Archives pour la catégorie Musée d’Art Moderne

Dani Karavan au musée d’art moderne de Céret

Du 14 mars au 31 mai 2015, le musée d’art moderne de Céret présente une exposition consacrée au plasticien et sculpteur israélien Dani Karavan, autour de Passages, son hommage à Walter Benjamin à Port-Bou et d’un ensemble récent et inédit de sculptures et de bas-reliefs de terre.

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On revient éventuellement sur cette exposition après un passage à Céret.

À l’occasion de cette exposition, le musée a mis en ligne un nouveau site dédié aux expositions. Il présente de manière très complète ce projet, la démarche et le travail de l’artiste. On conseille sa consultation pour préparer ou prolonger sa visite.

On trouvera ci-dessous quelques extraits du dossier de presse.

Passages – Port Bou

Dani Karavan est le créateur, à Port-Bou, de Passages, réalisation en hommage à Walter Benjamin, écrivain et philosophe juif allemand qui mit fin à ses jours dans la petite ville frontalière. Parvenu jusqu’à Port-Bou par un sentier montagneux et non sans grandes difficultés, Walter Benjamin, craignant d’être reconduit vers la France de Vichy par les autorités espagnoles, se suicida dans la nuit du 26 septembre 1940.

Passages, Port-Bou © Studio Karavan.
Passages, Port-Bou © Studio Karavan.

Les matériaux utilisés par Dani Karavan sont évocateurs de l’esprit qui guide sa démarche : de l’acier Corten, du verre, mais aussi et surtout un tourbillon naturel se formant sur la mer, un olivier, et une citation de Benjamin en hommage aux victimes anonymes des conflits : « Honorer la mémoire des anonymes est une tâche plus ardue qu’honorer celle des gens célèbres. L’idée de construction historique se consacre à cette mémoire des anonymes ».

L’exposition présente la genèse de cette œuvre, des notes d’intention aux dessins préparatoires et maquettes, et permet d’appréhender la démarche plastique et philosophique de Dani Karavan. Fidèle à cette démarche, l’artiste s’est inspiré des espaces du musée pour créer un environnement évocateur de sa réalisation à Port- Bou. Ainsi, le visiteur retrouve-t-il dans les salles documents, photographies et dessins – dont certains réalisés aujourd’hui, spécialement pour l’exposition – mais également une installation vidéo et un olivier.

Du sable à la terre

Vingt ans après la création de Passages, l’exposition présente pour la première fois les toutes dernières créations de Dani Karavan : un ensemble de sculptures et de bas-reliefs en béton de terre, évocation des architectures de terre communes à plusieurs cultures et de l’universalité qui relie ces cultures entre elles. Renouant avec un vocabulaire formel élaboré par lui dans les années 60, l’artiste utilise la terre pour la création de nouvelles formes mi-architecturales mi-sculpturales.

« Cinquante ans après le Monument du Néguev, je ressentais le besoin de revenir à des oeuvres de plus petites dimensions, à la “musique de chambre”. J’ai donc commencé par chercher le bon matériau. En fait, pour moi, tous les matériaux sont appropriés, j’en ai d’ailleurs utilisé un grand nombre tout au long de ma carrière. Cependant, j’avais envie d’en découvrir de nouveaux et c’est alors qu’une voie s’est ouverte à moi : travailler avec la terre. J’étais enthousiasmé par cette idée. »

Catalogue, édition Musée d’art moderne de Céret. Textes de Dani Karavan, Germain Viatte et Nathalie Gallissot.
Commissariat : Nathalie Gallissot, directrice du musée et Noa Karavan-Cohen.
Les sculptures et les bas-reliefs en béton de terre de Dani Karavan ont été réalisés en vue d’une exposition qui se tiendra à la Galerie Jaeger Bucher/Jeanne Bucher à Paris en mai 2016 et ont été produites par la galerie.

En savoir plus :
Sur le site de l’exposition du musée d’art moderne de Céret
Sur le site du musée d’art moderne de Céret
Sur la page Facebook du musée d’art moderne de Céret
Sur le site de Dani Karavan
Dossier pédagogique à propos de Passages de Dani Karavan sur le site de l’académie de Montpellier

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Le peintre et l’arène – Art et tauromachie, de Goya À Barceló au Musée de Céret

Le Musée d’art moderne de Céret présente Le peintre et l’arène – Art et tauromachie, de Goya à Barceló du 28 juin au 12 octobre 2014.

Le projet de cette exposition est « de souligner l’intensité de ce qui se joue entre la corrida et la tension plastique de sa représentation artistique. Picasso encore et toujours, qui jouera sur le thème toute sa vie durant, mais aussi tous les artistes qui ont été happés par l’espace de l’arène, comme par une force centripète ».

Picasso
Pablo Picasso, Série de 29 coupelles tauromachiques. Atelier Madoura, Vallauris. Pièces uniques. Coupelle Picador, 15 avril 1953 Terre de Lugnon, décor aux engobes et oxydes métalliques. Diamètre : 16,4 cm, hauteur : 5,5 cm Collection Musée d’art moderne de Céret Don de l’artiste © Succession Picasso, 2014

Autour de l’exceptionnel ensemble de 30 coupelles de céramique sur le thème de la tauromachie, que Picasso a créé et offert au musée de Céret, en 1953, l’exposition annonce les séries de Goya (Tauromaquia), d’Antonio Saura (Sauromaquia) et de Gilles Aillaud.

Tauromaquia
Francisco de Goya y Lucientes « Tauromaquia » Série Tauromaquia (1815-1816), Edition n°4 de 1905, Le Cid Campéador combattant un taureau à la lance, Eau-forte, aquatinte brunie et burin. Estampe n°11, 24,7 x 35 cm (gravure), 30,9 x 48,2 cm (papier), inv. 82/834-11, Collection Museo de Bellas artes de Bilbao, © Bilboko Arte Ederren Museoa-Museo de Bellas Artes de Bilbao, © Adagp, Paris, 2014

Aux côtés de Juan GrisAndré Masson ou Francis Bacon, on retrouvera des contemporains comme Hervé Di RosaAlechinskyAlberto GironellaClaude ViallatJean Le GacNajia Mehadji et Miquel Barceló.

Chronique à suivre après une visite au Musée d’art moderne de Céret .

En savoir plus :
Sur le site du Musée de Céret
Sur la page Facebook du Musée de Céret

Communiqué de presse :

 « Ce que je voudrais c’est faire une corrida comme elle est (…) il faudrait une toile grande comme les arènes (…) Ce serait magnifique … ».
Ces propos de Picasso rapportés par son amie romancière et critique d’art Hélène Parmelin témoignent bien de la double passion qui anima l’artiste : passion pour la corrida, le spectacle de son enfance pour lequel il éprouva toute sa vie plaisir et fascination, passion pour la tauromachie comme sujet inépuisable de recherche plastique et artistique.

Ce n’est cependant pas une toile grande comme les arènes qui peut être aujourd’hui considérée comme le chef-d’œuvre de Picasso en la matière, mais bien une série de 30 coupelles de céramique que le peintre réalisa à Vallauris en 1953 et qu’il offrit l’année même de leur création au musée d’art moderne de Céret.

De Céret, Picasso garde sans doute le souvenir des étés passés entre 1911 et 1913, des riches heures de la recherche cubiste en compagnonnage avec Georges Braque. La petite ville avait alors été baptisée par le critique d’art André Salmon, « La Mecque du cubisme ». Céret est une cité de tradition taurine, où Picasso, après les années parisiennes du Bateau-lavoir, retrouve l’ambiance des corridas de son enfance à Malaga et de ses années de jeunesse à Barcelone.

Le musée de Céret vient d’être créé, en 1950, par la volonté de quelques érudits et artistes dont Pierre Brune, peintre local ami de Picasso. En 1953, Picasso fait don de 29 coupelles au musée. Il offre la trentième à Pierre Brune. Les coupelles tauromachiques demeurent, aujourd’hui encore, le chef-d’œuvre des collections du musée, qui se sont considérablement enrichies.

30 coupelles de céramique, d’environ 16 cm de diamètre, 6 cm de profondeur, faites d’une terre légèrement rosée ou blanche, ornées de peinture à l’engobe et de quelques émaux offrant une gamme de couleurs restreinte : plusieurs nuances d’ocre, du jaune, du blanc, un noir profond… Des objets d’une grande simplicité au sein desquels Picasso va représenter le spectacle tauromachique avec une inventivité et une audace incomparables.

Dans le creux de chaque coupelle, dont l’espace se confond avec celui de l’arène et de ses gradins, l’artiste joue avec la perspective, suit le mouvement de l’ombre et de la lumière, relate différents moments de la corrida, s’intéresse au combat dans l’arène comme à la vision des spectateurs dans les tribunes.

Autour de cet ensemble remarquable, présenté pour la première fois de façon exhaustive – la coupelle offerte à Pierre Brune, qui était manquante, vient d’être retrouvée aux Etats-Unis – l’exposition propose un ensemble d’œuvres qui, de Goya à Barceló, témoigne de la fascination des artistes pour la tauromachie comme spectacle mais aussi et surtout comme sujet de recherche plastique.

L’arène y apparaît pour les peintres et graveurs comme le corollaire de la page blanche pour l’écrivain. Michel Leiris, l’auteur fameux du Miroir de la tauromachie, exprime dans la préface de son œuvre autobiographique, L’âge d’homme, ce désir « d’introduire ne fût-ce que l’ombre d’une corne de taureau dans une œuvre littéraire ». L’arène comme lieu d’affrontement de l’homme et du taureau mais aussi et surtout comme lieu de confrontation entre l’artiste et son sujet est ainsi devenu le fil rouge de cette exposition, comme le serait un thème musical récurrent, trait d’union entre les œuvres.

L’exposition s’ouvre sur la Tauromaquia de Goya, une série de 40 estampes réalisées par l’inventeur de la représentation tauromachique moderne. Jeu de l’ombre et de la lumière, du blanc et du noir, jeu d’esquive et d’affrontement entre l’homme et de l’animal, multiples perspectives sur l’arène vue par le spectateur depuis les gradins ou par le torero depuis le centre de l’arène. Cette dernière, qu’il s’agisse de son seul centre ou ruedo, ou de son architecture dans son ensemble, est bien le centre de la scène et celui des préoccupations de l’artiste qui la contourne, s’en approche ou s’en éloigne pour mieux exprimer l’intensité du drame qui s’y joue. Après Goya, Picasso crée sa propre vision de La Tauromachie ou l’art de toréer. Plus proches de nous, Antonio Saura livre sa Sauromaquia, Gilles Aillaud une Tauromachie plus apaisée.

Chaque artiste offre ainsi une proposition originale de perspective, de cadrage et de découpage de la scène en séquences narratives dramatiques ou plus allègres, alors que le spectacle tauromachique lui-même semble s’éloigner des préoccupations du spectateur contemporain, voire heurter sa sensibilité.

Le but de l’exposition est de souligner l’intensité de ce qui se joue entre la corrida et la tension plastique de sa représentation artistique. Picasso encore et toujours, qui jouera sur le thème toute sa vie durant, mais aussi tous les artistes qui ont été happés par l’espace de l’arène, comme par une force centripète.

Parmi eux et aux côtés des grands noms de l’art moderne dont Juan Gris, André Masson, ou, plus proche de nous, Francis Bacon, on retrouvera pour ne citer que quelques noms parmi les contemporains Hervé Di Rosa et ces cercles dévorés par une foule bariolée et animée de regards enfiévrés, Alechinsky en une joute avec l’artiste mexicain Alberto Gironella, Claude Viallat inscrivant des passes dans l’espace de boîtes de fromage, Jean Le Gac inspiré après Manet par la figure du torero mort, Najia Mehadji noyant dans des éclosions de couleur les lignes incisives des gravures de Goya… jusqu’à l’image ultime de l’arène blanche par Miquel Barceló.

Miquel Barceló Terra Ignis au musée de Céret.

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Du 29 juin au 12 novembre 2013

Peintre reconnu sur le plan international, Miquel Barceló explore le champ de la céramique depuis 1995.

« J’ai commencé à travailler la céramique parce que le vent à Gogoly-Sangha (Mali) ne me permettait pas de peindre. C’est ainsi qu’il était certain, mais c’est encore plus évident maintenant qu’avec ce matériau, je n’ai rien fait d’autre que de peindre encore. »

De longs séjours au Mali, au cœur du pays Dogon, ont influencé son travail. Il prolonge cette expérience dans l’atelier traditionnel de tuilerie briqueterie à Majorque, son île natale.

L’apport de Miquel Barceló à l’art de la céramique ne relève pas du simple décor peint. De masses de terre triturés, déformés, maltraités,toujours à la limite de la fracture, Barceló produit des formes et des décors toujours en accord avec les thèmes de son œuvre picturale.

L’exposition présentée au musée de Céret propose  des  céramiques récentes produites dans la tuilerie de Majorque où Miquel Barceló travaille.

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Miquel Barceló, La teulera, 2013
© Miquel Barceló, Adagp, Paris, 2013 © Photo Agustí Torres, 2013

L’autoportrait est un des thèmes majeurs des pièces présentées. Yeux et bouche sont gravés dans l’engobe de pièces aux formes héritées de l’antique. Les pièces plus communes (vases, récipients du quotidien) sont accompagnées de briques traditionnelles.
La Vanité est également très présente avec des crânes et plusieurs pièces où les fractures et  les accidents avant ou pendant la cuisson évoquent la fragilité de l’œuvre.

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Miquel Barceló, Jo negre, 2011. 48 x 45 x 40 cm
© Miquel Barceló, Adagp, Paris, 2013 © Photo François Halard, 2013

Le catalogue  « Miquel Barceló – Terra Ignis » est publié par les éditions Actes Sud

L’exposition sera présentée au musée National de l’Azulejo à Lisbonne du 20 septembre 2013 au 15 novembre 2013.

En pratique :
Ouvert tous les jours, de 10h à 19h

En savoir plus :
Sur le site de musée de Céret
Sur la page Facebook du musée de Céret

À propos de Miquel Barceló :
Site en espagnol  très complet (non officiel)
– Sur Wikipédia
– Les cinq émissions de la série A voix nues de France Culture en 2010.

Cathédrale de Palma de Majorque, la chapelle San Pere réalisée par Miquel Barcelo en 2007

Extrait de Paso Doble, spectacle du chorégraphe  Josef Nadj et Miquel Barceló