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Prière de déranger ! à la Friche, Marseille

Suite aux propos de  Marion Maréchal Le Pen sur sa conception de la culture(1), la Friche la Belle de Mai et le Collectif du Point Rouge invitent le public à une journée artistique citoyenne, le samedi 28 novembre 2015 .
Le manifeste « De la nécessité des points rouges » signé par près de 500 opérateurs culturels est disponible à cette adresse.

On reproduit ci-dessous le communiqué de presse et le programme de cette journée.
Si vous êtes à Marseille le 28 novembre, n’oubliez pas « Prière de déranger ! »

Communiqué de presse :

Début septembre, une candidate aux élections régionales en PACA a exposé sa conception de la culture, s’en prenant notamment à ceux « qui font semblant de s’émerveiller devant deux points rouges sur une toile », attaquant ainsi les expressions artistiques contemporaines, en premier lieu celles dont le propos dérange…
Le Collectif du Point Rouge – rassemblant artistes et acteurs culturels – se mobilise pour affirmer, de manière ouverte, joyeuse et optimiste, que l’art est également fait pour bousculer, surprendre, dialoguer et qu’il n’est pas de vie culturelle sans curiosité, sans audace, sans risque et surtout… sans une fondamentale et indéfectible liberté !

Programme de la journée du 28 novembre 2015 :

Viva le point rouge !
Dès 12h, chacun est invité à rejoindre cette journée d’agitation artistique et citoyenne en participant à la création d’une fresque aux points rouges, notre manifeste visuel de 250 m2 (peinture fournie).

Performances
À partir de 14h, poètes, chanteurs, musiciens, comédiens et performeurs proposent plus de 30 improvisations en hommage au point rouge et à la liberté de création.
Avec Colette Albiolo, Jean-Marc Aymes, Ramona Badesku, le Ballet National de Marseille, Moutashar Balkis, Julien Blaine, Montaine Chevalier, les compagnies Artonik, Fraction, Michel Kelemenis/Le Klap, La liseuse/Georges Appaix, Meeari/ Léa Ganu Ginoux, la Zouze / Christophe Haleb, Alex Grillo, Raphaël Imbert, Papet J, Clara Le Picard, Frédéric Nevchehirlian, Natsuko Uchino …

Conférence
15h, « Point Rouge et autres facéties artistiques »  par Paul Ardenne, historien de l’art.

Débat
17h, « Art et transgression » retransmis en direct sur Radio Grenouille 88.8 fm
Avec Paul Ardenne, François Barré, Julien Blaine, Pakito Bolino et  Bernard Foccroulle

Philharmonique du point rouge
19h30. Deux œuvres de John Cage, 4’33’’ (1952) et Radio Music (1956), interprétées par des musiciens de tous horizons. Direction musicale Jean-Marc Montera et Christian Sébille

La discothèque aux points rouges
Tout l’après-midi, sur Radio Grenouille : Playlist inédite et idéale, à écouter sans modération !

DJ sets
À partir de 19h

Les performances, la conférence et le concert du Philarmonique du Point Rouge  seront retransmis en direct, en streaming, sur le site de la Friche http://www.lafriche.org

Avec la participation amicale et gracieuse de tous les artistes et producteurs amis du Point Rouge :
Colette Albiolo, A.M.I., Paul Ardenne, Cie Artonik, Asile 404, Astérides, Jean-Marc Aymes, Ramona Badesku, le Ballet National de Marseille, François Barré, Pakito Bolino, Moutashar Balkis, Julien Blaine, Cabaret Aléatoire, Montaine Chevalier, les étudiants de l’ESDAMM, Cie Ex Nihilo, Bernard Foccroulle, Cie Fraction, Antoine De Galbert (en interview), Générik Vapeur, Le GMEM, Alex Grillo, Le GRIM, Raphaël Imbert, Karwan, Cie Michel Kelemenis/Le Klap, Arnaud Labelle Rojoux (en interview), Lieux Publics, Cie La liseuse/Georges Appaix, Laurent Le Bon (en interview), Clara Le Picard, Jean De Loisy (en interview), La Marelle, Mars en Baroque, Cie Meeari/Geneviève Sorin et Léa Ganu Ginoux, Jean-Marc Montera, Frédéric Nevchehirlian, Orlan (en interview), Ornic’art, Papet J, Radio Grenouille, Cie la Zouze / Christophe Haleb, Natsuko Uchino

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(1) « L’art a vocation à toucher l’âme et à sublimer le monde. Pour cela pas besoin d’explication fumeuse censée nous aider à comprendre cet art d’élite inaccessible. L’œuvre d’art doit pouvoir plaire aux moins instruits d’entre nous car la beauté est universelle. Dix bobos qui font semblant de s’émerveiller devant deux points rouges sur une toile car le marché aurait décrété que cet artiste a de la valeur n’est pas, franchement, ma conception d’une politique culturelle digne de ce nom. Le travail et le talent de nos artistes contemporains doivent être les seuls critères de soutien et non une idéologie de l’absurde qui conduit à déverser des sommes à des expositions inversement proportionnelles au nombre de leurs visiteurs. Nous serons le soutien d’une culture populaire où notre patrimoine et notre identité seront mis en valeur. Nos monuments, notre histoire pétrifiée, qui sont à la fois notre mémoire et notre richesse et qui fascinent le monde entier doivent être au cœur de notre projet régional. »

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Spam ! le projet 2015 de Carbone 14

Pour cette rentrée 2015, Carbone 14 présente « Spam ! », un projet en deux volets qui a pour ambition de « traiter du numérique, de ses outils et de l’usage que nous en faisons à travers l’interprétation de cinq artistes ».

« Quand la photographie interroge le numérique » est proposé à la Galerie Annie Gabrielli, du 5 au 7 novembre  prochain. Vernissage,  le 4 novembre à 19 h.
Le dossier de presse promet de « questionner la photographie dans sa confrontation au numérique, qu’il s’agisse d’interroger les conséquences du passage de l’argentique au numérique sur la technique et l’esthétique photographiques et/ou d’un questionnement plus large sur les outils numériques dans notre quotidien à travers les travaux de Nicholas Knight, Catherine Balet et Joséphine Kaeppelin ».

« Quand les artistes s’emparent du web »,  deuxième volet du projet, est présenté à l’atelier My Art Goes Boom, du 19 au 21 novembre.
Il projette d’interroger « nos usages du web à travers deux approches plasticiennes différentes menées par Éric Watier et Flegme Coopérative qui présentent deux productions spécialement réalisées pour l’exposition ».
Le vernissage, prévu le 18 novembre à 19h, sera précédé d’une conférence sur le Glitch Art à 18h.

On revient éventuellement sur ces deux expositions.

Carbone 14 est une association créée par les étudiants du Master professionnel Conservation, Gestion et Diffusion des oeuvres du XXème et XXIème siècle de l’Université Paul Valéry Montpellier III. Elle a pour but de promouvoir l’art contemporain en organisant une exposition tous les ans autour d’une thématique différente. Carbone 14 avait présenté « Interstice. Des espaces immersifs » à l’Espace Saint Ravy en 2012, « Surfaces interdites », une exposition dans l’espace public, en 2013 et  « Atmosphère » à l’Anacrouse, en 2014.

En savoir plus :
Sur le Tumblr du projet Spam !
Sur  la page Facebook de Carbone 14

Dessins au Cube à l’École d’architecture de Montpellier

En écho à Drawing Room 015, le salon du dessin contemporain, l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier accueille jusqu’au 28 octobre 2015, dans la galerie Le Cube, Dessins au Cube, une proposition  d’Emmanuel Latreille, directeur du FRAC LR.

Si Thanks Esbama ! présentée à l’École des Beaux-Arts n’a pas réussi à capter notre intérêt, c’est l’inverse pour Dessins au Cube, une exposition qui nous a semblé captivante et aboutie.

Une heureuse sélection de dessins dans le fonds du FRAC et un accrochage particulièrement réussi tire tout le parti possible du Cube et joue adroitement avec ses exigences et ses contraintes. L’exposition illustre avec justesse les intentions du commissaire :

« Dans le contexte très singulier qu’est le Cube, le FRAC présente un ensemble très dense de dessins. Il ne s’agit pas de rejouer quelque chose de l’ordre du “cabinet d’amateur”, mais plutôt de poser la question des dimensions exponentielles du dessin contemporain. Ainsi, les 8 côtés du Cube offriront quelques directions actuelles de l’art de dessiner, représentées à chaque fois par plusieurs artistes ou des œuvres sérielles. Ces catégories renverront à :
– la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines (“Mutantes”),
– la construction d’espaces “vécus” par les artistes (“Architêtures”),
– la spontanéité de “traces” questionnant l’altérité (“Vis et vertus”),
– l’incarnation improbable du temps (“Tempus dadalus”) ».

Le texte à la disposition des visiteurs permet d’en apprécier le propos.

À l’intérieur du Cube, les quatre murs illustrent chacun une dimension particulière du dessin, selon le projet d’Emmanuel Latreille.  Le propos est renforcé par un accrochage qui devient de plus en plus dense, à mesure que le regard se déplace dans l’espace.

Dessins au Cube - ENSAM - Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli « la spontanéité de traces...»
Dessins au Cube – ENSAM – Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli « la spontanéité de traces…»

Sur un premier mur, jaune « moutarde », dans un accrochage assez libre, les dessins d’Andreas Slominski, Denis Castellas et Belkacem Boudjellouli  évoquent « la spontanéité de “traces” questionnant l’altérité (“Vis et vertus”)», expressions de la fugacité et de l’urgence.

Dessins au Cube - ENSAM - Eudes Menichetti, Vanessa Notley et Laurent Tixador, « l’incarnation improbable du temps »
Dessins au Cube – ENSAM – Eudes Menichetti, Vanessa Notley et Laurent Tixador, « l’incarnation improbable du temps »

Le deuxième mur, gris « souris », rassemblent sur deux registres des œuvres où il est question de « l’incarnation improbable du temps ». 12 autoportraits d’Eudes Menichetti, narrent dans un journal mensuel de son année 2007. Un grand « Cheval chapeauté vu de dos  » all ears » » de Vanessa Notley renvoie aux animaux mythologiques.

Les étonnantes empreintes de pas, dessins sur boite de lait concentré et deux pelles sculptées de Laurent Tixador, prélevés ou utilisés au cours de sa performance intitulée « Horizon – 20 », racontent son voyage sous terre de 20 jours en autarcie. À leur propos,  mais aussi en écho à la couleur de la cimaise, le texte de présentation alerte  avec  un certain humour « Courage, creusons ! la petite souris du temps court si vite… »

Dessins au Cube - ENSAM - Tjeerd Alkema et Jean-Jacques Rullier, « La construction d’espaces vécus par les artistes »
Dessins au Cube – ENSAM – Tjeerd Alkema et Jean-Jacques Rullier, « La construction d’espaces vécus par les artistes »

« La construction d’espaces “vécus” par les artistes (“Architêtures”)» occupe le troisième mur,  couvert d’un rouge « cardinal » très muséal.  Un bel  ensemble de huit dessins de Tjeerd Alkema suggère des architectures aux multiples lignes de perspective et points de fuite. Cinq « cartes » de Jean-Jacques Rullier évoquent un voyage en Israël.

Pour Emmanuel Latreille,  le quatrième mur, noir « anthracite » veut suggérer, avec la joue gonflée de Duchamp, une troisième dimension. Un accrochage dense  mais très lisible se développe sur trois registres.

André Raffray, Le diptyque de Marcel Duchamp, 2003. Crayon de couleur sur papier, 61 x 50,5 cm
André Raffray, Le diptyque de Marcel Duchamp, 2003. Crayon de couleur sur papier, 61 x 50,5 cm

Au centre, près du ciel, en majesté, on découvre le « Diptyque de Marcel Duchamp » par André Raffray, l’affiche de l’exposition. Ce dessin reproduit une photographie et un célèbre autoportrait de profil au crayon, avec la joue en plâtre, de 1959… Le titre « With my tongue in my cheek » est  comme souvent chez Duchamp un jeu « miroirique » et une expression anglaise  ambivalente à la fois  équivalente de notre  « tourner sa langue dans sa bouche », « se mordre la langue » mais aussi « pince sans rire »  « avec ironie » ou encore « rire intérieurement de son interlocuteur »…

Dessins au Cube - ENSAM - André Raffray, Ross Hansen, Matthew Antezzo et Loïc Raguénes, « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines »
Dessins au Cube – ENSAM – André Raffray, Ross Hansen, Matthew Antezzo et Loïc Raguénes, « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines »

Cette icône duchampienne est « encadrée »  par trois dessins de Ross Hansen qui encadrent des manuels d’encadrement aux titres savoureux (« Diagrammatic Models », « Framing and Hanging », « Documentation of a Missing Drawing »).
Face au regardeur, un personnage dessiné par Matthew Antezzo semble entrer puis sortir du mur… Enfin, au niveau du sol, au pied du visiteur, des « Nageuses synchronisées » ont quelques difficultés à faire surface dans les trames photomécaniques, aux tons pastels, dessinées aux crayons de couleur par Loïc Raguénes.
À lui seul, ce mur qui évoque avec pertinence « la transformation permanentes des images par les techniques contemporaines (“Mutantes”) » justifie une visite de l’exposition…

Les quatre faces visibles à l’extérieur du Cube cachent-elles, comme le suggère le texte de présentation, un chemin vers une quatrième dimension ?

« Oui, on peut » semble indiquer la trace argentée sur un bleu profond de Jessica Diamond… L’installation « Pas con » de Rémi Dall’Aglio  qui inscrit à la demande la trace d’un cercle sur une face du Cube, n’est-elle pas l’hélice qui propulsera le Cube dans une autre dimension ? Doit-on comprendre  que le fantôme au fouet de Masanao Hirayama est le cochet qui conduira le Cube vers d’autres dimensions ? Peut-être trouve-t-on la réponse en questionnant  les 48 portraits-robots sur acétate de Maurizio Cattelan.

L’exposition montre la richesse de la collection du FRAC LR. Elle illustre également comment la connaissance intime de cette collection permet de construire un discours cohérent  qui valorise le travail des artistes et qui sait parfaitement jouer des contraintes du lieu où il s’exprime.

Un seul regret, les reflets parfois désagréables qui perturbent la contemplation des œuvres…. Si l’on peut admettre les limites du dispositif d’éclairage dans un établissement de formation, par contre on peut s’interroger sur les raisons qui empêchent l’utilisation de verre anti-reflet pour le montage des dessins par le FRAC

Dessins au Cube mérite, sans aucun doute, un passage par l’École nationale supérieure d’architecture avant le 28 octobre 2015.
Avec les œuvres de : Matthew Antezzo, Ross Hansen, André Raffray, Loïc Raguénes, Andreas Slominski, Denis Castellas, Belkacem Boudjellouli, Eudes Menichetti, Laurent Tixador, Vanessa Notley, Jean-Jacques Rullier, Tjeerd Alkema, Jessica Diamond, Masanao Hirayama, Rémi Dall’Aglio, Maurizio Cattelan.

En savoir plus :
Sur le site de l’École nationale supérieure d’architecture
Sur la page Facebook du FRAC-LR
La collection du FRAC LR est consultable via Navigart sur videomuseum

Thanks Esbama !

Présenté dans le cadre de Drawing Room 015, le salon du dessin contemporain de Montpellier, Thanks Esbama ! est un des deux projets curatoriaux de Judicaël Lavrador.

Ses propositions annonçaient  un questionnement  sur « l’usage par le dessin de l’outil numérique et, simultanément, le regard porté par le dessin sur ces nouveaux médias ». On attendait avec intérêt les projets de ce critique d’art, collaborateur de Libé et des Inrocks, dont on avait plutôt apprécié le commissariat pour l’exposition, Les établis, présentée au CRAC, en 2012

On n’a guère été convaincu par Ça charge, le projet qu’il présentait à La Panacée pendant le salon… On en était sorti avec une étrange impression de travail bâclé…

Thanks Esbama ! - Valentin Dommanget - Gerald Petit
Thanks Esbama ! – Valentin Dommanget – Gerald Petit

Un passage par la galerie de l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier confirme malheureusement cette perception d’un commissariat qui n’a pas grand-chose à dire. C’est regrettable pour les artistes dont le travail est utilisé dans cet assemblage, un coq-à-l’âne revendiqué dans le texte d’intention de Judicaël Lavrador (lire ci-dessous)… qui semble écrit pour justifier la vacuité du propos.

Aucun document d’accompagnement à destination du visiteur, rien sur les artistes et les œuvres exposées… à l’exception d’un plan de salle accroché à la porte et sur un pilier de la galerie. De plus, les pièces sonores de Cédrick Eymenier, et James S. Taylor paraissaient muettes lors de notre passage.

Peut-être avons-nous été incapables de comprendre le propos du commissaire…  ce qui pourrait « expliquer » ce sentiment d’un travail « vite fait, mal fait », avec peu de considérations pour les artistes et pour les visiteurs. Les commentaires qui nous pourraient nous « éclairer » sont bien venus…

À oublier… Toutefois, plusieurs œuvres méritent attention…
Jusqu’au 22 octobre 2015

Le texte d’intention de Judicaël Lavrador, extrait du dossier de presse de Drawing Room 015 :

 « L’exposition à la galerie de l’Esbama est une image de ce qui se passe, de ce qu’on regarde, de ce qu’on fait devant nos écrans d’ordinateur : c’est-à-dire le plus souvent plusieurs choses à la fois. Les quatre wall-paintings constituent des fonds d’écran ou des fenêtres ouvertes, en partie masquées par d’autres sur lesquelles on n’aura pas entretemps résisté à la tentation de jeter un oeil. Une bande-son vient non pas relier l’ensemble, mais au contraire creuser cette schizophrénie numérique, qui fait qu’on mène de front plusieurs conversations à la fois, qu’on s’interrompt en plein travail pour regarder la bribe de vidéo qu’un ami c’est-à-dire une vague connaissance vient de nous envoyer. Le travail qu’on mène sur nos écrans d’ordinateurs obéit à une figure rhétorique : le coq-à-l’âne. L’exposition aussi. »

Liste des artistes présents :
Régine Kolle, Gerald Petit, Valentin Dommanget, Antoine Marquis, Anne Colomes, Cédrick Eymenier, James S. Taylor, Nicolas Lebrun, Christophe Sarlin, Mona Costa.

Des artistes de Montpellier à la Digital Week

Soutenus par Montpellier Métropole, plusieurs artistes montpelliérains seront présents dans deux lieux de la Digital Week à Paris, du 19 au 25 octobre 2015.

Variation-Media Art Fair

Parmi la cinquantaine d’artistes présents à l’Espace des Blancs Manteaux pour la foire d’Art contemporain numérique Variation-Media Art Fair, on retrouvera des œuvres de Julien Borrel, Selma Lepart, Audrey Martin et Thomas Rochon.

Julien Borrel  montrera La Vaisselle (2013) et Piles (2014), deux pièces que l’on avait pu voir à l’Espace Saint Ravy, lors de l’exposition itération en 2014.

Julien Borrel a également exposé à l’Aperto (Random()).

Selma Lepart présentera Manipuler la chance, 2014, quatre tirages numériques réalisée en récupérant des fichiers informatiques endommagés.
Co-organisatrice du Living Room (Cru et Etat des lieux) à Montpellier, Selma Lepart est également intervenante et co-organisatrice d’un axe de recherche « Arts et Sciences » aux à L’École des Beaux-Arts de Montpellier. Elle sera présente dans Anatomie de l’automate, la prochaine exposition de La Panacée.

Selma Lepart, Manipuler la chance, 2014
Selma Lepart, Manipuler la chance, 2014

Audrey Martin et Thomas Rochon exposeront Global Damage #1, une série de dix cartes postales, co-produites en 2014 par Living Room et La Panacée. Cette série retranscrit des simulations de catastrophes naturelles liées à l’impact d’une météorite avec la Terre. Les données utilisées sont issues d’un site de simulation réalisés par des scientifiques de la  Purdue University et de l’Imperial College où il est possible de programmer et d’assister à sa catastrophe.

Audrey Martin et Thomas Rochon, Global Damage #1, 2013
Audrey Martin et Thomas Rochon, Global Damage #1, 2013

Audrey Martin et Thomas Rochon ont créé en 2011, avec Muriel Joya le collectif la Glacière. On a pu voir le travail d’Audrey Martin à La Panacée (Une lettre arrive toujours…), au Living Room (140 mètres à vol d’oiseau) et au CRAC. Thomas Rochon a participé à la résidence d’Audrey Martin à La Panacée.

Makers sur Seine

À la galerie de Makers sur Seine, un FabLab et ArtLab du Marais, ce sont des œuvres de Yragaël Gervais et Sara Grandjean, Vincent Betbeze et Nicolas Lebrun, sélectionnées par Franck Beauchard, directeur artistique de La Panacée, qui seront exposées. Ils y seront accompagnés par des acteurs de la French Tech montpelliéraine (Digixart, Ai ko Creative Vision et Flat).

Yragaël Gervais et Sara Grandjean présenteront trois dispositifs ou « boîtes » issus de leur installation Presse Moi : « Fusible », « Exotismes » et « le Petit Boudoir ». Presse Moi est une installation « articulée autour du dérangement des repères spatiaux, de l’illusion et du voyeurisme, à la frontière entre installation d’arts plastiques et série d’objets de divertissement forain, hybridant technologie multimédia et effets d’optique mécaniques ».

Yragaël Gervais et Sara Grandjean sont membres du collectif La station magnétique, projet soutenu par la Ville de Montpellier. Ils sont aussi auteurs, metteurs en scène et acteur du Traité de mécanique bancale présenté à Avignon. On a pu voir leur installation Presse Moi, en 2013, à l’Espace Saint Ravy, à la galerie Linette et à Pierresvives.

Vincent Betbeze montrera The Funny Game, une installation vidéo montée en boucle, réalisée « à partir du film de Michael Haneke (Funny game, 1997) et de son auto remake américain (Funny game US, 2007) identiques plan par plan. Le dispositif constitue une troisième variation possible de l’oeuvre de Haneke au travers l’intrication de ses deux versions précédentes, pour un remake schizophrénique».

Vincent Betbeze,The Funny Game
Vincent Betbeze,The Funny Game

Vincent Betbeze a été exposé à La Panacée (Dernières nouvelles de l’éther), à l’Aperto (Random()) et au Living Room (Nocebo).

Nicolas Lebrun exposera Atelier, un triptyque de dessins vectoriels qui « évoque l’environnement de travail des jeunes artistes à l’ère du numérique. L’atelier d’artiste se transforme et se virtualise. Il n’est plus une espace physique tout en offrant de nouvelles manières de travailler et de créer. Les photos représentent un état des lieux à un instant T de l’atelier. Celui-ci évolue en fonction de la mise en vente des objets 3D qui figuent dans les dessins. Un jeu s’instaure alors entre l’artiste et le réseau ».

Nicolas Lebrun, Atelier, Workshop
Nicolas Lebrun, Atelier, Workshop

On a pu voir le travail de Nicolas Lebrun à l’Aperto, à l’Espace Saint Ravy, à Drawing Room 012 où il avait été lauréat de la bourse CHD/drawing room, pour l’Atelier  ou encore au CRAC.

On ne peut que saluer cette initiative de la Ville et de la Métropole qui accompagnent et de soutiennent ces artistes de Montpellier à l’occasion de la Digital Week. Cela contraste malheureusement avec les maladresses, pour ne pas dire plus, que Montpellier Méditerranée Métropole a eu récemment à l’égard des artistes de la scène locale du Graffiti. On pourrait imaginer qu’il y a deux poids, deux mesures… Toutefois, on attendra les prochaines semaines pour construire une opinion…

En savoir plus :
Sur le site de la Digital Week
Sur le site de la Variation-Media Art Fair, avec la présentation des œuvres de Julien Borrel, Selma Lepart, Audrey Martin et Thomas Rochon
Les liens vers les sites des artistes ou des collectifs sont dans le texte du billet.
On ne cite ci-dessus que les lieux où les artistes ont exposé à Montpellier. CV complets à consulter sur leurs sites personnels