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Les galeries contemporaines du musée Fabre, Montpellier

Les cinq salles voûtées du premier étage sur lesquelles ouvre la salle Fournier sont ordinairement dédiée aux expositions monographiques d’artistes contemporains et plus exceptionnellement servent de salles de médiation pour les grandes expositions estivales.

Pour accompagner et prolonger le réaccrochage de la salle Fournier, l’équipe de conservation du musée Fabre a choisi de monter une sélection d’œuvres contemporaines de la collection permanente dans lesquelles la couleur joue un rôle majeur et qui font parfois écho aux activités de la Galerie Fournier. Les artistes représentés ont souvent un lien étroit avec Montpellier le la région. Le musée a présenté dans ces galeries des exposition monographiques consacrées à certain d’entre-eux.

Si le volume « cubique » de ces salles n’offre pas de grande liberté pour l’accrochage, par contre la lumière assez intense met particulièrement bien en valeur les œuvres présentées.

Vincent Bioulès et Marc Devade (Salle 49)

On connaît l’attachement de Vincent Bioulès à ce musée et la générosité récente dont il a fait part lui donnant l’ensemble de ses dessins et carnets. Les œuvres présentées ici datent de 1970, époque où Bioulès est un des acteurs majeurs de Supports/Surfaces. Les 125 carrelets, récupérés dans une charpente, teintés de rouge, vert, jaune, bleu et violet ont été initialement installés dans une ruelle de Coaraze, village des Alpes-Maritimes en 1970. Ils encadrent ici une toile de la même année sur laquelle l’artiste a peint de larges bandes verticales en aplat dont les couleurs fortes sont « détachées de toute forme » et où toute expressivité est rejetée. Ces deux œuvres emblématiques de la courte participation de Bioulès à Supports/Surfaces sont des dons de leur auteur, en 1997.

Une toile de 200 x 200cm, Sans titre, 1969 de Marc Devade, acteur lui aussi de Supports/Surfaces, accompagne les œuvres de Bioulès.

Pierre Buraglio et Vincent Bioulès (Salle 50)

On retrouve Bioulès dans la salle suivante avec une œuvre (Bandes verticales n°2, 1974) postérieure à la rupture avec Supports/Surfaces. Dans des tons plus rompus, le peintre renoue avec le plaisir de la matière picturale.

Mais cette salle est avant tout consacrée à Pierre Buraglio, artiste défendu par la Galerie Fournier. Trois œuvres très différentes illustrent la nature de son travail dans les années 80. Buraglio abandonne les outils du peintre pour ceux de l’artisan. Il ramasse, assemble et colle des objets de récupération : Fenêtre, 1982 réunit un bâti de fenêtre et une imposte cintrée et tronquée ; S.H. Monk II, 1985 associe des morceaux de tôle émaillée sur une toile réemployée ; Padova, 1987 utilise des plaques de signalisation de métro parisien, montées sur bois.

Alain Clément et Marc Devade (Salle 51)

Dessinateur, graveur et typographe, Alain Clément sera l’ami de Frédéric Jacques Temple dans les années 60. En 1969, il participe avec Tjeerd Alkema, Jean Azémard et Vincent Bioulès à la création du groupe ABC Productions, dont la manifestation « 100 artistes dans la ville », en mai 1970 reste dans les mémoires montpelliéraines.
Sa production plastique est illustrée ici par un grand format carré de 3 mètres, Sans titre, 1982. Cette toile, très dynamique, est contemporaine de son exposition à la Galerie Fournier.  Elle est donnée par le peintre au musée, en mémoire de Jean Fournier, en 2006. Une sculpture Sans titre de 2001 accompagne cette toile.

L’accrochage de cette salle est complété par un remarquable tableau de Marc Devade, daté de 1973 dans lequel la couleur semble se diluer sur la toile. Cette huile est proche des encres sur toile qu’il  réalise entre 1972 et 1979.

Stéphane Bordarier et Pierre Buraglio (Salle 52)

La dernière salle des galeries contemporaines présente deux œuvres récemment entrées dans les collections à la suite de l’exposition monographie que le musée lui a dédié en 1970. Sans titre, 4 IV 2008 est un don de l’artiste fait en 2013. Sans titre, 5 VII, 2011 est appartient aux « Ensemble », dans lesquels  le peintre groupe les toiles carrées par deux ou par quatre. C’est un achat, puis un don de la Fondation d’Entreprise du Musée Fabre auprès de la Galerie Fournier en 2013.
Stéphane Bordarier est défendu par la Galerie Jean Fournier à Paris depuis 1987. Il a participé à l’exposition La couleur toujours recommencée, Hommage à Jean Fournier, marchand d’art, en 2007.

Une œuvre de Pierre Buraglio, Paysage, 1990 complète l’accrochage de cette salle.

Lire l’article sur le réaccrochage de la salle Fournier

En savoir plus :
Sur le site du musée Fabre : Salle 49, salle 50, salle 51, salle 52
Vincent Bioulès sur le site de la Galerie Bernard Ceysson
Marc Devade sur le site de la Galerie Bernard Ceysson
Alain Clément sur le site de la Galerie Baudouin Lebon
Pierre Buraglio sur son site personnel
Stéphane Bordarier sur le site de la Galerie Fournier

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Réaccrochage de la salle Fournier au musée Fabre, Montpellier

C’est avec de plaisir que l’on retrouve la salle Fournier (salle 48) dans le parcours Art Moderne du musée, à la suite des salles Soulages. On y (re)découvre un ensemble remarquable d’œuvres représentatives de l’engagement du galeriste Jean Fournier.

Musée Fabre -Salle Fournier. Crédit photo Montpellier Agglomération

En 2007, l’exposition inaugurale du musée Fabre La couleur toujours recommencée avait rendu  hommage à Jean Fournier qui, de 1954 à 2006, a défendu avec force la peinture face à l’émergence de nouveaux médias  et de nouvelles formes artistiques. Marchand d’art et collectionneur, il  a collaboré avec le musée Fabre pendant près d’une décennie, avant sa mort en 2006.

La succession des importantes expositions temporaires organisée par le musée depuis la rétrospective Courbet en 2008, avait mobilisé ces espaces au premier étage. En conséquence, un choix réduit de ces œuvres était présenté dans l’atrium au rez-de-chaussée.

Les travaux entrepris ces derniers mois ont permis l’installation de deux cimaises mobiles qui séparent cette salle en trois espaces. Les fenêtres, sur la cour Bourdon, occultées pour les expositions temporaires offrent  à nouveau un éclairage naturel, proche de celui que l’on apprécie dans les salles Soulages.

Jean Degottex, Judit Reigl, Marcelle Loubchansky et Simon Hantaï

Le premier espace de cette salle évoque les activités de Fournier dans les années 50 à la Galerie Kleber. Il expose une très belle sélection de tableaux de Jean Degottex (le Feu noir (II),1956), Judit Reigl (Sans titre, 1954-55), Marcelle Loubchansky (Jack l’éventreur, 1956) et surtout deux grand formats de Simon Hantaï avec lequel Fournier a entretenu une longue collaboration. Ces deux œuvres (Sans titre, 1955 et Sans titre,1958) appartiennent à sa période « gestuelle », une fois la rupture avec Breton et le surréalisme consommée. Simon Hantaï commence par peindre l’ensemble de sa toile avec des couleurs vives, puis il la recouvre d’une couche sombre qu’il racle ensuite avec divers outils (rasoir,entour de réveille-matin aplati, etc.), faisant alors réapparaître la couleur.

Simon Hantaï et Claude Viallat

L’espace suivant présente trois œuvres importantes de Simon Hantaï. Elles permettent de suivre l’évolution de son travail dans sa pratique du pliage comme méthode (titre d’une exposition à la Galerie, en 1971).
MM III, 1964 appartient à la série des Panses qui succède aux Mariales (1960-62) et aux Catamurons (1963-64) . Dans cette série, la toile nouée aux quatre angles est peinte et pliée plusieurs fois, puis tendue. Les formes ainsi obtenues flottent dans un espace non peint.
Après les Meuns(1967-68), Hantaï entreprend la série des Blancs(1972-74)dont le musée présente une très belle toile de 1974. Le peintre décrit ainsi l’objectif recherché dans cette série : « Le pliage est conçu de telle sorte que les zones colorées restreintes activent le blanc et en révèlent la multiplicité des valeurs. Ce sont les éclats colorés qui tiennent le rôle habituellement dévolu aux parties non peintes ».
Le troisième tableau, Laissée, 1981-1989,fait partie des œuvres produites avant que le peintre décide de se retirer du monde de l’art. Il entame alors un travail de destruction / reconstruction. Les Laissées sont  réalisées à partir de Tabulas (1972-76). Hantaï découpe ses anciennes toiles pour mettre l’accent sur telle ou telle partie d’une œuvre antérieure.

De cette période où la galerie passe de la rue du Bac (1963-1979) à la rue Quincampoix (1979-1998), l’accrochage retient  deux œuvres de Claude Viallat que Fournier soutient dès ses débuts. On retrouve le motif du haricot dès 1966, dans une huile sur toile montée classiquement sur châssis (Sans titre, 1966) et sur une grande bâche verticale de 1970 (Sans titre, 1970).

Shirley Jaffe, James Bishop, Bernard Piffaretti et Antonio Semeraro

Le dernier espace de la salle Fournier présente des œuvres de peintres américains soutenus par la galerie (Shirley Jaffe, The Juke-Box, 1976 et James Bishop, Sans titre, 1973). La troisième génération d’artistes défendus par la galerie est représentée par Bernard Piffaretti, Sans titre,1998 et Antonio Semeraro, Sans titre, 1993.

La réouverture de cette salle s’accompagne d’un nouvel accrochage, dans les galeries contemporaines (salles 49 à 52), d’œuvres produites par des artistes qui ont participé au mouvement Support(s) / Surfaces(s). Lire article à ce sujet ici.

En savoir plus :
Sur le site du musée Fabre
Télécharger la fiche de salle
Sur le site de la Galerie Fournier