Habile beauté (L’art comme processus) au Frac LR

Après Esprit de Famille, qui avait retenu notre attention au printemps dernier, le Frac Languedoc-Roussillon renouvelle sa collaboration avec  le rectorat de Montpellier et propose Habile beauté (L’art comme processus), une exposition collective avec des œuvres de Tjeerd Alkema, Julien Audebert, Alighiero Boetti, Nina Childress, Rémi Dall’Aglio, Graham Gussin, Rolf Julius, Jesper Just, Loïc Raguénès  et Simon Starling.

Un des objectifs de cette production avec l’Éducation Nationale est « d’éclairer les programmes du baccalauréat »… On revient rapidement sur ce projet et sur sa présentation, après le vernissage.

À lire ci-dessous, pour préparer ou enrichir votre expérience de visite, le texte d’intention de Julie Six, artiste et enseignante chargée de mission au Frac LR. On reproduit également la liste des œuvres exposées et une brève présentation de chaque artiste extraite du dossier de presse.

Autour de l’exposition, le service des publics du Frac LR propose des ateliers et des rencontres avec des artistes et des galeries (détails sur le site).

En savoir plus :
Sur le site du Frac LR
Sur le site Art Contemporain en Languedoc Roussillon
Sur la page Facebook du Frac LR

Habile beauté (L’art comme processus)

Un an après Esprit de Famille, le Frac Languedoc-Roussillon et le rectorat de Montpellier s’associent à nouveau pour éclairer les programmes du baccalauréat. La philosophie est cette fois sollicitée, avec une exposition qui met l’accent sur les processus de création, ces « mécanismes » que les artistes inventent pour aboutir à un objet artistique. Le choix des œuvres s’est fait en concertation avec Emmanuel Latreille, directeur du Frac, Véronique Fabbri, IA-IPR de Philosophie, et Cyril Bourdois, IA-IPR d’Arts Plastiques. Nous avons sélectionné dans la collection des démarches singulières et complémentaires dans lesquelles le processus est primordial pour produire une oeuvre.

Les processus, sortes de règles du jeu dont l’artiste est le seul maître, allient démarches singulières et techniques habiles, parfois très éloignées des modalités académiques. La taille du marbre et la peinture à l’huile figuratives, aux sujets classiques, sont laissées de côté ! Certains processus contemporains aboutissent à une esthétique spécifique, souvent inédite pour les élèves qui ne sont pas initiés à ces pratiques contemporaines… Avec Habile Beauté, le Frac LR propose ainsi des clefs pour comprendre une partie de l’art d’aujourd’hui, à partir de notions importantes des programmes de philosophie.

À cette occasion seront présentées deux œuvres majeures d’Alighiero Boetti, En alternant de 1 à 100 et vice et versa (1993), un tapis Afghan issu d’une série dessinée par des élèves de l’école des Beaux-Arts de Montpellier, et Per filo e per segno (1990), pièce légèrement plus ancienne. Cette dernière, composée de cinq panneaux d’un mètre de large chacun, rend visible une expression italienne signifiant « dans les moindres détails ». Pour réaliser Per filo e per segno, l’artiste a mis en place un processus long et laborieux qui n’explique pas les détails d’une histoire… Si ce n’est celle du temps utilisé pour rendre visible une règle du jeu insensée, issue de son imaginaire, et suivie scrupuleusement jusqu’à l’aboutissement de son ouvrage. En effet la surface des panneaux est méticuleusement recouverte de petits traits parallèles tracés au stylo bille. Le temps ainsi passé peut être perçu comme contre-productif, utilisé à l’encontre de toute logique. On imagine le corps de l’artiste au travail, le calme et la sérénité nécessaire pour se concentrer sur cette tâche. C’est une pièce qui apaise, et c’est le processus de l’oeuvre qui en est l’origine.

À proximité de Per filo e per segno, nous avons choisi de monter Muppets de Loïc Raguénès. Cette fois encore, un travail méticuleux préfigure l’œuvre. L’image est décomposée en points le long de ce qui fait penser à des trames d’impression. Après transformation, elle est réimprimée. Cette création contient encore une logique qui pourrait passer pour socialement absurde : le temps est utilisé pour déconstruire et reconstruire une image déjà existante en suivant à la lettre une règle déterminante. À la différence de Per filo e per segno, l’intervention finale de la machine à sérigraphier relaie la main de l’artiste et permet la reproductibilité de l’œuvre.

L’ensemble des seize œuvres composant Habile beauté présente des démarches simples et complexes à la fois, qui montrent des points communs et des différences fondamentales. L’exposition veut les mettre en parallèle pour que l’on comprenne mieux les mécaniques de leur élaboration.

Il n’y a, dans cette exposition, pas d’œuvre sans une démarche habile de l’artiste. Pas de « beauté » contemporaine sans un processus choisi, explicité et justifié par l’apparition de l’œuvre. Aussi celles-ci doivent être racontées, débattues. Gageons que les élèves et le public sauront en parler, écrire, proposer des productions plastiques pour en saisir toute l’ampleur. Chacun appréciera de visiter ou revisiter les méandres de la création de sa genèse à la forme achevée.

Julie SIX

Liste des œuvres exposées

Tjeerd Alkema

  • Autre Porte, 1994 – 2009, contreplaqué, acier, polyester, acrylique, 208 x 120 x 80 cm ;
  • Cubes de Necker, 2010, acier, 40 x 120 x 54 cm

Julien Audebert

  • L’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée – pour W.Benjamin, 2002, contretype sur bromure d’argent, diasec et aluminium, 8 x 54 x 2,4 cm
  • Livres, 2003, contretype sur bromure d’argent, diasec et aluminium, 50 x 50 x 2,4 cm
  • Reconstitution du meurtre de Elsie Beckmann, 2004, tirage lambda, diasec et aluminium, 32,7 x 210 x 2,2 cm

Alighiero Boetti

  • En alternant de 1 à 100 et vice et versa, 1993, tapis tissé en laine, 300 x 300 cm
  • Per filo e per segno, 1990, 5 panneaux assemblés recouverts de stylo à bille, un alphabet et des virgules en réserve. 100 x 300 cm

Nina Childress

  • Statue de Manzu, 2012, huile sur toile, 195 x 130 cm

Rémi Dall’Aglio

  • Hand Made, 2009, moteur, aluminium, charbon, microprocesseur, diamètre 200 cm

Graham Gussin

  • I Wish that you Could Be Here with Us, 1995, dessin mural, dimensions variables
  • Threesixty, 1998, disque vynil, platine disque, amplificateur et HP
  • Know Nothing, Self portrait as X-The man with X-ray Eyes, 2003, impression numérique sur papier photographique, 52 x 42 cm

Rolf Julius

  • For Cello, 2004, impressions jet d’encre sur papier de Corée, 307,5 x 307,5 cm 36 x (40 x 40 cm)

Jesper Just

  • What a Feeling, 2014, vidéo, durée 13’14’’

Loïc Raguénès

  • Muppets 2, 2006, sérigraphie sur feutre, 158 x 216 cm

Simon Starling

  • Work, Made-Ready, Kunsthalle Bern, 1996, bicyclette, chaise en aluminium, bois et vinyle

À propos des artistes :

Tjeerd Alkema

Tjeerd Alkema est né en 1942 à Halingen, Pays-Bas, vit et travaille à Nîmes. Il est représenté par les Galeries AL/MA, Numaga et Conny Van Kasteel
Site de l’artiste : http://www.tjeerdalkema.net/

« Sculpteur d’origine hollandaise, Tjeerd Alkema vit en France depuis 1963. Formé à l’École des Beaux-Arts de La Haye, puis à celle de Montpellier, il a orienté progressivement ses recherches vers des créations monumentales en utilisant un procédé que l’on pourrait assimiler, en simplifiant, à celui de l’anamorphose. En imprimant à ses volumes, des rotations déformantes, selon de strictes règles de perspective, il multiplie les angles de vue et les possibilités de perception du regardeur. Si l’anamorphose joue sur les illusions de la perception, les perspectives construites par Tjeerd Alkema ont chacune leur nécessité. Il n’y a d’ « objet » que comme une unité virtuelle de cette multiplicité réelle de points de vue. Il rend ainsi le spectateur actif, l’incitant à évoluer autour de l’oeuvre, questionnant sans cesse la forme dont elle serait issue. » Source : MyThink

Tjeerd Alkema, Autre Porte, 1994-2009, contreplaqué, acier, polyester, acrylique, 208 x 120 x 80 cm. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon. Collection FRAC Languedoc-Roussillon
Tjeerd Alkema, Autre Porte, 1994-2009, contreplaqué, acier, polyester, acrylique, 208 x 120 x 80 cm. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon. Collection FRAC Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Dessins au cube, Ecole Nationale d’architecture de Montpellier, FRAC LR

2014

  • Dessins, Galerie AL/MA, Montpellier
  • Espace d’art de l’Hospitalet, Narbonne (cur. Nicolas Daubanes)
  • Prime Time, FRAC LR, Montpellier
  • Extérieur-intérieur #3, Nîmes

2013

  • Galerie AL/MA, Montpellier

Julien Audebert

Né en 1977 à Brive La Gaillarde, vit et travaille à Paris, Julien Audebert est en quelque sorte un anatomiste du texte et de l’image. Différents procédés, de la miniaturisation à la retouche, s’attachent à déconstruire les apparences lisibles et visible : le fait qu’une image « survit » parfois derrière une autre ou qu’un texte recèle une image de lui-même, insoupçonnable à la lecture. Dans ses travaux de « démontage », il produit à partir de multiples screenshots d’un même film, une image seule, conversion panoptique du matériau traité (Hitchcock, Murnau, Eisenstein…) Il dévoile ainsi le paysage mental auquel tout film se dérobe par l’effet de son propre montage.

Reconstitution du meurtre de Elsie Beckmann, 2004, tirage lambda, diasec et aluminium, 32,7 x 210 x 2,2 cm. © Adagp, Paris 2016
Reconstitution du meurtre de Elsie Beckmann, 2004, tirage lambda, diasec et aluminium, 32,7 x 210 x 2,2 cm. © Adagp, Paris 2016

À une époque où les images, justement, tendent à perdre leur valeur intrinsèque pour se convertir en données quasi algorithmiques, Julien Audebert déploie les espaces du regard, de la lecture et de leurs intersections. Il soumet ainsi des textes au procédé de micrographie, pour nous rendre un livre entier appréhendable dans un espace de quelques centimètres. {…} Nous n’y voyons rien d’autre qu’un bloc saturé et illisible, tel un présage à déchiffrer au fond d’une tasse. L’épreuve photographique dévoile notre présent utopique : le mythe contemporain de la numérisation par où l’on voudrait assurer la survie du savoir.*

L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée pour Walter Benjamin est la réécriture intégrale de ce fameux texte sur une seule page. Si ce travail questionne la reproductibilité en poussant les moyens de l’imprimerie à ses limites {…} il transforme aussi le texte en  » signe « .

Sans contrainte de la pagination, le texte est proposé dans sa forme  » organique  » en respectant ponctuations et retours à la ligne. La structure de l’écriture est alors visible comme  » déployée « . Les caractères, de l’ordre de quelques microns, se situent à la limite de la visibilité et la lecture requiert une  » prothèse  » du regard. Cette pratique renvoie évidemment à la tradition de micrographie, courante au Moyen Age, utilisée pour la retranscription de nombreux passages de la Bible. L’oeuvre d’art Livres procède de la même technique (texte rastérisé, fabrication d’un négatif et tirage sur bromure). Le texte – L’Ancien Testament – a ici été affecté puisque tous les différents noms de Dieu ont été supprimés puis remplacés par un vide équivalent à la dimension du mot. Ces effacements provoquent des trouées blanches irrégulières dans la surface grise du texte tentant de proposer  » une nouvelle visibilité « . Julien Audebert parle de déploiement lorsqu’apparaît la structure du texte de Benjamin et utilise le terme de « démontage » lorsqu’à partir d’un maximum de photos d’écrans accumulées puis retouchées il reconstitue toute la première partie du film M le Maudit en une seule image, convoquant tous les témoins et suspects du drame. Reconstitution du meurtre de Elsie Beckmann est une oeuvre photographique qui autorise encore le spectateur à trouver sa propre place et à son regard de juger de sa juste distance.**

Sources : * Site Arte_Atelier A **Vasistas Galerie, Montpellier

Expositions Récentes

2015

  • Périodes, Art : Concept, Paris
  • J’aime les panoramas, Musée d’art et d’histoire de Genève, Musée des Civilisations de l’Europe de la Méditerranée

2014

  • Frieze New York, Stand Art : Concept
  • Fernelmont Contemporary Art, Château de Fernelmont, Belgique
  • La fureur de vivre, La Brasserie, Foncquevilliers
  • Bruno Peinado, L’écho / Ce qui sépare, HAB Galerie, Nantes & FRAC Pays de Loire, Carquefou

Alighiero Boetti

En alternant de 1 à 100 est un kilim né d’un dessin réalisé à Rome et expédié dans trente écoles des beaux-arts et chez vingt professionnels de l’art. Boetti proposait à chacun de remplir progressivement des grilles par des cases noires, à raison de cent cartons par lieu. Chaque grille se composait elle-même de cent carrés permettant la progression quantitative et l’alternance des carrés noirs et blancs. Les planches une fois réalisées se sont envolées vers le Pakistan. À Peshawar, à la frontière avec l’Afghanistan, des tisserands attendaient les cinq mille dessins pour tisser cinquante kilims composés de cent carrés divisés à leur tour par cent autres carrés. Au terme de ce périple, en 1993, les cinquante tapis ont été exposés au Magasin, Centre national d’art contemporain de Grenoble. Le kilim exécuté d’après les cartons des élèves de l’école d’art de Montpellier a ensuite intégré la collection du Frac Languedoc-Roussillon. Ce tapis incarne l’histoire d’un parcours et le fruit d’un partage. « Ce n’est donc ni une oeuvre originale, ni un multiple : elle s’inscrit dans une nouvelle catégorie ». La méthode de travail est à l’image d’un chemin ne cessant de se construire, qui relie et ouvre à la fois les espaces. Alighiero Boetti est un artiste nomade, son oeuvre est à lire comme un carnet de voyage. L’artiste a mis au point un système réduisant son intervention, tout en cooptant de nombreux associés. Une démarche où chaque interlocuteur s’exprime, qui rassemble ce que chacun a bien voulu donner de soi. Ainsi ce projet a permis de réunir différentes communautés et d’associer sans hiérarchie l’art et l’artisanat. Plus l’oeuvre se réalise, plus elle tisse des liens dans l’espace et le temps, franchit les frontières et invente des échanges entre les hommes et les cultures.*

* Sources : Alighiero Boetti, in Françoise Nyffenegger, « Alighiero Boetti joue du hasard et de la nécessité », Tribune de Genève, 16 déc.1993.

Alighiero Boetti, En alternant de 1 à 100 et vice et versa, 1993, tapis tissé en laine, 300 x 300 cm. Collection FRAC Languedoc-Roussillon © Adagp, Paris 2016. Photo © Jean-Luc Fournier
Alighiero Boetti, En alternant de 1 à 100 et vice et versa, 1993, tapis tissé en laine, 300 x 300 cm. Collection FRAC Languedoc-Roussillon © Adagp, Paris 2016. Photo © Jean-Luc Fournier

Expositions récentes

2015

  • Périodes, Art : Concept, Paris
  • J’aime les panoramas, Musée d’art et d’histoire de Genève, Musée des Civilisations de l’Europe de la Méditerranée

2014

  • Frieze New York, Stand Art : Concept
  • La fureur de vivre, La Brasserie, Foncquevilliers
  • Bruno Peinado, L’écho / Ce qui sépare, HAB Galerie, Nantes & FRAC Pays de Loire

Nina Childress

Childress Nina née en 1961 à Pasadena, vit à Paris.

Site de l’artiste : http://ninachildress.com/

« Pour Nina Childress peindre est « une chose qui va de soi ». C’est aussi une affaire de famille qui lui permet, enfant, de s’exercer la main et le regard au contact d’un double héritage, antagoniste, celui de l’abstraction et du portrait réaliste. Au vu de l’impressionnant corpus de peintures réalisé depuis qu’elle est artiste, il apparaît évident qu’entre ces deux influences elle n’a pas souhaité prendre parti. Dans son oeuvre, les ruptures de style semblent se faire de manière programmatique. Des grisailles séduisantes et virtuoses côtoient des monochromes fluo stridents ; des aplats, cernés ou non de noir, font place à des rendus hyperréalistes, eux-mêmes précédés d’effets de flous qu’elle désigne par les néologismes Flounet ou Blurriness. Elle découvre sa famille artistique dans les années 1980, lorsqu’elle rejoint le groupe Les Frères Ripoulin, composé de Pierre Huyghe, Claude Closky, Jean Faucheur, Ox, Bla, Manhu, Trois carrés, qui traduisent au moyen d’une peinture décalée, colorée et flashy, les mots d’ordre qu’ils se donnent. Lorsque la peinture semble devenue un medium obsolète et régressif, Nina Childress continue de peindre et déclare, non sans ironie, vouloir « réussir à inventer une peinture à la fois conceptuelle et idiote ». Les thèmes décomplexés qu’elle aborde, l’amènent à couvrir les cimaises d’objets du quotidien, ordinaires et communs, agrandis, façon pop art, à une échelle monumentale : boîtes Tupperware, savons, peintures pour chiens et pigeons, bonbons, jouets, hair-pieces, qui excluent toute narration et représentation humaine et permettent d’enchaîner les tableaux en séries. En abordant des sujets plus complexes, elle crée une peinture fondée sur des antagonismes forts, mêlant le beau/le laid, l’autorisé/le dissident, le convenable/le déclassé, l’harmonieux et le dissonant. » *

* Sources : Sophie Costes Extrait du communiqué de presse de l’exposition Détail et Destin, MAMCO 2009

Nina Childress, Statue de Manzu, 2012, huile sur toile, 195 x 130 cm. © Nina Childress. Photo © Philippe Chancel. Collection FRAC Languedoc-Roussillon
Nina Childress, Statue de Manzu, 2012, huile sur toile, 195 x 130 cm. © Nina Childress. Photo © Philippe Chancel. Collection FRAC Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • J’aime les panoramas , Mucem, Marseille
  • Femina, Pavillon Vendôme, centre d’art contemporain de Clichy
  • Good wife, American gallery, Marseille
  • Magenta, CRAC, Sète Tableaux, conversations sur la peinture, Frac Limousin, Limoges

2014

  • Europe, europe, Espace treize et Astrup Fearnley Museet Oslo, Norvège Autres narcisses, Galerie du théâtre de l’union, Limoges Optical sound 1,2, Lage egal, Berlin

Rémi Dall’aglio

Rémi Dall’aglio, né le 15 mai 1958 à Genève, vit et travaille à Gajan, Gard.

Site de l’artiste : http://www.remidallaglio.com/

« Dans l’atelier de Rémi Dall’Aglio, à côté du plâtre, du graphite, des pigments et des liants il y a des machines modestes ou sophistiquées, obsolètes ou up to date, en état de marche ou «hs», et que l’artiste moule, retourne, démonte, recouvre, assemble et – lorsqu’elles en sont encore capables – pour lesquelles il invente des modes opératoires inédits. Il en résulte une définition de l’atelier comme un laboratoire dans lequel ne cessent de se croiser, de s’hybrider, de s’interroger, des disciplines et des pratiques que la spécialisation a depuis longtemps séparées. Artiste, Rémi Dall’Aglio ne renonce donc pas à être aussi physicien, soit un physicien-artiste qui peut rêver sur la forme que prend l’onde de propagation d’un son, et qui s’inspire, dans ses dessins, du balayage des électrons dans un tube cathodique.

Dans les oeuvres de Rémi Dall’Aglio la présence des machines s’accompagne d’un facteur d’indétermination {…}. De façon similaire, lorsqu’elles fonctionnent réellement, ses machines émettent des sons, diffusent des bruits, opèrent une agitation minime, inquiètent la perception visuelle des oeuvres dont elles sont la composante active. {…}

Une forme de révolte douce : telle est la ligne esthétique et éthique privilégiée par Rémi Dall’Aglio pour répondre à l’envahissement de la technique. » *

* Source : http://www.supervues.com/2009-1-18-la_vigie_dall_aglio_remi-24.html

Hand Made, 2009, moteur, aluminium, charbon, microprocesseur, diamètre 200 cm. Photo © droits réservés. Collection Frac Languedoc-Roussillon
Rémi Dall’Aglio, Hand Made, 2009, moteur, aluminium, charbon, microprocesseur, diamètre 200 cm. Photo © droits réservés. Collection Frac Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Self-Made, Galerie Hervé Bize, Nancy 2013
  • NoLimit 9, La Vigie, Nîmes, Artefact 2011
  • Galerie ALMA, Montpellier, avec Gerhard Doehler

Graham Gussin

Graham Gussin né en 1960, vit et travaille à Londres.

Site de l’artiste : http://www.grahamgussin.co.uk/

« Qu’il fasse usage de la technologie informatique ou du procédé d’enregistrement direct, Graham Gussin organise ce qui peut être perçu comme une traduction entre le langage / le son et le sentiment d’espace et construit ainsi un paysage / lieu potentiel. Il questionne l’espace entre ce que nous percevons comme étant la réalité et ce que nous utilisons pour remplacer ce réel. {…} Le procédé utilisé laisse apparaître un passage entre un espace intérieur, d’où est issu le son, et un espace extérieur, un paysage. I Wish that you Could Be Here with Us se présente sous la forme d’un dessin réalisé à même le mur, immense, silencieux et magnifique, dans laquelle se perd le regard. Le son, tout autant que le silence, apparaît comme un élément principal dans l’oeuvre de Graham Gussin. On le retrouve avec Threesixty, une pièce sonore se présentant sous la forme d’un disque sur lequel est enregistré le bruit caractéristique d’un hélicoptère se déplaçant à l’intérieur et au-delà de notre champ auditif. Cette fois, ce n’est plus le son mais son aspect physique qui est absent. Le spectateur, en tentant d’imaginer les trajets de l’hélicoptère, dessine alors mentalement les lignes directionnelles qui forment la carte géographique d’un lieu potentiel. Le mouvement circulaire de la platine disque fait écho au mouvement des palles de l’hélicoptère et résonne dans la boucle créée par le son lui-même, esquissant ainsi un lien formel à l’intérieur de l’oeuvre. Ce mouvement rappelle le jeu de répétition présent dans le dessin mural, semblant pouvoir s’étendre à l’infini. Les oeuvres de Graham Gussin ont un aspect sculptural dans leur relation à l’espace d’exposition. Elles s’étendent sans être apparemment limitées par l’espace, liant l’ordinaire à l’exceptionnel, aspirant au sublime. C’est ce sens du désir et le sentiment d’absence qui créent parfois une certaine mélancolie. Ces oeuvres offrent pourtant des possibilités infinies à l’intérieur des jeux temporels et spatiaux qu’elles impliquent, laissant au spectateur une grande marge de manoeuvre. Ce sont des lieux de fuite, tournés vers le futur, où l’inattendu peut survenir partout et à tout instant. » *

* Source : Site CRAC Languedoc-Roussillon

Graham Gussin, I Wish that you Could Be Here with Us, 1995, dessin mural, dimensions variables. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon
Graham Gussin, I Wish that you Could Be Here with Us, 1995, dessin mural, dimensions variables. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Self. Turner Contemporary, Margate
  • Sequences VII, Reykjavik, Iceland

2014

  • FORSAKENFOCUSVERTIGOPREDICTION – Marlboroug Contemporary, London

2013

  • More Than I Dare To Think About, Works with paper – Marlborough Contemporary

Rolf Julius

Rolf Julius, né en 1939 en l’Allemagne, décédé en 2011.

Représenté par la galerie : http://www.galeriethomasbernard.com/

Rolf Julius suit tout d’abord une formation classique dans le domaine des Beaux-arts. À la fin des années 70, il découvre petit à petit certains compositeurs contemporains (notamment La Monte Young à l’occasion de festivals ou à la radio) et s’engage plus avant dans des performances sonores qu’il réalise dans des parcs publics ou des contextes alternatifs. Ainsi, au début des années 80, Rolf Julius met déjà en place les bases d’un travail dans lequel l’espace sonore est privilégié : il explore de manière expérimentale les possibilités qu’offrent les techniques de diffusion du son, mais déjà (et ce sera une constante dans son attitude) les oeuvres se développent dans un souci permanent de relation avec l’espace du monde, et avec la nature. Les années 1983-1984 marquent un moment important dans la vie de Rolf Julius qui part vivre à New-York : il rencontre alors la plupart des artistes et compositeurs essentiels dans le domaine de l’avant-garde expérimentale, notamment John Cage mais aussi Takehisa Kosugi, qui restera pour lui désormais un véritable maître. {…} Son oeuvre n’est désormais plus isolée et elle trouve dès son retour en Europe une audience nouvelle. Mais c’est au Japon que le travail va être très rapidement reconnu et accueilli avec enthousiasme : l’artiste y est régulièrement invité pour des concerts-performances et des expositions où il peut montrer ses dessins et ses sculptures. La relation avec le Japon n’est pas un hasard cependant : il y a dans le travail de Rolf Julius un extrême souci de précision formelle et d’élégance qui tient aussi à la place que le vide occupe dans les oeuvres. {…} L’oeuvre de Julius est présentée pour la première fois en France en 1980 à Paris (Ecouter par les yeux, l’Arc, Musée d’art moderne de la Ville de Paris), au Centre d’art la Criée à Rennes (1988), puis l’artiste sera régulièrement à Grenoble (Broken Music, Le Magasin, 1989-1990), Lyon (Musique en scène, 1996), Dijon (Frac Bourgogne, 2001) et Paris (Galerie Lara Vincy, 1997 et 2002) dans des expositions personnelles et des festivals de musique contemporains. La plus large présentation de son travail a eu lieu au Frac Limousin en 2003. Il est présent dans de nombreuses collections publiques françaises.*

* Source : Site Galerie Thomas Bernard

Rolf Julius, For Cello, 2004, impressions jet d'encre sur papier de Corée, 307,5 x 307,5 cm 36 x (40 x 40 cm). Photo © FRAC Languedoc-Roussillon. Collection Frac Languedoc-Roussillon
Rolf Julius, For Cello, 2004, impressions jet d’encre sur papier de Corée, 307,5 x 307,5 cm
36 x (40 x 40 cm). Photo © FRAC Languedoc-Roussillon. Collection Frac Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Rolf Julius, small music, Les Bains-Douches, Alençon
  • Lullaby for the fishes, Rumpsti Pumsti, Berlin

2014

  • Rolf Julius, L’orangerie des Musées de Sens, Sens

2013

  • Rolf Julius, Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico, Bordeaux / Paris

Jesper Just

Jesper Just, né en 1974 à Copenhagen, vit à New York.

« La clé de tous les films de Jesper Just est la question de la représentation. Comment pouvons-nous créer des images et comment les images, à leur tour, conjurent les idées, les attentes et les conventions ? Just interroge ces conventions – qu’elles soient liées à la société ou à la narration filmique – en créant des univers très ambigus. Dans ce nouveau film spécialement conçu pour répondre à l’invitation de Wink, la lumière donne corps au rythme ralenti de What a Feeling, la chanson thème du film Flashdance. »*

« Il s’agit bien souvent de films où les corps apparaissent de manière chorégraphique, envahissant parfois l’écran jusqu’à saturation ; les visages, aussi, traités en gros plan, ont une très grande présence. Ainsi, dans A Voyage in Dwelling (2008), on pénètre dans l’esprit d’une femme prise au piège d’un long couloir bleuté, frôlant les murs, se contorsionnant pour mieux donner à voir un état mental chancelant, entre rêve et folie. C’est bien le vertige des êtres qui est mis en scène, de même que dans A Vicious Undertow (2007), où une femme (jouée par la même actrice Benedikte Hansen) monte un très haut escalier, lors d’une nuit de neige, et qui est près de tomber, comme une étoile dans le ciel sombre. Les corps s’approchent, dansent ensemble, mais peuvent aussi basculer à tout instant.

Jesper Just opère un travail référentiel : il ne cesse de laisser des indices. On pense à Ingmar Bergman et Marguerite Duras pour la manière avec laquelle il filme les corps et les visages féminins, tout en retenue, comme si la scène cachait un drame secret. Alfred Hitchcock et David Lynch ne sont pas non plus très loin, lorsque la tension atteint un paroxysme sans que rien ne soit vraiment venu le déclencher et que les objets deviennent des fétiches ouvrant la voie à un basculement vers un autre monde. Jesper Just crée des contes cinématographiques elliptiques. » ** Léa Bismuth

Sources : * http://www.winkedition.com/index.php?artiste=4 (galerie Wink Edition – Paris)

** Jesper Just, Mac/Val, Vitry-sur-Seine / 22/10/2011 – 5/02/ 2012 /Artpress n°385 22 décembre 2011

Jesper Just, What a Feeling, 2014, vidéo, durée 13’14’’ © Wink Edition. Collection Frac Languedoc-Roussillon
Jesper Just, What a Feeling, 2014, vidéo, durée 13’14’’ © Wink Edition. Collection Frac Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Servitudes, Palais de Tokyo, Paris, France

2014

  • This Is a Landscape of Desire, De Moines Art Center, De Moines, Iowa, USA
  • This Is a Landscape of Desire, The National Museum of Modern and Contemporary Art, South Korea
  • Jesper Just, ARoS, Aarhus, Denmark
  • Jesper Just, Portland Museum, Portland
  • Jesper Just, Galleri Nicolai Wallner, Copenhagen

Loïc Raguénès

Loïc Raguénès né en 1968 à Besançon, vit à Douarnenez.

Il est représenté par la Galerie C L E A R I N G, New York – Bruxelles.

Pour Loïc Raguénès, le plus ordinaire, le plus banal, peut être le lieu d’investissement physique, affectif, symbolique et sans cynisme aucun. Du pop art, Loïc Raguénès retient une certaine forme mais l’attachement se joue surtout dans le fait que le mouvement inaugure le vaste désenchantement dont nous sommes les contemporains. Aujourd’hui il s’agit moins de dénoncer ou de mettre en évidence que de rendre vivables les situations, au risque d’être englouti par la mélancolie. Aussi, dans cette peinture, la violence et l’impact font place à une douceur, indifférente pour les uns, salvatrice pour les autres, sans pour autant épargner les figures aux contours approximatifs et aux formes esquintées. Bien souvent le monde n’est qu’une convention dans laquelle nous cherchons désespérément un pouvoir évocateur, source de connaissance ou de poésie. {…} Étrangeté des deux toiles représentant l’une un ciel nuageux et l’autre un vol d’oies sauvages. La première conforme à une figuration convenue montre un fond bleu ouaté de blanc alors que la seconde inverse les rapports chromatiques, le fond devient blanc et les volatiles bleus. Si le jeu plastique se comprend aisément, il renvoie de manière subtile le réel à l’imaginaire, et le jeu des surfaces à celui de l’illusion.

Plongé dans la matière au plus près des dessins, noyé dans la couleur ou perdu dans l’entre deux points du wall painting, le spectateur fait face au temps vide de la représentation, pure abstraction, avant de reprendre ses distances pour retrouver les clichés bien connus.

Céline Mélissent

Loïc Raguénès, Muppets 2, 2006, sérigraphie sur feutre, 158 x 216 cm. Collection FRAC Languedoc-Roussillon. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon
Loïc Raguénès, Muppets 2, 2006, sérigraphie sur feutre, 158 x 216 cm. Collection FRAC Languedoc-Roussillon. Photo © FRAC Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2014/2015

  • Classement des nageuses, Centre d’art images, Orthez, FR
  • Mécaniques du dessin, FRAC Limousin, Limoges, FR

2013

  • Avec une bonne prise de conscience des divers segments du corps, votre geste sera plus précis dans l’eau. 40mcube, Rennes, FR.

2012

  • Villanelle, C L E A R I N G, Brussels, BE

Simon Starling

Simon Starling, né en 1967 à Epsom, vit à Copenhagen

« Toute l’oeuvre de Simon Starling est processuel. Il est construit de déplacements, de parcours, d’histoires, de transformations, d’hybridations, de reproductions, d’échanges, de cycles, de rencontres impensées, de mélanges de genres, temporalités et techniques… Quelle qu’en soient leurs envergures, les épopées de Simon Starling mettent en scène des gestes de modification. Il élabore une cartographie du réel teintée d’humour, de gravité, de poésie, avec un rien de romantisme. Work, Made-ready, Kunsthalle Bern inverse la notion de readymade par un acte simple mais laborieux de transmutation. Deux objets d’aluminium sont chacun reconstruits à l’aide du métal provenant de l’autre objet. On obtient alors deux «mutations» dégradées de leur ancienne essence industrielle, qui portent les cicatrices de leur transformation génétique. » *

« Cette pièce est emblématique de la démarche de Starling pendant la première décennie de son activité, qui consistait à « questionner les rouages de la fabrication artistique, la nature matérielle de ces procédés {…} » ; ce qui revient également en arrière sur la notion de prototype, la première idée, ainsi que l’idée d’inverser cette notion, de prendre un objet manufacturé à grande échelle et de rejouer son évolution – peut-être de lui insuffler à nouveau une impression d’innocence. Il complexifie le geste inaugural de Marcel Duchamp, le premier ready made, Roue de bicyclette ; il ne s’agit plus d’introduire l’objet industriel dans l’espace d’exposition pour en faire une oeuvre d’art, mais de transformer un objet produit industriellement en objet produit à la main. Il redonne ainsi au fauteuil et au vélo une sorte d’humanité, comme dans la nouvelle The Third Policeman (Le troisième policier) de Flann O’Brien, où un policier, amoureux de sa bicyclette, fusionne lentement ses molécules avec elle. En échangeant le matériau sans altérer la forme des deux objets, Starling situe le coeur de sa démarche dans le processus de fabrication. » **

Sources: * THEREHERETHENTHERE “Oeuvres 1997–2009” – MAC/VAL, 2009

** Extrait du document d’accompagnement de visite de l’exposition « Bricologie. La Souris Et Le Perroquet », Thomas Golsenne / Exposition du 15 février au 31 août 2015 à la Villa Arson

Simon Starling, Work, Made-Ready, Kunsthalle Bern, 1996, bicyclette, chaise en aluminium, bois et vinyle. Photo © Villa Arson Nice - Centre national d'art contemporain / droits réservés. Collection Frac Languedoc-Roussillon
Simon Starling, Work, Made-Ready, Kunsthalle Bern, 1996, bicyclette, chaise en aluminium, bois et vinyle. Photo © Villa Arson Nice – Centre national d’art contemporain / droits réservés. Collection Frac Languedoc-Roussillon

Expositions récentes

2015

  • Collected by Thea Westreich and Ethan Wagner, Whitney Museum of American Art, New York
  • Nine Feet Later, The Modern Institute, Aird’s Lane, Glasgow
  • Devil’s in the Making, GOMA, Glasgow
  • A story within a story…, Goteborg International Biennial for Contemporary Art, Goteborg
  • Metamorphology, Musee d’art contemporain, Montreal

2014

  • Simon Starling : Metamorphology, Museum of Contemporary Art, Chicago
  • Pictures for an Exhibition, The Arts Club of Chicago, Chicago
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