Charlie Hebdo, journal irresponsable à la Friche Belle de Mai

Suite aux récents attentats commis à Paris, la Friche Belle de Mai a proposé le 31 janvier et le 1er février, « deux jours pour voir, écouter, parler et croiser les points de vue, à partir de paroles, dessins, films, photographies…. »

2 jours pour voir - Slide_1_1_1

Jusqu’au 22 février, deux expositions accompagnent l’événement :

Charlie Hebdo, journal irresponsable à  La Salle des machines

actu1_1Une sélection de numéros originaux de Charlie Hebdo présentés conjointement avec des témoignages audiovisuels et photographiques sur l’histoire du journal et de ses valeurs. Un récit dans l’esprit de Charlie Hebdo, par l’éditrice Bernadette Caille.
(Extrait du communiqué de presse).

1 000 affiches pour dire à la Tour-Panorama

actu2Graphistes et illustrateurs ont répondu en nombre à l’appel  lancé, au lendemain des attentats, par la Friche avec La Fête du graphisme (7 janvier au  4 mars 2015 à Paris), la section française de l’Alliance Graphique Internationale, l’Alliance française des designers, le Brief Festival et l’Agence Régionale du Livre Paca.
(Extrait du communiqué de presse).

Un passage par la salle des machines, au rez-de-chaussée et un regard sur les affiches dans l’escalier de la tour-panorama s’imposent. Ces deux propositions sont sans pathos, simples et efficaces…

En savoir plus :
Le programme du week-end 2 jours pour voir, écouter, parler
Charlie Hebdo, journal irresponsable sur le site de la Friche Belle de Mai
1 000 affiches pour dire sur le site de la Friche Belle de Mai
1 000 affiches pour dire sur la page Facebook de la Friche Belle de Mai

Stefanos Tsivopoulos, History Zero au MuCEM

Après la récente victoire électorale de Syriza, en Grèce, il n’est pas inutile de voir ou de revoir History Zero, l’installation de l’artiste grec Stefanos Tsivopoulos que le MuCEM présente jusqu’au 21 avril 2015, dans la salle du bâtiment Georges-Henri Rivière, au Fort Saint-Jean.

Conçue pour la biennale de Venise de 2013, History Zero est composée de trois films de fiction se déroulant à Athènes et d’un espace documentaire.

Stefanos Tsivopoulos, History Zero -Espace documentaire - Installation au MuCEM
Stefanos Tsivopoulos, History Zero -Espace documentaire – Installation au MuCEM

Le dispositif scénographique, conçu par Olivier Bedu et Juliette Morel, répond à une organisation spatiale imposée par l’artiste.
Un espace central, dédié à une importante documentation sur des monnaies alternatives, donne accès à trois salles de projection vidéo, distribuées en déambulatoire.

Stefanos Tsivopoulos, History Zero - Installation au MuCEM
Stefanos Tsivopoulos, History Zero – Installation au MuCEM

Pour l’espace documentaire, Stefanos Tsivopoulos  a demandé à des chercheurs d’enquêter sur des exemples de monnaies alternatives. Définissant un espace plus ou  mois circulaire, quatre grandes cimaises présentent une sélection de documents textuels et visuels qui résultent de cette étude.
Exemples et témoignages  illustrent différents systèmes alternatifs d’échange non-monétaire, qui construisent d’autres rapports à l’argent. Certains mettent clairement en question la corruption et le pouvoir politique de la monnaie.

Ce point zéro de l’installation est à la fois le point de départ et  point d’arrivée d’un parcours dans les trois épisodes du film de Tsivopoulos.  History Zero met en scène les expériences de trois personnages qui ont chacun une perception très différente de la valeur de l’argent.

History 1 suit un jeune immigré africain qui pousse un chariot de supermarché dans les rues d’Athènes à la recherche de morceaux de ferraille… Jusqu’au moment où il abandonne son trésor …

Stefanos Tsivopoulos, History Zero - Episode 1
Stefanos Tsivopoulos. History Zero, 2013. Episode 1. Photo du tournage. Photo : Despoina Spyrou. Copyright : Stefanos Tsivopoulos, History Zero, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Kalfayan, Athènes – Thessalonique.

History 2 montre un artiste étranger (allemand ?) qui visite Athènes, cherchant l’inspiration pour une nouvelle œuvre d’art.  Il regarde la ville et ses habitants au travers de son iPad…  Au détour d’une rue, son regard est attiré par un chariot de supermarché plein de ferraille.

Stefanos Tsivopoulos, History Zero - Episode 2
Stefanos Tsivopoulos. History Zero, 2013. Episode 2. Photo du tournage. Photo : Despoina Spyrou. Copyright : Stefanos Tsivopoulos, History Zero, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Kalfayan, Athènes – Thessalonique.

History 3 raconte la vie d’une collectionneuse, souffrant de la maladie d’Alzheimer qui vit seule dans sa maison cossue, entourée d’œuvres d’art contemporain. Elle trompe son ennui en fabriquant des fleurs en origami.

Stefanos Tsivopoulos, History Zero - Episode 3
Stefanos Tsivopoulos. History Zero, 2013 (extrait du film). Episode 3. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Kalfayan, Athènes – Thessalonique.

Dans un entretien, reproduit dans le catalogue de la 55ème Biennale de Venise, Stefanos Tsivopoulos raconte :

« Pour moi, le défi était de faire une nouvelle œuvre, non à propos de la crise proprement dite, mais pour interroger ce qu’est la crise, dans quoi elle trouve sa source, et de me demander s’il existe une façon de résister en adoptant une vision différente de la crise. L’œuvre interroge la valeur de la monnaie, et le corpus de documents est une collection d’exemples de monnaies alternatives à travers lesquelles la valeur de la monnaie est remise en question. Donc, l’œuvre porte un regard anthropologique et croise les histoires de trois individus complètement différents, une vieille dame, collectionneuse d’art contemporain, atteinte de démence, un immigré qui ramasse de la ferraille, et un artiste collectant des images. Par le biais de routines quotidiennes apparemment réalistes, je voulais mener une série d’interrogations concernant la manière dont leurs histoires et leurs collections pouvaient être connectées entre elles, et les actions de l’un affecter les vies des autres ».

Peu importe l’ordre dans lequel on regarde les épisodes et le chemin que l’on choisit. En effet,  comme le souligne Tsivopoulos :

« Dans History Zero, les trois histoires séparées ne se rencontrent jamais directement, elle « se rencontrent » seulement dans l’esprit ou la mémoire du spectateur . Je suis par-dessus tout intéressé par cet aspect de l’interconnectivité, et par l’idée que toutes les actions ont un sens et affectent les vies des autres, et réciproquement. L’œuvre s’attache à cet aspect majeur de « ce qui est en œuvre », ce qui met le monde en mouvement.
Beaucoup affirmeraient que c’est l’argent, ou les constantes fluctuations de sa valeur. Je pense que, dans son essence, c’est quelque chose d’autre. Et je suis très heureux, si, ce quelque chose d’autre reste invisible, et n’a pas de nom »
.

Avec de lourdes tentures, le dispositif scénographique crée des salles de projections, séparées par des sas, qui offrent un remarquable confort aux spectateurs, en éliminant toutes les perturbations lumineuses et sonores. La qualité des équipements de projection installés par les équipes techniques du MuCEM donne toute sa dimension au film de Stefanos Tsivopoulos.

L’organisation scénographique a dégagé un espace supplémentaire qui a permis un enrichissement du corpus d’archives d’Alternative Currencies : An Archive And A Manifesto. On peut s’interroger sur l’intérêt de cette « extension » qui déséquilibre un peu l’installation en renforçant son aspect documentaire.

Stefanos Tsivopoulos, History Zero - Installation au MuCEM
Stefanos Tsivopoulos, History Zero – Installation au MuCEM

Le commissariat au  MuCEM est assuré par Jean-Roch Bouiller, conservateur, chargé de l’art contemporain.

Avec cette exposition, le MuCEM montre une nouvelle fois le rôle important qu’il joue dans l’éclairage des questions de société et d’actualité politique de l’Europe et de la Méditerranée.
L’installation de Stefanos Tsivopoulos mérite sans aucun doute une visite au Fort Saint-Jean. Souhaitons que les visiteurs de l’expo Depardon n’oublient pas de passer par le bâtiment Georges-Henri Rivière…

En savoir plus :
Sur le site du MuCEM
Sur le site de Stefanos Tsivopoulos
Sur le site du projet History Zero

Lire la suite Stefanos Tsivopoulos, History Zero au MuCEM

Galerie éphémère 2015, aux Salines à Villeneuve-lès-Maguelone

Le 31 janvier et 1er février 2015, troisième édition de  la Galerie éphémère aux Salines à Villeneuve-lès-Maguelone.

Texte de présentation sur l’événement Facebook :

« La Galerie éphémère ouvre ses portes le dernier week-end du mois de janvier, pour une troisième édition riche en découvertes en accueillant une dizaine d’artistes sur le site protégé des Salines à Villeneuve-lès-Maguelone, aux portes de Montpellier.
Cet événement, orchestré par Olivier Scher, Cahuate Milk et l’équipe des Salines s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale des zones humides. Une manifestation hybride qui a pour ambition de provoquer la rencontre des amoureux de la Nature et des amateurs d’Art.
Au programme, de l’illustration, de la photographie, du graff, de la sculpture, de la peinture, de la musique mais aussi la découverte du site protégé des Salines avec les gestionnaires de ce site naturel d’exception.
Nous y retrouverons cette année : Yasmine Lecomte, Leokadie, Sweo & Marlène, Jean-Baptiste Senegas, Löx, Dorothee Clauss, Depose, Cahuate Milk, Olivier Scher, AL, le Skeleton band, le tout sous le parrainage d’Eric Pillot.
Une programmation éclectique dans une ancienne maison de saunier, une galerie au bord des étangs, un site naturel au passé industriel, un événement à découvrir ou redécouvrir le temps d’un week-end… et d’un week-end seulement… »

Vernissage le samedi 31 janvier à 12h
Samedi et dimanche de 9 h à 17 h

En savoir plus :
Sur la page événement Facebook la Galerie éphémère
Sur le tumblr de la Galerie éphémère

Jean-François Laporte, Electric-Qi, Seconde Nature, Aix-en-Provence

Dans le cadre du Festival Reevox, Seconde Nature propose, du 28 janvier au 28 février 2015, une exposition de l’artiste québécois Jean-François Laporte.

La présentation du projet par Seconde Nature est particulièrement alléchante :

« Autour du festival Reevox, Seconde Nature présente en partenariat avec le GMEM une exposition autour de son travail. À cette occasion l’artiste dévoile une création baptisée Électric-QI, constituée de 35 Tubes (sorte de Flûtes Overtones) transparent. Chaque Tube est animé par de l’air comprimé et équipé par un LED de sorte qu’il puisse être illuminé. Cette forêt de tube translucide mes en scène 35 instruments qui sont suspendue et disposés méthodiquement dans l’espace d’exposition, invitant le public à déambuler et construire son propre parcours musical, entouré du son et de la lumière générés par les instruments.
Cette création sera accompagnée d’anciens travaux de l’artiste dont l’installation The floating project, et des partitions musicales représentant et mettant en scène graphiquement l’écriture musicale de Jean-François Laporte ».

Production totem contemporain. Coproduction Seconde Nature, Hellerau – Centre Européen pour les Arts de Dresden (Allemagne). Avec le soutien du Conseil des Arts et des Lettres.

Vernissage : le 27 janvier 2015 à 18 h en présence de l’artiste. L’entrée est libre.

Le 29 janvier 2015 à 21 h, Jean-François Laporte et  Virgile Abela proposeront Inner Island, une œuvre écrite en duo. Ce projet est une production du gmem-CNCM-marseille, en partenariat avec le CNRR et la Cité de la Musique de Marseille.

En savoir plus :
Sur le site de Seconde Nature
Sur la page Facebook de Seconde Nature
Sur le site du GMEM
Sur le site de Jean-François Laporte
Jean-François Laporte sur le site de l’IRCAM
Jean-François Laporte sur Arte Creative : Session with et Tank-13

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Gutaï , l’abstraction lyrique et l’art informel dans les collections du musée Cantini

Jusqu’au 17 mai prochain, le Musée Cantini présente un nouvel accrochage de ses collections d’art moderne. Les espaces du rez-de-chaussée proposent une intéressante sélection d’œuvres qui illustrent différentes tendances de l’abstraction, dans la deuxième moitié du XXème siècle.

Musée Cantini, Marseille, RDC, Galerie
Musée Cantini, Marseille, RDC, Galerie

À quelques exceptions, l’accrochage respecte une progression chronologique. La nature des espaces, la hauteur des cimaises, dans la galerie, et dans la vaste salle au centre du parcours, ont inévitablement imposé l’accrochage de certaines œuvres. Les rapprochements qui ont pu être réalisés sont, dans l’ensemble, plutôt réussis d’un point de vue esthétique. Cependant,  ils peuvent parfois conduire à quelques confusions.

Musée Cantini, Marseille, vue de l'exposition Collections d'Art Moderne, RDC- grande salle - mur d'entrée_1
Musée Cantini, Marseille, vue de l’exposition Collections d’Art Moderne, RDC- Grande salle

Une partie des œuvres présentées sont brièvement commentées dans le livret de visite disponible gratuitement à l’entrée du musée. Il s’agit des notices extraites du « Guide des collections », publié en 2013. On regrette l’absence d’autres outils d’accompagnement de la visite, et  surtout d’un site internet digne de ce nom qui offre au visiteur des informations complémentaires pour préparer et enrichir sa visite. Si la collection du musée est gérée informatiquement, elle n’est malheureusement pas consultable en ligne, comme celles de nombreux autres musées et centre d’art contemporains…

Musée Cantini, Marseille, vue de l'exposition Collections d'Art Moderne, RDC- Petite salle
Musée Cantini, Marseille, vue de l’exposition Collections d’Art Moderne, RDC- Petite salle

L’exposition fait une large place aux œuvres du groupe japonais Gutaï. En effet, les 17 toiles de ces artistes représentent la moitié de l’ensemble proposé dans les espaces du rez-de-chaussée. Si le texte d’introduction, à l’entrée du musée, n’insiste pas particulièrement sur ce mouvement, on aurait aimé avoir plus d’informations sur ce groupe dans le parcours de visite.  Nous devons ici remercier l’équipe scientifique du musée pour son accueil chaleureux et les réponses précises qu’il a fournies à nos interrogations.

Souhaitons aux musées de la ville de Marseille une rapide évolution de leur offre numérique sur l’internet et les réseaux.

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