Chorégraphies suspendues à Carré d’Art, Nîmes

Dans le cadre de l’année France-Vietnam, Nam Viet Nam Phap 2013-2014, Carré d’Art à Nîmes accueille huit artistes vietnamiens contemporains pour l’exposition Chorégraphies suspendues du 21 février au 27 avril 2014.

C’est avec intérêt que l’on découvrira les propositions artistiques d’artistes jamais exposés dans la région.

Les huit Artistes exposés sont :

  • Lena Bùi. Née en 1985 à Da Nang, Vietnam. Vit et travaille à Ho Chi Minh Ville, Vietnam
  • Tiffany Chung.   Née en 1969 à Da Nang, Vietnam. Vit et travaille à Ho Chi Minh Ville, Vietnam
  • Ɖinh Q Lê.  Né en 1968 à Ha Tien, Vietnam. Vit et travaille à Ho Chi Minh Ville, Vietnam
  • Jun Nguyễn-Hatsushiba.  Né en 1968 à Tokyo, Japon. Vit et travaille au Vietnam
  • Nguyễn Huy An.  Né en 1982 à Hanoi, Vietnam. Vit et travaille à Hanoi, Vietnam
  • Nguyễn Thái Tuấn.  Né en 1965 à Quang Tri, Vietnam. Vit et travaille à Dalat, Vietnam
  • Nguyễn Trinh Thi.  Née en 1973 à Hanoi, Vietnam. Vit et travaille à Hanoi, Vietnam
  • The Propeller Group. (Phu Nam : né en 1974 à Saigon, Vietnam. Matt Lucero : né en1976 aux USA. Tuan Andrew Nguyen : né en 1976 à Saigon, Vietnam). Vivent et travaillent à Ho Chi Minh Ville, Vietnam

Commissaires de l’exposition :  Zoe Butt, présidente et directrice artistique de Sàn Art à Ho Chi Minh-Ville et Jean-Marc Prévost, directeur de Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes.

En savoir plus :
Sur le site de Carré d’Art
Sur la page Facebook de Carré d’Art
Comme pour l’exposition Stan Douglas, les équipes de Carré d’Art ont réalisé un travail de « curation » sur les artistes de l’exposition disponible sur Scoop It ! Il faut souligner la pertinence de cette initiative qui nous offre d’excellentes sources de documentation pour préparer ou approfondir une visite à Carré d’Art.

Présentation de l’exposition (Dossier de presse) :

Le Vietnam est une nation, mais c’est aussi une mémoire, un paysage symbolique marqué par le conflit mondial du XXe siècle le plus souvent porté à l’écran, dans une perspective simplifiée, stéréotypée et constamment réitérée pour apaiser le sentiment de culpabilité entourant ce que les Vietnamiens appellent la « guerre américaine ». Le Vietnam est longtemps resté le théâtre d’un ballet mouvementé de la politique mondiale.

Chorégraphies suspendues rassemble huit artistes vietnamiens contemporains dont les oeuvres offrent des perspectives originales sur les ramifications complexes de la colonisation tout en proposant une réévaluation des comportements collectifs, des systèmes de classe et de l’effondrement des idéologies. L’exposition bouscule les idées reçues en faisant découvrir une communauté artistique qui dénonce la conscience historique souvent projetée sur son pays (remords de la guerre, désir d’évasion touristique, nostalgie de l’époque coloniale).

La société vietnamienne est aujourd’hui traversée de contradictions. Les vestiges du colonialisme sont partout visibles dans un tissu urbain qui oscille entre sauvegarde, perpétuation et destruction. Les monuments néoclassiques français cèdent la place à des centres commerciaux de luxe. S’ils ne sont pas entièrement démolis, seule leur façade subsiste, reconstituée et ornée de vitraux kitsch comme celle de la galerie marchande Eden à Saïgon. Au Vietnam, on construit des autoroutes en quelques semaines. Les liaisons internet à très haut débit se multiplient. L’esprit d’entreprise se développe côte à côte avec l’économie parallèle : l’élégant restaurant de nouilles ouvert par un expert en soja formé à Singapour voisine avec le comptoir à sandwichs à la mode de Haiphong. La population à la fois prudente et ouverte aux autres envisage le lendemain comme un simple délai porteur d’une possibilité de renouvellement.

Les artistes de l’exposition forment une équipe plurielle d’archivistes et d’archéologues qui confrontent les faits historiques aux phénomènes sociaux en rapport avec le contexte de diaspora où ils s’inscrivent intellectuellement et physiquement. Leurs recherches donnent naissance à une appréhension nomade de la transcription visuelle du réel et de l’imaginaire. Leurs chorégraphies artistiques sont vouées à se renouveler constamment dans les interstices des idéologies en faillite, des tissus urbains postindustriels, des hétérotopies et des enjeux de la représentation. Leur démarche ébranle les présupposés historiques. Leurs scénarios soulignent les composantes affectives du mouvement vécu mentalement et physiquement. Les mouvements ont trait aux habitudes chez Lena Bùi et Nguyễn Huy An (les comportements individuels et collectifs comme stratégie de survie), au déracinement chez Ɖinh Q Lê et Jun Nguyễn-Hatsushiba (les réfugiés, les documents catalogués, les désenchantés de la religion), à l’absence chez Nguyễn Thái Tuấn et Nguyễn Trinh Thi (la trace enregistrée de ce qui a existé ou de ce qui s’est produit), et aux causalités chez Tiffany Chung et les membres du Propeller Group (les conséquences directes et indirectes).

Le mouvement devient ici une méthode artistique servant à interroger méthodiquement les dispositifs de régulation sociale présumés, depuis les archives jusqu’aux loisirs et à l’érection de monuments, en passant par l’ethnographie, la psychologie et le comportementalisme, pour ne citer qu’eux. Les artistes de l’exposition élaborent une esthétique éminemment stylisée qui s’adapte aux supports les plus répandus à l’échelle mondiale : cinéma, vidéo, peinture, sculpture et performance. Leurs oeuvres puisent leur force et leur légitimité dans l’examen attentif des interstices, des marges quasi impalpables de la mémoire devenues insaisissables faute de relais visuels dans l’actualité. En l’absence de fonds de documentation historiques et d’espaces de débat2, ces artistes s’apparentent à des chercheurs en sciences humaines, qui mettent au jour de nouveaux schémas de mouvement, une nouvelle perception des causes et des effets. Ils suggèrent une interprétation différente de la valeur artistique des œuvres, qui repose à la fois sur l’esthétique et sur une exploration approfondie des relations sociales.

L’exposition Chorégraphies suspendues, coorganisée par Carré d’Art et Sàn Art, célèbre quarante ans de relations diplomatiques entre la France et le Vietnam dans le cadre de l’année du Vietnam en France. Elle bénéficie du soutien de l’Institut français et du ministère vietnamien de la Culture, du Sport et du Tourisme.

Sàn Art est un centre d’art contemporain à but non lucratif géré par des artistes, qui se donne pour mission d’approfondir les échanges culturels avec le grand public dans une optique interdisciplinaire. Sàn Art est la structure artistique indépendante la plus active au Vietnam dans la promotion de l’art contemporain, par le biais des expositions, productions d’œuvres, débats publics et animations pédagogiques. http://www.san-art.org

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