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Nicolas Bourriaud nommé directeur artistique de la Panacée

Dans un communiqué de presse du 27 novembre, un peu avant 19 h, le service de presse de Montpellier 3M (Montpellier Métropole) annonçait :

« Nicolas Bourriaud nommé directeur artistique de la Panacée et chargé de la préfiguration du Futur Centre d’Art Contemporain de Montpellier » (lire le communiqué de presse en ligne).

On attendait la nomination « d’un chef de projet scientifique, qui aura pour mission de définir plus précisément le contenu du projet » du Centre d’Art Contemporain, annoncé Philippe Saurel lors de sa conférence de presse du 2 octobre dernier.

On ne se prononcera pas sur la pertinence de cette nomination. On attend avec intérêt les orientations du Programme Scientifique et Culturel (PSC) que l’ancien Directeur de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts Paris doit définir avec son comité scientifique. On sera particulièrement attentif sur la communication qui accompagnera l’élaboration de celui-ci.
Le communiqué de presse précise que  Nicolas Bourriaud « sera secondé par Stanislas Colodiet, Conservateur au musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole spécialisé dans le XXIe siècle », et il confirme que le futur centre sera « adossé au musée Fabre, dont il constituerait l’extension dans le domaine de la création des 20 dernières années ».

Hôtel Montcalm -Centre d'Art Contemporain
Hôtel Montcalm – Futur Centre d’Art Contemporain

La surprise de cette annonce est  la nomination de Nicolas Bourriaud comme directeur artistique de la Panacée, à la place de Franck Bauchard.

On perçoit, depuis plus d’un an, et malgré ses dénégations, que Saurel supporte difficilement La Panacée, ses expositions, sa programmation et son directeur…
Les mauvaises langues laissent entendre que le maire et président de Montpellier Métropole souhaiterait une programmation qui soit plus « populaire », quelque chose de plus « clinquant », de plus « vendeur »… Bref, un centre qui fasse du chiffre, qui attire les touristes… et qui puisse générer des retombées économiques…  et politiques !… Mais ce sont certainement de mauvais esprits !

Selon le communiqué, la mission confiée à Nicolas Bourriaud est assez peu définie, mais ambitieuse : « ll assurera la direction artistique de la Panacée et travaillera sur la mise en synergie des différents lieux culturels de la Ville et de la Métropole de Montpellier au travers d’un parcours d’art contemporain. Montpellier a toujours été une ville en avance sur son temps. Laboratoire de danse, de musique, d’architecture et aujourd’hui d’art contemporain. Je veux que l’art contemporain rayonne, transpire, bouillonne dans Montpellier ! »

Attendons de voir comment cela se traduira concrètement. On suppose que son recrutement a été précédé par la proposition d’un projet artistique pour La Panacée … On espère en lire très vite les orientations !
On aimerait également savoir quel sera le sort réservé aux projets annoncés (« Pan_Airport » du 18 juin au 25 septembre 2016 et « Joyce Hinterding et David Haines » du 19 novembre 2016 à février 2017).

Franck Bauchard_1

Saluons le travail remarquable de Franck Bauchard à la direction de La Panacée et l’exigence, la qualité, la richesse des expositions qu’il nous a présentées.
L’intérêt et la pertinence des sujets traités, les approches multidisciplinaires proposées ont donné à ce lieu un caractère singulier et réellement novateur.

La médiation souvent créative et participative, les exceptionnelles programmations qui ont accompagnées les expositions et la qualité de l’accueil à La Panacée ont bousculé (peut-être trop ?) les habitudes montpelliéraines.
Saluons également le travail réalisé avec les artistes en résidence. Remercions aussi Franck Bauchard d’avoir su accueillir des commissaires d’exposition qui avaient quelques choses à dire, qui ont su interroger le public et  exiger un regard attentif et curieux…

Tout cela fait de La Panacée un lieu unique où nombreux sont ceux qui ont plaisir à se retrouver et à partager. Souhaitons qu’il en reste quelque chose…

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Anatomie de l’automate à La Panacée

Jusqu’au 28 février 2016, La Panacée présente « Anatomie de l’automate », une remarquable exposition qui selon les mots de son commissaire, Paul Bernard : « prend pour point de départ l’analogie du corps humain et de la machine pour explorer les imaginaires de la vie artificielle ».

Paul Bernard, commissaire de l'expo devant la lecon du professeur Paul Poirier de Georges-Alexendre Chicotot
Paul Bernard, commissaire de l’expo devant la lecon du professeur Paul Poirier de Georges-Alexendre Chicotot

Le Centre de culture contemporaine de Montpellier propose une de ses meilleures expositions et certainement une des plus intéressantes que l’on puisse actuellement voir dans le sud de la France.

Tetsumi Kudo, Cage, ca 1978 et Injections -Corrosions sous cloches (Collections de la faculté de médecine de Montpellier) - Anatomie de l'Automate - La Panacée - 2015
Tetsumi Kudo, Cage, ca 1978 et Injections -Corrosions sous cloches (Collections de la faculté de médecine de Montpellier) – Anatomie de l’Automate – La Panacée – 2015

« Anatomie de l’automate » rassemble un peu plus d’une trentaine d’œuvres contemporaines, de tableaux, d’ouvrages et d’objets des collections universitaires montpelliéraines. Cinq sont produites ou coproduites par La Panacée pour l’exposition.
Entre fascination et effroi, « Anatomie de l’automate » réussit avec intelligence à multiplier des conversations fertiles entre ces objets autour de questions qui nous interpellent.

L’exposition

La main gauche…

À gauche, l’exposition commence par montrer comment le « regard anatomiste  découpe le corps humain en fragments, en segments de la même manière qu’un horloger ». Elle met en évidence « des équivalences entre ce qui relève de l’organe et de la machine ». Le parcours se construit autour d’échanges subtils entre œuvres contemporaines et objets des collections universitaires.

… D’un mode d’existance

À droite du patio, l’exposition présente des pièces contemporaines, autour de « l’existence des machines ». À partir de la pensée du philosophe Gilbert Simondon, et de son ouvrage « Du mode d’existence des objets techniques », « Anatomie de l’automate » cherche à montrer que  « ce n’est pas la machine qui nous aliène, mais la méconnaissance que nous avons de la machine et de son fonctionnement… car il y a de l’humain dans la machine». Pour le commissaire, cette idée rentre en résonance avec de nombreux travaux d’artistes contemporains.

Les hybrides et la vallée dérangeante

Entre ces deux moments  « l’anatomique » et « l’existence des machines », l’exposition construit des ponts, des liens autour de figures hybrides, en particulier de prothèses, moments ou le corps humain et la machine s’imbriquent.

« Anatomie de l’automate » multiplie des interrogations depuis la canne, le vélo ou le fauteuil roulant comme prolongation du corps, jusqu’aux débats autour de la figure du cyborg ou encore de la troublante question de l’inquiétante étrangeté que suscitent l’anthropomorphisme du robot et le corps humain réduit à des mécanismes réflexes…
Assez logiquement, les œuvres qui évoquent ces hybrides et la « vallée dérangeante » du roboticien Masahiro Mori évoluent dans le parcours à main gauche, comme à droite.

Muséographie

Pour cette exposition, l’espace de La Panacée a été redécoupé en différentes salles, dans une configuration originale. Un jeu de couleurs discrètes organise et rythme le parcours, sans définir formellement des sections. L’accrochage assez bas et une certaine profusion des objets sont des standards muséographiques au Mamco.

Anatomie de l'Automate - La Panacée - Vue de l'exposition
Anatomie de l’Automate – La Panacée – Vue de l’exposition

Ils affirment la volonté d’apporter au visiteur une certaine proximité avec les œuvres et un rapport peut être plus « intime » que le « White Cube » usuel dans les espaces contemporains. Cette mise en espace plutôt réussie construit un parcours fluide, des perspectives intéressantes, des rythmes discrets qui relancent subtilement l’attention, en laissant toujours une grande liberté au regard…

Anatomie de l'Automate - La Panacée - Vue de l'exposition
Anatomie de l’Automate – La Panacée – Vue de l’exposition

Une coproduction  La Panacée / Mamco en partenariat avec l’Université de Montpellier

Coproduit avec le Mamco de Genève, le projet trouve une partie de son origine dans une première exposition « Magnus, Scènes de l’imaginaire automate »,conçue par Paul Bernard pour les 20 ans du Mamco et présentée à la Villa Bernasconi, fin 2014. À partir de cette première réflexion, Franck Bauchard, directeur de La Panacée, a proposé à Paul Bernard, de reprendre son propos en intégrant les collections du Conservatoire d’anatomie de la Faculté de médecine et la Bibliothèque interuniversitaire.  L’exposition s’est faite avec en partenariat avec la Direction de la culture scientifique et du patrimoine historique de l’Université de Montpellier, le Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM).
Ancien Collège Royal de médecine, La Panacée est inscrite dans l’histoire de la médecine à Montpellier. Elle s’impose naturellement pour accueillir ce projet.

Programmation et événements

Une très riche programmation accompagne l’exposition avec plusieurs événements, performances et en particulier l’activation chaque semaine de l’œuvre d’Eva Kotatkova, Not How People Move But What Moves Them. (Programme sur le site de La Panacée)

Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013 Installation, sculptures et collages Galerie Hunt-Kastner, Prague
Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013. Installation, sculptures et collages. Galerie Hunt-Kastner, Prague

3D Lab, un mini-laboratoire de fabrication est installé dans une des salles d’exposition  autour d’une imprimante 3D. Ce studio d’impression 3D produira des objets en lien avec le corps et la médecine : prothèses, organes. La Panacée propose à des écoles d’art, des graphistes et des artistes à réaliser in situ des prototypes en lien avec l’exposition.

SHERPA, 2008 Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) . Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013 Installation, sculptures et collages Galerie Hunt-Kastner, Prague
SHERPA, 2008. Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut. Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM).
Eva Kotátková, Not how people movE but what moves them, 2013

Des installations et des robots sont présentés en continu dans les salles pendant l’exposition.

Un robot Nao est mis à disposition par le Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) et par Polytech’Montpellier. Il sera activé ponctuellement pendant l’exposition et devrait accompagner quelques visites.

Des visites « Point de vue » sont proposées à La Panacée et au Conservatoire de l’anatomie de la Faculté de médecine. Quatre artistes présenteront leur vision des collections du Conservatoire de l’anatomie et quatre scientifiques expliqueront leur propre perception de l’exposition « Anatomie de l’automate ».

L’intelligence du propos, la cohérence muséographique, la richesse de la programmation associée font d’« Anatomie de l’automate » un événement qu’il ne faut pas manquer !

Un compte-rendu de visite complétera prochainement cette chronique.

Avec des œuvres de :
Eric Baudart • Thomas Bayrle • Erick Beltran • Georges-Alexandre Chicotot • Philippe Decrauzat • Harun Farocki • Lauren Huret • Konrad Klapheck • Eva Kotátková • Tetsumi Kudo • Selma Lepart • Benoît Maire • Nathaniel Mellors • Anita Molinero • Laurent Montaron • Matt Mullican • Jean Perdrizet • Thomas Ruff • Markus Schinwald • Alain Séchas • Thomas Struth • Paul Thek • Patrick Tresset • Francisco Tropa • Tatiana Trouvé • Ulla von Brandenburg • Christopher Williams

En savoir plus :
Sur le site de La Panacée
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Conference du 27/09 à La Panacée sur le Street Art

La conference du 27/09 sur le Street Art organisée par le Carré Sainte-Anne à La Panacée avec JonOne, Mist et Al est disponible sur Soundcloud.

Drawing room 015, à La Panacée

Du 7 au 11 octobre 2015, La Panacée accueille Drawing room 015, salon du dessin contemporain de Montpellier.

Pour cette la 6e édition, ce salon réunit douze galeries : cinq de Montpellier (AL/MA, Aperto, chantiersBoîteNoire, Iconoscope et  Vasistas) , deux parisiennes (Bernard Jordan et Olivier Robert) et cinq du Grand Sud (Gourvennec  Ogor  de Marseille), Le 22 de Nice, Le Lieu Commun de Toulouse, L’Isba de Perpignan et Snap Projects de Lyon.  Parmi ces dernières, trois seront présentes pour la première fois : Le 22 (Nice), Olivier Robert (Paris) et Snap Projects (Lyon).

Sur un ensemble de projets curatoriaux, les galeries ont été sélectionnées par un jury, composé de Franck Bauchard, directeur artistique de La Panacée, Emmanuel Latreille, directeur du FRAC Languedoc-Roussillon, et des directeurs des galeries AL/MA, Aperto, chantiersBoiteNoire et Iconoscope.

Drawing Room 015

On lira ci-dessous les 12 projets curatoriaux des galeries, tels qu’ils  sont présentés  par le dossier de presse.

Le salon est accompagnée d’expositions collectives :

  • Pendant le salon, à La Panacée, Ça charge  et du 8 au 22 octobre, à l’École supérieure des Beaux-Arts, Thanks Esbama ! , deux projets autour du dessin, du numérique et de la vidéo,sous le commissariat de Judicaël Lavrador.
  • À l’École nationale supérieure d’architecture, Dessins au Cube propose « quelques directions actuelles de l’art de dessiner », avec des œuvres de la collection du FRAC, sous le commissariat d’Emmanuel Latreille, du 7 au 28 octobre.
  • De son côté, Le FRAC Languedoc-Roussillon présente  Daniel Dezeuze – Dessins, un ensemble de 50 grands formats, du 8 octobre au 5 décembre.

Plusieurs conférences, soirées et  projections complètent la programmation.

Créé en 2009, sur l’initiative de  l’association « Les galeries de Montpellier – art contemporain », composée d’AL/MA, Aperto, chantiersBoîteNoire, Iconoscope et Galerie Vasistas, Drawing Room n’a pas connu d’édition 2014. On se souvient des épisodes houleux qui ont émaillé l’automne et l’hiver dernier, autour de la politique culturelle de la Ville de Montpellier et de la place de La Panacée. Après les Boutographies, ce centre de culture contemporaine accueille donc ce salon du dessin contemporain de Montpellier. On espère qu’il ne s’agira pas d’une simple occupation des locaux et que ce que promet le dossier de presse, une « programmation qui s’inscrit dans la perspective d’une vision élargie du dessin, en développant des évènements visuels autour des nouvelles technologies, en accord avec la programmation de La Panacée », ne sera pas à une simple formule de circonstance…

On en reparle dans un prochain compte rendu, après le vernissage du salon. Des chroniques particulières suivront éventuellement les visites des expositions qui accompagnent Drawing Room 015.

En savoir plus :
Sur le site de Drawing Room
Sur la page Facebook de Drawing Room

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« His Master’s Voice » à La Panacée, Montpellier

Après les quatre expositions de « Vous avez un message » (« Conversations Électriques », « Dernières nouvelles de l’Éther », « Art by téléphone… Recalled » et « Une lettre arrive toujours… »)  qui nous interrogeait sur l’écrit et la conversation à travers les usages de dispositifs technologiques, La Panacée nous propose, avec « His Master’s Voice », un regard critique sur la voix et le langage.

« His Master’s Voice » réunit une trentaine de pièces d’artistes rarement exposés en France.

L’expérience nous a montré que les propositions du Centre de Culture Contemporaine imposent un engagement important du visiteur. Naturellement, c’est encore le cas pour cette nouvelle exposition  conçue au Hartware MedienKunstVerein (HMKV), à Dortmund et dont le commissariat est assurée par Inke Arns.

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