskoy, Serge Charchoune.
En 1946 et 1947, elle expose au salon d’Automne.

1948
Geneviève Asse découvre l’Italie à l’occasion d’un voyage en Sicile et en Calabre.

1950
Elle installe son atelier boulevard Blanqui. Ces années sont très difficiles matériellement.

1954
Rencontre du poète et éditeur Pierre Lecuire, qui lui achète des toiles et l’intéresse à la gravure. Elle réalisera avec lui plusieurs livres. Première exposition à Paris, Galerie Michel Warren.

1957
Séjour aux environs de Saint-Tropez, dans un petit cabanon où avait séjourné Colette. Ses recherches tendent à faire disparaître l’objet.

1959
Voyage en Catalogne.

1960
Grandes toiles blanches. Première exposition à Genève, Galerie Benador.

1961
Exposition à Milan, Galerie Lorenzelli.
Rencontre à Bologne de Giorgio Morandi et de l’écrivain Silvia Baron-Supervielle.

1963-1964
Voyage it séjourné Colette. Ses

quand elle peint. à Londres, où elle admire les tableaux de Turner.
Exposition de groupe à la Galerie Krugier, à Genève. Elle présente une grande toile, Hommage à Turner.

1965
Séjour en Espagne et au Portugal. Au Musée du Prado, elle découvre les peintures de Zurbaran, Velázquez et Goya.
Exposition à  Oslo au Kunstnernes Hus.

1969
Première exposition personnelle, galerie Krugier à Genève.

1970
Exposition personnelle au Centre National des Arts Plastiques, rue Berryer à Paris.
Elle s’installe dans l’atelier qui est le sien aujourd’hui, rue Ricaut.

1972 Un grand nombre de ses gravures sont acquises par la Bibliothèque Nationale.
La Ligne blanche intérieure de 1971 entre dans les collections du Musée National d’Art Moderne. Geneviève Asse illustre et édite Abandonné, un texte inédit de Samuel Beckett.

1973
Le Centre National d’Art Contemporain consacre une exposition au poète et éditeur Pierre Lecuire avec lequel Geneviève Asse collabore régulièrement. Y sont présentés, les livres L’Air, Les Litres, Hommage à Morandi  illustrés de pointes sèches et de burins de l’artiste.

1974
Exposition chez Jan Krugier à Genève.

1975
Exposition personnelle au Château de Ratilly.
Elle compose et illustre le livre Les Fenêtres, poèmes de Silvia Baron-Supervielle.
Le musée Cantini de Marseille acquiert la Porte Paysage de 1961.

1977
Le Cabinet des Estampes du Musée d’Art et d’Histoire de Genève présente la totalité de son œuvre gravé.
Elle compose et illustre Haeres avec le poète André Frénaud.

1978
L’exposition de son œuvre gravé est reprise au Musée d’art moderne de la ville de Paris.
Geneviève Asse donne une centaine de ses gravures et la totalité de ses livres à la Bibliothèque Nationale.
La Manufacture des Gobelins tisse Ouverture II, à partir d’un carton de l’artiste.
La Manufacture de Sèvres réalise plusieurs de ses projets en porcelaine.
Exposition « L’Ecole de Paris : 13 peintres de 1956 à 1976 » parmi lesquels figure Geneviève Asse, présente en Italie, Espagne et Pologne.

1979
Exposition au Venezuela .

1980
Exposition des dessins de Geneviève Asse, au musée des beaux-arts de Rennes.

1981
Exposition personnelle à Londres.

1982
Geneviève Asse  illustre le livre Ici en deux, avec les poèmes d’André du Bouchet.
Exposition de l’œuvre graphique et des livres au Henie-Onstad Kunstsenter de Hövikodden en Norvège.

1987
Exposition « Geneviève Asse : peintures 1980-1987 » au Musée Cantini. Sont présentés deux grands tapis réalisés pour le Mobilier National par la Manufacture de Lodève en 1984 et 1985-86.

1988-1989
Rétrospective au Musée d’art moderne de la ville de Paris.
Geneviève Asse  acquiert à l‘Ile aux Moines, dans le Golfe du Morbihan, une maison, où elle a passé son enfance.
Elle entre à la galerie Claude Bernard où elle expose en 1989.
A la demande de Jean Bazaine, elle réalise douze vitraux pour la cathédrale de Saint-Dié.

1993
Voyage au Maroc.

1995
Le Musée des beaux-arts de Rennes, le Frac Bretagne et le Musée de Bourg-en-Bresse s’associent pour présenter ses peintures de 1943 à 1995, particulièrement les grandes toiles bleues des années 1970 à 1995.

1996
Elle réalise un livre d’entretiens, ouvrage intimiste avec Silvia Baron-Supervielle, Un été avec Geneviève Asse, aux Editions L’Echoppe à Paris.

1996-1998
Elle travaille à un ensemble de vitraux avec Olivier Debré pour la collégiale de Lamballe (Côtes-d’Armor)

1997
Le Musée de la Cohue à Vannes présente un choix d’œuvres retraçant le chemin de sa création en empruntant le sentier des arts décoratifs : Geneviève Asse, le volume et le trait.

1998
Rainer Michael Mason élabore un catalogue raisonné de son œuvre imprimé, lors de l’exposition Geneviève Asse, l’œuvre imprimé 1942-1997, au Cabinet des estampes du musée d’art et d’histoire de Genève.

1999
Catherine Putman présente les œuvres de Geneviève Asse dans différentes foires internationales, comme la FIAC, la foire de Bâle, Madrid…

2000
La galerie Marwan Hoes, à Paris, présente une exposition personnelle, intitulée « Petits formats, 1943-2000« .

2001
Elle participe à l’exposition des nouvelles acquisitions du Cabinet d’art graphique du centre Georges Pompidou.

2003
Hommage à Geneviève Asse organisé au Musée des beaux-arts de Rennes à l’occasion de son importante donation.

2006
Stèles, musée des Beaux-Arts de Quimper.

2008
Inauguration des vitraux de la collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance de Lamballe

2009
Quatrième exposition à la gème ealerie Oniris2 de Rennes, depuis 1995

2009-2010
Exposition au Musée des Beaux-Arts de Rouen.

À lire :

Jean-Luc  Daval, Germain Viatte,  Geneviève Asse, Genève, Paris, Skira, Rennes, Musée des beaux-arts, 1995.
Silvia Baron Supervielle,  Un été avec Geneviève Asse, Paris, L’Echoppe, 1996.
Silvia Baron Supervielle, Jean Leymarie, Marie-Françoise Le Saux, Geneviève Asse : peinture, Plomelin, Palantines, 2004.
Silvia Baron Supervielle, Marie-Claude Coudert, Laurent  Salomé, ,Geneviève Asse : exposition, Rouen, Musée des beaux-arts, 27 novembre 2009-28 février 2010, Paris, Somogy, Rouen, Musée des beaux-arts, 2009.

Sur Internet :

Musée Fabre : http://museefabre.montpellier-agglo.com/Visiter/Les_expositions/Genevieve_Asse
Dossier de presse : https://emailingpresse.montpellier-agglo.com/userfiles/Presse/Dossiers%20de%20presse/Musees/2012/20121123_FP_Genevieve%20Asse.pdf
M
usée des Beaux Arts de Lyon : http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/expositions-musee/prochaines-expos/genevieve-asse
Galerie Oniris : http://www.galerie-oniris.fr/artistes/asse/
Musée des Beaux Arts de Rouen : http://www.rouen-musees.com/Musee-des-Beaux-Arts-Genevieve-Asse-89.htm
elles@centrepompidou : http://elles.centrepompidou.fr/blog/?p=649
Galerie Claude Bernard : http://www.claude-bernard.com/artiste.php?artiste_id=10


 

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Bodies and Shadows: Caravaggio and His Legacy | LACMA

 

Après Montpellier et Toulouse,
une partie de l’exposition « Corps et ombres »
sera présentée au LACMA de Los Angeles à partir du 11 Novembre…

 

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Avec 200 000 visiteurs, « Caravage » a battu tous les records de fréquentation !

© Montpellier agglomération

Après trois mois d’ouverture, l’exposition « Corps et ombres : Caravage et le caravagisme européen » a battu tous les records de fréquentation au musée Fabre de Montpellier Agglomération.

Avec plus de 200 000 visiteurs, cette exposition exceptionnelle a largement dépassé le record précédent, détenue par la rétrospective consacrée à Gustave Courbet en 2008…

See on eclairage.blogs.midilibre.com

Musée Fabre – Montpellier : Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen

Présentation de l’exposition section par section

Caravage :
La section introductive expose les chefs-d’oeuvre de Caravage. Grâce à la participation généreuse de grandes institutions, un nombre important d’originaux du maître ont pu être réunis et permettent d’évoquer par étape sa fulgurante carrière…

Le premier cercle de disciples romains :
La force inouïe de la manière de Caravage crée véritablement une onde de choc parmi ses contemporains en entraînant à sa suite un certain nombre d’artistes italiens, d’âges et de formations diverses ; des artistes qui se montrèrent sensibles à certains aspects de son langage naturaliste sans que l’on puisse clairement évoquer une école…

La peinture à Rome de 1610 à 1630 :
La troisième section de l’exposition entend offrir un panorama riche et varié de la création à Rome durant les deuxième et troisième décennies du Seicento. On y retrouve en bonne place Bartolomeo Manfredi qui diffuse avec plus de finesse et de sensibilité la manière de Caravage et qui de ce fait séduit de nombreux étrangers de passage dans la ville Eternelle…

La tentation caravagesque auprès des peintres classiques ou baroques :
Cette section de l’exposition est spécialement dédiée à des peintres qui ne sont pas traditionnellement associés au caravagisme mais qui ont été séduits plus ou moins brièvement par le prestige de la pittura al naturale…

La diffusion du caravagisme à Naples et en Espagne :
La cinquième section consacrée à Naples et à l’Espagne aborde la diffusion du naturalisme caravagesque dans ce grand port méridional lui-même sous domination espagnole : l’irruption de Caravage sur la scène napolitaine modifie en profondeur les codes picturaux en vigueur en renouvelant l’iconographie et en mettant l’accent sur la vérité des figures par un clair-obscur dramatique. De nombreux artistes accueillirent avec enthousiasme ce nouveau langage moderne…

Georges de la Tour, peintre de la réalité :
L’exposition de Montpellier se termine par une section dédiée à Georges de La Tour qui fait pendant à celle consacrée à Caravage en ouverture. Ces deux artistes sont des conquêtes de l’histoire de l’art du XXème siècle dont les tableaux peu nombreux (une quarantaine pour La Tour, une soixantaine pour Caravage) suscitent un intérêt passionné de la part de la critique internationale…

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Musée Fabre – Montpellier : Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen

Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen
23 juin 2012 – 14 octobre 2012

Dans le cadre de l’organisme de coopération franco-américaine FRAME (French Regional American Museum Exchange), le musée Fabre de Montpellier Agglomération et le musée des Augustins de Toulouse s’associent au Los Angeles County Museum of Art et au Wadsworth Atheneum Museum of Art de Hartford pour présenter une exposition exceptionnelle consacrée au Caravagisme européen.

L’exposition Corps et ombres, Caravage et le caravagisme européen a reçu le label « exposition d’intérêt national » par le ministère de la Culture et de la Communication. Ce label récompense chaque année les musées de France qui mettent en œuvre un projet d’exposition remarquable par sa qualité scientifique, ses efforts en matière de médiation culturelle et son ouverture à un large public.

Le partenariat franco-américain noué à cette occasion permettra de révéler aux publics européens et américains une sélection de 130 chefs-d’oeuvre, de Caravage à Rembrandt ou Georges de la Tour, rarement prêtés, rendue possible par la coopération d’institutions internationales aussi prestigieuses que la National Gallery de Londres, le Palais Pitti de Florence, le musée du Prado de Madrid… Montpellier et Toulouse, les deux capitales historiques du Languedoc sensibles au caravagisme au début du XVIIe siècle, avaient toute légitimité à être à l’origine de cette exposition, première jamais consacrée en France au mouvement caravagesque dans son ensemble. Le musée Fabre de Montpellier Agglomération et le musée des Augustins de Toulouse présenteront simultanément les deux volets complémentaires de l’exposition conçue comme un diptyque :

  • au musée Fabre de Montpellier Agglomération, les caravagismes italien, français et espagnol : Caravage, ses premiers suiveurs (Gentileschi, Manfredi…), puis son influence sur l’école espagnole (Ribera, Vélasquez, Zurbarán) et française (Valentin, Vouet…) jusqu’au peintre de la réalité Georges de la Tour.
  • au musée des Augustins de Toulouse, les caravagismes flamand et hollandais : l’école d’Utrecht (Terbrugghen, Honthorst…), les peintres d’histoire hollandais (Bramer, Rembrandt…), le baroque flamand (Jordaens, Seghers …).

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