Archives du mot-clé Friche de la Belle de Mai 2

Retour sur ART-O-RAMA 2013, Marseille à propos des projets invités

Une des particularités d’ART-O-RAMA est d’associer au salon d’art contemporain qui regroupait cette année 17 galeries (lire article ici), un ensemble de propositions artistiques autour de projets invités et d’une programmation associée.

Yann Gerstberger était l’artiste invité cette année.
Présent au Show Room 2012, il a été sélectionné par les galeries participantes au salon l’an dernier.  Une cimaise lui était consacré dans l’espace du salon. Il y présentait cinq grands formats où se mêlent diverses matières ( coton, pigments naturels, linoleum et colle néoprène ).
Hybridations culturelles et références multiples à des cultures non occidentales, revendication d’un art naïf ou brut caractérisent son travail à propos duquel il déclare « Je ne dis rien de spécial, j’essaie de faire quelque chose qui soit beau… »

L’ Excrementorium d’Atelier Van Lieshout fait la liaison entre l’espace alloué aux galeries et les autres projets invités. On attend avec un certain intérêt les restitutions des discussions qui se sont  déroulées lors du week-end d’ouverture, dans cet espace constitué de 10 cuvettes de toilette reliées les unes aux autres en forme de cercle !

Excrementorium_1
Atelier Van Lieshout, Excrementorium, 2013.
Production Cartel, commande spécifique dans le cadre d’ART-O-RAMA 2013.

Le Show Room présente le travail de quatre jeunes artistes de la région, sélectionnés par un critique invité. Cette année, parmi les artistes invités par Emmanuel Lambion, les proposition de Thomas Courderc et  Jérémie Setton ont plus particulièrement retenus notre attention.

Prix spécial Arte Creative 2011, Thomas Couderc proposait de pénétrer  dans un espace déstabilisant, assemblage de planches disjointes, posées sur une « fosse » baignée dans une lumière blanche. Il fallait s’aventurer dans ce décor et accepter la bande-son pour découvrir la vidéo  Love progress  et ses vers de terre…

Les installations de Jérémie Setton sont tout aussi troublantes. Si pendant des siècles, la peinture occidentale s’est efforcée de créer l’illusion de l’espace sur un support plan, Jérémie Setton cherche à réduire la perception d’objets en 3D à une surface unie et bidimensionnelle. La découverte de son travail dans l’exposition collectives Égarements, au Château d’Avignon, et en particulier L’hôte positif et L’hôte négatif,nous avait captivés.
Square, 2012 présenté ici appartient à la série des Modules Bifaces. Sa deuxième œuvre est dans son principe très proche de l’hôte négatif  exposé à Égarements. L’effet est étonnant, mais la pertinence de l’œuvre nous a semblé moins manifeste… Attention de ne pas le transformer en gadget… On attend la suite de son travail avec intérêt.

ART-O-RAMA reserve également un espace à des sponsors qui exposent les projets artistiques qu’ils soutiennent.
Mécènes du Sud présentait deux projets d’artistes lauréats en 2010 et 2012. On a retenu celui de Moussa Sarr qui proposait une installation vidéo  Corps d’esclave, 2013 réalisée au cours d’une résidence au Fresnoy. Projetée au fond d’un couloir aux murs peints en noir qui amplifie la bande-son, il est impossible de passer avec indifférence devant cette vidéo !


Moussa Sarr – Interview (Mai 2013 – dans le cadre de l’exposition Panorama 15)

Un ensemble de programmes associés sont également accueillis par ART-O-RAMA dans les vastes espaces de la Cartonnerie. Parmi ceux-ci, le travail de Karim Gheloussi soutenu par Voyons voir et le projet d’Alexandre Perigot présenté par Sextant &+  sont des propositions particulièrement intéressantes.

L’installation de Karim Gheloussi, Sans titre ( Au désert j’ai dû me rendre),2013 n’est pas d’une originalité renversante. Cependant, son ensemble de sculptures en résine et mortier, silhouettes sans visage de « migrants »,  est suffisamment émouvant pour ne pas accrocher un regard.

Karim-Gheloussi_1
Karim Ghelloussi, Sans titre (au désert j’ai dû me rendre), 2013.

Le travail d’Alexandre Perigot est une des propositions majeures de cette édition d’ART-O-RAMA.
La Maison du Fada, 2013 est une maquette réalisée à l’échelle 1/15ème de la Cité Radieuse du Corbusier. C’est un ensemble de tubes d’aluminium articulés de ce que Le Corbusier appelait «le casier à bouteilles». L’ossature imaginée par l’architecte était conçue pour accueillir des logements au même titre que des bouteilles dans un casier.
Perigot a installé sa structure articulée sur un ensemble de moteurs … L’ensemble est animé d’un mouvement qui provoque à la fois une sensation d’équilibre instable pour le visiteur, assez proche du mal de mer et la certitude que cette construction va finir par s’écrouler…
Maison du Fada… ou maison qui rend fou ?
Ce projet un peu dingue a été réalisé dans un atelier de l’Euroméditerranée Marseille-Provence 2013 au sein du groupe Daher, en partenariat avec le Lycée Professionnel Gustave Eiffel d’Aubagne.

Mais il y a encore plus intrigant… À côté de cette Maison du Fada, Périgot a placé quarante portraits d’acteurs et d’actrices ( Portraits de Fadas ) parmi lesquels on reconnaît Dexter, Dr HouseToni Soprano et sa maman…
Tous ces portraits sont de même format… celui du « casier à bouteilles » !
Pour Alexandre Perigot , ces personnages sont des « fadas » dont le profil psycho-pathologique serait construit par les scénaristes (fous ?) à partir du  Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM 4 et 5)…

Il faut impérativement regarder la conférence qu’Alexandre Perigot  a donné le 18 mai 2012, à la Friche la Belle de mai… On y découvre les multiples enjeux de son projet !

En savoir plus :
Sur le site d’ ART-O-RAMA
Yann Gerstberger sur le site de la Galerie Alain Gutharc
Sur le site de Jérémie Setton
Sur le site de Moussa Sarr
Moussa Sarr sur le site du Fresnoy
Karim Gheloussi sur documentsdartistes.org
Karim Gheloussi sur le site de Voyons voir
Sur le site d’Alexandre Perigot
Telecharger le dossier sur l’installation la Maison du Fada
Alexandre Perigot sur le site de Sextant &+
Article de Liberation sur la Maison du Fada

Publicités

Vu dans les galeries invitées par ART-O-RAMA 2013, Marseille

ART-O-RAMA

Les vastes espaces de la Cartonnerie à la Friche de la Belle de mai accueillent jusqu’au 7 septembre l’édition 2013 d’ART-O-RAMA, salon d’art contemporain marseillais, créé en 2007.

Les 17 galeries invitées cette année disposent de stands qui peuvent développer  jusqu’à 20 mètres linéaires. Des espaces qui permettent de présenter confortablement  le travail des artistes retenus.

Les galeries sélectionnées pour cette édition viennent de Paris, Bruxelles, Bratislava, Berlin, Barcelone, Madrid, Gênes, Mexico et  Cluj-Napoca (Roumanie).

Parmi les multiples propositions, plusieurs ont attiré particulièrement notre attention.

La Ricou Gallery de Bruxelles présente un « Solo Show » de John Cornu. Cet artiste français né en 1976, vit et travaille à Rennes. La galerie propose deux œuvres inspirées du minimalisme.
Starck, 2011 est une sculpture constituée de 12 éléments en bois.  Le texte de présentation de la galerie souligne «Empruntant son titre à une pièce emblématique de Donald Judd, cette pièce – clairement référentielle – propose la réinterprétation romantique d’une forme moderniste des années 1960. En couchant la structure et en revenant à des matériaux pauvres comme le bois de charpente, cette sculpture, qui semble avoir été victime d’un incendie, tente de rappeler poétiquement que même les formes les plus radicales d’un art moderniste seront un jour ou l’autre rattrapées par le passage inexorable du temps ».

La série Jours de pluie, 2013 est un ensemble de toiles où les semences originales ont été remplacées par des clous en cuivre. L’oxydation progressive du cuivre a laissé couler des « larmes » bleutées sur la toile.

New Galerie, Paris expose deux artistes émergents : Dan Rees et  Florian Schmidt.  La production de ce dernier a attiré notre regard. Autrichien, né en 1980, il vit et travaille à Vienne. Il utilise des éléments d’œuvres antérieurs, dans une sorte de recyclage permanent. Les pièces se nourrissent ainsi les unes les autres. Des éléments picturaux peuvent prendre des positions sculpturales, et, à l’inverse, des morceaux de sculptures peuvent être utilisés comme des éléments bidimensionnels. Ainsi, les pièces de la série « Commune » placent un tableau dans des structures semi-circulaires en bois. Dans la série « Digue », les aplats colorés utilisent la sciure de bois produite lors de la résidence de Florian Schmidt à la fondation M-ARCO.  C’est au cours de ce séjour marseillais qu’il a réalisé les œuvres présentées ici par New Galerie.

Signalons rapidement la série photographique Arakawa-ku de Claudia Larcher présentées par la galerie 22,48 m2, Paris. Ces étranges images sont celles de maisons individuelles du quartier d’Arakawa-ku, au nord de Tokyo, dans lequel Claudia Larcher a vécu et travaillé durant six mois.

22,48-m2_1

Hopstreet présente  une installation de l’artiste islandais Egill Sæbjörnsson. Né en 1973 à Reykjavík, il vit et travaille à Berlin. Artiste et musicien, il refuse les séparations entre les genres et les supports. À l’inverse, il recherche la fusion entre musiques, vidéos et installations. Ses projections informatiques produisent des œuvres qui s’auto-regenèrent.  La galerie présente Lion Looking for Food in the Fridge,2013, une de ses dernières créations.

La galerie Meessen De Clercq, Bruxelles  propose un projet rassemblant plusieurs artistes de la galerie autour de la notion de lumière.  Cette exposition permet de comparer les pratiques des années 1970 à d’autres, plus contemporaines. On reste malgré tout assez loin de ce que l’on a eu l’occasion de voir lors de l’exposition Dynamo au Grand Palais au printemps.

Meessen-De-Clercq_1

La Galerie Antoine Levi présente une exposition monographique du peintre polonais Piotr Makowski.
Sa série Néopopavantgarde est composée de grandes peintures sur toile et de dessins à l’encre sur papier. Selon le texte de présentation de la galerie «La réflexion de Makowski a comme point de départ l’avant-garde historique internationale que l’artiste va cependant dépouiller de tout son intérêt prédominant pour les contenus formels. Les peintures de Néopopavantgarde qui seront exposées à ART-O-RAMA selon un schéma, au contraire rigide, interprétent donc une réflexion critique sur la nature de la peinture ainsi que sur les potentialités de celle-ci dans la contemporanéité ».

Antoine-Levi,-Piotr-Makowski,-Néopopavantgarde_1

Chez Sultana, Paris, on a apprécié les sculptures d’Emmanuel Lagarrigue et en particulier Something you meant, Something I missed, 2012 qui rappelle  l’installation Parce qu’il y a notre pouvoir qui ne l’est pas encore, 2012 que l’on avait vu dans les jardins des Tuileries lors de la FIAC 2012. La galerie présentait aussi des œuvres inspirées par le travail de l’écrivain Hélène Bessette ainsi qu’une installation sonore.

À lire : Retour sur ART-O-RAMA 2013, Marseille à propos des projets invités

En savoir plus :
Sur le site d’ ART-O-RAMA
Sur le site de John Cornu
Florian Schmidt sur le site de New Galerie
Sur le site de Claudia Larcher
Sur le site de Egill Sæbjörnsson
Piotr Makowski sur le site de la Galerie Levi
Emmanuel Lagarrigue sur le site de la Galerie Sultana

Jusqu’au 7septembre, ART-O-RAMA à Marseille !

ART-O-RAMAART-O-RAMA, Salon international d’art contemporain se déroule à Marseille du 30 août au 7 septembre 2013.
Le Weekend d’ouverture professionnel est ouvert au public.

La Cartonnerie à Friche la Belle de Mai

Au programme :

  • Vendredi  30 août : Preview de 15h à 18h et vernissage : 18h à 21h.
  • Cycle de discussions « Excrementorium » : Vendredi 30 août à 18h, Samedi 31 août à 16h30 et le dimanche 1er septembre à 15 h.
  • Du 31 août au 7 septembre : Ouverture du salon de de 14h à 19h.

Galeries :

Projet invité :

Artiste invité :

Show Room :

Sélection d’Emmanuel Lambion

En savoir plus :
Sur le site d’ ART-O-RAMA

Excrementorium à la Friche de la Belle de Mai, Marseille.

Dans le cadre de « New Orders », ART-O-RAMA en tant que membre du Cartel, a commandé une oeuvre à Atelier Van Lieshout pensée pour être un lieu de discussions et d’échanges.

Cette sculpture d’Atelier Van Lieshout est constituée de 10 à 12 cuvettes de toilette reliées les unes aux autres en forme de cercle. Inversant symboliquement l’ordre des codes sociaux, elle sera l’espace qui accueillera au sein même du salon et pendant toute la durée du week-end d’ouverture un cycle de discussions en lien avec les problématiques abordées dans le travail de l’artiste.

Du 30 août au  7 septembre 2013

En savoir plus : 
Sur le site du Cartel
Sur le site d’ART-O-RAMA
Sur le site de la Friche de la Belle de Mai

Conférence de Joep Van Lieshout, 6 juillet 2013 à la Friche belle de mai, Marseille

Additional document est une revue web qui mêle les champs de connaissances pour aborder de manière transversale des questions artistiques et sociétales.
A l’occasion de New Orders, la revue interroge la possibilité du partage d’un idéal. Dans cette perspective, elle a recement mis en ligne la conférence de Joep Van Lieshout, du 6 juillet 2013 à la Friche belle de mai, Marseille

En savoir plus :
Sur le site du Cartel
Sur le site additionaldocument.org