Archives pour la catégorie FRAC-LR

Habile beauté (L’art comme processus) au Frac LR

Après Esprit de Famille, qui avait retenu notre attention au printemps dernier, le Frac Languedoc-Roussillon renouvelle sa collaboration avec  le rectorat de Montpellier et propose Habile beauté (L’art comme processus), une exposition collective avec des œuvres de Tjeerd Alkema, Julien Audebert, Alighiero Boetti, Nina Childress, Rémi Dall’Aglio, Graham Gussin, Rolf Julius, Jesper Just, Loïc Raguénès  et Simon Starling.

Un des objectifs de cette production avec l’Éducation Nationale est « d’éclairer les programmes du baccalauréat »… On revient rapidement sur ce projet et sur sa présentation, après le vernissage.

À lire ci-dessous, pour préparer ou enrichir votre expérience de visite, le texte d’intention de Julie Six, artiste et enseignante chargée de mission au Frac LR. On reproduit également la liste des œuvres exposées et une brève présentation de chaque artiste extraite du dossier de presse.

Autour de l’exposition, le service des publics du Frac LR propose des ateliers et des rencontres avec des artistes et des galeries (détails sur le site).

En savoir plus :
Sur le site du Frac LR
Sur le site Art Contemporain en Languedoc Roussillon
Sur la page Facebook du Frac LR

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Dessins au Cube à l’École d’architecture de Montpellier

En écho à Drawing Room 015, le salon du dessin contemporain, l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier accueille jusqu’au 28 octobre 2015, dans la galerie Le Cube, Dessins au Cube, une proposition  d’Emmanuel Latreille, directeur du FRAC LR.

Si Thanks Esbama ! présentée à l’École des Beaux-Arts n’a pas réussi à capter notre intérêt, c’est l’inverse pour Dessins au Cube, une exposition qui nous a semblé captivante et aboutie.

Une heureuse sélection de dessins dans le fonds du FRAC et un accrochage particulièrement réussi tire tout le parti possible du Cube et joue adroitement avec ses exigences et ses contraintes. L’exposition illustre avec justesse les intentions du commissaire :

« Dans le contexte très singulier qu’est le Cube, le FRAC présente un ensemble très dense de dessins. Il ne s’agit pas de rejouer quelque chose de l’ordre du “cabinet d’amateur”, mais plutôt de poser la question des dimensions exponentielles du dessin contemporain. Ainsi, les 8 côtés du Cube offriront quelques directions actuelles de l’art de dessiner, représentées à chaque fois par plusieurs artistes ou des œuvres sérielles. Ces catégories renverront à :
– la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines (“Mutantes”),
– la construction d’espaces “vécus” par les artistes (“Architêtures”),
– la spontanéité de “traces” questionnant l’altérité (“Vis et vertus”),
– l’incarnation improbable du temps (“Tempus dadalus”) ».

Le texte à la disposition des visiteurs permet d’en apprécier le propos.

À l’intérieur du Cube, les quatre murs illustrent chacun une dimension particulière du dessin, selon le projet d’Emmanuel Latreille.  Le propos est renforcé par un accrochage qui devient de plus en plus dense, à mesure que le regard se déplace dans l’espace.

Dessins au Cube - ENSAM - Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli « la spontanéité de traces...»
Dessins au Cube – ENSAM – Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli « la spontanéité de traces…»

Sur un premier mur, jaune « moutarde », dans un accrochage assez libre, les dessins d’Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli  évoquent « la spontanéité de “traces” questionnant l’altérité (“Vis et vertus”)», expressions de la fugacité et de l’urgence.

Dessins au Cube - ENSAM - Eudes Menichetti, Vanessa Notley et Laurent Tixador, « l’incarnation improbable du temps »
Dessins au Cube – ENSAM – Eudes Menichetti, Vanessa Notley et Laurent Tixador, « l’incarnation improbable du temps »

Le deuxième mur, gris « souris », rassemblent sur deux registres des œuvres où il est question de « l’incarnation improbable du temps ». 12 autoportraits d’Eudes Menichetti, narrent dans un journal mensuel de son année 2007. Un grand « Cheval chapeauté vu de dos  » all ears » » de Vanessa Notley renvoie aux animaux mythologiques.

Les étonnantes empreintes de pas, dessins sur boite de lait concentré et deux pelles sculptées de Laurent Tixador, prélevés ou utilisés au cours de sa performance intitulée « Horizon – 20 », racontent son voyage sous terre de 20 jours en autarcie. À leur propos,  mais aussi en écho à la couleur de la cimaise, le texte de présentation alerte  avec  un certain humour « Courage, creusons ! la petite souris du temps court si vite… »

Dessins au Cube - ENSAM - Tjeerd Alkema et Jean-Jacques Rullier, « La construction d’espaces vécus par les artistes »
Dessins au Cube – ENSAM – Tjeerd Alkema et Jean-Jacques Rullier, « La construction d’espaces vécus par les artistes »

« La construction d’espaces “vécus” par les artistes (“Architêtures”)» occupe le troisième mur,  couvert d’un rouge « cardinal » très muséal.  Un bel  ensemble de huit dessins de Tjeerd Alkema suggère des architectures aux multiples lignes de perspective et points de fuite. Cinq « cartes » de Jean-Jacques Rullier évoquent un voyage en Israël.

Pour Emmanuel Latreille,  le quatrième mur, noir « anthracite » veut suggérer, avec la joue gonflée de Duchamp, une troisième dimension. Un accrochage dense  mais très lisible se développe sur trois registres.

André Raffray, Le diptyque de Marcel Duchamp, 2003. Crayon de couleur sur papier, 61 x 50,5 cm
André Raffray, Le diptyque de Marcel Duchamp, 2003. Crayon de couleur sur papier, 61 x 50,5 cm

Au centre, près du ciel, en majesté, on découvre le « Diptyque de Marcel Duchamp » par André Raffray, l’affiche de l’exposition. Ce dessin reproduit une photographie et un célèbre autoportrait de profil au crayon, avec la joue en plâtre, de 1959… Le titre « With my tongue in my cheek » est  comme souvent chez Duchamp un jeu « miroirique » et une expression anglaise  ambivalente à la fois  équivalente de notre  « tourner sa langue dans sa bouche », « se mordre la langue » mais aussi « pince sans rire »  « avec ironie » ou encore « rire intérieurement de son interlocuteur »…

Dessins au Cube - ENSAM - André Raffray, Ross Hansen, Matthew Antezzo et Loïc Raguénes, « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines »
Dessins au Cube – ENSAM – André Raffray, Ross Hansen, Matthew Antezzo et Loïc Raguénes, « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines »

Cette icône duchampienne est « encadrée »  par trois dessins de Ross Hansen qui encadrent des manuels d’encadrement aux titres savoureux (« Diagrammatic Models », « Framing and Hanging », « Documentation of a Missing Drawing »).
Face au regardeur, un personnage dessiné par Matthew Antezzo semble entrer puis sortir du mur… Enfin, au niveau du sol, au pied du visiteur, des « Nageuses synchronisées » ont quelques difficultés à faire surface dans les trames photomécaniques, aux tons pastels, dessinées aux crayons de couleur par Loïc Raguénes.
À lui seul, ce mur qui évoque avec pertinence « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines (“Mutantes”) » justifie une visite de l’exposition…

Les quatre faces visibles à l’extérieur du Cube cachent-elles, comme le suggère le texte de présentation, un chemin vers une quatrième dimension ?

« Oui, on peut » semble indiquer la trace argentée sur un bleu profond de Jessica Diamond… L’installation « Pas con » de Rémi Dall’Aglio  qui inscrit à la demande la trace d’un cercle sur une face du Cube, n’est-elle pas l’hélice qui propulsera le Cube dans une autre dimension ? Doit-on comprendre  que le fantôme au fouet de Masanao Hirayama est le cochet qui conduira le Cube vers d’autres dimensions ? Peut-être trouve-t-on la réponse en questionnant  les 48 portraits-robots sur acétate de Maurizio Cattelan.

L’exposition montre la richesse de la collection du FRAC LR. Elle illustre également comment la connaissance intime de cette collection permet de construire un discours cohérent  qui valorise le travail des artistes et qui sait parfaitement jouer des contraintes du lieu où il s’exprime.

Un seul regret, les reflets parfois désagréables qui perturbent la contemplation des œuvres…. Si l’on peut admettre les limites du dispositif d’éclairage dans un établissement de formation, par contre on peut s’interroger sur les raisons qui empêchent l’utilisation de verre anti-reflet pour le montage des dessins par le FRAC

Dessins au Cube mérite, sans aucun doute, un passage par l’École nationale supérieure d’architecture avant le 28 octobre 2015.
Avec les œuvres de : Matthew Antezzo, Ross Hansen, André Raffray, Loïc Raguénes, Andreas Slominski, Denis Castellas, Belkacem Boudjellouli, Eudes Menichetti, Laurent Tixador, Vanessa Notley, Jean-Jacques Rullier, Tjeerd Alkema, Jessica Diamond, Masanao Hirayama, Rémi Dall’Aglio, Maurizio Cattelan.

En savoir plus :
Sur le site de l’École nationale supérieure d’architecture
Sur la page Facebook du FRAC-LR
La collection du FRAC LR est consultable via Navigart sur videomuseum

Daniel Dezeuze – Dessins au FRAC LR

Le FRAC Languedoc Roussillon présente, du 8 octobre au 5 décembre 2015, une cinquantaine de dessins, la plupart de grand format , de Daniel Dezeuze.

« Dessins – Daniel Dezeuze», vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier, 07/10 – 05/12/2015. Photo Pierre Schwartz. © Adagp, Paris 2015
« Dessins – Daniel Dezeuze», vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier, 07/10 – 05/12/2015. Photo Pierre Schwartz. © Adagp, Paris 2015

Un ensemble remarquable et des découvertes passionnantes, malheureusement desservies par des reflets multiples sur les verres de protection. Impossible de regarder les dessins de face et de s’en approcher sans voir son portrait s’y refléter. Toutefois, on ne peut pas en faire le reproche au FRAC. En effet, les dessins sont arrivés montés dans leur cadre depuis l’atelier de Daniel Dezeuze.

On lira ci-dessous, le texte de présentation par Emmanuel Latreille, directeur du Frac Languedoc-Roussillon et commissaire de l’exposition.

Cette exposition est une des manifestations qui accompagne Drawing Room 015, salon du dessin contemporain de Montpellier.

« Dessins – Daniel Dezeuze», vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier, 07/10 – 05/12/2015. Naissance du Dessin, 1976. Photo Pierre Schwartz. © Adagp, Paris 2015
« Dessins – Daniel Dezeuze», vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier, 07/10 – 05/12/2015. Naissance du Dessin, 1976. Photo Pierre Schwartz. © Adagp, Paris 2015

En savoir plus :
Sur le site Art Contemporain en Languedoc Roussillon
Sur la page Facebook du FRAC Languedoc Roussillon
Sur le site de Daniel Dezeuze

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Nouveaux territoires de l’image au FRAC à Montpellier

Un bref billet pour signaler l’exposition en cours au FRAC LR qui regroupe sous le titre « Nouveaux territoires de l’image » une sélection d’œuvres de six artistes : Abdelkader Benchamma, Belkacem Boudjellouli, Thibault Brunet, Bertrand Dezoteux, Masanao Hirayama, Aurélie Pétrel

On lira ci-dessous la note d’intention d’Emmanuel Latreille, directeur du Frac Languedoc-Roussillon.
Sans avoir lu ce texte au préalable, nous n’avons pas clairement compris que le propos de cette exposition était de ne pas « montrer seulement des œuvres réalisées avec des techniques (ou des technologies) actuelles[, mais de ] rendre perceptible l’écart entre des moyens anciens – et ce qu’ils permettent de figurer – et des procédés actuels – et les espaces nouveaux qu’ils explorent »…

Bertrand Dezoteux, L’Histoire de France en 3D, 2012, animation 3D, 14 min., Production Frac Aquitaine & Fondation Frieze. © Bertrand Dezoteux
Bertrand Dezoteux, L’Histoire de France en 3D, 2012, animation 3D, 14 min., Production Frac Aquitaine & Fondation Frieze. © Bertrand Dezoteux

Si les vidéos de Bertrand Dezoteux  (L’Histoire de France en 3D et Txerri) nous ont peu convaincues, on a retrouvé avec plaisir les dessins de Abdelkader Benchamma, dont un mural réalisé in situ (Insidestorm), ainsi que les deux imposants polyptyques réalisés au fusain par Belkacem Boudjellouli (Triptyque représentant 4 cow-boys et Diptyque représentant un pin).

Les quatre photographies de Thibault Brunet de sa série Landscape, réalisées à partir de captures d’écran de jeux vidéo, sont particulièrement inquiétantes. Elles nous interpellent plus sur la violence et la peur des mondes réels ou virtuels dans lesquels nous évoluons, que sur la confrontation entre les outils traditionnels et les technologiques dans la production des images, aujourd’hui.

Thibault Brunet, Untitled #08, de la série « Landscape », 2011, tirage jet d’encre sur papier Baryté Canson, contrecollé sur Dibond, 100 x 150 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © droits réservés
Thibault Brunet, Untitled #08, de la série « Landscape », 2011, tirage jet d’encre sur papier Baryté Canson, contrecollé sur Dibond, 100 x 150 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © droits réservés

On regrette un accrochage qui offre peu de recul pour apprécier ces grands tirages dans leur ensemble.

 « Nouveaux territoires de l’image », vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, 18.03 – 18.04.2015. Œuvres de la Collection. Photo Pierre Schwartz
« Nouveaux territoires de l’image », vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, 18.03 – 18.04.2015. Œuvres de la Collection. Photo Pierre Schwartz

La très belle surprise de cette exposition est la découverte du travail Aurélie Pétrel.  Meute que l’on découvre en pénétrant dans la salle d’exposition du FRAC présente une ambiance étrange, plutôt angoissante qui fait liaison avec les images de Thibault Brunet.

Aurélie Pétrel, Meute, 2011, photographie sur medium anthracité leger, 140 x 210 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © Adagp, Paris 2015
Aurélie Pétrel, Meute, 2011, photographie sur medium anthracité leger, 140 x 210 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © Adagp, Paris 2015

Sa série Variations, impressions sur verre et plexiglas, attirent le regard en proposant une ambiance qui paraît douce et lumineuse… mais cette quiétude est vite troublée par un espace qui se dérobe et qui semble nous échapper.

À la lecture du texte d’Emmanuel Latreille, les œuvres de l’artiste japonais Masanao Hirayama apparaissent comme des éléments clés dans le parcours de l’expo… ce qui nous a complètement échappé.

 « Nouveaux territoires de l’image », vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, 18.03 – 18.04.2015. Œuvres de la Collection. Photo Pierre Schwartz
Masanao Hirayama – « Nouveaux territoires de l’image », vue de l’exposition au Frac Languedoc-Roussillon, 18.03 – 18.04.2015. Œuvres de la Collection. Photo Pierre Schwartz

On conseille donc de lire les propos du directeur du Frac Languedoc-Roussillon avant une visite éventuelle de l’exposition…

En savoir plus :
Sur le site du FRAC
Sur la page Facebook du FRAC
Sur les sites des artistes ou de leur galerie : Abdelkader Benchamma, Belkacem Boudjellouli, Thibault Brunet, Bertrand Dezoteux, Masanao Hirayama, Aurélie Pétrel

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Esprit de famille au FRAC LR à Montpellier

Jusqu’au 7 mars prochain, le FRAC présente Esprit de famille, une exposition conçue avec l’Éducation nationale. Si l’objectif est de confronter les élèves de l’académie à une sélection d’œuvres issues de la collection du FRAC, l’exposition intéressera également amateurs et curieux. C’est avec plaisir que l’on retrouve plusieurs pièces vues récemment et que l’on (re)découvre des œuvres moins souvent montrées. Cet Esprit de famille rassemble Benoît Broisat, Belkacem Boudjellouli, Gérard Collin-Thiébaut, Daniel Firman, Joan Fontcuberta, Filip Francis, Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet, Man Ray, Javier Tudela, Patrick Van Caeckenbergh.

Daniel Firman, Trafic, 2002
Daniel Firman, Trafic, 2002, plâtre, vêtements, objets divers, 200 x 130 x 80 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. Photo Christian Perez. Collection Cnap, Paris, dépôt au Frac Languedoc-Roussillon

L’accrochage est naturellement construit sur des objectifs pédagogiques, mais ces derniers n’entravent jamais la fluidité, la cohérence et l’intérêt du parcours. Il offre d’agréables surprises, et laisse au regardeur une large place pour construire ses propres conversations avec les œuvres.

Une large cimaise coupe opportunément l’immense salle d’exposition et ménage ainsi une zone d’accueil.

Planté au milieu de ce mur, Trafic, de Daniel Firman, un autoportrait grandeur nature, dont la tête semble disparaître dans un amas d’objets hétéroclites, attire immédiatement le regard.

De chaque côté, on retrouve avec intérêt quatre des témoins de Benoît Broisat. Cette collection de diptyques associe un article de presse à un objet visible sur la photographie que l’artiste a récupéré après un étonnant travail d’enquête et de négociation. Ces associations interrogent sur la « réalité » des produits médiatiques et interpellent le visiteur sur les histoires qui accompagnent la quête de ces objets, sauf  à mettre en doute leur authenticité.

Seul un visiteur particulièrement attentif repérera Tu m’adores, tu m’énerves, copie d’après tu m’… de Marcel Duchamp, une toile de Filip Francis, installée en hauteur, au dessus des rayonnages, face à l’accueil… D’autres oeuvres « jouissent » d’un accrochage aussi inattendu. On conseille donc de prendre la fiche qui permet d’identifier les œuvres… et de les localiser !

Gérard Collin-Thiébaut, Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1997
Gérard Collin-Thiébaut, Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1997, bois, photographie sur PVC, 313 x 664 x 120 cm

Dans la vaste salle d’exposition, la reproduction photographique d’un enterrement à Ornans, de  Gérard Collin-Thiébaut, aux dimensions exactes du tableau de Gustave Courbet ( 313 x 664 cm ), attire comme un aimant. Dans un face à face tendu,  les trois jeunes de quartiers de Belkacem Boudjellouli semblent jauger les personnages sans visage de Courbet.

Belkacem Boudjellouli, Sans titre, 1997
Belkacem Boudjellouli, Sans titre, 1997, diptyque, fusain et acrylique sur toile, 2 x (200 x 120 cm)

Il faut un peu d’énergie pour quitter ce champ  de forces et pour revenir aux œuvres de taille plus modeste…  et ne pas oublier les petits habitacles bricolés de Javier Tudela.

Dansé 1 §,  une étonnante photographie d’un personnage en lévitation de Daniel Firman, entretient un curieux dialogue avec deux pièces d’Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet.

Si le danseur paraît être en apesanteur, Nuage #3, sculpture en marbre blanc, reproduction en 3D d’un détail d’une peinture vénitienne de la Renaissance, semble peser lourdement sur son socle. Les bandes de couleurs acidulées de Sunset 14S font écho au revêtement du sol sur lequel  plane le danseur de Firman.

Le fond de la salle est occupé par plusieurs échanges entre les œuvres de Gérard Collin-Thiébaut et celles de Filip Francis, autour des figures de Duchamp et de Courbet.


Du premier, le Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, de sa série des Défigurations critiques, rappelle, par bien des aspects, le L.H.O.O.Q.de Duchamp. Il était donc logique de rapprocher cette grande « machine de foire » de la Vélodie amoureuse, une sculpture par métaphore, évocation humoristique du tabouret et de la roue de bicyclette, premier ready-made duchampien…

Filip Francis, utilise la figure de Duchamp pour deux toiles (Profil de M.D.et Broyeuse de chocolat de M.D) qui jouent avec les limites de la perception…
En face, il convoque Courbet, et, avec sa Copie de « La rencontre » de Courbet dans le champ de vision périphérique, il interroge les limites de la vision. Pour les toiles de cette série, dans le champ de vision périphérique, « au lieu de fixer son regard au centre du sujet, il le déplaçait pour situer ce dernier dans les zones périphériques du cône de vision, acceptant la perte de contrôle que le procédé implique tout en faisant apparaître aussi bien les distorsions engendrées au niveau de la forme que les implications non visuelles de l’acte de peindre, comme le rôle du geste, de l’intelligence et de la mémoire ».

Joan Fontcuberta, Man Ray / Duchamp, de la série « Orogenèse », 2006
Joan Fontcuberta, Man Ray / Duchamp, de la série « Orogenèse », 2006, tirage argentique viré au sélénium, 75 x 100 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © Adagp, Paris 2015

Un peu plus loin, on retrouve avec plaisir, les Orogenèses de Joan Fontcuberta,  que le FRAC nous avait présenté l’été dernier. Le catalan utilise un logiciel de cartographie 3D qui traduit n’importe quelle image par une combinaison d’éléments de paysage : montagnes, vallées, fleuves, roches, nuages… Il produit ainsi des paysages plus ou moins fantastiques. Si ces images sont des produits numériques, réalisés sans appareil-photo, les épreuves exposées sont des tirages argentiques virés au sélénium.

L’une des deux Orogenèses est intitulée Man Ray / Duchamp, elle conduit logiquement à une série de dix photographies de Man Ray. Bien entendu, on y retrouve deux portraits de Duchamp Tonsure et  Rrose Sélavy !

Entre les paysages numériques de  Fontcuberta et les épreuves de Man Ray, Arboretum, l’installation de Patrick Van Caeckenbergh est une étonnante et merveilleuse découverte. Boîte à enchantement, herbier improbable, album de timbres qui rassemble des photographies extravagantes, classification saugrenue et  abracadabrante, délicieuse machine à divaguer et à rêver… entre collage et bricolage.

Esprit de famille est une proposition qui mérite sans aucun doute un passage par la rue Rambaud.
Attention, c’est jusqu’au 7 mars.

Le commissariat est  assuré par Cyril Bourdois, Inspecteur d’académie-Inspecteur pédagogique régional Arts plastiques et Julie Six, enseignante d’Arts plastiques. On lira ci-dessous la présentation de leur projet.

En savoir plus :
Sur le site du FRAC LR
Télécharger la fiche pédagogique
Sur les sites de Benoît Broisat, Belkacem Boudjellouli (Vasistas), Gérard Collin-Thiébaut, Daniel Firman (Galerie Perrotin), Joan Fontcuberta (àngels barcelona), Filip Francis (Galerie Jean Brolly), Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet, Man Ray, Javier Tudela, Patrick Van Caeckenbergh (Galerie InSitu Fabienne Leclerc et Zeno X Gallery)
Les œuvres de la collection du FRAC LR sont visibles en ligne, avec le module Navigart de Videomuseum.

À noter :
Rencontre avec Belkacem Boudjellouli au Frac, le jeudi 5 mars 2015 à 10h
Atelier relaxation avec la chorégraphe Maud Chabrol, dans l’exposition, le vendredi 6 mars 2015 de 13h à 14h

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