Denis Roche, Photolalies, 1964-2010

Jusqu’au 14 février 2016, le Pavillon Populaire présente « Photolalies, 1964-2010 », une rétrospective du travail photographique de Denis Roche, poète et éditeur reconnu, photographe singulier, inclassable, pour qui « l’acte photographique » est un moment de liberté, une quête du plaisir.

Denis Roche, Photolalies, 1964-2010. Pavillon Populaire, Montpellier
Denis Roche, Photolalies, 1964-2010. Pavillon Populaire, Montpellier

Avec Gilles Mora, Claude Nori et Bernard Plossu, il fut un des fondateurs des Cahiers de la photographie, en 1980. Le directeur artistique du Pavillon Populaire assure naturellement le commissariat de cette exposition. Pendant presque une année, les deux amis ont travaillé sur ce projet avec comme fil conducteur la liberté absolue avec laquelle Denis Roche pratiquait la photographie.

Françoise Peyrot-Roche et Gilles Mora au Pavillon Populaire, Montpellier
Françoise Peyrot-Roche et Gilles Mora au Pavillon Populaire, Montpellier

Après la disparition de Denis Roche en septembre dernier, sa femme, Françoise, a accompagné le projet jusqu’à son terme en souhaitant que « la tonalité générale de l’exposition soit heureuse et qu’elle rende compte de ce qu’avait été le plaisir de photographier pour Denis Roche».

Denis Roche, 7 août 1994 - Autoportrait, - 30x40cm © Denis Roche
Denis Roche, 7 août 1994 – Autoportrait, – 30x40cm © Denis Roche

Le parcours s’achève avec ces citations du photographe qui résument à la fois sa pratique artistique et les « couleurs » de ces « Photolalies », exposées à Montpellier :

« Toute photographie est un récépissé de liberté.
Aucune autre activité humaine ne possède cette charge de bonheur-là : autant de bonheur, n’importe où, n’importe quand, autant de fois qu’on veut. L’amour connaît des creux, pas la photo.
Encore un effort, citoyens, et vous saurez bientôt ce qu’est la liberté… »

Pour rendre compte du moment de liberté qu’était la photographie de Denis Roche, la quête du plaisir de l’acte photographique, le parcours de l’exposition ne propose ni approche chronologique ou thématique, ni de circuit de visite…

« Photolalies, 1964-2010 » affirme sa volonté d’être « une invitation au voyage dans le pays de liberté de Denis Roche, des éclats d’images pour une exposition éclatée [qui souhaite restituer], en reflet, le visage libre du photographe ».

Ce pari est, sans aucun, doute une réussite. Le visiteur construit sans difficulté son expérience de visite à partir de quelques regroupements et en explorant certains chemins autour de repères biographiques, d’approches formelles parfois érudites et quelquefois singulières et surtout des utilisations débridées et inventives de l’appareil photographique de Denis Roche.

Denis Roche, 27 décembre 1990Madurai, Inde - 30x40cm. © Denis Roche
Denis Roche, 27 décembre 1990Madurai, Inde – 30x40cm. © Denis Roche

« Photolalies, 1964-2010 » mérite un passage par le Pavillon Populaire à Montpellier. La découverte du travail de Denis Roche est un réel plaisir.

Lire la suite Denis Roche, Photolalies, 1964-2010

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Nicolas Bourriaud nommé directeur artistique de la Panacée

Dans un communiqué de presse du 27 novembre, un peu avant 19 h, le service de presse de Montpellier 3M (Montpellier Métropole) annonçait :

« Nicolas Bourriaud nommé directeur artistique de la Panacée et chargé de la préfiguration du Futur Centre d’Art Contemporain de Montpellier » (lire le communiqué de presse en ligne).

On attendait la nomination « d’un chef de projet scientifique, qui aura pour mission de définir plus précisément le contenu du projet » du Centre d’Art Contemporain, annoncé Philippe Saurel lors de sa conférence de presse du 2 octobre dernier.

On ne se prononcera pas sur la pertinence de cette nomination. On attend avec intérêt les orientations du Programme Scientifique et Culturel (PSC) que l’ancien Directeur de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts Paris doit définir avec son comité scientifique. On sera particulièrement attentif sur la communication qui accompagnera l’élaboration de celui-ci.
Le communiqué de presse précise que  Nicolas Bourriaud « sera secondé par Stanislas Colodiet, Conservateur au musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole spécialisé dans le XXIe siècle », et il confirme que le futur centre sera « adossé au musée Fabre, dont il constituerait l’extension dans le domaine de la création des 20 dernières années ».

Hôtel Montcalm -Centre d'Art Contemporain
Hôtel Montcalm – Futur Centre d’Art Contemporain

La surprise de cette annonce est  la nomination de Nicolas Bourriaud comme directeur artistique de la Panacée, à la place de Franck Bauchard.

On perçoit, depuis plus d’un an, et malgré ses dénégations, que Saurel supporte difficilement La Panacée, ses expositions, sa programmation et son directeur…
Les mauvaises langues laissent entendre que le maire et président de Montpellier Métropole souhaiterait une programmation qui soit plus « populaire », quelque chose de plus « clinquant », de plus « vendeur »… Bref, un centre qui fasse du chiffre, qui attire les touristes… et qui puisse générer des retombées économiques…  et politiques !… Mais ce sont certainement de mauvais esprits !

Selon le communiqué, la mission confiée à Nicolas Bourriaud est assez peu définie, mais ambitieuse : « ll assurera la direction artistique de la Panacée et travaillera sur la mise en synergie des différents lieux culturels de la Ville et de la Métropole de Montpellier au travers d’un parcours d’art contemporain. Montpellier a toujours été une ville en avance sur son temps. Laboratoire de danse, de musique, d’architecture et aujourd’hui d’art contemporain. Je veux que l’art contemporain rayonne, transpire, bouillonne dans Montpellier ! »

Attendons de voir comment cela se traduira concrètement. On suppose que son recrutement a été précédé par la proposition d’un projet artistique pour La Panacée … On espère en lire très vite les orientations !
On aimerait également savoir quel sera le sort réservé aux projets annoncés (« Pan_Airport » du 18 juin au 25 septembre 2016 et « Joyce Hinterding et David Haines » du 19 novembre 2016 à février 2017).

Franck Bauchard_1

Saluons le travail remarquable de Franck Bauchard à la direction de La Panacée et l’exigence, la qualité, la richesse des expositions qu’il nous a présentées.
L’intérêt et la pertinence des sujets traités, les approches multidisciplinaires proposées ont donné à ce lieu un caractère singulier et réellement novateur.

La médiation souvent créative et participative, les exceptionnelles programmations qui ont accompagnées les expositions et la qualité de l’accueil à La Panacée ont bousculé (peut-être trop ?) les habitudes montpelliéraines.
Saluons également le travail réalisé avec les artistes en résidence. Remercions aussi Franck Bauchard d’avoir su accueillir des commissaires d’exposition qui avaient quelques choses à dire, qui ont su interroger le public et  exiger un regard attentif et curieux…

Tout cela fait de La Panacée un lieu unique où nombreux sont ceux qui ont plaisir à se retrouver et à partager. Souhaitons qu’il en reste quelque chose…

Georges Rousse à Campredon

Jusqu’au 21 février 2016, Campredon présente « Collectionneur d’espaces », une exposition de  Georges Rousse.
Sur les cimaises du centre d’art de l’Isle-sur-la-Sorgue, on retrouve une partie de l’exposition « Utopia », présentée au Familistère de Guise, l’été dernier.

Trente-quatre photographies grand format et dix dessins occupent les salles en enfilade au rez-de-chaussée et au premier étage de Campredon. « Collectionneur d’espaces »montre la continuité du travail de Georges Rousse depuis les années 1980 jusqu’à nos jours.

Regarder les images de Georges Rousse suppose un peu de temps et d’attention pour en percevoir la poésie et comprendre la relation très particulière entre l’architecture, la peinture, la photographie qu’il nous propose :

« L’architecture est la condition première et préalable à mon travail. Sans elle, mon œuvre n’existerait pas. Dans l’image que je fabrique, je me dois de partager toute l’émotion que j’ai ressentie en découvrant les lieux, en y déambulant, puis dans le lent travail de leur transformation. C’est ce que j’appellerai agrandir le hors-champ de la photographie. » Georges Rousse

L’exposition

Très souvent, Georges Rousse accompagne ses expositions d’une installation réalisée in situ. La compréhension de son  travail est alors immédiate. Ce n’est pas le cas pour « Collectionneur d’espaces » à Campredon. Certes, on peut certes le regretter mais on peut aussi en comprendre les probables raisons : une actualité très chargée pour l’artiste en cette fin d’année 2015 et la difficulté d’intervenir dans un lieu protégé au titre des Monuments Historiques.

À l’exception d’un texte d’introduction dans le hall, l’exposition n’offre pas d’autres informations que les cartels très succincts qui accompagnent les œuvres.

Film Peru
« Georges Rousse, La Lumière et la ruine » de Gilles Perru

Pour les visiteurs qui ignorent le processus de travail de Georges Rousse, il est certainement profitable de commencer la visite par le film « Georges Rousse, La Lumière et la ruine » de Gilles Perru,  projeté en continu au deuxième étage d’hôtel  particulier. On peut également suggérer de suivre une visite guidée.
Dans notre compte-rendu de visite, chaque fois que cela était possible, des vidéos qui illustrent la construction des images de Georges Rousse, ont été intégrées. On reproduit également, à la fin de cet article, quelques lignes du texte d’Alain Sayag pour le N° 123 du Photo Poche, consacré à Georges Rousse, dont on conseille la lecture.

Sans logique chronologique, le parcours est essentiellement construit autour des formes géométriques récurrentes dans le travail de Georges Rousse (carré, cercle, triangle, étoile, mots). Une place importante est accordé aux images réalisées lors de son intervention au Familistère de Guise.

Georges Rousse, Utopia 2015. Tirage lambda sur Papier photo. 125 x 160 cm. ©Georges Rousse 2015
Georges Rousse, Utopia 2015. Tirage lambda sur Papier photo. 125 x 160 cm. ©Georges Rousse 2015

Si les tirages sur dibond assurent très bon confort visuel, malheureusement, la lumière naturelle de l’après-midi produit quelques reflets dérangeants sur les vitrages de protection des tirages sur papier.

L’absence de mise en contexte des images est probablement souhaitée par l’artiste… Certains pourront le regretter.
L’exposition exige un regard attentif du visiteur. Il faut accorder du temps à chaque image pour laisser le trouble et l’équivoque s’installer, pour en apprécier la poésie et pour construire ses propres histoires…

Étoile

Au pied de l’escalier, le visiteur est accueilli avec un grand tirage d’une installation architecturale complexe, réalisée en 2013, au rez-de-chaussée du  Museo d’Arte Contemporáneo (M.A.C.) de Santiago de Chile.

Georges Rousse, Santiago de Chile, 2013 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon.jpg
Georges Rousse, Santiago de Chile, 2013 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Le motif géométrique de l’étoile qui apparaît au centre de cette image se retrouve dans les deux photographies (Matsushima, 2013 1 & 2) qui sont  accrochées dans le palier, au premier étage. Elles ont été réalisées  avant la destruction du Café Loin à Miyagi, sur une colline, au-dessus de la baie de Matsushima au Japon, en 2013.

Georges Rousse, Matsushima, 2013 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Matsushima, 2013 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Carré

Au rez-de-chaussée, le parcours commence par une première salle où le carré est la forme géométrique commune aux quatre œuvres présentées.

À droite, dans Luxembourg 2006 – 9, un carré rouge semble flotter dans un atelier d’une aciérie luxembourgeoise  abandonnée par le groupe Mittal.  L’image appartient à une importante série qui évoquait la mémoire de la sidérurgie…

Georges Rousse, Luxembourg 2006. Tirage Lambda à partir d'Ektachrome. 180x240 cm - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Luxembourg 2006. Tirage Lambda à partir d’Ektachrome. 180×240 cm – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Cette photographie réalisée de 2006 semble faire écho, par la forme du carré, avec les trois images qui lui font face.

Dans La Madelaine-sous-Montreuil 2014 – 2, un fond vert laisse en réserve un carré, à l’angle d’une pièce dans la « maison de Jeanne », sur le domaine du restaurant La Grenouillère.
Pour La Madelaine-sous-Montreuil 2014 – 3,  Georges Rousse peint le carré en blanc, estompant ainsi la réalité qui semble se faner, évoquant comme il le souligne « une nature morte à la Morandi ».

Georges Rousse, Montreuil-sur-Mer (3), 2014. Tirage Lambda sur Papier Photo. 90x120 cm
Georges Rousse, Montreuil-sur-Mer (3), 2014. Tirage Lambda sur Papier Photo. 90×120 cm

Enfin pour la troisième image, La Madelaine-sous-Montreuil 2014 – 4, un carré vert sur fond vert produit un monochrome subtil et troublant qui pourrait évoquer Malevitch (qu’il cite comme une influence essentielle, avec le Land Art, dans sa biographie)… mais qui annonce probablement la disparition prochaine de la bergerie.

Si la forme du carré semble unir ces quatre images, en fait tout les oppose :  Le vert utilisé pour la maison fait contraste avec le rouge de l’usine. Le cadre sur un angle de la bergerie crée un effet de profondeur qui se distingue de à la vue frontale dans l’aciérie où le carré semble venir vers le regardeur. Enfin, la construction rurale de La Grenouillère s’oppose au bâtiment industriel abandonné par Mittal…

Carré, Triangle & Cercle

La deuxième salle rassemble des œuvres où trois formes géométriques « équilatérales » cohabitent : un carré, un triangle, un cercle.

Georges Rousse, Séoul 2013 et Bordeaux 2014 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Séoul 2013 et Bordeaux 2014 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

La série commence en Corée, en 2013. Le Hangaram Museum de Séoul propose à Georges Rousse de faire une installation dans une salle du musée large et assez basse de plafond. Il décide d’y intégrer ces trois formes (Séoul 2013 – 3E), en découpant un mur, pour créer une espace de 30 mètres de profondeur.

Georges Rousse, Séoul 2013
Georges Rousse, Séoul 2013

À la base sous-marine de Bordeaux, Georges Rousse dispose d’un mur de 11 mètres de haut et de 25 mètres de large. Au centre, il peint un cercle noir qu’il accompagne d’un triangle et d’un carré  anamorphosés qui débordent sur les murs latéraux.

Georges Rousse, Bordeaux 2014 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Bordeaux 2014 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Dans ce vaste espace, les trois mêmes formes semblent flotter devant le mur (Bordeaux 2014 – 1). À leur propos, Georges Rousse évoque, dans le film réalisé par Caroline de Otero et Catherine Guillaud, ces trois formes comme éléments des Stupas tibétains.

Au Familistère de Guise, dans les logements ouvriers, Georges Rousse commence par peindre en blanc, mur,sol et plafond pour atténuer le décor, avant de peindre en noir un triangle, un cercle, un carré qui apparaissent en avant de l’angle de trois pièces différentes… Les dessins préparatoires accompagnent les trois photographies Guise 2015 – 1, 2 & 3 réalisées au Familistère.

Face à ces œuvres, on perçoit très bien, comment Georges Rousse construit ses images en jouant avec la lumière, multipliant les nuances et des effets de transparence dans les aplats noirs ou bleus  qu’il peint sur les murs, le sol et parfois le plafond.

Constructions

Georges Rousse, Guise (Cour du pavillon central) ,2015 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Guise (Cour du pavillon central) ,2015 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Dans la dernière salle au rez-de-chaussée, une œuvre ancienne (Bercy, 1984-4), une de ses premières architectures « factice », sur le site abandonné des entrepôts de Bercy, fait face à une de ses plus récentes constructions, au familistère de Guise (Guise 2015 – 5), la reproduction du bâtiment de l’économat dans la cour centrale du pavillon.

Georges Rousse, Bercy,1984 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Bercy,1984 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Ce grand format est accompagné de dessins préparatoires et de trois photographies qui montrent la construction sur trois angles différents, permettant ainsi d’en percevoir la complexité.

Utopia

Au premier étage, la visite commence par une salle entièrement dédiée au projet Utopia. Georges Rousse raconte la découverte, dans un appartement du Familistère, d’un papier peint reproduisant la photographie d’un vaste paysage naturel au Canada. Pour le photographe, cette image évoque le rêve d’un ailleurs du locataire qu’il met en relation avec l’utopie fouriériste de Godin dans le projet du Familistère. Naît alors l’idée d’Utopia, une série qui s’élabore autour de la photo dans la photo associée au mot Utopia (Utopia 2015 – 1A ).

Il décide alors d’introduire une photo dans chaque espace où il va travailler, avant d’y ajouter les lettres « UTOPIA ».

Il commence par une pièce dont le papier peint utilise un motif de roses ; après avoir peint le sol en rose, il colle sur un mur la photographie d’un paysage produisant une ouverture vers une forêt (Utopia 2015 – 2B).

Georges Rousse, Utopia,2015 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Utopia,2015 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Dans un autre logement, il choisit une photo d’un bord de mer où une grue entame le chantier d’une future tour de Babel qui rejoindra peut-être l’avion qui traverse le ciel (Utopia 2015 – 3).
Plus loin, c’est la photographie d’une cabane de SDF qui occupe un pan de mur (Utopia 2015 – 4)
Dans chaque image, le doute sur la position des lettres du mot Utopia (peintes sur les murs ou sur la photo ?) est particulièrement entretenu par Georges Rousse, qui déclare à propos de cette série :  « Ce que l’on voit, ce n’est pas ce qui est réellement… »

Georges Rousse, Utopia 5A,2015 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Utopia 5A,2015 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

Enfin, pour la dernière image (Utopia 2015 – 5A), l’artiste a utilisé deux appartements réunis par la suppression d’un mur mitoyen. Il reproduit le dispositif imaginé à La Madelaine-sous-Montreuil. Un cadre rouge délimite la nature morte de la pièce voisine,peinte en blanc, comme si c’était une photographie très éclairée. Avec cette photographie Georges Rousse joue parfaitement avec l’incertitude de ce que l’on voit, ou de ce que l’on croit voir.

Escaliers

La salle suivante expose les dessins préparatoires et deux photographies (Chambéry 2008 – 1 & 2) de son intervention dans les escaliers des halles de Chambéry, avant leur réhabilitation, en 2008.

Cercle

Le troisième salon présente des photographies réalisées à Palerme, au château de Chambord et dans un escalier du Familistère de Guise. Le cercle, autre figure géométrie récurrente dans le travail de GR, est le point commun de ces images.

Georges Rousse, Palerme,2000 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Palerme,2000 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

L’image Palerme 2000 – 1 restitue une expérience réalisée en 2000, avec des jeunes d’un quartier populaire et défavorisé à Palerme. Un important travail préparatoire de découpe d’un mur, pour approfondir l’espace, puis de construction pour créer l’illusion de deux espaces ont été nécessaires avant le travail de peinture et la prise de vue. Cette photographie montre un engagement discret de l’artiste en direction des jeunes. L’image était récemment exposée au Plateau  à Lyon, dans Utopies partagées. Georges Rousse expliquait à propos de cette exposition : « J’ai travaillé sur un certain nombre de ces projets avec des jeunes, en difficulté ou en insertion, de cette région et ensemble, nous avons fait plusieurs installations à l’étranger : à Palerme en Italie, à Houston aux États-Unis … J’ai voulu rassembler tout ce travail afin de montrer que l’art peut être un outil pédagogique d’une grande efficacité ».

Georges Rousse, Chambord,2011 - « Collectionneur d’espaces » à Campredon
Georges Rousse, Chambord,2011 – « Collectionneur d’espaces » à Campredon

En 2011, Georges Rousse est en résidence au Domaine national de Chambord. Il réalise trois installations dans les parties hautes du donjon. Des contraintes (liées au classement au titre des Monuments Historiques) interdisent toute intervention sur le bâti. Georges Rousse imagine alors des architectures pour créer ses images.
La photographie Chambord 2011 – 2D montre une de ces installations, dont les éléments, disposés dans l’espace et recouverts à la feuille d’argent, construisent un cercle centré sur une cheminée, qui évoque évidemment l’obturateur d’un appareil photographique.

Georges Rousse, Guise 2015-4
Georges Rousse, Guise 2015-4

La troisième photographie de cette salle (Guise 2015 – 4) a été réalisée dans un des escaliers du Familistère de Guise. Deux cercles noirs superposés se recoupent. Un des deux est partiellement couvert de traits de craie, créant ainsi une texture qui contraste avec ce cercle noir. Soulignons que la craie est utilisée par Georges Rousse pour tracer les points de repère de ses formes dans l’espace, avant leur mise en peinture…

Pour finir, Ordre et Lumière…

Dans la salle qui clôture la visite, on retrouve l’utilisation de mots dans l’espace. ORDER pour illustrer le propriétaire d’un espace qui est sur le point de s’effondrer (Laroque Timbaut 2006) et LIGHT pour Dans cette image, le reflet,dans un miroir, d’une partie des lettres déjoue ironiquement l’idée de lumière divine…

 

En savoir plus :
Sur le site de Campredon, centre d’art
Sur la page Facebook de Campredon, centre d’art
Sur le site de Georges Rousse

Le travail de Georges Rousse

Extraits du texte d’Alain Sayag  pour le N° 123 du Photo Poche, consacré à Georges Rousse :

« Par prédilection, Georges Rousse intervient dans des architectures désaffectées, entrepôts, palais en ruine, immeubles promis à la démolition ou en reconversion, usines dévastées qui s’offrent à lui dans le monde entier (…)

En premier, dans le processus de travail de Georges Rousse, il y a la reconnaissance du bâtiment brut, vide. En déambulant à l’intérieur, il s’imprègne du lieu et repère immédiatement (l’oeil du photographe !) un espace dont il perçoit la qualité architecturale, symbolique, photographique, avec déjà à ce moment là, une vision claire de l’oeuvre qu’il y créera, pensée à partir du point de vue qu’il a choisi. Plus tard, dans l’atelier, l’artiste précise son idée ; il dessine plusieurs croquis et esquisses qu’il peint à l’aquarelle afin de mieux appréhender les difficultés de l’espace, les contraintes, l’incidence de la lumière sur l’architecture.

Pour réaliser son œuvre dans le lieu, l’artiste utilise les lois de l’optique géométrique mais, à l’inverse des peintres de la Renaissance, qui voulaient représenter la profondeur sur la surface plane d’une toile, il s’agit pour lui de rendre plan un objet réalisé dans un espace tridimensionnel physique pour le rendre photographique. Renversant ainsi le paradigme des inventeurs de la perspective, Georges Rousse se situe du point de vue de sa chambre grand format pour passer de l’espace réel en trois dimensions à la surface plane de la photo (…) Éclatées et fragmentées sur les différents plans spatiaux, les formes se recomposent en une image juste et lisible lorsque le regard se positionne dans le champ de l’objectif. L’« anamorphose » ainsi matérialisée dans l’espace n’est cependant pas le propos de l’artiste : il n’y a pas d’anamorphose dans l’œuvre finale. Ce procédé optique qui permet à l’artiste d’inscrire une figure plane dans le réel est destiné à l’objectif de l’appareil et non à un observateur dans l’espace. Dans le travail de Georges Rousse la photographie est véritablement première : elle rassemble l’image dans une synthèse où les éléments disséminés s’unissent pour rendre visible son imaginaire ».

Anatomie de l’automate à La Panacée

Jusqu’au 28 février 2016, La Panacée présente « Anatomie de l’automate », une remarquable exposition qui selon les mots de son commissaire, Paul Bernard : « prend pour point de départ l’analogie du corps humain et de la machine pour explorer les imaginaires de la vie artificielle ».

Paul Bernard, commissaire de l'expo devant la lecon du professeur Paul Poirier de Georges-Alexendre Chicotot
Paul Bernard, commissaire de l’expo devant la lecon du professeur Paul Poirier de Georges-Alexendre Chicotot

Le Centre de culture contemporaine de Montpellier propose une de ses meilleures expositions et certainement une des plus intéressantes que l’on puisse actuellement voir dans le sud de la France.

Tetsumi Kudo, Cage, ca 1978 et Injections -Corrosions sous cloches (Collections de la faculté de médecine de Montpellier) - Anatomie de l'Automate - La Panacée - 2015
Tetsumi Kudo, Cage, ca 1978 et Injections -Corrosions sous cloches (Collections de la faculté de médecine de Montpellier) – Anatomie de l’Automate – La Panacée – 2015

« Anatomie de l’automate » rassemble un peu plus d’une trentaine d’œuvres contemporaines, de tableaux, d’ouvrages et d’objets des collections universitaires montpelliéraines. Cinq sont produites ou coproduites par La Panacée pour l’exposition.
Entre fascination et effroi, « Anatomie de l’automate » réussit avec intelligence à multiplier des conversations fertiles entre ces objets autour de questions qui nous interpellent.

L’exposition

La main gauche…

À gauche, l’exposition commence par montrer comment le « regard anatomiste  découpe le corps humain en fragments, en segments de la même manière qu’un horloger ». Elle met en évidence « des équivalences entre ce qui relève de l’organe et de la machine ». Le parcours se construit autour d’échanges subtils entre œuvres contemporaines et objets des collections universitaires.

… D’un mode d’existance

À droite du patio, l’exposition présente des pièces contemporaines, autour de « l’existence des machines ». À partir de la pensée du philosophe Gilbert Simondon, et de son ouvrage « Du mode d’existence des objets techniques », « Anatomie de l’automate » cherche à montrer que  « ce n’est pas la machine qui nous aliène, mais la méconnaissance que nous avons de la machine et de son fonctionnement… car il y a de l’humain dans la machine». Pour le commissaire, cette idée rentre en résonance avec de nombreux travaux d’artistes contemporains.

Les hybrides et la vallée dérangeante

Entre ces deux moments  « l’anatomique » et « l’existence des machines », l’exposition construit des ponts, des liens autour de figures hybrides, en particulier de prothèses, moments ou le corps humain et la machine s’imbriquent.

« Anatomie de l’automate » multiplie des interrogations depuis la canne, le vélo ou le fauteuil roulant comme prolongation du corps, jusqu’aux débats autour de la figure du cyborg ou encore de la troublante question de l’inquiétante étrangeté que suscitent l’anthropomorphisme du robot et le corps humain réduit à des mécanismes réflexes…
Assez logiquement, les œuvres qui évoquent ces hybrides et la « vallée dérangeante » du roboticien Masahiro Mori évoluent dans le parcours à main gauche, comme à droite.

Muséographie

Pour cette exposition, l’espace de La Panacée a été redécoupé en différentes salles, dans une configuration originale. Un jeu de couleurs discrètes organise et rythme le parcours, sans définir formellement des sections. L’accrochage assez bas et une certaine profusion des objets sont des standards muséographiques au Mamco.

Anatomie de l'Automate - La Panacée - Vue de l'exposition
Anatomie de l’Automate – La Panacée – Vue de l’exposition

Ils affirment la volonté d’apporter au visiteur une certaine proximité avec les œuvres et un rapport peut être plus « intime » que le « White Cube » usuel dans les espaces contemporains. Cette mise en espace plutôt réussie construit un parcours fluide, des perspectives intéressantes, des rythmes discrets qui relancent subtilement l’attention, en laissant toujours une grande liberté au regard…

Anatomie de l'Automate - La Panacée - Vue de l'exposition
Anatomie de l’Automate – La Panacée – Vue de l’exposition

Une coproduction  La Panacée / Mamco en partenariat avec l’Université de Montpellier

Coproduit avec le Mamco de Genève, le projet trouve une partie de son origine dans une première exposition « Magnus, Scènes de l’imaginaire automate »,conçue par Paul Bernard pour les 20 ans du Mamco et présentée à la Villa Bernasconi, fin 2014. À partir de cette première réflexion, Franck Bauchard, directeur de La Panacée, a proposé à Paul Bernard, de reprendre son propos en intégrant les collections du Conservatoire d’anatomie de la Faculté de médecine et la Bibliothèque interuniversitaire.  L’exposition s’est faite avec en partenariat avec la Direction de la culture scientifique et du patrimoine historique de l’Université de Montpellier, le Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM).
Ancien Collège Royal de médecine, La Panacée est inscrite dans l’histoire de la médecine à Montpellier. Elle s’impose naturellement pour accueillir ce projet.

Programmation et événements

Une très riche programmation accompagne l’exposition avec plusieurs événements, performances et en particulier l’activation chaque semaine de l’œuvre d’Eva Kotatkova, Not How People Move But What Moves Them. (Programme sur le site de La Panacée)

Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013 Installation, sculptures et collages Galerie Hunt-Kastner, Prague
Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013. Installation, sculptures et collages. Galerie Hunt-Kastner, Prague

3D Lab, un mini-laboratoire de fabrication est installé dans une des salles d’exposition  autour d’une imprimante 3D. Ce studio d’impression 3D produira des objets en lien avec le corps et la médecine : prothèses, organes. La Panacée propose à des écoles d’art, des graphistes et des artistes à réaliser in situ des prototypes en lien avec l’exposition.

SHERPA, 2008 Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) . Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) Eva Kotátková Not how people movE but what moves them, 2013 Installation, sculptures et collages Galerie Hunt-Kastner, Prague
SHERPA, 2008. Robot bipède à actionnement réversible Sébastien Krut. Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM).
Eva Kotátková, Not how people movE but what moves them, 2013

Des installations et des robots sont présentés en continu dans les salles pendant l’exposition.

Un robot Nao est mis à disposition par le Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM) et par Polytech’Montpellier. Il sera activé ponctuellement pendant l’exposition et devrait accompagner quelques visites.

Des visites « Point de vue » sont proposées à La Panacée et au Conservatoire de l’anatomie de la Faculté de médecine. Quatre artistes présenteront leur vision des collections du Conservatoire de l’anatomie et quatre scientifiques expliqueront leur propre perception de l’exposition « Anatomie de l’automate ».

L’intelligence du propos, la cohérence muséographique, la richesse de la programmation associée font d’« Anatomie de l’automate » un événement qu’il ne faut pas manquer !

Un compte-rendu de visite complétera prochainement cette chronique.

Avec des œuvres de :
Eric Baudart • Thomas Bayrle • Erick Beltran • Georges-Alexandre Chicotot • Philippe Decrauzat • Harun Farocki • Lauren Huret • Konrad Klapheck • Eva Kotátková • Tetsumi Kudo • Selma Lepart • Benoît Maire • Nathaniel Mellors • Anita Molinero • Laurent Montaron • Matt Mullican • Jean Perdrizet • Thomas Ruff • Markus Schinwald • Alain Séchas • Thomas Struth • Paul Thek • Patrick Tresset • Francisco Tropa • Tatiana Trouvé • Ulla von Brandenburg • Christopher Williams

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« J’aime les panoramas » au MuCEM

Après les musées d’Art et d’Histoire de Genève, l’été dernier,  le MuCEM présente « J’aime les panoramas », jusqu’au 29 février 2016, à Marseille.

Conçue à partir d’une réplique de Jean Dujardin dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions, l’exposition cherche à définir en six chapitres, ce qu’est la vision panoramique.

Plus de 400 objets illustrent un propos pluridisciplinaire, dense, complexe qui frôle parfois la confusion.  Sa lisibilité est desservie par une scénographie bavarde d’Adrien Rovero et un accrochage quelquefois incompréhensible.

Dommage car le projet était attrayant et l’exposition rassemble des objets et des œuvres remarquables…

Une sérieuse préparation de la visite s’impose, si l’on souhaite faire de « J’aime les panoramas » une expérience enrichissante. La dernière étape du parcours rassemble une exceptionnelle sélection de tableaux et d’œuvres contemporaines, exposition d’art dans l’exposition, qui  mérite à elle seule un passage par le MuCEM.

Origine et ambitions du projet

Jean-Roch Bouiller et Laurence Madeline, commissaires de l’exposition racontent la naissance de ce projet :

« Cette exposition est née d’un quiproquo autour de la réplique « J’aime les panoramas », prononcée par Jean Dujardin dans le film de Michel Hazanavicius, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions. Ces quatre mots ont immédiatement cristallisé par sérendipité les principaux axes de réflexion autour de la notion de panorama. Cette phrase apparaît en effet d’une part comme un lieu commun que tout un chacun pourrait prononcer devant n’importe quel paysage, évoquant contemplation, insouciance et plaisir. D’autre part, le fait que cette parole soit prononcée devant le Canal de Suez, en 1955, un an avant sa nationalisation et les conflits subséquents, témoigne de la potentielle dimension géopolitique de toute entreprise destinée à proposer une vision englobante de la réalité. Les panoramas sont affaire de contemplation, certes, mais également d’appropriation, de domination, voire d’aliénation. »

OSS 117, Le Caire nid d’espions, © 2005 Gaumont - Mandarin Films - M6 Films 02
OSS 117, Le Caire nid d’espions, © 2005 Gaumont – Mandarin Films – M6 Films 02

Dans l’introduction du catalogue, ils en précisent les ambitions : « [L’exposition] cherche à définir ce que peut être la vision panoramique en provoquant une rencontre entre les apports théoriques de l’histoire sociale et politique, de l’histoire de l’art, de la philosophie esthétique, de la sociologie, de la géographie et des œuvres qui, avec leur langage propre, se frottent elles aussi à cette vision ».

Un parcours très dense, une scénographie et un accrochage confus

Avec plus de 400 objets (œuvres d’art, documents historiques, archives, photographies, extraits de films, objets de la vie quotidienne ou liés à l’industrie du tourisme, etc.), le parcours s’organise en six étapes. Il cherche à multiplier les points de vue avec des approches historiques, sociologiques et artistiques du panorama.

J'aime les panoramas (Le dispositif panoramique), Vue de l'exposition au MuCEM, 2015
J’aime les panoramas (Le dispositif panoramique), Vue de l’exposition au MuCEM, 2015

Malheureusement, « J’aime les panoramas » n’arrive pas à interroger, à captiver et à émouvoir, comme l’avaient réussi « Le Noir et le Bleu » et  « Lieux Saints partagés ».

J'aime les panoramas (Le panorama comme relevé), Vue de l'exposition au MuCEM, 2015
J’aime les panoramas (Le panorama comme relevé), Vue de l’exposition au MuCEM, 2015

L’ambition du projet, la densité et la diversité du discours, l’éclectisme et l’abondance des objets présentés et surtout  une scénographie compliquée, touffue, bavarde d’Adrien Rovero et un accrochage brouillon, parfois illisible épuisent peu à peu l’attention du visiteur, dont le regard s’égare et finit par se perdre…

J'aime les panoramas (La construction du point de vue), Vue de l'exposition au MuCEM, 2015
J’aime les panoramas (La construction du point de vue), Vue de l’exposition au MuCEM, 2015

C’est regrettable car les intentions étaient particulièrement intéressantes et parmi les objets exposés, on trouve de véritables pépites et des œuvres remarquables.

J'aime les panoramas (Le panorama comme récit), Vue de l'exposition au MuCEM, 2015
J’aime les panoramas (Le panorama comme récit), Vue de l’exposition au MuCEM, 2015

Cependant, « J’aime les panoramas » peut offrir des découvertes captivantes et poser des questions pertinentes à la condition d’en préparer très soigneusement la visite.

Préparer une visite de l’exposition

Les textes de salle sont assez succincts. Quelques cartels sont enrichis par des textes issus du catalogue, mais ils ne constituent pas un réel fil conducteur pour la visite. On suggère donc de suivre une visite guidée ou d’utiliser l’audioguide (limité toutefois à 15 moments du parcours).
Pour préparer la visite, le site du MuCEM offre des informations utiles et quelques ressources. On conseille la lecture du dossier pédagogique à destination des enseignants, disponible en ligne.

La dernière partie « L’homme face au grand paysage » rassemble une exceptionnelle sélection d’œuvres d’art  qui peut faire l’objet d’une visite séparée.

Si on passe une journée à Marseille, on conseille de fragmenter sa visite en au moins deux parties. Si on est marseillais ou si l’on vient régulièrement à Marseille, plusieurs visites peuvent s’imposer.

Une programmation culturelle importante accompagne l’exposition. Les enregistrements  des rencontres et des débats mis en ligne permettent de construire ou d’enrichir l’expérience de visite.

David Hockney, A closer Grand Canyon, 1988 © David Hockney_photo Richard Schmidt_1
David Hockney, A closer Grand Canyon, 1988 © David Hockney_photo Richard Schmidt_1

Le catalogue, coédité par le MuCEM et Flammarion, propose des essais de Jean-Marc Besse, Jan Blanc, Jean-Roch Bouiller, Hervé Brunon, François Cheval, Michel Collot, Bernard Comment, Céline Flécheux, Laurence Madeline, Michel Maffesoli, Alexandre Quoi et Alice Thomine-Berrada.
CatalogueS’ils donnent des éclairages scientifiques additionnels à l’exposition,  leur complémentarité  avec les objets présentés n’est pas toujours manifeste.
Le format « panoramique » du catalogue offre des reproductions de très bonne qualité. Quelques œuvres bénéficient de « dépliants », une initiative originale, mais qui s’avère assez peu pratique.
La mise en page est parfois déroutante. D’incompréhensibles réserves blanches coupent quelques articles sans raison évidente, donnant ainsi l’impression que certaines illustrations prévues ont été oubliées ou supprimées.
Une bibliographie très complète permet un approfondissement du sujet pour ceux qui le souhaitent.

Commissariat : Jean-Roch Bouiller, conservateur en chef, responsable du secteur art contemporain au MuCEM et Laurence Madeline, conservateur en chef, responsable du pôle Beaux-Arts des Musées d’Art.

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