Van Gogh Live ! à la Fondation Vincent Van Gogh, Arles

Après trois ans de travaux, la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles ouvre ses portes au public, le lundi 7 avril 2014 avec l’exposition inaugurale «  Van Gogh live ! ».

Dans son communiqué, la fondation se présente comme « un lieu d’échanges autour du lien indéfectible unissant l’œuvre de Vincent  Van Gogh à Arles »…

Cette exposition inaugurale  propose jusqu’au 31 août :

  • « Couleurs du Nord, Couleurs du Sud », la première d’une série d’expositions prévues sur  Van Gogh, dont le commissariat a été confié à Sjraar van Heugten. Le projet est de retracer l’évolution de la palette du peintre, du sombre vers la clarté méridionale. Le parcours présentera une dizaine d’œuvres de  Van Gogh à côté de celles de ses contemporains qui l’ont influencé de façon décisive : Courbet, Pissarro, Monet, Monticelli
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Vincent van Gogh. Autoportrait avec pipe et chapeau de paille, 1887. 41,9 x 30,1 cm. Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

 

  • Van Gogh live ! avec des contributions de Guillaume Bruère, Raphael Hefti, Thomas Hirschhorn, Gary Hume, Bethan Huws, Bertrand Lavier, Camille Henrot, Fritz Hauser et Elizabeth Peyton, à l’initiative de Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation.

On attend avec intérêt de découvrir à la fois le bâtiment, les propositions artistiques de la fondation qui a pour ambition de mettre en perspective de la peinture de Vincent  Van Gogh avec la production d’artistes contemporains.

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Vue intérieur de la Fondation Vincent van Gogh Arles (FLUOR Architeture)

On trouvera ci-dessous les éléments fournis par le dossier de presse :

  • Présentation de   Van Gogh live ! parBice Curiger, directrice artistique de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles,commissaire de l’exposition.
  • Présentation de Couleurs du Nord, Couleurs du Sud  par Sjraar van Heugten, ancien directeur des collections du musée  Van Gogh d’Amsterdam,
  • commissaire de l’exposition
  • Présentation du projet architectural par Guillaume Mansart, critique d’art.
  • Présentation de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arlesprésidé par Luc Hoffmann, dont le conseil artistique est présidé par Maja Hoffmann

Lire notre chronique sur l’exposition Couleurs du Nord, Couleurs du Sud.

En savoir plus :
Sur le site de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles
Sur la page Facebook de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles
Portfolio de l’agence Fluor

 

 VAN GOGH LIVE !

Texte de  Bice Curiger, directrice artistique de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles, commissaire de l’exposition :

«  Van Gogh live ! » est le titre de l’exposition d’ouverture de la Fondation Vincent  Van Gogh Arles. Elle présente d’une part « Couleurs du Nord, Couleurs du Sud », la première d’une série d’expositions prévues sur  Van Gogh, dont le commissariat a été confié à Sjraar van Heugten, et d’autre part des contributions de Guillaume Bruère, Raphael Hefti, Thomas Hirschhorn, Gary Hume, Bethan Huws, Bertrand Lavier, Camille Henrot, Fritz Hauser et Elizabeth Peyton, à l’initiative de Bice Curiger

Dès l’entrée, le portail de Bertrand Lavier affichant la signature de Vincent  Van Gogh apparaît comme un premier signe de reconnaissance du bâtiment de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles. Un second – les agglomérats de verres multicolores et étincelants installés sur le toit de la verrière, œuvre de Raphael Hefti – évolue imperceptiblement à mesure que progresse la lumière du jour, jouant de variations kaléidoscopiques toujours neuves.

 Le thème majeur de la première exposition d’une série dédiée à  Van Gogh « Couleurs du Nord, Couleurs du Sud » retrace l’évolution de sa palette, du sombre vers la clarté méridionale, et présente ses œuvres à côté de celles de ses contemporains qui l’ont influencé de façon décisive : Courbet, Pissarro, Monet, Monticelli et d’autres. Cette exposition, qui inclut une dizaine d’œuvres de  Van Gogh, occupera la grande salle du premier niveau de l’immeuble réhabilité.

Un aspect non négligeable de la présentation de l’exposition  Van Gogh, a été confié à l’artiste anglais Gary Hume : c’est le choix de la teinte des murs. En coloriste raffiné – comme en atteste de la façon la plus convaincante son œuvre picturale – Hume établit ainsi un véritable dialogue artistique avec  Van Gogh.

Van Gogh incarne un mythe très répandu de l’artiste, particulièrement reflété par la culture populaire. Curieuse ironie de l’histoire que celle de voir le soi-disant solitaire, l’incompris, devenir à ce point l’artiste « compris de tous » par excellence ! Ou, comme l’a formulé Thomas Hirschhorn, devenir celui qui a créé un art pour le public « non-exclusif ». À cet égard, la grande popularité dont jouit  Van Gogh en Asie est très significative : elle prend en grande partie sa source dans le regard fasciné qu’il a porté, à la fin du 19e siècle, sur les formes artistiques développées au Japon. Parallèlement,  Van Gogh représente la personnification de valeurs qui nous servent aujourd’hui encore de repères. Hirschhorn les nomme « autonomie » et « force de transformation ». Quoi qu’il en soit, ce sont des valeurs profondément ancrées dans la conception moderne de l’art.

Pour sa nouvelle grande œuvre à Arles, Thomas Hirschhorn s’est projeté dans une jeune japonaise d’aujourd’hui, qui s’intéresse de façon obsessionnelle à  Van Gogh. Être « fan », pour Thomas Hirschhorn, est l’expression d’une positivité, une posture d’amour et d’absence de préjugés. L’inverse du nihilisme et de la négativité. C’est également un acte de résistance, car la jeune femme, là où d’autres s’enthousiasment pour les marques et la consommation, a choisi Vincent. Et se retrouve, dans une situation chaotique, à rechercher son essence, qu’elle perd de vue à mesure qu’elle s’en approche.

« Artists interpret the world and then we interpret the artists » («Les artistes interprètent le monde, puis nous interprétons les artistes») proclame un néon de Bethan Huws. Bien que produite hors du contexte de «  Van Gogh live ! », cette phrase semble taillée sur mesure pour  Van Gogh. Elle circonscrit une sorte de hiatus et de renversement de perspective, où l’art puise sa force durable. Avec Bethan Huws, nous nous demandons dans quelle mesure le monde de Vincent (c’est ainsi qu’il signait ses tableaux à Arles) et nous-mêmes, son public, avons changé au cours de l’histoire ininterrompue de son influence. Et dans quel conditionnement vis-à-vis de son œuvre, nous nous sommes égarés.

Et lorsque les vitrines de Bethan Huws avec leurs bateaux en brins de jonc pliés sont présentées au voisinage direct de  Van Gogh, elles apparaîtront peut-être à certains comme des hachures, comme des lignes devenues tridimensionnelles et comme un jeu facétieux hors des genres : dessin ou sculpture ? Pour prolonger cette interrogation, « Zone », le film de Bethan Huws, renvoie à Duchamp, car les captations filmées d’oiseaux sont autant de readymades que l’artiste présente comme sa lecture d’un poème d’Apollinaire.

 Guillaume Bruère, alias GIOM, dessine et donne à cette expression une apparence élémentaire. Le trait est agité, saccadé et immédiat, et l’intensité des couleurs confère à son œuvre une grande puissance expressive à plusieurs titres. Sans sacrifier à une conception dépassée de l’expressivité, Bruère s’empare du dessin comme d’un instrument pictural, à la recherche d’une friction communicative avec la vie – et avec le public.

Dans la peinture d’Elizabeth Peyton, intimité et force d’évocation des images jouent également un rôle capital, déployant un sens subtil de la psychologie et de l’atmosphère. L’attention est principalement dirigée vers les humains, les fleurs et les natures mortes. Les œuvres sont de format plutôt petit, ce qui parie sur le fait qu’elles développeront la puissance de gemmes flamboyantes.

 Schraffur, (Hachures) est le nom que le percussionniste Fritz Hauser donne à une part importante de son travail. Pour cette exposition, il a conçu dans l’escalier de la Fondation une installation sonore. Ici, les hachures ont été effectuées à même la peinture argentée des murs, avec diverses mines, mais aussi au sens premier du terme, en tant que « rayures » ou « gravures ». Les sons et les bruits produits, enregistrés puis mixés, composent désormais une installation sonore dans l’escalier. Et apparaît comme une paraphrase sonore de la gravure japonaise de Utagawa Hiroshige, « Le Pont O¯hashi et Atake sous une averse soudaine » (que  Van Gogh a lui-même paraphrasée avec l’un de ses tableaux) en jouant des associations avec la pluie.

Dans un entretien, Camille Henrot cite  Van Gogh comme une grande source d’inspiration, notamment les gestes fixés par les tableaux et leur agitation intérieure et psychique. Dans son « Dying living woman » (2005), un « found footage » remanié, le personnage féminin est constamment effacé par des hachures rajoutées, « comme une flamme qui marque une absence », et qui, par sa forme, rappelle aussi les arbres de  Van Gogh. Reste la question de savoir s’il existe un noyau qu’on pourrait approcher, question que l’on pourrait comparer à celle que soulève Camille Henrot avec ses travaux d’Ikebana : « is it possible to be a revolutionary and like flowers ? » (Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ?). Est-ce la force d’attraction intacte et l’authentique et toujours enthousiasmant plaisir de voir que nous communique  Van Gogh, comme il l’exprime dans une lettre à son frère Theo le 25 septembre 1888 ? « Tant que durera l’automne je n’aurai pas assez de mains, de toile et de couleurs pour peindre ce que je vois de beau. »

COULEURS DU NORD, COULEURS DU SUD

Texte de Sjraar van Heugten, ancien directeur des collections du musée  Van Gogh d’Amsterdam, commissaire de l’exposition

Vincent  Van Gogh (1853–1890) est l’un des plus grands coloristes de l’histoire de l’art. Pourtant, les premières années de sa carrière, passées aux Pays-Bas, sont surtout influencées par les peintres des écoles de Barbizon et de La Haye dont il reprend la palette sombre et grisée. À Nuenen, dans le Brabant, où il travaille de fin 1883 à fin 1885,  Van Gogh découvre les théories de la couleur, et notamment celles d’Eugène Delacroix dans des manuels écrits par des artistes. Ces idées suscitent chez lui un enthousiasme débordant, l’incitent à expérimenter les contrastes chromatiques et à appliquer nombre de nouveaux procédés dans ses tableaux. Son oeuvre n’en conserve pas moins une tonalité sombre. C’est seulement lorsqu’il s’installe à Paris, début 1886, qu’une évolution se dessine progressivement.

Dans la capitale, il étudie les œuvres de Delacroix, son idole, mais aussi celles de certains maîtres anciens, des impressionnistes et de l’avant-garde de l’époque.  Van Gogh se nourrit également de l’art japonais, et en particulier des gravures sur bois riches en couleurs qu’il se met à collectionner. Sa palette se colore peu à peu sous l’influence des théories chromatiques qu’il avait déjà abordées aux Pays-Bas mais dont il comprend désormais mieux le sens.

En février 1888,  Van Gogh part pour Arles où il vivra jusqu’à début mai 1889. Son talent de coloriste s’y épanouit pleinement. Vincent est fasciné par la lumière du Sud et l’intensité des couleurs qu’il y observe. Il allie toutes les sources d’inspiration auxquelles il avait puisé à Paris pour se forger un style moderne, expressif et très personnel. Marchant sur les traces de Delacroix tout en gardant à l’esprit l’exemple des artistes japonais, il a recours à des contrastes chromatiques marqués et à un coup de pinceau très dynamique.

Van Gogh nourrit l’espoir de former une colonie d’artistes en Provence. En guise de première étape, Paul Gauguin le rejoint à Arles fin octobre 1888. Les deux artistes travaillent ensemble et s’influencent mutuellement. Mais, à la fin du mois de décembre, leurs caractères incompatibles les conduisent à la confrontation. Gauguin parti, le rêve de groupe artistique de Vincent vole en éclats. Sa maladie l’oblige à se faire interner à l’asile de Saint-Rémy, où il développe un style moins contrasté. Son œuvre ne reflétera plus l’éblouissement ressenti à Arles face à la lumière et aux couleurs du Sud.

LE PROJET ARCHITECTURAL

Texte de Guillaume Mansart, critique d’art

Réalisé dans un secteur classé Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, dans une combinaison de bâtiments historiques datant du 15e siècle et ayant subi, cinq cents ans durant, de multiples transformations, le programme architectural de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arless’est d’abord construit avec une conscience alerte de son environnement direct. Conçu par l’agence FLUOR (Guillaume Avenard et Hervé Schneider) le projet s’est naturellement envisagé comme le point de convergence d’histoires, de savoirs et de récits. Répondant à l’envie de la Fondation de porter un regard contemporain sur l’œuvre de  Van Gogh, l’architecture est devenue le corollaire manifeste d’une ambition artistique ouverte à la rencontre et à la mise en dialogue. C’est sans doute alors la notion de porosité qui définirait avec le plus d’exactitude la nature de ce travail architectural, une porosité à l’espace urbain, à l’histoire de l’art, à la création contemporaine … Le bâtiment, inscrit au coeur de la ville, non loin des arènes antiques notamment, agit comme un point de convergence faisant coïncider l’art du 19e siècle et celui du 21e.

La lumière constitue l’épine dorsale de cette architecture palimpseste, elle en est la matière même. Comme pour s’accorder au caractère singulier de la lumière arlésienne, sa matérialité, sa force brute, tel un hommage à la peinture de  Van Gogh, lui-même captivé par la qualité de cette atmosphère méridionale, l’agence FLUOR s’est attachée à concevoir un bâtiment subtilement ouvert sur l’extérieur jouant sur la vitalité (voire le vitalisme) de l’ensoleillement local. De manière générale, on peut dire que la lumière est un point de jonction entre l’art et l’architecture, mais à Arles, elle est davantage qu’un dénominateur commun, elle est un élément irréductible auquel on ne peut se soustraire, une authentique présence qui a alors nécessairement partie liée avec un projet de construction, qui plus est à vocation artistique.

Dès l’entrée, dans l’enceinte de la Fondation, la «boîte» de verre qui surplombe l’accueil donne à voir sa transparence comme une invitation. L’espace «suspendu» semble transpercé de toutes parts, d’abord par le regard mais aussi par les faisceaux de lumière colorée de l’installation de Raphael Hefti qui, placée sur son toit, déborde sur l’ensemble de la façade et dans la cour. L’œuvre, conçue spécifiquement, s’intègre au bâtiment et compose à partir des rayons du soleil un dessin éthéré et volatile plongeant l’espace tout entier dans un bain d’irréalité. L’intrication de l’œuvre de Raphael Hefti et de l’architecture de Guillaume Avenard et Hervé Schneider rend compte d’un dialogue dès la conception. Elle caractérise un modus operandi qui définit la rencontre comme un outil de développement participant à l’augmentation des projets capables de proposer ensemble une expérience unique. Invités par Bice Curiger à produire pour le site des installations permanentes, les artistes Raphael Hefti et Bertrand Lavier ont également activement participé à ce dialogue pour penser les conditions d’intégration et d’apparition de leurs œuvres dans (et devant) le bâtiment.

À l’intérieur de l’ancien hôtel particulier, la qualité de la lumière répond à celles des différents espaces (plus ou moins ouverts) qui composent les 1 000m² de surface d’exposition. Malgré d’évidentes contraintes de conservation des œuvres, il a été choisi de donner une large part à l’éclairage naturel. La plus grande des salles bénéficie d’ouvertures zénithales élaborées spécialement à partir d’un puits de lumière existant et qui permet une clarté constante sans risque d’exposition directe aux rayons du soleil. Des sheds, qui reprennent un principe de toitures en dents de scie dont le plus petit versant (orienté au nord) est vitré, ont été conçues en fonction de simulations d’ensoleillement prenant en compte les ombres portées des constructions alentours. Ils permettent de maîtriser l’afflux de lumière tout en amenant un précipité uniforme sur le plateau d’exposition.

Dans les plus petites salles, certaines boiseries ont été reconstituées et mises aux normes muséales ; elles participent à l’identité d’un lieu de caractère, résolument plus typé qu’un traditionnel white cube. L’atmosphère y est plus domestique, presque intime ; elle autorise une expérience des œuvres qui tient elle aussi de la rencontre.

Dans le fil de la visite, les terrasses opèrent comme des respirations qui rappellent le lien ténu de la Fondation à la ville. Sur la première d’entre-elles, les différents volumes des sheds que l’on pouvait voir en creux à l’intérieur de la grande salle dessinent un paysage de reliefs. Ils semblent figurer une énergie, comme si une force s’échappant du bâtiment l’avait ouvert vers l’extérieur. Symboliquement, ce sont les limites du « musée » qui sont bousculées, l’enveloppe paraît ne plus contenir ce qui bouillonne sous elle.

La terrasse du dernier étage termine le parcours en offrant un point de vue panoramique sur Arles. La lumière y est franche, elle se donne à voir comme l’insigne marque d’une ville que, d’un mouvement de tête, le regard peut embrasser. Du Rhône à l’église des Frères-Prêcheurs, de l’église Saint-Trophime à l’abbaye de Montmajour le paysage se compose, renvoyant immanquablement à l’histoire de l’art.

Né d’un complexe de désirs, le projet architectural de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arlesa su inventer une écriture combinatoire. Organisant des espaces de natures hétérogènes, articulant l’intégration d’œuvres contemporaines et les contraintes muséales de conservation, recomposant des éléments historiques et inventant des formes nouvelles, l’architecture multiplie les modes de pensée. Elle catalyse l’intuition et l’expertise, l’expérimentation et le savoir-faire. Ce faisant, elle crée un lieu généreux ouvert à toutes les formes d’influences et d’échanges, qui parvient à s’inscrire volontairement dans une forme d’intemporalité.

LA  FONDATION VINCENT  VAN GOGH ARLES

Le 13 septembre 1983, Yolande Clergue fonde l’Association pour la création de la Fondation Vincent  Van Gogh. Elle s’engage à créer une collection d’art contemporain à Arles, dont le but consiste à rendre hommage à l’universalité de  Van Gogh. La collection est constituée d’œuvres spécifiques conçues par des artistes importants des 20e et 21e siècles. L’association prend le titre provisoire de Fondation  Van Gogh. Yolande Clergue en assume la présidence et la direction de 1983 à 2009. Luc Hoffmann rejoint l’Association en 1996. Il décide de créer la nouvelle  Fondation Vincent  Van Gogh Arles, qui sera reconnue d’utilité publique le 8 juillet 2010 et qui reprend aujourd’hui le capital culturel et matériel de l’Association.

 La collection de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles, qui a reçu le nom de « Collection Yolande Clergue », est issue de donations d’artistes de toutes nationalités ayant travaillé autour de  Van Gogh. C’est en 1988, pour la première fois, que la collection est présentée publiquement à la cité arlésienne, à l’occasion de la célébration du centenaire de la venue de  Van Gogh à Arles. Elle fait l’objet d’une première publication, bilingue : Naissance d’une collection (éditions Carcassone, France). Son développement s’est rapidement intensifié, tant par la qualité de ses expositions (Picasso, Bacon), que par ses publications nationales et internationales dont la presse française et étrangère a souligné largement l’intérêt.

La collection de peintures et de sculptures est représentée par différents courants artistiques de la seconde moitié du 20e siècle ; elle comporte des oeuvres d’Arman, Christo, César, Hockney, Lichtenstein, Appel, Debré, Erró, Rauschenberg …

La collection photographique, qui fait l’objet d’expositions et de publications en France et à l’étranger, rassemble notamment des photos de Boubat, Cartier-Bresson, Clergue, Doisneau, Faucon, Giacomelli, Hosoe, Plossu, Ronis …

La collection littéraire offre des textes originaux de poètes et d’écrivains contemporains, témoignages de leur attachement à  Van Gogh – Michel Butor, Jean Cocteau, Vivianne Forrester, Max Gallo, Jean Leymarie, Pierre Restany, Nathalie Sarraute, Michel Tournier, André Verdet …

La collection musicale est composée de partitions et de manuscrits originaux de musiciens contemporains, dont le poème symphonique d’Henri Dutilleux La Nuit étoilée, daté de 1978. Dans la collection figurent aussi Bosseur, Ceconni-Botella, Dutilleux, Ibarrondo, Don McLean … À cela, s’ajoutent deux pièces créées par le couturier français Christian Lacroix : L’Arlésienne et Le Zouave.

Dès 1990, l’Association marque le premier jalon d’importance dans l’histoire de la collection en recevant le soutien de l’ensemble des institutions publiques, renforçant sa stabilité et favorisant son essor.

De 1990 à 2006, Anne Clergue rejoint l’Association. Son rôle sera déterminant pour l’enrichissement des collections, elle assurera plusieurs commissariats d’expositions, développera un pôle pédagogique permanent et la direction de l’Association.

L’Association fait l’objet de sollicitations en vue de présenter la collection tant en France qu’à l’étranger. Elle ouvre ainsi la voie à une communication directe qui s’inscrit naturellement face à un public nouveau de toutes provenances, composé d’adultes, d’étudiants et de scolaires.

Chaque année, une exposition temporaire d’une durée de trois mois est organisée au cours de l’été. Plus de vingt d’entre elles ont été présentées, le choix des oeuvres s’inscrivant dans le lien qui unit chaque artiste à l’oeuvre de Vincent  Van Gogh. La plus prestigieuse est consacrée à  Van Gogh en 2003, avec la présentation de ses dessins de la période arlésienne, 1888–1889.

Plus tard, plusieurs expositions phare ont permis une meilleure lisibilité de l’Association, une audience plus grande, auprès d’un public diversifié de toutes nationalités. Parmi celles-ci, on notera Francis Bacon (2002) et Pablo Picasso (2005). Après les célèbres portraits d’Arlésiennes peints par  Van Gogh de 1888 à 1889, à son tour Picasso, grand admirateur de son aîné, réalisa une série de portraits d’Arlésiennes de 1902 à 1966. Enfin, le peintre anglais Francis Bacon acheva ses tableaux sur  Van Gogh lors d’une série de quatorze portraits, de 1951 à 1985.

L’Association, de par son originalité, renouvelle ainsi le regard sur l’œuvre de Vincent, lui redonne, au sein de la ville qui l’a accueilli, une place non seulement patrimoniale, mais vivante et créative.

  • 1983 : création de l’Association pour la création de la Fondation Vincent  Van Gogh d’Arles
  • 1988 : inauguration de la première exposition, « Naissance d’une collection »
  • 1991 : « Picasso dans les collections arlésiennes et ses affinités avec  Van Gogh »
  • 1992 : « Jasper Johns, gravures et dessins de 1957 à 1991 »
  • 1997 : « 40 photographies pour  Van Gogh, Mario Giacomelli »
  • 1999 : « Le regard de Vincent  Van Gogh sur les estampes japonaises du XIXe siècle »
  • 2002 : «  Van Gogh vu par Francis Bacon »
  • 2003 : «  Van Gogh à Arles, 1853-2003 »
  • 2005 : « Pablo Picasso, portraits d’Arlésiennes »
  • 2007 : « La haute note jaune, Claude Viallat »
  • 2008 : « ‹Qu’es aco ? ›, Robert Combas »

En 2008, Luc Hoffmann décide de donner un nouvel essor à l’initiative de Yolande Clergue en soutenant la mise en place d’une fondation reconnue d’utilité publique, afin de rendre pérennes les actions menées en faveur de la mémoire de  Van Gogh et de la création contemporaine. Cette fondation voit le jour deux ans plus tard, par décret ministériel en date du 8 juillet 2010.

La même année, le maire d’Arles propose d’héberger la Fondation au sein de l’hôtel Léautaud de Donines, un bâtiment ancien intégré au patrimoine de la ville depuis les années 2000. Les travaux sont engagés dès 2011 pour transformer l’édifice en un lieu d’exposition.

En 2012, désireux de doter la Fondation d’un projet artistique ambitieux, le conseil artistique présidé par Maja Hoffmann et le conseil d’administration en proposent la direction à Bice Curiger (qui prend ses fonctions l’année suivante.

Le conseil d’administration

  • Luc Hoffmann, président
  • Yvon Lambert, vice-président
  • Jean-Paul Taris, trésorier
  • Michel Enrici, secrétaire
  • Maja Hoffmann
  • Jean-Paul Capitani
  • Le ministre de l’Intérieur ou son représentant
  • Le ministre de la Culture et de la Communication ou son représentant
  • Le maire d’Arles

Le conseil artistique

  • Maja Hoffmann, Présidente
  • Jean-Paul Capitani
  • Michel Enrici
  • Yvon Lambert
  • Hans-Ulrich Obrist
  • Axel Rüger
 Luc Hoffmann

Né à Bâle en 1923, Luc Hoffmann est l’héritier de l’entreprise pharmaceutique fondée par son grand-père. S’il en fut l’administrateur pendant de longues années, il a aussi donné une grande partie de son énergie à la préservation de la nature. Passionné par les oiseaux, Luc Hoffmann étudie la zoologie. Après-guerre, il découvre la Camargue et c’est une révélation. Il décide alors de se consacrer à la défense de cet exceptionnel écosystème où des millions d’oiseaux viennent nicher.

En 1954, en partenariat avec le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) et la Société Nationale de Protection de la Nature, Luc Hoffmann crée la Station Biologique de la Tour du Valat. Cet institut privé de recherche installé au coeur du futur Parc Naturel Régional de Camargue – qu’il contribuera à inventer en 1970 et où il siègera longtemps – a pour but d’étudier et de préserver cette remarquable zone humide, où les bras du Rhône rencontrent la Méditerranée.

L’engagement de Luc Hoffmann va grandissant. Il collabore très tôt avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) avant d’en prendre la vice-présidence (1966 à 1969). En 1958, soucieux de généraliser les dénombrements d’oiseaux d’eau et de répertorier les zones humides, il pilote le projet MAR (IUCN, IWRB, ICBP) qui se concrétisera par la Convention Internationale pour la Protection des Zones Humides (Ramsar, 1971).

En 1961, Luc Hoffmann participe à la création du WWF International (devenu World Wide Fund for Nature), dont il sera le vice-président jusqu’en 1988. Egalement directeur du Bureau International de Recherches sur la Sauvagine (International Wildfowl Research Bureau, IWRB) installé à la Tour du Valat de 1962 à 1969, il est toujours Directeur emeritus de cet organisme devenu Wetlands International.

En 1974, la station de recherche biologique de la Tour du Valat devient une Fondation chargée de « promouvoir la recherche scientifique et particulièrement les études orientées vers la préservation des zones humides de Camargue et des pays méditerranéens ». Luc Hoffmann préside cette Fondation jusqu’en 2003, et en est aujourd’hui le Président d’Honneur.

Insatiable philanthrope mondialement reconnu, Luc Hoffmann a fondé de nombreuses organisations pour faire avancer la cause de la nature : Wildfowl Trust, WWF-International, Fondation Internationale du Banc d’Arguin (FIBA), Protection de Prespa (SPP) en Grèce, Fondation MAVA, etc. Il a transmis la passion de l’engagement à ses enfants, et son initiative la plus récente est la création de la Fondation Vincent  Van Gogh, dont il est le fondateur.

Maja Hoffmann

Depuis toujours, Maja Hoffmann est très attachée à la ville d’Arles et à la Camargue. Elle y a grandi, noué des amitiés, et découvert les alentours grâce à sa famille auprès de laquelle elle soutient depuis de nombreuses années des structures qui oeuvrent pour la protection de l’environnement. Maja Hoffmann a une autre passion : l’art contemporain. Au-delà de son activé de collectionneuse, elle produit et accompagne des projets artistiques innovants dont elle a identifié l’intérêt. Membre du Conseil d’Administration et mécène des Rencontres d’Arles, elle a relancé, aux côtés de François Hébel, Directeur du Festival, les Prix Découvertes en 2002. Cette initiative, destinée à exposer des photographes méconnus sélectionnés par des spécialistes, récompense chaque année un lauréat élu par des professionnels.

En 2004, Maja a créé à Zürich la Fondation LUMA, afin de fédérer les soutiens apportés à ces nombreuses initiatives à travers le monde. L’une des priorités de cette Fondation est de mener à bien la création d’un centre d’art et de recherche adapté au XXIe siècle, basé à Arles, un lieu expérimental dédié à la production d’art, d’expositions et d’idées, accueillant également des initiatives pluridisciplinaires ouvertes au public.

Avec Michael Ringier et Beatrix Ruf, Maja Hoffmann a conçu et mis en oeuvre le programme POOL, récemment ouvert dans le LUMA / Westbau, bâtiment du Löwenbräukunst dont elle a participé à la construction, à Zürich. POOL vise à encourager la réflexion sur les questions liées aux collections et au commissariat d’expositions. À travers un programme de bourses destinées à de jeunes curateurs, POOL fédère un large réseau de collectionneurs et de mentors issus d’institutions internationales.

Outre ses actions directes en faveur de la création contemporaine, Maja Hoffmann est présidente de l’International Council de la Tate, à Londres, et l’une des Trustees de l’établissement. Elle est également membre du conseil d’administration du Stiftung Fotomuseum Winterthur, du Palais de Tokyo (Paris) ainsi que du New Museum of Contemporary Art (New York) et du Bard College et Center for Curatorial Studies à Annandale-on-Hudson (New York State). Enfin, elle est présidente de la Stiftung Kunsthalle Zürich et vice-présidente du conseil de fondation de la Emanuel Hoffmann-Stiftung (Bâle).

Maja Hoffmann est également membre du conseil de fondation de MAVA – Fondation pour la Nature, de la Fondation Tour du Valat, préside l’Association Takh pour le cheval de Przewalski et soutient depuis de nombreuses années l’organisation indépendante Human Rights Watch, New York, qui oeuvre pour la protection et la défense des Droits de l’Homme.

 Bice Curiger

Bice Curiger est une critique d’art et une commissaire d’expositions mondialement reconnue. Après avoir obtenu un diplôme d’histoire de l’art à l’Université de Zurich, elle participe d’abord à la création de Parkett, une série de livres sur l’art contemporain publiés à Zurich et à New York, dont elle est également rédactrice en chef.

Parallèlement, elle écrit plusieurs ouvrages, notamment Looks et tenebrae (Peter Blum Editions, New York et Zurich, 1983), Meret Oppenheim, Defiance in the Face of Freedom, (MIT Press, Boston, 1990), Maurizio Cattelan, Feuerproben / Acid Tests (Three Star Press, Paris, 2008) et Rebecca Warren, Every Aspect of Bitch Magic (FUEL Publishing, Londres, 2012).

Commissaire du Kunsthaus de Zurich de 1993 à 2013, elle a mis en place de nombreuses expositions qui ont aussi été présentées par de grands musées et institutions, notamment à Hambourg, Londres, Milan et Paris. Parmi les plus remarquées : Signs and Wonder – Niko Pirosmani and Contemporary Art (1995), Birth of the Cool – American Painting from Georgia O’Keeffe to Christopher Wool (1997), Hypermental – Rampant Reality from Salvador Dali to Jeff Koons (2000), Peter Fischli & David Weiss – Flowers & Questions (2007), Friedrich Kuhn – The Painter as Outlaw (2008), et dernièrement Riotous Baroque – from Cattelan to Zurbarán (2012), présenté aussi au Guggenheim Museum de Bilbao (2013).

Bice Curiger est également intervenue comme commissaire indépendante pour des institutions internationales prestigieuses comme le Centre Georges Pompidou à Paris (La revue Parkett, 1987), la Hayward Gallery de Londres (Double Take – Collective Memory and Recent Art, 1992), le Guggenheim Museum à New York (Meret Oppenheim, 1996), ou la 54e Biennale de Venise (ILLUMInazioni, 2011).

Son expérience l’a conduite à enseigner à la Humboldt-Universität de Berlin (2006/07) et lui a apporté de nombreuses distinctions. Ainsi, Bice Curiger a reçu la Heinrich Wölfflin-Medaille de la ville de Zürich pour son Kunstvermittlung (2007), le SI Award de l’Institut Suisse de New York (2009), le Kulturpreis des Kantons (Zürich, 2012), et le Prix Meret Oppenheim (2012). En 2013, la France lui a décerné le titre de Chevalier des Arts et des Lettres. Elle est nommée directrice artistique et commissaire d’exposition de la  Fondation Vincent  Van Gogh Arles en 2012.

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