FAV 2015 : les projets pour Montpellier

Dans sa dernière Newsletter,  l’équipe du Festival des Architectures Vives  (FAV) présente les 11 projets qui seront présentés à  Montpellier, du 10 au 14 juin.

Nous reproduisons ci-dessous, les présentations de chaque équipe.

On continue à suivre l’actualité de cet événement qui fête cette année sa dixième édition sous le titre indiscutable est « La Dixième ! ».

Lire notre billet à propos des projets La Grande Motte.

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Margaux Rodot, Mickaël Martin, Benoît Tastet– Bordeaux : « un dixième de printemps »

UN DIXIÈME DE PRINTEMPS_1
Photo credit: Margaux RODOT Mickael MARTIN Benoit TASTET / FAV 2015

« L’avènement du FAV nous évoque le printemps, aussi fugace soit-il, de ce patrimoine montpelliérain dissimulé. Nous aimons percevoir ces cours intérieures comme des arbres solidement ancrés dans le centre ville dont toutes les installations en seraient les floraisons éphémères.
Notre installation, évocation du o-hanami (coutume traditionnelle japonaise d’admirer la beauté éphémère des fleurs de cerisier) vous permet de plonger dans un moment suspendu. Cette parenthèse hors du temps, évoque l’image des pétales se décrochant à leurs grès. Venez profiter de ce coin de clairière éphémère pour un simple arrêt de rêverie, une sieste méditative allongé dans l’herbe ou un pique-nique improvisé sur une nappe déroulée.
Cette mise en scène, de l’avènement du printemps jusqu’à sa disparition, invite les passants des plus pressés jusqu’aux rêveurs des plus sensibles, à méditer sur l’intangibilité du temps qui passe, sur l’équilibre précaire de la vie mais surtout sur son perpétuel recommencement. »

Julien Plessis et Claire Dusonchet – Paris : « Gold Fish »

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Photo credit : Julien PLESSIS Claire DUSONCHET / FAV 2015

«Une scène hors du temps

Avec le projet « Gold fish », nous souhaitons offrir au visiteur un temps de rêverie et de contemplation, l’installation figurant un ailleurs ici propice à la méditation. A travers un décor théâtral composé d’un sol noir dont émerge un étang d’or habité de carpes, l’installation révèle le volume de la cour et en modifie notre perception.
Réinterprétation de la figure du jardin zen, cette composition abstraite et singulière offre un contraste harmonieux avec la cour. Ici les matériaux s’opposent, comme la surface noire du sol qui répond à la pierre claire des murs. De même, les formes dialoguent ; celles fluides et asymétriques de l’étang d’or apportant la contradiction à la géométrie très structurée des bâtiments.
Enfin, à la permanence de l’hôtel particulier s’oppose la surface changeante de l’étang. Précieuse et éclatante cette matière en transformation perpétuelle par le jeu des reflets parachève la contradiction, conférant à la scène un caractère étrange et hors du temps. »

 FAKT – Berlin ( Allemagne) / Zurich (Suisse) : « The Cloudscape »

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Photo credit: FAKT Sebastien ERNST Sebastien KERN Martin TESSARZ Jonas TRATZ / FAV 2015

« Notre proposition, rechercher un objet qui n’est pas seulement de l’espace, mais aussi un phénomène – The Cloudscape.
Nous essayons d’enrichir la nature statique de l’architecture avec un fort sens de l’excitation physique et de propriétés visuelles constamment changeantes.
Les thèmes de la légèreté, de l’apesanteur et des frontières douces se traduisent toutes en un « monde flottant ». « Ce monde » reflète son environnement et réagira à la plus légère variation de temps, de lumière et de couleur. Il est doux car sa matière est seulement dans un équilibre provisoire, les fines feuilles de métal  toujours dans un mouvement subtil, faisant résonance au vent et aux changements de températures. L’installation est semi-transparente, il n’y a aucune frontière absolue quant à son contexte, pas d’intérieur précis ni d’extérieur, pas de dessus ni de dessous – Seulement un dialogue visuel constamment redéfini entre l’objet et le spectateur, tant qu’une constante transformation de la cour au travers de l’image changeante des ombres et des faisceaux lumineux projetés sur le sol. »

Nicola Lorusso et Michele Realis Luc – Milan (Italie) et Vienne (Autriche) : « Memento »

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Photo credit : Nicola LORUSSO Michele REALIS LUC / FAV 2015

« Se refléter sur la dixième édition du Festival des Architectures Vives de Montpellier et une procédure évocatrice. Cela signifie prendre son temps pour penser et pour évaluer non plus le contenu, mais le contenant. Le festival est un développeur de différentes histoires qui, au fil des ans ont rempli les cours du cœur de Montpellier. Le même conteur, avec des contes toujours différents.
Pour nous, la première étape était inévitablement une considération attentive du Temps. Un hôtel particulier, une cour intérieure, un patio, ces endroits symboliques ont été investis par un million d’enfants, 700 vélos, 90 chats, 50 ballons, une douzaine de tabourets et 9 installations. Combien de stratifications Espace-Temps pourraient être décrites de chaque petit morceau de chaque cour !
La dixième édition, dans notre concept, est une stratification des temps précédents. De même que la Camera Obscura, nous avons superposé les négatifs qui ont construit dans la mémoire collective l’image du FAV comme nous le connaissons aujourd’hui, afin de créer des corrélations potentielles entre différents moments. Les visiteurs découvriront un objet 3D sectionné, composé de tout ce que les cours ont expérimenté au long de ces neuf éditions.
Les fragments incomplets ont empli par  le passé ces espaces oubliés et invisibles, et maintenant les spectateurs les regarderont dans une confusion empêtrée de ficelles, de cubes, de sphères, de tabourets, de cônes, de moniteurs, de panneaux, de ballons et de cadres.
Un concept très simple soutient la séduisante et complexe idée qu’aucun moment actuel n’est pire qu’en étant défini comme unique. La relativité d’Einstein nous avertit de l’écoulement du temps comme une grande illusion, donc nous pensons que la façon de le représenter doit changer et cette installation se veut être une tentative certes éphémère, mais sûre.
Pour citer Albert Einstein :  « Les gens comme nous qui croyons à la physique, savons que la distinction entre le passé, présent et futur est seulement un illusion obstinément  persistante. » »

Josseran Crochet – Paris « Panta Rei »

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Photo credit : Josseran CROCHET / FAV 2015

« Certains bâtiments, comme l’Hôtel de Lunas, ont croisé des centaines de regards au fil des siècles. C’est notre oeil qui découpe le temps: à mesure que la sédimentation des instants s’y reflète, nous nous noyons dans l’espace qui nous entoure. Le paysage tiédit. Passé le seuil de l’Hôtel, le visiteur ne sentira pas le poids du passé, l’installation le plongera dans une représentation nouvelle du réel. Son imaginaire sera confronté à une véritable mise en abîme.  Deux bassins au sol se situent de chaque côté de la cour. Leur fond est noir. La perception du visiteur est redéfinie dans le présent: à travers l’image des murs qui l’encerclent, il est renvoyé à la réflexion liquide de son imaginaire. Ainsi, en regardant vers le bas, il est immédiatement porté par un mouvement vertical. Le ciel s’impose. Comme lui, il est capricieux, il est en proie au hasard de l’instant. Ses humeurs se reflètent dans les miroirs obliques disposés à l’intérieur des bassins.
Ce projet vise à mettre en valeur la fugacité de la rencontre entre le visiteur et cette cour qu’il traverse. L’eau, à l’instar du lieu dans lequel elle se trouve, est à la fois toujours semblable à elle-même et jamais tout à fait la même. Lorsque nos yeux se pose sur elle, ils épousent un présent à la fois hérité et sans limites.

Panta Rei : 
En grec ancien, la formule signifie « Tout coule » – dans le sens de « Tout passe ».Elle synthétise la pensée d’un monde en mouvement perpétuel »

Atelier Roberta – Paris :  « Heureux Événement »

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Photo credit: Atelier Roberta Céline AUBERNIAS Alice MAHIN Chloé SANSON / FAV 2015

« Pour cette édition anniversaire qui se doit d’être fêtée, nous avons imaginé une installation éphémère en en éliminant l’aspect jetable, pouvant disparaitre entièrement sans laisser de déchets.
Nous proposons de fabriquer un gâteau spécial. Un gâteau qui se coule sur le sol et surprend par sa présence. Cette curieuse pâtisserie est constituée d’Agar Agar, gelée nourricière à la présence étrange et évanescente qui va servir de milieu de culture. Des milliers de graines y sont semées et cette surface plantée sera changeante au long du festival.  La germination et la pousse pourront être observées à l’échelle du temps de l’évènement.
Le dernier jour, le gâteau est coupé et distribué, non pas pour manger sa part, mais bien pour la transporter, la planter chez soi, où les graines pourront s’installer et fleurir. L’installation disparaît ainsi simplement, dans les mains de chacun, emmenant son morceau de gâteau pour le faire grandir ailleurs. »

Étienne Gobin, Lea Girault, Chloe Morin et Benjamin Joudrier – Paris : « L’anémograf »

L'ANÉMOGRAF_1
Photo credit: Atelier Roberta Céline AUBERNIAS Alice MAHIN Chloé SANSON / FAV 2015

« Le dix représente par excellence l’achèvement d’un cycle et le commencement d’une nouvelle ère. Il a le sens de la totalité et de retour à l’unité.
Un mobile synthétise ces notions, il incarne mouvement, instabilité et transformation perpétuelle en défiant les lois de l’apesanteur et de l’équilibre. C’est une structure légère dont les éléments suspendus entrent en mouvement sous l’action de l’air et la circulation du vent.
Articulés sur plusieurs lames de bois, des volumes coniques flottent et se déplacent sans contraintes. Ces derniers sont remplis d’encre qui, par un système de pipetage, tombe au goutte à goutte, sur une toile. « L’anémograf » capte son environnement et le retranscrit immédiatement sur une toile sous l’œil intrigué du spectateur. Le temps et le mouvement se matérialisent de façon aléatoire et poétique sur une nouvelle page. Ils symbolisent le commencement d’une nouvelle décennie et la dixième du Festival des Architectures Vives. »

Clémence Durupt et Gabrielle Vinson – Toulouse : « Entre Temps »

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Photo credit: Gabrielle VINSON Clémence DURUPT / FAV 2015

« Le FAV a 10 ans ! Il est donc plus que jamais question du temps qui passe pour cette dixième édition et l’ambiance est à la fête ! Et une vraie fête d’anniversaire se prépare, suscite l’envie, l’excitation, la curiosité; puis se vit, prend un espace et un temps donné pour enfin se terminer.
C’est cette ambiance à la fois colorée et imprévisible que nous souhaitons créer dans la cour de l’hôtel Jacquet. Un plafond éphémère retient une tonne de confettis qui grâce à l’action du visiteur s’échappent et s’éparpillent.
L’installation évolue dans le temps transformant l’espace de la cour : elle le plafonne d’abord, le rend ludique ensuite, pour le laisser finalement redevenir lui-même. Les derniers jours le ciel est ouvert, et ce «sablier géant» est prêt à être retourné pour les 10 prochaines années. »

Atelier 1.25 : Thomas Landemaine, Nuno Da Silva et Benoît Chantelou – Montpellier / Paris : « DI-X- »

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Photo credit: Atelier 1.25 Thomas LANDEMAINE Nuno DASILVA Benoit CHANTELOU / FAV 2015

 

«  Un grand X.
Un X pour 10, pour fêter les 10 ans du Festival des Architectures Vives.
C’est la première image du visiteur qui rentre dans la cour.
Cependant, cette installation offre des volumes plus complexes. Au fil du parcours du visiteur, la forme symbolique disparait pour laisser place à un volume sculpté qui se développe vers les façades de la cour. C’est en réalité une imposante sculpture facettée qui interroge le regard et la notion de point de vue. Ses faces réfléchissantes l’habillent de fragments de façades, de sols, de ciel, de silhouettes. Avec les visiteurs, la sculpture prend vie ; elle reflète les mouvements, s’anime de nouvelles formes et couleurs, invite au jeu et à l’interaction.
Dans cette parenthèse éphémère, cette installation tente de créer un moment unique et de réinventer l’expérience du lieu. »

Véronica Hirtz et Marine Gresser – Bordeaux : « L’espace d’un instant »

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Photo credit: Veronica HIRTZ Marine GRESSER / FAV 2015

 «  Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant » – Gaston Bachelard

Le présent est un moment vécu, un point précis qui se résout dans l’instant. Cette matière temporelle observe un phénomène de seuil, nous obligeant sans cesse à en sortir pour entrer dans un nouveau, inattendu[1]. Il est pourtant impossible de savoir exactement quand s’opère le changement d’un instant à l’autre, et par conséquent, d’un espace à l’autre. Ce moment précis et éphémère auquel un individu est confronté déstabilise les repères collectivement établis.
Sensuel et brut, le sol sableux participe au récit d’un paysage désertique où le temps se perd, où la notion de durée s’évapore, laissant la seule TRACE[2] de l’instant présent. Étendue ponctuée de brindilles réfléchissant l’infini, l’installation construit l’image d’une intériorité, à la manière du panache d’une anémone.
Le visiteur invité au voyage d’un MILIEU au cœur de l’INSTANT[3], laissera délicatement s’éveiller l’imaginaire assoupi qui, lui, est sans limites.

[1] «Le présent ne passe pas car on ne quitte un instant que pour en retrouver un autre» p.48, Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, édition Stock, 1932
[2] «L’histoire est la description de ce qui est spécifique, c’est-à-dire compréhensible, dans les événements humains.», p.81, Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, édition Seuil, 1971
[3] «On se souvient d’avoir été, on ne se souvient pas d’avoir duré.», p.34, Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, édition Stock, 1932 »

Syracuse University School of Architecture – New-York  :  « Trans(Inter)ference »

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Photo credit: Syracuse Université Maya ALAM Waralee KAEWKOON Emily GREER Thomas BYUNG H. KIM / FAV 2015

« Supposant que l’identité et l’iconicité en architecture oscille entre concepts de distinction et réalisation, cette installation nous permet d’explorer un développement de nouvelles formes potentielles entre l’Ancien et le Nouveau.
L’installation « Trans(inter)ference » est un produit de son site, production numérique de sa matérialisation et son interaction avec son observateur – la construction d’un objet intermédiaire.
La façade de la cour est à nouveau projetée dans elle-même et devient un labyrinthe de diverses clôtures. La structure résultante est une convergence de dessin et de sculpture dans l’espace. Tandis que sa solidité est définie par la densité matérielle et des lignes de poids dans l’espace, la perception de ce qu’elle est dépend seulement d’une position.
Tandis que la réalisation de l’objet semble être complexe, l’assemblage est en réalité basé sur une simple trame couverte par des bandes magnétiques de cassette vidéo.
Des caractéristiques du matériau, comme la réflexion, la durabilité, le faible coût et l’éphémérité qui font de sa réutilisation un choix irrésistible, vient le lien conceptuel entre ce qui était et ce qui pourrait être. »

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3 réflexions sur « FAV 2015 : les projets pour Montpellier »

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