Visages – Picasso, Magritte, Warhol …au Centre de la Vieille Charité, Marseille

Du 21 février au 22 juin 2014, le Centre de la Vieille Charité à Marseille et la Réunion des musées nationaux-Grand Palais proposent Visages – Picasso, Magritte, Warhol …, une exposition thématique autour de la représentation de la figure humaine au XXème et XXIème siècle.

Un ensemble de cent cinquante œuvres, peintures, sculptures et photographies de quatre-vingt-dix-sept artistes occupent quatre salles du rez-de-chaussée et la chapelle.

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On connaît les fortes contraintes du lieu, l’étroitesse de ses galeries, les problèmes d’éclairage et de circulation qui ont parfois été préjudiciables à une bonne valorisation des œuvres lors d’expositions passées. Il faut donc souligner la pertinence de l’accrochage et les choix scénographiques qui réussissent à contourner intelligemment les principales difficultés. Toutefoiś, on regrette les ombres portées qui subsistent pour certaines toiles et l’on conseillera vivement d’éviter les heures d’affluence.

Dans son article du catalogue, « D’un visage à l’autre », Christine Poullain, directrice des musées de Marseille et commissaire de l’exposition, présente ainsi le propos de cette exposition :

« Sujet éternel de la peinture, la représentation de la figure humaine a considérablement évolué depuis la Renaissance et emprunte des chemins nouveaux au début du XXe siècle. Elle se libère des codes picturaux des siècles précédents et dépasse les lois de l’apparence pour privilégier l’expression de la subjectivité et tenter de saisir et rendre compte du fonctionnement de la pensée humaine lié aux mutations contemporaines. Avec les transformations de la société dues à la deuxième révolution industrielle et au progrès de la technoscience, avec l’épanouissement de l’individualisme et l’atrocité des guerres et des génocides, le sujet apparaît souvent en décalage avec son environnement et par là-même, empreint d’une certaine étrangeté. Ces métamorphoses ne sont pas sans conséquences sur la représentation picturale de l’individu et de nouvelles questions se posent qui font émerger une nouvelle position de l’homme, étranger au monde qui l’entoure, tout autant qu’à lui-même.

Comment s’exprime son étrangeté ? Comment s’articule son rapport à l’altérité, tout autant que la relation à sa propre image et dans le regard de l’autre ?

Nombre d’artistes, de Picasso à Warhol, ont exploré ces questions plus actuelles que jamais. Ils s’attachent à exprimer l’inquiétude, l’interrogation (Bacon, Artaud), le déplacement, la présence dans l’absence, le sujet face à un impossible, au bord de l’effacement (Giacometti) mais aussi, le rêve, le fantasme, la force du désir (Magritte, Ernst), les mystères de l’inconscient, la traversée du miroir.

Scènes urbaines, scènes de café, de cinéma, d’intérieur, portraits et autoportraits, figures fondues dans un paysage, visages dans la foule, révèlent un décalage, font énigme. Les figures torturées de Bacon, les traversées du miroir de Magritte, l’inexorable marche vers leur destin des personnages de Giacometti, les visages immobiles de Streuli, les portraits inexpressifs et absents de Katz, sont autant de réponses artistiques possibles aux interrogations contemporaines ».

Pour éclairer son discours, le commissariat propose un parcours « qui part du macrocosme des visages mêlés dans la foule et dans l’espace extérieur de la société, en passant par ceux saisis dans l’intimité, pour aboutir au microcosme du fonctionnement mental de l’individu ».

L’exposition propose, en conséquence, trois univers, trois séquences chronologiques différentes de la représentation de l’individu :

  •          Visages de la société
  •          Visages de l’intimité
  •          Visages de l’esprit

On peut, sans retenue, affirmer que la présentation proposée à la Vieille Charité atteint ces objectifs. L’accrochage sobre et efficace illustre parfaitement le propos du commissariat. Les rapprochements des œuvres sont souvent très pertinents. Le rythme de la présentation maintient, sans difficulté, l’attention du visiteur. Le parcours ménage des effets de surprise et  d’émotion particulièrement réussis. L’association de la peinture et de la photographie, tout au long du parcours, est sans aucun doute une très belle réussite. L’accrochage a profité avec intelligence de toutes les opportunités offertes par le placement des cimaises afin d’assurer des conditions d’éclairage à la fois satisfaisantes pour le visiteur et la conservation des œuvres, et, pour offrir une très bonne fluidité au parcours. On regrette que cela n’ait pas été possible pour les dessins présentés dans la séquence « Visages de l’esprit », salle 4. Les esprits pointilleux remarqueront que certaines œuvres sont passées d’une section à  une autre entre la publication du catalogue et l’accrochage dans les salles. Ils souligneront que des rapprochements proposés dans le catalogue ne se retrouvent pas toujours sur les cimaises… On objectera, sans difficultés, que le lieu de l’exposition impose toujours des contraintes et qu’une exposition, c’est aussi un dialogue avec un lieu… Par ailleurs, il est logique que certaines œuvres soient dans les lisières d’un découpage thématique qui reste, au bout du compte, une construction intellectuelle « anachronique » par rapport aux œuvres utilisées.

Exposition à voir, sans aucun doute !

Une critique cependant, l’inqualifiable présentation intitulée « Visages… au commencement, portrait d’une exposition » que propose le Musée d’Archéologie Méditerranéenne (MAM)  dans une salle du  premier étage. Dans une ambiance sépulcrale, seuls sont maintenus les éclairages d’une quarantaine de pièces qui font écho au sujet de l’exposition Visage. Ce qui pouvait être une bonne idée se transforme en une proposition pitoyable qui donne l’image d’une collection archéologique en déshérence…  Comment peut-on avoir un tel mépris des visiteurs qui viennent  pour voir les collections permanentes du musée d’archéologie !

Commissariat : Christine Poullain, Conservateur en chef du patrimoine et directrice des musées de Marseille et Guillaume Theulière, Conservateur et adjoint à la directrice des musées de Marseille. Scénographie : Jean-Paul CamargoSaluces Catalogue aux éditions de la Réunion des musées nationaux Grand Palais

En savoir plus : Sur le site de la RMN-GP (Réunion des musées nationaux-Grand Palais) Sur le site de la Ville de Marseille

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Mr.BMX @ KULTE Montpellier

La boutique KULTE de Montpellier présente une expo de Mr.BMX 

«Bé Aime IXe @ KULTE MONTPELLIER»


Video: Ghislain Garlin – Music: DJ Mehdi (rip) « Tragicomehdi »

Vernissage jeudi 27 mars à partir de 19h en présence de l’artiste
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8 rue de la Croix d’Or, Montpellier
After Party @ Ohlala Bar (34 rue de l’Université) à partir de 21h avec La Tartine, Monstart Crew, Baxter Beez.

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