Archives pour la catégorie Languedoc-Roussillon

Décrochage de l’exposition Théo Van Rysselberghe au musée de Lodève


Décrochages, constats, d’état et mises en caisse…. Fin des expos d’été.
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Interview de Michel Gouery à propos de l’exposition « Sortie de Vortex »

Interview Michel Gouery
Exposition au Centre d’Art Contemprain
a cent mètres du centre du monde Perpignan
Octobre-Décembre 2012

Michel Gouery
Instantanés du Vortex
Un film de Patrick Noël
© 2012

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« Sortie de Vortex » de Michel Gouéry

 Exposition du 13 octobre au 20 janvier 2013.
À Cent Mètres du Centre du Monde, Perpignan.

« Un cas de fusionisme : Alphonse » occupait le lit-bateau du cabinet de travail à l’hôtel de Cabrières Sabatier d’Espeyran jusqu’au 16 septembre dans le cadre de Perturbations, une des expositions proposée par le musée Fabre cet été.

Le centre d’art contemporain A Cent Mètres du Centre du Monde de Perpignan accueille « Sortie de Vortex » jusqu’au 19 décembre.

Cette exposition a été présentée cet été à Clermont-Ferrand par le FRAC Auvergne

Né le 25 février 1959 à Rennes, Michel Gouéryvit et travaille à Paris.
Etudes à l’École des Beaux Arts de Rennes, pensionnaire à la Villa Médicis à Rome en 1986.

Peintre et sculpteur virtuose, Michel Gouéry pratique la céramique avec maestria, employant un registre pour le moins étonnant. Ces céramiques sont comme des êtres irrationnels, elles sont libérées de la prison du langage. Définitivement bizarre, les œuvres de l’artiste cultive l’anticonformisme, l’incongru et le pervers, sans rien négliger d’une parfaite qualité de la matière.

SORTIE DE VORTEX

«Lorsque je fais une pièce hérissée de fourchettes, je vois bien que cela ressemble à une pièce vaudou, mais je ne vais pas jusqu’à faire couler du sang dessus » Michel Gouéry.

En y songeant, l’idée que Michel Gouéry allait avoir de la sympathie aussi bien pour les grands peintres que pour les quatrièmes couteaux, est une chose dont il a eu conscience très tôt. Adolescent, il a découvert Escher et puis, le moment est venu pour lui de comprendre qu’il ne faisait pas partie des peintres importants que sont Picasso, Matisse, Pollock, Newman… Mais plus tard, il a fait revenir Escher parce que sans doute cela l’ennuyait de l’avoir laissé tomber. H.C. Westermann n’est pas un artiste faisant partie du Top 10 de sa génération, mais lorsque l’artiste a découvert ses dessins et ses sculptures, son œuvre l’a complètement enthousiasmé. Il en va de même pour celle de Bill Copley qui est loin d’être une référence majeure aujourd’hui, alors qu’elle le fait jubiler et lui donne immédiatement envie de faire quelque chose. Mais il lui faudrait aussi citer nombre d’artistes de ce qu’on appelle l’art brut: Martin Ramírez, Augustin Lesage, Fleury-Joseph Crépin… qui l’ont beaucoup influencé. L’artiste a fait des peintures dont les formes, les couleurs, la composition… sont empruntées à Lesage ou à Crespin. Certes, il faisait les choses à sa manière, mais, en ce qui les concerne, l’influence ne se limitait pas à donner envie de faire des choses, et l’artiste est toujours frappé et troublé par la manière avec laquelle Lesage, à une époque marquée par les problématiques cubistes, a poussé le décoratif et la symétrie aussi loin que possible.

Quant aux images produites, elles subvertissent aussi toutes tentatives visant à établir des catégories: abstrait, figuratif, images populaires, images savantes — le peintre passant d’une catégorie à une autre, parfois dans le même tableau, avec l’humour qui lui est propre. Les images, elles aussi, viennent du plus large réservoir possible: roman-photo, peinture classique, timbres-poste, photographies, illustrations… Face à une telle accumulation la peinture est toujours à la limite entre la beauté et le kitsch, toujours à la lisière. Du coup le spectateur ne sait plus si la peinture est bonne ou mauvaise ou s’il a bon ou mauvais goût. Il est piégé, mis en face de frontières qui sont devenues inopérantes, n’ayant plus qu’à utiliser sa subjectivité en place de ses références habituelles. Ainsi, la peinture de Michel Gouéry atteint une mise en cause de notre culture et de notre capacité à fonder un jugement esthétique autrement que sur des a priori culturels. La peinture de Michel Gouéry de 1994 à 2000-2001 est une tentative pour faire de la bonne peinture avec des images impossibles ou incongrues.

© Michel Gouéry – A Cent Mètres du Centre du Monde

En 2000-2001, les sculptures vont devenir de plus en plus complexes avec, principalement, des sculptures d’assemblages colorés. Plutôt qu’assemblage, il faudrait plutôt dire empilement. Soit il peut s’agir du mammouth devenant le porteur d’osselets, de viscères, d’un cœur enflammé ou non… soit d’un pied de champignon aux allures schtroumpfesques ou devenant un godemiché surmonté d’éléments similaires. Si Michel Gouéry revendique les modèles iconographiques savants ou biographiques et si toutes ses sculptures sont des concrétions d’associations purement visuelles, elles sont, pour beaucoup, dans une iconographie souvent sexuelle ou scatologique. Ces sculptures sont délirantes — au sens psychanalytique — et peuvent associer images pornographiques, images de maladies cutanées et images de l’art dans des mises en relation données par des éléments biographiques mis à distance.

Il y a quelques constantes comme le travail de la surface : trames, pustules, spaghettis ou nouilles chinoises…les sculptures deviennent de plus en plus luxueuses – et ce luxe leur évite le côté kitsch des bibelots bas de gamme. Cette question de la surface – en dehors du luxe qu’elle provoque – est une question essentielle car la prise en compte de celle-ci génère un certain type de formes. Comme je lui posais la question de l’origine des pustules, Michel Gouéry me répondit : « Les pustules, c’est plein de trucs…plein, plein de choses. Il y a une trame que j’ai trouvée à New York, par exemple. C’est un bout de plastique avec lequel je faisais des empreintes. Au début, c’était sur de minuscules sculptures et il se trouve qu’il y avait un effet qui m’intéressait qui est de faire une empreinte puis de lui donner une forme. Avec ça, j’ai une marge de manœuvre qui est très grande. Je peux la déformer, la redéformer, etc. Je peux aller dans tous les sens. C’est beaucoup plus simple que de commencer avec un bloc de terre. Certes, cela procure une grande liberté mais également beaucoup de travail comme on peut le voir chez De Kooning. Au contraire, avec cette méthode, j’ai quelques motifs de base, des déformations basiques et la sculpture est presque auto-générée par l’empreinte. Après évidemment, cela devient de plus en plus compliqué, mais, au début, il y a vraiment une spèce de rail qui me permet de faire des formes ».

© Michel Gouéry – A Cent Mètres du Centre du Monde

Quand ce sont des corps qui sont créés, on retrouve l’idée de l’empilement d’éléments abstraits – même si certains éléments font clairement référence au corps. Ce qui va changer, à partir de 2006, c’est l’utilisation du moulage- qui permet d’éviter un modelage fastidieux. Le moulage – qui donne un aspect réaliste qui participe du caractère hallucinatoire de la sculpture de Michel Gouéry – permet de repenser la manière de penser la sculpture. Et si les premières étaient au départ réalisées sur des mannequins, les plus récentes viennent de moulages d’amis qui acceptent de se prêter au jeu – ce qui permet un sérieux renouvellement des formes par rapport aux mannequins. Ce sont ces mêmes moulages faciaux qui donneront naissances aux Potos de 2009-2012 et, dans ceux-ci, le registre anthropomorphique est abandonné au profit de bâtons/totems à la logique, encore une fois, intuitive de surfaces colligées évoquant à la fois le bâton druidique – ou la crosse du Pape – vu par un mélanésien fasciné par les masques mortuaires occidentaux du XVIIe siècle.

Extrait du texte d’Éric Sucère, « Un Vortex dans le cortex »,
Michel Gouéry – Sortie de Vortex, Éditions FRAC Auvergne, Àcentmètresducentredumonde

© Michel Gouéry – A Cent Mètres du Centre du Monde

Via A Cent Mètres du Centre du Monde : http://www.acentmetresducentredumonde.com/fr/expositions/sortie-de-vortex
En savoir plus : Galerie Déborah Zafman
Lire l’article de Paris Art
Lire l’article de Philippe Dagen du Monde du 12 juillet et le diaporama de l’exposition de Clermont-Ferrand
Ecouter l’émission de Laurent Goumarre, RDV du 26 juin 2012

Textes extraits du communiqué de presse.

Théo Van Rysselberghe, l’instant sublimé à Lodève – Derniers jours !

Théo Van Rysselberghe, l’instant sublimé à Lodève – Derniers jours !
du 9 juin au 21 octobre 2012

Une exposition en hommage à Théo Van Rysselberghe (1862-1926), peintre belge majeur du 20e siècle et principal représentant du néo-impressionnisme en Belgique.

Centrée autour d’un choix d’environ quatre-vingt œuvres des années 1882-1919, l’exposition porte un regard sur la manière dont Théo Van Rysselberghe sublime ses sujets, à l’image d’un instantané presque photographique.

Dans la mise en place de compositions savantes, par le jeu de cadrages très particuliers d’une fascinante frontalité, le peintre nous propose des sujets dont l’anecdote est bannie. Au sein de ses paysages dont l’homme est absent, dans ses portraits mettant en scène des êtres habités et rêveurs, Van Rysselberghe utilise une subtile « alchimie de couleurs » qui contribue à transcender l’instant présent et à lui donner un caractère construit, presque irréel.

Grâce à une sélection ciblée, le parcours thématique est rythmé par les grandes étapes stylistiques mises en œuvre par le peintre : du réalisme à l’impressionnisme en 1886, de l’adoption de la touche divisionniste en 1888 jusqu’à son apogée dans la fin des années 1890, puis le choix d’un style plus personnel à partir de 1903 et un retour vers le classicisme à partir des années de guerre, qui marque également sa rupture avec Paul Signac avec lequel il était très proche jusqu’alors.

viaThéo Van Rysselberghe.