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Dufy, de Martigues à l’Estaque au musée Ziem à Martigues

Affiche_Dufy_1L’exposition présentée jusqu’au 13 octobre au musée Ziem de Martigues est associée au Grand Atelier du Midi, comme l’est  Picasso céramiste et la Méditerranée à Aubagne.

Pourquoi Dufy à Martigues ? Car, c’est là que Raoul Dufy découvre le Midi en 1903.
L’exposition se propose de réhabiliter les œuvres de jeunesse de Dufy et de montrer comment son travail évolue depuis ce premier séjour dans le midi (1903), en passant par l’Estaque (1908) et Marseille avant d’affirmer un style original au début des années 20.

Dufy naît, en 1877, au Havre, dans un milieu modeste. En 1883, il rencontre Othon Friesz et Georges Braque à  l’École des Beaux-arts du Havre. Des liens d’amitié se nouent entre les trois hommes. En 1900, il intègre l’École nationale des Beaux-Arts où il rejoint Friesz. L’année suivante, il expose des paysages de Normandie et des vues de Paris qui se réclament de Boudin et de l’impressionnisme.

Ces premières années sont évoquée par un autoportrait de 1898, conservé au Centre Pompidou qui accueille le visiteur.

Dufy, impressionniste et fauve

En 1903, il participe au Salon des Indépendants.  Pour son premier séjour dans le Midi, il se rend d’abord à Martigues (1903-1904), probablement encouragé par Francis Picabia, grand admirateur de Félix Ziem. La notoriété de dernier a attiré de nombreux peintres à Martigues dès les années 1880 (Auguste Renoir, Paul Signac…)

La première salle de l’exposition rend compte de ce voyage en présentant des toiles issues de la collection permanente du musée :  vues de Jonquières et de l’Île et des canaux (Les Martigues, Place d’église à Martigues), paysage des collines proches (Paysage aux Martigues). On remarque également une intéressante représentation du Théâtre aux Martigues (1903), accompagnée d’une esquisse exécutée sur le papier à lettres du Grand Hôtel du cours voisin du théâtre. Le Centre Pompidou prête une vue du Port de Martigues qui complète ce fond du musée.
Dans ces œuvres, si la matière reste épaisse, la touche de Dufy devient plus franche, et les formes sont plus présentes. Sa palette contrastée et plutôt sombre témoigne d’une influence encore présente de Manet. Ces toiles ne montrent pas encore d’évolution majeure par rapport à tableaux qui ont été peints en Normandie ou à Paris, dans cette même période.  Cependant, l’exposition affirme y déceler « une palette éclaircie et des toiles lumineuses »…

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En 1905, Dufy expose au Salon des Indépendants où il découvre Luxe, Calme et Volupté de Matisse. Cette toile a une influence considérable sur son travail. Dufy n’est pas présent dans la « cage aux fauves » au Salon d’Automne. Il faut attendre 1906, en Normandie où il retrouve Albert Marquet et Othon Friesz pour qu’il s’éloigne de l’impressionnisme et s’engage dans la voie du fauvisme. Il libère ses couleurs et ose des contrastes violents…

À la fin octobre 1907, il arrive à Marseille, puis s’installe à la Ciotat. Dufy passe l’année 1908 dans le midi.

Les premières œuvres présentées dans la deuxième salle de l’exposition évoquent la brève période des expérimentations fauves qui conduit Dufy à formaliser sa théorie de la couleur-lumière qui continuera à marquer son travail ultérieur. « J’avais découvert mon système, dont voici la théorie : à suivre la lumière solaire, on perd son temps. La lumière de la peinture, c’est tout autre chose, c’est une lumière de répartition, de composition, une lumière-couleur ».
On remarquera plusieurs scènes de café dont la Terrasse sur la plage, 1907 du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et le Café à l’Estaque, 1908 conservé au  Centre Pompidou. Les Joueurs de boules à l’Estaque, 1908 d’une collection privée américaine complète cet ensemble. Cette œuvre fournit à l’exposition son affiche et la couverture de son catalogue.

Joueurs de boules_1
Raoul Dufy, Joueurs de boules à l’Estaque, 1908, huile sur toile, 37,5 x 45,7 cm,
Private Collection, USA © Paris, ADAGP 2013

Dufy et le cubisme cézannien

En 1907, Dufy visite la rétrospective Cézanne au Salon d’automne. Comme de nombreux peintres de sa génération, il est fortement marqué par cette exposition et la remise en cause de la perspective euclidienne. Fin 1907, Dufy fait escale à Martiques, il réalise une intéressante série Les Barques aux Martigues. Composée de six huiles sur le même sujet, cette série témoigne des recherches de Dufy et de l’influence de Gauguin comme de Cézanne :  juxtaposition d’aplats, géométrisation…  Sa palette passe du fauvisme au cubisme cézannien. L’exposition présente deux toiles de cette série particulièrement démonstrative :  une huile sur toile de la Fridart Collection, en dépôt au Courtauld Institute of Art de Londres et le tableau du musée Ziem.

Au cours de l’été 1908, Dufy retrouve Georges Braque à L’Estaque, sur les traces de Cézanne. Ensemble, Ils produisent des toiles caractéristiques d’un cubisme « cézannien ». La composition se simplifie de plus en plus, l’espace se géométrise et se densifie, la palette se réduit…
L’exposition propose un ensemble important d’œuvres qui relève de ce premier cubisme, en particulier Bateaux et barques à Marseille, 1907 d’une collection particulière, Arbres à l’Estaque, 1908 Bateaux à quai dans le port de Marseille, 1908 ou encore Statue aux deux vases rouges, vers 1908 du Centre Pompidou…
Les Palmiers, Hommage à Gauguin, 1908 a peut-être été réalisé à l’Estaque ou à Martigues. Dans cette toile, conservée par le musée Ziem, les formes géométriques des palmes saturent l’espace, et la palette est majoritairement composée de  verts et de bruns. Mais Dufy ne résiste pas à l’utilisation d’un jaune, d’un bleu et d’un rouge vifs qui tranchent sur les tonalités plus sourdes qui dominent… Trace du fauvisme ou refus d’abandonner la couleur ?

En 1909, Dufy rencontre le couturier Paul Poiret. Son inclination pour les arts décoratifs s’affirme plus en plus. Peu à peu, sa peinture devient plus expressive, la couleur se dissocie de la forme, le dessin s’assouplit et exprime l’essentiel en quelques traits, courbes et contre-courbes. Après guerre, Dufy porte un intérêt de plus en plus marqué à l’aquarelle. L’exposition témoigne de cette évolution  par la présentation d’une aquarelle très expressive Le Vieux Port de Marseille, 1925 d’une collection particulière.

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Dufy dessinateur

La troisième salle de l’exposition est consacrée aux présentations d’œuvres graphiques. Le Centre Pompidou, musée national d’Art moderne a accepté de prêter trois carnets, qui correspondent au deuxième séjour de Dufy dans le Midi. Le carnet n° 14 contient 29 croquis réalisés à Marseille en 1908 et en 1909. Plusieurs sont des dessins préparatoires pour des peintures fauves et cubistes. Les carnets n° 25 et n° 26 datent des années 1908-1910. On y remarque surtout des nus féminins et des portraits sans liens directs avec les sujets des œuvres peintes exposées. La présentation de ces carnets est accompagnée d’applications sur tablettes qui permettent virtuellement de les « feuilleter ».
Quelques dessins plus tardifs, réalisés en 1919, lors du retour de Dufy à Marseille après guerre, ont été prêtés par le musée de Grenoble et la Fondation Regards de Provence de Marseille.

Malgré le nombre d’œuvres présentées et leur qualité, il manque quelque chose à cette exposition pour susciter une très forte adhésion… Certes l’historien d’art, spécialiste de cette période et très intéressé par la recherche d’indices sur  l’émergence du  style Dufy dans ses œuvres de jeunesse, y trouvera son compte. Mais pour un public moins averti, la lisibilité du propos est en partie desservi par un nombre de toiles trop important, souvent très proches les unes des autres. Ceci est particulièrement sensible dans la deuxième section où l’accrochage manque de respiration.  On note aussi quelques problèmes dans l’éclairage de certaines œuvres desservies par des reflets gênants.
Le souvenir de l’exposition Dufy en Méditerranée au musée Paul Valéry à Sète explique peut-être cette vision « critique » de cette exposition. Celle-ci est certainement renforcée par la visite récente du volet marseillais du Grand Atelier du Midi « de Van Gogh à Bonnard ». Dans la superbe scénographie du palais Longchamp, quatre toiles peintes entre 1904 et 1908 (Le Marché aux poissons à Marseille, Paysage de Provence, La Tuilerie de Saint-Henri, La Terrasse à l’Estaque) et un Atelier à Vence avec nu plus tardif (1945) résument de façon très explicite l’évolution du travail de Raoul Dufy …

Catalogue Dufy, de Martigues à l’Estaque aux éditions  Snoeck.
Commissariat :  Lucienne  Del’Furia

En savoir plus :
Sur le site de la ville de Martigues
Sur le site Marseille-Provence 2013

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Le Grand Atelier du Midi « de Van Gogh à Bonnard », au palais Longchamp à Marseille

L’exposition présentée au palais Longchamp à Marseille trouve son point de départ dans les tableaux de Van Gogh peints à Arles à la fin des années 1880. Le titre même de « Grand Atelier du Midi » se retrouve dans la correspondance du peintre lorsqu’il rêve d’une communauté artistique sous le flamboiement de la lumière et de la couleur. Tous les peintres désireux de s’exprimer par la couleur se sont référés à lui et précipités vers la Méditerranée.
Avec l’installation de Renoir à Cagnes, les séjours de Matisse à Collioure, la présence de Cézanne à Aix, le Midi devient un grand atelier à ciel ouvert. L’impressionnisme de Monet sur la Côte, le post impressionnisme de Signac, Cross, le fauvisme de Matisse, Braque, Derain ou Dufy jusqu’à Bonnard au Cannet, tous se nourrissent d’une fascination pour la lumière et la couleur.

L’exposition marseillaise présente 101 œuvres dont 2 sculptures. Le parcours s’articule en 12 sections.

Van Gogh et Gauguin à Arles : « Deux fous en guerre continuelle pour la belle couleur »

En 1888, Van Gogh quitte Paris pour le Midi et Marseille. Il s’arrête à Arles et loue la « maison jaune ». Il y rêve d’un « atelier du Midi », communauté d’artistes ouverte à tous. Gauguin est le seul à répondre à son invitation. Leur cohabitation sera courte et intense, mais les dissensions apparaissent rapidement. Leur collaboration s’achève tragiquement par le célèbre épisode de l’oreille coupée, qui met un terme au rêve de l’atelier du Midi.
Quatre toiles de Vincent (La Chambre, La Méridienne, Champ de blé vue sur Arles et L’Arlésienne, Madame Ginoux) sont rapprochées des Alyscamps de Paul Gauguin.

En hommage à Van Gogh sont exposés une Étude de paysage d’après Van Gogh de Francis Bacon et La haute note jaune de Claude Viallat.

Cézanne à l’Estaque

Les séjours de Cézanne à l’Estaque sont évoqués par un des tableaux les plus emblématiques de cette période, Le Golfe de Marseille vu de l’Estaque du legs Caillebotte, conservé à Orsay. C’est à l’Estaque que Cézanne s’éloigne de l’impressionnisme et qu’il expérimente une manière plus libre de travailler la matière, d’intensifier les couleurs et de simplifier les volumes.

Paul Cézanne, Le Golfe de Marseille vu de l'Estaque, 1878-1879. Huile sur toile, 58 x 72 cm Paris, musée d’Orsay © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Thierry Le Mage
Paul Cézanne, Le Golfe de Marseille vu de l’Estaque, 1878-1879.
Huile sur toile, 58 x 72 cm. Paris, musée d’Orsay.
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Thierry Le Mage

Monet et Renoir dans le Midi

Fin 1883, Monet accompagne Renoir dans un voyage d’étude sur le littoral méditerranéen qui les conduit de Marseille à Gênes.

Ce séjour décide Renoir à revenir dans le Midi avant de s’installer définitivement à Cagnes.
Deux œuvres de Renoir évoquent ce premier voyage en 1883 : Paysage méditerranéen prêté par la Neue Pinakothek de Munich et Paysage près de Menton du Museum of Fine Arts de Boston.

Monet, convaincu qu’il n’appréciera pas le Midi, est finalement ébloui. Il revient seul pour un séjour de trois mois à Bordighera, en 1884. Il ignore la mer pour se concentrer sur la végétation luxuriante et les palmiers qui le fascine. L’exposition présente trois tableaux réalisés lors de séjour : Vue de Bordighera, Palmiers à Bordighera et Vue de Vintimille.
En 1888 à Antibes, il peint des vues lointaines de la ville et de la baie où la mer prédomine (Cap d’Antibes : coup de Mistral, Sous les pins).

Renoir. Le paradis des Collettes

Après plusieurs séjours sur le littoral, Renoir s’installe à Cagnes en 1903. Il achète en 1907 le domaine des Collettes dont le jardin et la ferme deviennent une source d’inspiration intarissable.
Aux Collettes, Renoir reçoit les peintres de la jeune génération, Maurice Denis, Valtat, Bonnard et Matisse.
Cinq toiles réalisées aux Colettes et à Cagnes, entre 1903 et 1915, sont exposées dans cette salle.

Signac. L’atelier de Saint-Tropez

Invité par Cross, Signac arrive à Saint-Tropez, accessible uniquement par la mer, en 1892 à bord de son bateau, avec son ami Van Rysselberghe. Les trois artistes forment un petit foyer néo-impressionniste dans le Sud.
Paul Signac, personnage charismatique, réalise le rêve de Van Gogh. Il fait de Saint-Tropez et de sa maison, achetée en 1897, un lieu de rencontres pour de nombreux peintres comme Henri Matisse, Louis Valtat, Henri Manguin, Charles Camoin, Albert Marquet, Maurice Denis, Ker Xavier Roussel. Certains d’entre eux adopteront temporairement la technique néo-impressionniste de division de la touche avant de s’en éloigner et de développer leur propre expression artistique.

Cette section expose deux œuvres de Signac (Femmes au puits et Le Port de Marseille), deux toiles de Louis Valtat (La Famille Bompard sur les rochers à Agay au soleil, Les Roches rouges à Anthéor) et un paysage de Théo van Rysselberghe. Quatre tableaux d’Henri-Edmond Cross complète cet accochage (Le Retour du pêcheur (Le Pêcheur provençal), Cyprès à Cagnes, Côte provençale. Le Four des Maures, La Barque bleue)
Saint-Tropez sera aussi une brève étape pour Francis Picabia, venu sur les pas de Signac. St Tropez, effet de soleil de 1909 évoque ce séjour.

Paul Signac,  Femmes au puits, 1892. huile sur toile, 194,5 x 130 cm Paris, musée d'Orsay © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
Paul Signac, Femmes au puits, 1892.
huile sur toile, 194,5 x 130 cm. Paris, musée d’Orsay.
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé
Lewandowski

Le Roussillon et Collioure

A l’exception de Signac et Valtat, peu d’artistes sont venus dans la région avant 1905. Aristide Maillol (Paysage des Pyrénées Orientales, Mas Trullet à Banyuls, Dans les Pyrénées Orientales et Profil de jeune fille ) et Achille Laugé (Le Relais) ont évoqué leur terre natale dans des paysages brûlés par le soleil.

A l’été 1905, Matisse se rend à Collioure. Il essaie d’y attirer Camoin, Marquet et Manguin restés à Saint-Tropez. Seul Derain le rejoint. L’influence des principes divisionnistes de Signac marquent les premières œuvres qu’il y réalisent. Mais très vite, Matisse et Derain en bousculent les principes et donnent une place prépondérante à la couleur qu’ils utilisent pure en aplats. Influencés par l’oeuvre de Gauguin découverte chez Maillol à Banyuls, ils ouvrent une nouvelle étape dans la libération de la couleur et donne naissance au fauvisme. Ce séjour à Collioure en 1905 est évoqué par trois œuvre d’ André Derain : Montagnes à Collioure, Le Port de Collioure et Le Faubourg de Collioure.

Le paysage fauve. L’Estaque, La Ciotat, Cassis

Derain est à L’Estaque en 1906. Braque le rejoint et prolonge son séjour et se rend à la Ciotat en 1907. Dufy et Friesz, originaire du Havre comme Braque, suivent le même chemin. Ils produisent de nombreux paysages fauves, mais leur palette est plus douce. Un peu plus tard, l’aventure du fauvisme se terminera pour eux. Construction et forme s’imposeront dans leur travail.
L’exposition présente un paysage de Derain peint, en 1905, près d’Agay.
Le travail de Dufy est représenté par quatre toiles peintes entre 1904 et 1908 (Le Marché aux poissons à Marseille, Paysage de Provence, La Tuilerie de Saint-Henri, La Terrasse à l’Estaque) et un Atelier à Vence avec nu plus tardif (1945).
Emile-Othon Friesz aimait particulièrement les motifs qu’il trouvait à la Ciotat et à Cassis qui sont représentés ici par trois paysages (Paysage de La Ciotat, Le Bec de l’Aigle à La Ciotat, Cassis). Ils sont complétés par Femme à la chaise longue de la même période et Femme dans un jardin de 1923. Cette sélection est complétée par Au Trayas de Georges Ribemont-Dessaignes, Les Oliviers à Cavalière d’Henri-Charles Manguin et La Pointe de la Baumette d’Armand Guillaumin.

Raoul Dufy,  Paysage de Provence, 1905. Huile sur toile, 65 x 81 cm Paris, musée d'art moderne de la Ville de Paris © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz © Adagp, Paris 2013
Raoul Dufy, Paysage de Provence, 1905.
Huile sur toile, 65 x 81 cm. Paris, musée d’art moderne de la Ville de Paris
© RMN-Grand Palais / Agence Bulloz. © Adagp, Paris 2013

Une amitié : Manguin, Camoin et Marquet

C’est dans l’atelier parisien de Gustave Moreau que se noue une solide amitié entre Henri Matisse, Charles Camoin, Henri Manguin et Albert Marquet. Ils sont influencés par les œuvres de Van Gogh, Gauguin et Cézanne. Camoin côtoie Cézanne jusqu’à sa mort. Leur rencontre avec Signac est également déterminante. Il les invite à Saint-Tropez en 1904 où ils découvrent la lumière du Midi. Matisse part à Collioure, alors que Manguin reste à Saint-Tropez. Marquet et Camoin travaillent ensemble et se déplacent sur la côte. Rapidement l’intensité de la lumière et la violence des couleurs s’apaisent dans leur travail où la vie devient plus sereine.
Trois tableaux d’Henri-Charles Manguin (La Baigneuse, Deux figures sur la plage de l’Oustalet, Le Fond du golfe de Saint-Tropez, vu de l’Oustalet) et de Charles Camoin (Village au bord de la mer, Terrasse à Saint-Tropez, Le voilier dans la baie des Canoubiers) accompagnent quatre toiles d’ Albert Marquet (Port de Saint-Tropez, Le Port de Marseille, Le Vieux-Port à Marseille, La Terrasse de Saint Raphaël).

Matisse « Tailleur de lumière »

Cette section montre le travail de Matisse depuis son voyage en Corse au printemps 1898 (Paysage corse), jusqu’aux papiers découpés des années 50 (Baigneuse dans les roseaux).
Au Nu assis / Nu rose de 1909 succède ainsi deux toiles de 1922 (Intérieur à Nice, la sieste et Femme assise, le dos tourné vers la fenêtre ouverte) et un tableaux de 1946, peint à Vence (Intérieur jaune et bleu ).

Bonnard en plein jaune

Bonnard découvre le Midi, en 1904 et y fait de nombreux séjours (Marine, 1910, Paysage du Midi et deux enfants, 1916-1918 et Vue du Cannet, 1920).
En 1926 il achète la villa Le Bosquet au Cannet et s’y installe. Il y trouve de nombreux motifs. Inlassablement,il réinterprète ce paysage où la couleur et la matière envahissent la toile, noient les contours… Trois toiles en témoignent ici : Le Cannet vers 1930, La Terrasse ensoleillée et Baigneurs à la fin du jour.

Pierre Bonnard, La Terrasse ensoleillée, 1939-1946. Huile sur toile, 72 x 236 cm Collection particulière © Adagp, Paris 2013
Pierre Bonnard, La Terrasse ensoleillée, 1939-1946.
Huile sur toile, 72 x 236 cm. Collection particulière. © Adagp, Paris 2013

Soutine, Vallotton. Un autre Midi

Des séjours de Félix Vallotton dans le midi, l’exposition présente Femmes portant des corbeilles à Marseille peint en 1901 lors de son premier voyage et Les Alyscamps, soleil matin. Arles peint au retour d’un voyage à Gagnes pendant l’hiver 1920.

Soutine découvre le Midi en 1918 grâce à Modigliani qui l’avait invité à Vence et à Cagnes où il revient souvent jusqu’en 1925. Deux paysages de cette période sont présentés ici : Rue de Cagnes-sur-Mer et Paysage de Cagnes.
À Vence en 1929, il peint plusieurs versions du frêne de la place du village, dont Place du Village, Vence .

L’Arcadie retrouvée

Le voyage dans le Midi, c’est aussi de la poursuite d’un rêve hédoniste, un pays privilégié, aux paysages épargnés par la modernité, une Arcadie rêvée…

L’exposition se clôt par une douzaine de toiles qui évoquent cette Arcadie. On y retrouve Aristide Maillol, Théo van Rysselberghe, Jean Francis Auburtin, Louis Valtat, Ker Xavier Roussel, Emile-Othon Friesz, Pierre-Auguste Renoir, Richard Guino et Pablo Picasso.

Pablo Picasso, Barques de naïades et faune blessé, 31 décembre 1937. Huile et fusain sur toile, 46x55 cm Collection Particulière © Photo Maurine Aeschimann, Genève © succession Picasso 2013
Pablo Picasso, Barques de naïades et faune blessé, 31 décembre 1937.
Huile et fusain sur toile, 46×55 cm. Collection Particulière
© Photo Maurine Aeschimann, Genève. © succession Picasso 2013

Le commissariat est assuré par Marie-Paule Vial, directrice du musée de l’Orangerie à Paris,précédemment directrice des musées de Marseille

La scénographie est signée par Pierre Berthier et Jean Paul Camargo (Saluces Design) et Loretta Gaïtis, architecte, scénographe. Des éléments de ce travail sont visibles sur le site de Saluces Design.

Le catalogue Le Grand Atelier du Midi est édité par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.
Pour le volet marseillais, il comprend des articles de Marie-Paule Vial, directrice du musée national de l’Orangerie, Paris (De la couleur avant toute chose ), Claudine Grammont, historienne de l’art (Lux(e) ) et Richard Thomson Watson Gordon professor of Fine Art, Université d’Edimbourg (« Un jardin incomparable » Pays et modernité dans les images du Midi méditerranéen, 1880-1905).

A lire sur ce blog :
de Cézanne à Matisse au musée Granet
de Van Gogh à Bonnard au Palais Longchamp

Les expositions associées au Grand Atelier du Midi :
Picasso céramiste et la méditerranée
Aubagne, chapelle des Pénitents Noirs. Du 27 avril au 13 octobre.
Dufy, de Martigues À L’estaque
Martigues, musée Ziem. Du 13 juin au 13 octobre

En pratique :
du 13 Juin 2013 au 13 Octobre 2013
Musée Granet – Aix-en-Provence
Musée des beaux-arts de Marseille – Palais Longchamp
Réservations (probablement indispensable) sur le site Marseille-Provence 2013

En savoir plus :
Sur le site de l’exposition
Sur le site de Marseille-Provence 2013

Grand Atelier du Midi : images du montage de l’exposition au Palais Lonchamp à Marseille

Le site Marseille.fr propose sur sa chaine YouTube des  images du montage de l’exposition  « Le Grand Atelier du Midi, de Van Gogh à Bonnard». Avec Marie-Paule Vial, commissaire de l’exposition.

Le Grand Atelier du midi : Applications mobile

app-00Pour accompagner l’exposition Le Grand Atelier du midi, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais a développé en partenariat avec Orange une application pour mobile disponible sous iOS et Androïd.
Elle est disponible gratuitement.
Elle propose une découverte hors les murs d’une sélection d’œuvres présentées dans l’exposition.
Ludique et participative, cette application est basée sur la géolocalisation des lieux peints par les artistes.

L’application permet de :

  • découvrir une sélection de 30 œuvres majeures de l’exposition Le Grand Atelier du Midi
  • retrouver les lieux où les œuvres ont été peintes dans le Midi de la France
  • photographier les points de vue des artistes tout en gardant à l’écran le tableau de l’artiste grâce à une fonctionnalité de réalité augmentée
  • partager ses photos dans la galerie de l’application, sur le site web de l’exposition et sur les réseaux sociaux
  • s’informer sur l’exposition et les œuvres

L’application est disponible sur l’App Store et le Google Play Store

Plus classiquement, la RMN propose aussi  un  e-Album Le Grand Atelier du midi de van Gogh à Bonnard – de Cézanne à Matisse.  Ce livre « enrichi » est disponible pour iPad et Kindle Fire au prix de 4,49 €.

Le Grand Atelier du Midi « de Cézanne à Matisse », au musée Granet à Aix-en-Provence

L’exposition présentée au musée Granet, « de Cézanne à Matisse », s’intéresse plus particulièrement à l’expression de la forme, inlassable quête de Cézanne dont l’influence fut déterminante sur le cubisme de Braque et Picasso, mais aussi sur le travail de Matisse puis sur les développements de la peinture au XXe siècle.
L’exposition aixoise propose 90 œuvres dont six sculptures et un film. La chronologie est le fil conducteur du parcours qui se développe en 15 sections. Le propos veut aussi monter comment Cadaquès, Collioure, Céret, Aix-en-Provence, l’Estaque, Cassis, Cagnes, Nice ou Bordighera ont été à la fois motifs et lieux de rencontres et d’échanges où se sont élaborées les nouvelles voies de la modernité.

Cézanne le « Maître d’Aix-en-Provence » propose cinq toiles du maître aixois, paysages et motifs incontournables (Jas de Bouffan, Bibémus, Château-Noir, Sainte-Victoire) où naît la révolution cézannienne, et sa manière de résoudre de débat entre la ligne, la forme et la couleur. Les œuvres sont prêtées par musée de l’Orangerie à Paris, la National Gallery de Londres, le Chrysler Museum of Art de Norfolk et le Musée Pouchkine de Moscou. Rochers à l’Estaque d’Auguste Renoir du Museum of Fine Arts de Boston complète cet ensemble.

Paul Cézanne, Le Rocher rouge, 1895-1900. Huile sur toile, 92 x 68 cm Paris, musée de l’Orangerie © RMN-Grand Palais (Musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
Paul Cézanne, Le Rocher rouge, 1895-1900.
Huile sur toile, 92 x 68 cm. Paris, musée de l’Orangerie.
© RMN-Grand Palais (Musée de l’Orangerie) / Hervé Lewandowski

Hommages et références cézanniens rassemble des œuvres Charles Camoin, Maurice Denis, Paul Gauguin, Amedeo Modigliani et Aristide Maillol autour de la Femme à la cafetière de Paul Cézanne.

La troisième section Les baigneurs et les baigneuses regroupe autour des Sept baigneurs de Cézanne, prêté par la Fondation Beyeler de Bâle, des toiles d’ Auguste Renoir, d’ Aristide Maillol et d’ Henri-Charles Manguin qui reprennent ce thème majeur dans les recherches du maître d’Aix, fusion des figures et du paysage.

Paul Cézanne, Sept baigneurs, 1900. Huile sur toile, 38 x 46 cm Riehen/Bâle, Fondation Beyeler © Fondation Beyeler, Riehen/Basel / Photo: Christian Baueur, Basel
Paul Cézanne, Sept baigneurs, 1900.
Huile sur toile, 38 x 46 cm. Riehen/Bâle, Fondation Beyeler.
© Fondation Beyeler, Riehen/Basel / Photo: Christian Baueur, Basel

La section Cubisme coloré montre comment Raoul Dufy et Georges Braque viennent à l’Estaque , sur les traces de Cézanne réduire leur la violence de leur palette, simplifier les formes et passer du primat de la couleur vers la forme. Leurs œuvres sont accompagnées de toiles d’André Lhote et de Leopold Survage.

Collioure, les nus de Matisse expose Nu debout et Nu couché I, (Aurore) peint par Matisse à Collioure en 1907. Après l’exaltation de la couleur du fauvisme, il y développe une attention à la forme. La rétrospective Cézanne au Salon d’Automne de 1907 a probablement confirmé une évolution des recherches chez les fauves que l’on retrouve dans des toiles contemporaines d’André Derain et d’ Emile-Othon Friesz prêtées par le musée Cantini de Marseille. Des œuvres plus tardives d’André Lhote, Charles Camoin et Henri-Charles Manguin complètent cette section. Elle confirme un traitement aussi expressif de la forme et de la couleur

La section suivante, L’Afrique, d’une rive à l’autre, élargit la géographie du Midi avec des œuvres d’Albert Marquet, Charles Camoin, Théo Van Rysselberghe et Matisse.

Retour à la Catalogne avec Céret, Collioure et la Catalogne. Kisling, Auguste Herbin, André Masson et Chaim Soutine traitent des mêmes sites à Céret. Dès 1905, à Collioure, Matisse avec la Porte-fenêtre à Collioure unifie les espaces extérieurs et intérieurs et sa trame orthogonale s’approche de l’abstraction. Le jeune Miro est marqué par une visite de l’exposition organisée par Ambroise Vollard à Barcelone en 1917.

Matisse, les années 1920-1930 présente trois tableaux et une sculpture de Matisse produite après son installation à Nice. La confrontation de ces œuvres à Lola sur la Terrasse à l’Hôtel de Bellevue à Toulon de Charles Camoin est particulièrement intéressante.

Le Midi en motifs rassemble des paysages de Manguin, Marquet, Guillaumin, Théo Van Rysselberghe, Picabia autour des Marronniers du Jas de Bouffan de Cézanne et d’Antibes de Claude Monet.

Claude Monet, Antibes, 1888. Huile sur toile, 65 x 92 cm Londres, The Courtauld Institute © The Samuel Courtauld Trust, The courtauld Gallery London
Claude Monet, Antibes, 1888.
Huile sur toile, 65 x 92 cm. Londres, The Courtauld Institute.
© The Samuel Courtauld Trust, The courtauld Gallery London

Dans la section intitulée Le Midi sombre, surréaliste et expressionnisme, deux toiles de Max Beckmann peintes dans le Midi sont confrontées à des œuvres de Francis Picabia, Victor Brauner et au film de Man Ray, Les Mystères du château du Dé, prêté par le Centre Pompidou.

Picasso, l’entre-deux-guerres et la Libération propose quatre tableaux du maître. Deux paysages réalisés lors de séjours dans le midi accompagnent l’extraordinaire portrait de Lee Millet en Arlésienne du musée Réattu et un Pêcheur attablé du port d’Antibes peint après guerre.

ablo Picasso, Paysage, Juan-les-Pin, 1924. Huile sur toile, 38 x 46 cm Collection particulière © Succession Picasso 2013
ablo Picasso, Paysage, Juan-les-Pin, 1924.
Huile sur toile, 38 x 46 cm. Collection particulière.
© Succession Picasso 2013

Dans L’atelier catalan à l’épreuve de la guerre, deux toiles de Dali, dont l’étonnante Pêche au thon côtoient une œuvre de Mirò peinte à l’été 1936, alors que commence le coup d’état de Franco contre la République espagnole.

Entre abstraction et figuration regroupe des peintures de Pierre Tal-Coat, André Masson, Bram Van Velde, Geer Van Velde, Maria Vieira Da Silva, Nicolas De Staël et Graham Sutherland.

On retrouve Nicolas De Staël et Bram Van Velde dans la section suivante L’abstraction des années 1950, où ils sont rejoint par Jean Dubuffet.

Le parcours se termine par Permanence de la figuration avec des œuvres de Picasso, un papier gouaché d’Henri Matisse et une terre cuite de Fernand Léger. C’est le moment où les développements de l’abstraction ont ouvert à d’autres voies de la création picturale.

Pablo Picasso, Les pigeons, Cannes, 1957. Huile sur toile, 100 x 80 cm Museu Picasso de Barcelona © Museu Picasso, Barcelona. Gasull fotografia © Succession Picasso 2013
Pablo Picasso, Les pigeons, Cannes, 1957.
Huile sur toile, 100 x 80 cm. Museu Picasso de Barcelona
© Museu Picasso, Barcelona. Gasull fotografia
© Succession Picasso 2013

Le commissariat de l’exposition aixoise est assuré par Bruno Ely, directeur du musée Granet.

Le catalogue Le Grand Atelier du Midi est édité par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.
Pour le volet aixois, il comprend des articles de Bruno Ely, directeur du musée Granet, Aix-en-Provence (« … et moi, j’attendais sous le pin harmonieux »), Maria Teresa Ocaña Gomà, conservateur honoraire des musées d’art de Barcelone (L’atelier de Picasso : le Sud, son Nord), Christine Poullain, directrice des musées de Marseille (Le surréalisme méditerranéen) et Fabrice Hergott, directeur du musée national d’Art moderne de la Ville de Paris (La lumière et l’espace du Midi à l’épreuve de la guerre).

A lire sur ce blog :
de Cézanne à Matisse au musée Granet
de Van Gogh à Bonnard au Palais Longchamp

Le catalogue Le Grand Atelier du Midi est édité par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

Les expositions associées au Grand Atelier du Midi :
Picasso céramiste et la méditerranée
Aubagne, chapelle des Pénitents Noirs. Du 27 avril au 13 octobre.
Dufy, de Martigues À L’estaque
Martigues, musée Ziem. Du 13 juin au 13 octobre

En pratique :
du 13 Juin 2013 au 13 Octobre 2013
Musée Granet – Aix-en-Provence
Musée des beaux-arts de Marseille – Palais Longchamp
Réservations (probablement indispensable) sur le site Marseille-Provence 2013

En savoir plus :
Sur le site de l’exposition
Sur le site de Marseille-Provence 2013