Archives pour la catégorie Derniers jours !

PLAY ! (La règle du jeu) au Studio Fotokino

Jusqu’au 31 janvier 2016, le Studio Fotokino présente aux allées Gambetta à Marseille  PLAY ! (La règle du jeu). Premier volet d’une exposition en deux parties, le studio accueille des acteurs reconnus ou émergents du design graphique, autour de la question du jeu. Le musée Borély expose dans ses collections la seconde partie du projet avec  Play ! (Design pour les martiens), une sélection d’œuvres du design d’objet et textile.

PLAY ! (La règle du jeu) au Studio Fotokino - vue de l'exposition
PLAY ! (La règle du jeu) au Studio Fotokino – vue de l’exposition

Avec PLAY ! (La règle du jeu) , le Studio Fotokino propose affiches, documents imprimés, livres, objets… On y découvre les expressions graphiques diverses et singulières d’une vingtaine d’artistes, ateliers ou collectifs.

L’accrochage, particulièrement réussi, utilise au mieux la lumière naturelle qui tombe de la verrière. Il offre à chaque artiste l’espace nécessaire et donne au regardeur la possibilité de construire, en toute liberté, son expérience de visite. Il permet  de jouer avec les diverses propositions graphiques.
Pas de vitrines ni de protections qui mettent à distance le visiteur… À quelques rares exceptions,  il est possible de toucher et de feuilleter les documents imprimés.

PLAY ! (La règle du jeu) au Studio Fotokino - vue de l'exposition
PLAY ! (La règle du jeu) au Studio Fotokino – vue de l’exposition

Cette proposition mise en œuvre par Fotokino atteint  tout à fait les objectifs annoncés de PLAY ! (La règle du jeu) :

« Car jouer, c’est aussi expérimenter : détourner les procédés de production, transgresser les impératifs de sobriété imposés par le modernisme, ou encore s’amuser, créer un graphisme joyeux et expressif destiné à jouer avec le regard et l’humeur des passants.

Jouer, c’est aussi parfois instaurer une règle (n’utiliser que certains outils, inventer des systèmes combinatoires de formes et de couleurs), s’y tenir, et laisser le résultat surgir des protocoles mis en place. Car c’est un autre principe du jeu : les règles sont posées, mais son scénario n’est jamais écrit à l’avance, pas plus que son dénouement.

Enfin, il peut aussi s’agir de proposer de véritables jeux au regardeur : création partagée, dessin sous contrainte, devinettes de messages codés… auxquels vous êtes invités à participer ! »

Les « Sculptures alphabétiques », jeu de construction de Paul Cox, semblent constituer l’épicentre de l’exposition. On en retrouve l’esprit, les formes et les couleurs dans de nombreuses propositions graphiques.

Paul Cox, Sculpures alphabétiques, 1997

On a particulièrement apprécié  la présentation des « affiches pour le Théâtre de l’Agora » par Benoît Bonnemaison-Fitte et Fred Fivaz , les « Consonnes » de Pierre Di Sciullo, le travail de Raw Color pour l’ «Identité du TextielMuseum et du TextielLab »,  les affiches d’ Annik Troxler, Badesaison, Patrick Lindsay et Aurélien Debat.

Plusieurs propositions d’Helmo ont également retenu notre attention (« Bloc agenda et affiche pour Miss Lézard » et « Livret pour la Commune de Paris ») ainsi que « Vroum », la police de caractère conçue par Nicolas Aubert  et Romain Oudin.

Une mention également pour le design interactif du Studio Moniker et son « Conditional Design Workbook », un ensemble de protocoles de dessins à plusieurs qu’il ne faut pas manquer…

Un document de visite est  à la disposition du public. Artistes et  œuvres y sont brièvement présentés.

Avec :  Pierre Di Sciullo Helmo  Annik Troxler  • Paper Tiger  • Raw Color  • Julia  Paul Cox  • Studio Moniker  • Formes vives Benoît Bonnemaison-Fitte et Fred Fivaz  • Fanette Mellier Ed Fella  • Patrick Lindsay Nicolas Aubert  • Olivier bersin  • Atelier Bingo  • Badesaison  Antonio Ladrillo

Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h30.

Installé dans les anciens locaux des Excursionnistes Marseillais, Fotokino  utilise avec beaucoup de pertinence les caractères particuliers de ce lieu et notamment la grande salle sous verrière qui  offre une lumière zénithale très intéressante. À la fois lieu d’exposition, de résidence et de pratiques artistiques, Le Studio est un espace ouvert, accueillant et chaleureux, très éloigné des lieux un peu glacés, guindés et intimidants que sont souvent les galeries d’art.
Le Studio Fotokino est membre du réseau Marseille Expos

En savoir  plus :
Sur le site de Fotokino
Sur la page Facebook de Fotokino
Sur petites immensités, le tumblr de Fotokino

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Humaines, trop humaines à la Galerie Annie Gabrielli

Du 5 décembre 2015 au 30 janvier 2016, la Galerie Annie Gabrielli présente, à  Montpellier, « Humaines, trop humaines », une exposition collective des photographes Morgane Gille, Kasuya Kyoko, Delphine Sauret, Wang Pei et  Annabel Werbrouck.

Faut-il comprendre le titre de ce projet comme une référence aux « choses humaines, hélas ! trop humaines !» que voyait Nietzsche là où d’autres ne voyaient que des choses  idéales, ou bien faut-il y voir un clin d’œil « moqueur » au centre national dramatique de Montpellier ?

La réponse est peut-être à la Galerie Annie Gabrielli…

Vernissage vendredi 4 décembre 2015 à 18h

Texte de présentation de « Humaines, trop humaines » par la Galerie Annie Gabrielli

Au travers des photographes choisies, ce sont deux continents qui sont représentés, l’Asie (Chine et Japon) et l’Europe (Belgique et France), irrigués par des propos différents qui, toutefois, se recoupent par endroits. De la sorte, la question de l’intime se cristallise par le biais du journal chez Annabel Werbrouck (Journal d’une femme à Berlin) et par celui du souvenir et de la remémoration dans le travail de Delphine Sauret ; celle du document est partagée par Kyoko Kasuya et Morgane Gille. Alors que la première, en écho à la catastrophe de Fukushima qui a meurtri son pays, abolit les frontières et les distances en proposant un ensemble de clichés, accompagné de textes, sur les paysages avoisinant les sites nucléaires français (La Zone), la seconde s’empare de documents d’archives sur un quartier de Nîmes pour produire des images recomposées et hybrides, qui mettent à mal la vér(ac)ité portée par la photographie, et qu’elle présente sous forme d’ouvrage. Le travail de Wang Pei, quant à lui, se situe dans le voisinage de celui d’un socio-ethnologue critique. En effet, la mise en regard et en scène de photographies de mariages chinois témoignent de leurs permanences, et des codes qui les innervent (La vie similaire), tout autant que des écarts qui existent entre vie quotidienne et parenthèse lisse et idéale du jour des noces (La vie parallèle).

Qu’il s’agisse de travail intimiste, de travail de type documentaire ou de travail plasticien, chaque aspect participe à une même intention : s’interroger sur la création et le médium photographique. La légèreté du sujet de Pei Wang se teinte de gravité dans la sérialité, la déshumanisation des photographies de Kyoko Kasuya trouve une incarnation dans la voix de l’auteur, l’objectivité de l’archive se charge de facticité dans le traitement de l’image avec Morgane Gille, l’autofiction de Delphine Sauret devient universelle par les choix techniques et plastiques effectués, et le récit porté par les instantanés de vie de la série d’Annabel Werbrouck résonne bien au-delà de la femme berlinoise qu’elle a choisie pour héroïne anonyme.

Dans la galerie, d’un mur à l’autre et d’un ensemble à l’autre, ces voix individuelles et personnelles se croisent, se répondent et se complètent dans une conversation qui s’inscrit pleinement dans les préoccupations de la photographie plasticienne contemporaine.

En savoir plus :
Sur le site de la Galerie Annie Gabrielli
Sur la page Facebook de de la Galerie Annie Gabrielli
Sur les sites de Morgane Gille, Kasuya Kyoko, Delphine Sauret et  Annabel Werbrouck

Sylvie Blocher, S’inventer autrement

Avant la publication prochaine d’une chronique sur « S’inventer autrement » de Sylvie Blocher, on partage avec plaisir cette vidéo que le CRAC LR a récemment mise en ligne.
On revient très vite sur cette exposition qui intrigue et dérange mais où l’on perçoit  une volonté « d’échange et de partage des responsabilités » entre l’artiste et personnes qui participent à ces œuvres. Une étonnante utilisation de l’humain comme matière première…

En savoir plus :
Sur le site du CRAC
Sur la page Facebook du CRAC

Sylvie Blocher, « S’inventer autrement » au CRAC à Sète

Du 23 octobre 2015 au 31 janvier 2016, Le CRAC (Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon) à Sète présente « S’inventer autrement », une exposition monographique consacrée à Sylvie Blocher, réalisée en collaboration avec le MUDAM de Luxembourg.

L’exposition s’articule autour d’une quinzaine d’installations vidéographiques récentes. Elles sont précédées par une série de dessins réalisés par l’artiste sur les unes du journal Libération.

Sylvie Blocher,Speeches 4, A More Perfect world, 2012. min 37 sec Ed. 2/3, Avec Véronique Nosbaum, Extrait de la « Convention relative au statut des réfugiés » du Haut-Commissariat des Nations Unis Aux Droits de l’Homme, 28 juillet 1951.
Sylvie Blocher,Speeches 4, A More Perfect world, 2012. min 37 sec Ed. 2/3, Avec Véronique Nosbaum,
Extrait de la « Convention relative au statut des réfugiés » du Haut-Commissariat des Nations Unis Aux Droits de l’Homme, 28 juillet 1951.

Cet ensemble est accompagné de la restitution d’un projet participatif,  « Qu’offrez-vous ? »  réalisé par Sylvie Blocher,  spécialement pour l’exposition au CRAC.

Vernissage, le vendredi 23 octobre 2015 à 18h30.

Chronique à suivre après une visite de l’exposition.

À lire ci-dessous la présentation du projet par le CRAC, des textes Sylvie Blocher à propos de certaines installations vidéo exposées et de son projet participatif. L’ensemble est extrait du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur le site du CRAC
Sur la page Facebook du CRAC
Sur le site du MUDAM
Sur le site de Sylvie Blocher
« S’inventer autrement » sur le site d’Actes Sud
Sur le site du film « Dreams Have a Language »

Une présentation de « S’inventer autrement » au Mudam par Mirabelle TV ( Reportage, Alicia Hiblot) :

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« On core / Encore » : Raphael Hefti au cœur de la matière…

La Fondation Vincent van Gogh Arles consacre une de ces deux expositions de la rentrée 2015 à Raphaël Hefti. Elle lui doit « La maison violette bleue verte jaune orange rouge », l’étonnante installation permanente sur la verrière de la librairie, qui « célèbre la lumière arlésienne en la transformant en une cascade de reflets kaléidoscopiques ».

La découverte du travail de Raphaël Hefti  est une expérience particulièrement captivante et enrichissante, parfois déconcertante ou émouvante qui mérite un passage à Arles

Depuis plusieurs années, Raphaël Hefti, ingénieur de formation, s’intéresse aux propriétés des matériaux et aux processus liés à l’industrie. Il développe un travail expérimental et collaboratif avec des scientifiques, les ouvriers et les techniciens des entreprises dont il a su gagner la confiance. Il intervient sur les processus de production, manipule et transforme procédures et matériaux pour créer des images et des objets étonnants, qui tirent leur force créative des « erreurs » et « ratés » de la fabrication…

Au-delà des interrogations sur ce que recèlent les matériaux, sur l’incertitude des protocoles qu’il expérimente et les détournements auxquels il se hasarde, le travail de Raphaël Hefti est original aussi dans sa pratique artistique. Loin du classique atelier d’artiste, c’est sur les sites de production industrielle qu’il imagine et réalise ses œuvres. À l’opposé d’un Jeff Koons, Raphaël Hefti n’emploie pas une armée d’assistants dans son atelier, mais il demande à travailler dans les usines où il collabore avec les techniciens et les ouvriers qui apparaissent souvent comme coproducteurs.

Dans « Expéditions dans le monde des apparences », l’article qu’elle signe dans le catalogue, Bice Curiger résume avec justesse l’originalité  de l’artiste : « À une époque de transition immatérielle majeure, transparaît le souhait de pénétrer la matière, accompagné de l’idée d’un voyage mental sans limite et de la possibilité de mesurer et d’exploiter avec élégance de nouvelles dimensions pour créer de l’inconnu, voire éventuellement d’y trouver une truffe… »

« On core / Encore » montre quelques truffes découvertes par Raphaël Hefti !

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