Pierre Bismuth, Ce qui n’a jamais été / Ce qui pourrait être au MRAC, Sérignan

Jusqu’au 22 février 2015, le MRAC (Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon) présente à Sérignan Ce qui n’a jamais été / Ce qui pourrait être une exposition de Pierre Bismuth.

Nous reviendrons sur cette proposition après un passage au musée et la découverte de cet artiste dont le travail s’inscrit, selon le commissaire Nicolas Jolly, « dans l’héritage de l’art conceptuel… »

On lira avec intérêt la présentation du commissaire, dans le communiqué de presse ci-dessous.
On peut aussi découvrir Pierre Bismuth dans une Conversation entre Pierre Bismuth et Jean-Pierre Criqui, enregistrée en février 2014 au Centre Pompidou

En savoir plus :
Sur le site du MRAC
Sur la page Facebook du MRAC
Pierre Bismuth sur le site de la galerie Bugada & Cargnel
Pierre Bismuth sur le site de la galerie Jan Mot
Pierre Bismuth sur le site de la Team Gallery

Présentation extraite du  communiqué de presse

Le travail de Pierre Bismuth s’inscrit dans l’héritage de l’art conceptuel dont il actualise certaines stratégies. De l’utilisation du langage à l’usage de ready-made ou de protocoles d’exécutions, jusqu’à la recherche quasi-scientifique d’une méthode d’analyse critique des formes contemporaines de la culture, l’artiste cherche à étendre et à adapter le potentiel critique de l’appareil conceptuel aux conditions changeantes de la société contemporaine et de l’art.

L’exposition au Musée régional d’art contemporain à Sérignan est la première des deux expositions de Pierre Bismuth entre novembre 2014 et février 2015, date à laquelle aura lieu sa grande exposition monographique à la Kunsthalle de Vienne. Elle met en évidence l’idée qui sous-tend tout son travail : inutile de chercher un sens prédéterminé à la vie, il importe plutôt de saisir la manière dont la vie même crée du sens.

En effet, pour Pierre Bismuth, l’homme peut tout, mais ne doit rien. À ses yeux, l’humain n’a pas de vocation spirituelle ou historique à accomplir. Ses œuvres sont le reflet de cette lucidité et n’ont qu’un but : redonner à l’activité humaine tout son potentiel. Les pièces qu’il crée sont des prétextes à la ré-initialisation : en conférant aux éléments les plus familiers une opérativité nouvelle, Pierre Bismuth nous amène à devoir les assimiler à nouveau.

À l’entrée de la salle du premier étage, une grande toile de la série « performances » à été réalisée spécialement pour le Mrac à Serignan. Elle intègre certains détails spécifiques du lieu et présente la description – ou les instructions – d’une performance dont les caractéristiques sont de se mêler de manière invisible aux mouvements naturels des visiteurs du musée. Au milieu des visiteurs se promènent donc vraisemblablement deux acteurs, et malgré une attention scrupuleuse aux faits et gestes de chacun, il sera difficile de distinguer si l’activité des spectateurs est le fait d’actions spontanées ou bien des gestes d’acteurs.

Pierre Bismuth, En suivant la main gauche de Jacques Lacan - L'âme et l'inconscient, 2010. Vidéo, 04:59, dvd. Courtesy de l'artiste.
Pierre Bismuth, En suivant la main gauche de Jacques Lacan – L’âme et l’inconscient, 2010. Vidéo, 04:59, dvd. Courtesy de l’artiste.

Dans les œuvres de la série « En suivant la main droite de« , une des sériés les plus anciennes de l’artiste, démarrée, en 1999 et qu’il continue à faire évoluer, des personnalités célèbres comme Sofia Loren ou Jacques Lacan sont transformés en peintres abstraits. Pierre Bismuth ajoute une couche à des séquences filmées dont ils sont les protagonistes en suivant le mouvement de leur main. Au final, le dessin semble toujours avoir attendu d’être mis à jour, comme si Pierre Bismuth avait décelé que le film était incomplet. Le film original s’efface au fur et à mesure et au lieu de rester un objet de contemplation passif, celui-ci se transforme en machine à dessiner, nous faisant entrevoir l’immensité du potentiel cinématographique encore à explorer.

Dans la série « Coming Soon » Pierre Bismuth isole le slogan qu’on retrouve habituellement dans les bandes-annonces des films ou sur la devanture des magasins. Détaché de tout objet, le slogan est comme une potentialité infinie, une occasion de projeter toutes nos envies et nos fantasmes. Il nous rappelle des affirmations qui circulent dans les médias comme « Just Do It ! » ou « Yes we Can ! ». Le slogan incarne l’idée du progrès continu et ininterrompu que porte le capitalisme en lui. Il témoigne de l’injonction au renouvellement permanent qui a remplacé le besoin d’imaginer un avenir révolutionnaire et radicalement différent.

La toute nouvelle série « Cyclo« , initiée pour cette exposition, consiste en une série de caissons en bois ouverts, dont l’intérieur est peint dans une qualité de vert particulièrement lumineux. Directement inspirées des studios dits d’incrustation, à la télévision et au cinéma, ces constructions présentent un espace intérieur sur lequel, par la magie du digital, vient normalement s’incruster des univers et des décors dépassants largement les limites de l’espace circonscrit par ces « boîtes ». Ici, l’espace du studio à été volontairement ramené à l’échelle d’œuvres d’art minimales, plaçant le public dans la position inhabituelle de devoir regarder un objet initialement conçu pour précisément ne pas être vu.

La dernière salle du 1er étage présente « Biopic » une série initiée en 2010 avec l’œuvre « Basil Rathbone is Marcel Duchamp » et complétée aujourd’hui par trois nouvelles pièces réalisées spécialement pour l’exposition à Sérignan. Ces affiches de films imaginaires font se rencontrer les univers à priori éloignés des films d’action, de détective et celui de l’art contemporain. « Biopic » révèle l’impossibilité d’une synchronicité entre ces deux arts et le fossé qui existe lorsque l’art contemporain traître de la culture populaire comme dans le cas du travail de Jeff Koons ou de Ed Ruscha. Le dénominatif de populaire ne recouvre donc pas la même chose dans un domaine ou dans l’autre et la tentative de faire ce rapprochement crée des objets à la fois banals et improbables. « Biopic » préfigure très vraisemblablement le premier long métrage de Pierre Bismuth, dont le tournage est imminent.

Pierre Bismuth, Quelque chose en mois, Quelque chose en plus, 2014, vue de l'installation au Palais de Tokyo, Courtesy de l'artiste
Pierre Bismuth, Quelque chose en mois, Quelque chose en plus, 2014, vue de l’installation au Palais de Tokyo, Courtesy de l’artiste

Enfin au rez-de-chaussée, dans la série bien connue de l’artiste « Quelque Chose en Moins, Quelque Chose en Plus« , Pierre Bismuth a conçu une toute nouvelle installation monumentale in situ qui illustre littéralement son processus de travail. Évider les figures, les surfaces existantes jusqu’à en modifier la structure et donner à l’objet initial une toute autre fonction. Les murs normalement conçus pour séparer et isoler des espaces deviennent des dispositifs d’ouvertures et les cercles de bois disséminés sur l’ensemble du musée représentent les déplacements de sens que l’artiste met en œuvre.

Nicolas Jolly, Commissaire

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