Michaël Viala, « deux mille quinze » à la galerie Vasistas, Montpellier

Jusqu’au 25 avril 2015, la galerie Vasistas présente « deux mille quinze », une exposition personnelle de Michaël Viala, artiste montpelliérain que Jean-Paul Guarino expose depuis plusieurs années. C’est la troisième fois que les cimaises de la galerie de l’avenue Bouisson Bertrand  accueillent son travail (précédentes expositions en 2011 et en 2005).

L’exposition « deux mille quinze » propose un ensemble de dessins récents (2013-2014), une nouvelle pièce de la série « Module », réalisée pour l’exposition et un tirage numérique de 2015.

Michaël Viala, « deux mille quinze » à la galerie Vasistas, Montpellier. Photo Galerie Vasistas
Michaël Viala, « deux mille quinze » à la galerie Vasistas, Montpellier. Photo Galerie Vasistas

Depuis le début de son travail, la question du lieu et l’espace et donc celle de l’exposition interrogent Michaël Viala. Rapidement, il s’est posé la problème du lieu, du contexte, de la situation… de ce qu’un espace peut proposer (lire l’article « Michaël Viala – Espace » par Sabrina-Ambre Biller, 2011 que le site de l’artiste reproduit) .
Dans un entretien récent avec Lise Ott (émission De Visu, diffusée le 25 mars sur Radio FM Plus), il précise : « Pour schématiser, je dis souvent que j’utilise les données du réel pour générer des formes et du sens. Souvent ce sont des données objectives, des dimensions, des surfaces,  des paramètres liés à la circulation… »

L’accrochage proposé à la galerie Vasistas suit naturellement ces principes. Chaque dessin, chaque pièce contribue à interroger le spectateur sur sa place dans cet espace… Les œuvres, confit-il au micro de Lise Ott, « sont avant tout faites pour l’œil, pour procurer une expérience visuelle. Cela ne raconte pas d’histoire… »

Michaël Viala, « deux mille quinze » à la galerie Vasistas, Montpellier. Photo Galerie Vasistas
Michaël Viala, « deux mille quinze » à la galerie Vasistas, Montpellier. Photo Galerie Vasistas

Les dessins sur papier Arches satiné, aux bords irréguliers, sont de format identique (56 x 76 cm).  Ils sont exécutés debout, sur une table d’architecte, avec des crayons 4B et 6B, en utilisant des outils de dessins techniques (règle, équerre, compas, té… ) et des gabarits particuliers fabriqués par l’artiste.
Le dessin est toujours centré sur la feuille de papier. Souvent une forme dupliquée, déplacée, superposée, parfois mise en symétrie, produit une autre forme.
Conçues avec le logiciel Illustrator, les figures sont totalement maîtrisées. Mais vient ensuite l’exécution. Les outils produisent des effets aléatoires qui échappent à la maîtrise du geste : « Le trait n’est pas régulier… l’appui est variable, la vitesse du tracé change…  Il y a donc des endroits plus clairs, d’autres plus foncés. Il y a 3 à 4 passages du crayon et des formes qui se superposent. Ceci crée des brillances qui ne sont pas voulues ». Ce sont les imperfections du travail qui intéressent  Michaël Viala : « Cela permet de créer une rupture avec l’héritage historique … de l’art concret ».

Quatre dessins (D14/11, D13/09, D14/12 et D14/10) sont accrochées dans l’angle à gauche de la première salle.

Deux autres ( D14/7 et D14/4) occupent l’extrémité du mur de la deuxième salle, juste avant la sortie.

Comme le souligne l’artiste, ses dessins agissent comme des signes dans l’espace. À un moment donné, ils attirent l’œil du regardeur… Souvent quelque chose échappe, une certaine instabilité trouble la perception. Si Michaël Viala affirme vouloir « rester sur le plan » et fuir l’illusion de la troisième dimension, ses formes dupliquées et superposées créent des sensations de volume et de mouvement qui rappellent inévitablement celles qui sont produites par l’Op Art… même si Viala affirme faire attention à ne pas tomber dans l’art optique !

Michaël Viala, Module 79, 2015. Bois, acrylique. 273 x 190 x 33 cm. / 273 x 310 x 33 cm.
Michaël Viala, Module 79, 2015. Bois, acrylique. 273 x 190 x 33 cm. / 273 x 310 x 33 cm.

Entre les deux salles, Module 79, 2015, une sorte de praticable, une structure en bois dont la surface est peinte d’un rouge écarlate, semble faire obstacle à la circulation du visiteur… à moins qu’il permette le passage entre ces deux pièces ?  Le visiteur doit se déterminer… Faire le tour par l’extérieur, ou suivre les traces de pas encore visibles sur cette surface rouge intense et franchir ce « champ de coquelicots » ( dixit Jean-Paul Guarino).

Une fois passé de l’autre côté de ce « miroir » couleur sang, on comprend que ce volume est aux dimensions de l’espace entre la cloison et mur. On suppose que ce Module 79 est la partie manquante de cette cloison…  Ce pan de mur au sol fait un angle de 45° avec les parois verticales de la cloison… reproduisant ainsi une configuration géométrique fréquente dans les plusieurs dessins exposés.

Michaël Viala, Scan (miroir), 2015. Tirage numérique contrecollé sur Dibond. 21 x 29 cm. 1/5
Michaël Viala, Scan (miroir), 2015. Tirage numérique contrecollé sur Dibond. 21 x 29 cm. 1/5

Au mur, juste après ce seuil, une petite photographie, ou plutôt l’impression d’une image numérisée… Sur un fond noir qui contraste avec les murs blancs ou écarlates, on distingue par ses limites un carré noir, avec certaines nuances bleu nuit et quelques minuscules taches blanchâtres…
La  réalisation cette image Scan (miroir), 2015, est presque accidentelle… Par curiosité, Michaël Viala a placé un miroir sur le scanner de document, dans son bureau… Sa surprise fut de constater que l’image de celui-ci était un quasi monochrome noir. Seuls les contours légèrement biseautés ont pris la lumière de l’appareil…

Rien n’est caché dans le travail que Michaël Viala exposé à la galerie Vasistas, tout est montré… Et il dit tout ! Il suffit d’écouter  son entretien avec Lise Ott, diffusé dans l’émission De Visu du 25 mars sur Radio FM Plus.
Le réel est bien là… concret. Il n’y a pas d’histoire, uniquement l’expérience visuelle de celui qui regarde…  Pour le vérifier, il suffit de passer par la galerie Vasistas avant le 25 avril deux mille quinze !

En savoir plus :
Sur le site de la galerie Vasistas
Sur le site de Michaël Viala

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