Chiharu Shiota, After the Dream 2013 au Carré Sainte Anne, Montpellier

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Le Carré Sainte Anne présente du 4 octobre au 17 novembre 2013 After the Dream 2013, une exposition – installation de l’artiste japonaise Chiharu Shiota.

Ce projet est le fruit d’un partenariat avec les Amis du Musée Fabre. On se souvient de l’exposition Vladimir Skoda proposé par la commission d’Art contemporain des Amis du musée Fabre en 2011.

Cette installation a déjà été présentée en 2011 à la Maison Rouge à Paris dans le cadre de l’exposition Home of Memory, à la Sucrière de Lyon pour son exposition inaugurale Labyrinth of Memory et au Birmingham Museum and Art Gallery dans l’exposition Lost in Lace.

Au Carré Sainte-Anne de Montpellier, After the dream 2013 est une installation spécifiquement conçue pour exploiter avec pertinence les caractères particuliers à l’architecture du lieu. Le plafond et les piliers de l’église désacralisée sont utilisés comme structures d’un environnement immersif dans lequel le visiteur pénètre.
Quatre très longues robes blanches, suspendues au plafond, flottent au cœur de la nef. Un immense et complexe réseau de fils noirs les emprisonne.
Sont-elles  protégées comme dans un cocon ou sont-elles au contraire prises au piège,comme des insectes dans une toile d’araignée ?

Le titre de l’installation, After the dream, évoque une vision onirique, l’empreinte éphémère laissée par un rêve au réveil. Inaccessibles derrière le réseau de fils dont la densité fait écran, les robes sont certainement  une métaphore de la mémoire et du souvenir… Mais de quoi ces robes gardent-elles la trace ?

Voici ce qu’écrivait Chiharu Shiota, en octobre 2011 :

« La robe est une seconde peau. Il arrive parfois que cette seconde peau nous décrive mieux que notre peau elle-même. La robe « seconde peau » est en nous. Je pense que tout est à l’intérieur du  corps, famille, peuple, nation et religion… Cette relation est intrinsèque, parfois  confortable, mais aussi contraignante et paralysante. À l’aide de fils qui entourent la  robe « seconde peau », je fais un environnement qui décrit ces relations. Le tissage  obscurcit la vue du spectateur, et les robes deviennent plus difficiles à voir. Les  visiteurs sont complètement immergés dans l’installation, ils naviguent à l’intérieur  de la relation entre la robe et les tissages et ils marchent dans un labyrinthe. Cette  expérience vise à démontrer la complexité d’être, en confrontant les visiteurs à eux- mêmes et au travail mené dans cette installation. Espace, temps, gravité et pensée  humaine forment une relation. Toutes ces relations sont représentées dans mon exposition ». (Extrait du dossier de presse de l’exposition Labyrinth of Memory à La Sucrière, Lyon)

Il se dégage de cette installation une certaine mélancolie, une sensation délicate et brumeuse,  mais aussi une inquiétude sourde qui fait parfois passer du rêve au cauchemar…

À ne manquer sous aucun prétexte !

Soulignons la collaboration d’élèves de l’École National des Beaux-Arts de Montpellier pour la mise en place particulièrement complexe de cette installation monumentale (voir à ce propos le reportage photographie sur le site de Fabien Pio).

À propos de Chiharu Shiota :
Chiharu-ShiotaChiharu Shiota est née en 1972 à Osaka, au Japon. Elle vit et travaille à Berlin depuis 1996.
Elle est arrivée en Allemagne en 1994, après des études à l’Université et à l’École des Beaux-Arts de Kyoto. Elle s’inscrit à l’Université d’Art Braunschweig à Hambourg dans l’atelier de Marina Abramovic. Elle a également travaillé dans l’atelier berlinois de Rebecca Horn.
Dans ses  premières années, Chiaru Shiota revendique l’influence d’artistes comme Eva Hesse, Louise Bourgeois ou Ana Mendieta. Son travail est lié aux productions de l’inconscient et aux œuvres et performances féminines des années 1970. Dans les années 1990, elle s’intéresse à l’art corporel et à la performance, en parallèle à ses installations.
Chiharu Shiota a exposé dans de nombreux pays. Plusieurs de ses œuvres sont dans des collections publiques au Japon et en Europe.

En savoir plus :
Sur la page Facebook du Carré Sainte Anne
Sur le site de Chiharu Shiota
Sur le site de la Maison Rouge
Sur le site du Birmingham Museum and Art Gallery
Chiharu Shiota  sur le site de la galerie Christophe Gaillard
Rets et désir, valises et errance (Chiharu Shiota) par Lunettes Rouges (billet à propos de l’expo à la Maison Rouge)


Time lapsed video du montage de l’installation After the Dream dans le  Waterhall du Birmingham Museum and Art Gallery

Sabine Meier, 7 métamorphoses à la galerie Annie Gabrielli, Montpellier

afficheEn cette rentrée 2013 à Montpellier, il faut, sans hésitation, pousser la porte de la galerie Anne Gabrielli pour y découvrir l’étonnante série 7 métamorphoses de la photographe Sabine Meier.

Cette série est composée de sept photographies de grand format. La photographe et son modèle sont mis en scène dans un décor assez austère. L’atmosphère est assez étrange, un peu dérangeante.  Les attitudes figées des personnages renforcent un sentiment de trouble qui augmente d’image en image. Cependant, on arrive mal à cerner rapidement la source de cet inconfort…

On remarque peu à peu si on retrouve les mêmes éléments  du décor et les mêmes objets  d’une photographie à l’autre, en fait rien ne tient… Les incohérences de l’espace apparaissent peu à peu, la perspective semble fausse…  mais cette découverte n’élimine pas la sensation trouble…  On finit par comprendre, au milieu de la boucle, face à un diptyque,  que nous sommes probablement face à ou dans à l’atelier du photographe.  Dans ce décor assemblé sur le plateau, on remarque des photographies gradeur nature,  tirées sur des bâches qui… « troublent l’espace et le rendent impossible ».

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Sabine Meier, Métamorphose 3
©galerie annie gabrielli/Sabine Meier

Dans ce « lieu » un peu instable, les personnages semblent « flotter », leur rencontre paraît comme illusoire… on ne sait pas s’ils se voient, s’ils sont dans le même mode…

En principe l’ensemble forme une boucle avec un début et une fin. Annie Gabrielli, avec l’autorisation de l’artiste, a fait le choix opportun de rompre cet ordre pour installer Métamorphose 5 dans ur insatll d’ont travail :alerie Annie Gabrielli,  inconfort…un renfoncement de la galerie qui accroît la mise en abîme et l’ambiguïté de la représentation.

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Sabine Meier, Métamorphose 5
©galerie annie gabrielli/Sabine Meier

Dans un entretien publié sur la page Facebook de la galerie Annie Gabrielli, Sabine Meier donne quelques explications sur son travail :

« Cette série les métamorphose,  c’est une réflexion sur la représentation […] Un miroir, ce n’est jamais qu’une image dans l’image… ça renvoie à un contrechamp… et dans la photographie, le contrechamp, c’est là où se trouve le photographe.
[…] Le modèle et le photographe ne sont pas là comme personnes, ils n’ont pas de psychologie, ils n’ont pas de sentiments, ce sont des figures.
[…] On a tendance à penser que les choses doivent être éclairées pour qu’on les voit… et moi j’ai tendance à penser le contraire […] Il se passe beaucoup de choses dans l’obscurité.
[…] Un appareil-photo, c’est une boite noire d’où sortent des images… c’est une métaphore de l’inconscient. Qu’est-ce qui se passe dans un inconscient, dans le noir, dans le
voilé… »

Sabine Meier travaille en argentique. Aucun montage numérique n’est utilisé dans ses images, ce qui impose la mise en place d’un processus méticuleux dans la construction des décors qui comportent d’autres photographies préalablement tirées sur bâche.

À propos de Sabine Meier : (extrait du dossier de presse)
Sabine Meier, née en 1964, vit et travaille au Havre. Diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), licenciée en histoire de l’art (esthétique de la photographie) et agrégée d’Arts plastiques, elle s’inscrit dans le champ de la création artistique contemporaine.
Son travail photographique est régulièrement exposé dans des institutions et galeries en France et à l’étranger ; Il figure dans diverses collections publiques et privées (FNAC, FRAC Haute-Normandie, Goethe Institut de Bordeaux, le MuMa du Havre…) Sabine Meier a effectué plusieurs résidences en France, en Allemagne, en Finlande et dernièrement aux Etats-Unis (New-York).
Son travail a longtemps tourné autour de l’autoportrait.
Plus récemment, elle a produit une série de photographies à partir du roman de Dostoïevski, Crime et châtiment : Portrait of a man (Rodion Romanovitch Raskolnikov).

C’est jusqu’au 9 novembre. A ne pas manquer !

En savoir plus :
Sur le site de la galerie Annie Gabrielli
Sur la page Facebook de l galerie Annie Gabrielli
Sur le site de Sabine Meier

Zest, exposition personnelle à la galerie At Down, Montpellier

zest_atdown_carton_1La galerie At Down propose en exclusivité,  jusqu’au 31 octobre,  des œuvres récentes de Zest, réalisées en atelier.

Originaire de Montpellier, acteur majeur de la scène du graffiti française, Zest présente ses derniers travaux et en particulier une remarquable série d’œuvres sur plexiglas. Les superpositions, les transparences, et les ombres portées qu’offre ce support  sont exploités avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité.

Dans ce travail très réfléchi, Zest associe, avec pertinence et avec une certaine sobriété, marqueurs, bombes, pinceaux et projections.
Son geste précis est particulièrement contrôlé.
L’abstraction domine dans les toiles qui sont présentées ici.
Les références aux peintres abstraits du XXème siècle semblent assez manifestes. La rigueur dans construction et la réduction de la palette évoquent à plusieurs occasions les tableaux de Mondrian. Rappelons  que pour l’exposition 3P2A (Pierres, Papiers, Peintures – Arts urbains & Architectures) à pierresvives, Zest a choisi explicitement de s’inspirer de Mondrian à qui il emprunte composition et palette pour son installation C’est arrivé près de chez vous.
Un noir sur noir est à l’évidence un clin d’œil à l’outre noir de Soulages.

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Un passage par la galerie de la rue du plan de l’olivier s’impose !!!
Philippe y partage avec simplicité et passion ses connaissances du Street Art et son intérêt pour le remarquable travail de Zest.

À propos de Zest  :
Franck Noto alias Zest.  Né en 1980 à Montpellier. Personnalité majeure de la scène graffiti  française, Zest est un artiste autodidacte passionné par le dessin. Son style figuratif développé au XXe siècle a laissé place à une abstraction de ses personnages où la position et l’attitude priment sur le réalisme.
Son talent lui a permis de voyager à travers le monde et de participer à de nombreux festivals et fresques murales, notamment à New York. Mixant les rouleaux, marqueurs, pinceaux, bombes, projections dans ses œuvres, son atelier est le théâtre d’explosions de couleurs où naissent des toiles originales.  » Recherche « ,  » expérimentation  » sont les fils conducteurs de son travail.
Dans chacune de ses œuvres, on retrouve sa fibre, son style unique qui rend ses œuvres automatiquement identifiables. (Texte extrait du catalogue de l’exposition Pierres, Papiers, Peintures – Arts urbains & Architectures)

En savoir plus :
Sur le site de la galerie At Down
Sur la page Facebook de la galerie At Down
Sur la page Facebook de Zest

ZEST @ Galerie At Down – Teaser de l’exposition

Paños, art carcéral chicano, collection Leplat-Torti à la galerie chantiersBoîteNoire, Montpellier

L’art du Paño, diminutif de pañuelo, mouchoir en espagnol, s’est développé dans les prisons du Texas ou du Nouveau-Mexique.  À travers ces mouchoirs dessinés à l’encre, à la cire, ou au café, des prisonniers chicanos communiquent avec leurs proches. Certains sont destinés à leurs enfants, d’autres à leurs femmes des prisonniers, d’autres à leur famille ou à leurs amis.

La galerie chantiersBoîteNoire présente une sélection de Paños de la collection Leplat-Torti. Ce collectionneur, en contact avec des familles de détenus, possède un important ensemble de paños qui a été présenté dans de nombreuses galeries en Europe. Il prépare actuellement un film documentaire sur ce sujet.

Une exposition à voir avant 28 septembre !

Ceux qui ont eu le bonheur de visiter  l’exposition Les Territoires de l’Art Modeste  à l’occasion du dixième anniversaire du  MIAM  à Sète, en 2010-2011, se souviennent  peut-être du volet De l’interieur, Paños , Chicano Arte !  présenté par Stéphane Pencréac’h et Pascal Saumade.

Dans un texte du catalogue De l’intérieur, Paños , Chicano Arte ! , Stéphane Pencréac’h écrivait : «  Les Paños sont construits par prolifération, proche du tatouage, mélange de culture populaire, de références religieuses, commerciales, pop, gothique, le tout passé dans le mixer mexicain. On pourrait citer Diego Rivera, Warhol ou Wim Delvoye, mais cela n’a pas grande importance. Ce qui compte, c’est leur force graphique et leur simplicité technique : stylos, feutres sur mouchoirs ou serviettes de table. On n’est pas ici dans la broderie de bon goût, mais juste dans la violence d’un sentiment exprimé plastiquement avec des moyens primitifs. Une bouteille à la mer qui ne cherche pas à délivrer un Robinson mais qui dit juste :  J’existe, et là, je suis libre. L’art, c’est ça ».

Pascal Saumade ajoutait : « La vérité du dessin préférée aux mots chuchotés entre deux gardiens dans le vacarme assourdissant d’un parloir surpeuplé. La vitalité incroyable de la culture mexicaine qui, même dans les pires moments, célèbre son histoire à travers une imagerie populaire admise et comprise par tous ».

En savoir plus :
Sur le site de la galerie chantiersBoîteNoire.
Sur la page Facebook de la galerie chantiersBoîteNoire.
Entretien avec Reno Leplat-Torti à propos de l’exposition Quedarse Ciego à Going Blind, en 2012 sur site Le Petit Bulletin à Grenoble.
À propos de l’exposition Paňos, art carcéral chicano, Collection de Reno Leplat-Torti, en regard des productions des détenus du Centre pénitentiaire de Béziers sur le site du MRAC à Sérignan. Dossier de presse à télécharger ici.

À lire :
Le catalogue du volet  De l’interieur, Paños , Chicano Arte !  de l’exposition Les Territoires de l’Art Modeste au MIAM (Editions Invenit).
Paños aux éditions Le dernier cri

En bref : Les voyageurs de Bruno Catalano au Pavillon M, Marseille

Jusqu’au 30septembre, l’exposition Les Voyageurs de Bruno Catalano au Pavillon M rend hommage à tous ceux qui sont arrivés sur les quais de la Joliette en quête d’une vie meilleure…

En savoir plus :
Sur le site  du pavillon M
Sur la page Facebook du pavillon M
Sur le site de Bruno Catalano
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