Signac, les couleurs de l’eau par Michel Hilaire directeur du Musée Fabre

Présentation de l’exposition Signac, les couleurs de l’eau par Michel Hilaire, Conservateur Général du patrimoine et directeur du Musée Fabre.

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Signac, les couleurs de l’eau au Musée Fabre à Montpellier

Après le musée des impressionnismes Giverny, le musée Fabre célèbre le 150ème anniversaire de la naissance de Paul Signac, fondateur et théoricien du mouvement néo-impressionniste.

Jusqu’au 27 octobre, l’exposition Signac, les couleurs de l’eau, conçue comme un voyage au fil de l’eau, présente une remarquable sélection de ses paysages, des bords de la Seine aux rives méditerranéennes,  en passant par les ports de l’océan et la Bretagne…

À la barre de l’Olympia, le voilier avec lequel il arrive à Saint-Tropez, le Portrait de Signac,1896 de son ami Théo Van Rhysselberghe, inaugure l’exposition. Signac est en effet un marin passionné. Formé au canotage par Caillebotte, il possédera plus de 30 bateaux et participera à de nombreuses régates…
Ce portrait est accompagné de trois œuvres  impressionnistes  où l’on remarque déjà  les thématiques qui développera par la suite.

Théo Van Rysselberghe, Signac sur son bateau, 1896_1
Théo Van Rysselberghe, Signac sur son bateau, 1896. Huile sur toile, Collection particulière

« Des rives de la Seine aux portes de l’océan »

Cette section commence par les paysages des bords de Seine, qui ont fourni de nombreux motifs aux impressionnistes. Signac peint à Asnières où Émile Bernard, Van Gogh ou Georges Seurat ont travaillé.
Il reprend avec Grue du charbon, Clichy en  1884 un motif traité par Monet. Cette toile montre surtout de l’évolution de Signac de l’impressionnisme vers le divisionnisme, comme en témoigne le traitement du talus au premier plan.
À la fin de l’été 1889, Signac travaille avec Luce dans le village d’Herblay. L’exposition présente deux superbes huiles sur toile de la série de six qu’il y réalise. Il représente les variations atmosphériques aux cours de la journée (Herblay, Coucher de soleil, Opus 206Herblay, Brouillard, Op. 208) . Ces deux tableaux sont accompagnés de leur transposition sur des éventails de soie.
Les Andelys, La Berge de 1886 est  assurément l’œuvre majeure de cette première salle où l’on remarque également  les toiles peintes à Samois (Le Chaland, 1901), Saint-Cloud (1900 et 1903) et à Paris (Le pont de Grenelle, 1899 – Le Pont Royal. Inondations (Paris), 1926 – Le Pont des Arts. Automne,1928).

Une première section graphique précède les vues de port qui terminent cette première partie de l’exposition.
Intitulée «  Du crayon conté à l’aquarelle : un épanouissement graphique », cette présentation montre avec pertinence, l’importance de sa production graphique. Sous l’influence de Georges Seurat, Signac adopte dans un premier temps  le papier « Ingres » et le crayon Conté : Le Mont-Saint-Michel dans la brume et Les Remparts du Mont-Saint-Michel, 1897 ; La Grève de Pontorson, 1897. Après 1892, Seurat découvre l’aquarelle grâce à Camille Pissarro (Barfleur, Les Inondations, Paris (Le Pont-Royal), Le Pont de BercyGoëlettes à Saint-Malo). Il multiplie alors les techniques graphiques (dessins au crayon Conté ou à la plume, aquarelle, lavis d’encre de Chine) pour des études comme pour ses « portraits de tableaux », dessins de mémoire d’après ses tableaux.

Parmi les paysages portuaires  « aux portes de l’océan », signalons la présence de La Jetée de Flessingue,1896 qu’il peint lors d’un séjour en Hollande avec Théo Van Rhysselberghe  et  Rotterdam,  Les fumées, 1906 toile d’une série de huit réalisées après un deuxième séjour à Rotterdam. L’exposition présente également :  Le Port de la Rochelle, 1915, La Bénédiction des thoniers, Groix, 1923 et Trois-mâts terre-neuvas.Voiles au sec. Saint-Malo, 1931.

« La science de la couleur »

La rencontre avec Georges Seurat, en 1884, est déterminante dans l’évolution intellectuelle de Paul Signac. Au cours de l’hiver 1885-1886, Seurat reprend sa composition Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte en divisant les couleurs qu’il pose en petites touches indépendantes. Signac adopte alors cette technique. Il montre un intérêt très vif pour les théories de la couleur développées par d’Eugène Chevreul et Charles Henry.

Cercles et gammes chromatiques, photographies, lithographies, planches et livres témoignent de ces recherches et de leur vulgarisation par Charles Blanc.

Ces documents  prêtés par les Archives Signac, le Muséum National d’Histoire Naturelle, le Musée des Arts et Métiers et le Mobilier National, Manufacture des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie montrent l’engagement théorique de Paul Signac après la mort précoce de Seurat.

En 1899, il publie D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, un ouvrage rapidement traduit en plusieurs langues qui devient le manifeste du mouvement.

Paul Signac, Application du cercle chromatique de M. Ch. Henry (programme du Théâtre-Libre), 1888. Lithographie. Archives Signac
Paul Signac, Application du cercle chromatique de M. Ch. Henry (programme du Théâtre-Libre), 1888.
Lithographie. Archives Signac

« Apogée du style : Concarneau, Saint-Briac »

Dans une salle en demi-lune, conçues pour les mettre particulièrement en valeur, l’exposition présente des toiles issues de deux séries célèbres consacrées aux ports bretons Saint-Briac et Concarneau.

Signac marcha alors sur les pas de Seurat qui a peint des motifs similaires. Bien entendu, il a en tête les théories de la couleur de Charles Henry, mais il est aussi particulièrement fasciné par les estampes japonaises qui ont fait l’objet d’une exposition à l’École des Beaux Art à Paris, juste avant son départ pour la Bretagne. En 1890, il réalise une série à Saint-Briac dans lesquelles se mêlent l’influence du japonisme et l’approche scientifique de la couleur (complémentaires, contraste simultané, triade, petits intervalles, camaïeu…). De cette série, le musée Fabre présente trois œuvres magnifiques Saint-Cast Opus 209, prêté par Museum of Fine Arts of Boston, Saint-Briac. La Garde Guérin. Opus 211 dépôt de la Fondation Raü au musée Arp de Remagen et Saint-Briac. Le Port Hue Opus 212 conservé au musée Pouchkine de Moscou. Malheureusement, Saint-Briac. Les balises Opus 210 (collection particulière) présenté à Giverny n’a pas fait le voyage à Montpellier.

Signac imagine alors une correspondance entre les touches divisées et les notes d’une partition. S’il accole un numéro d’opus aux œuvres de Saint-Briac, les toiles peintes à Concarneau en 1891 sont conçues comme des mouvements musicaux. Le Met et le MoMA de New York prêtent deux chefs-d’œuvre exceptionnels  du néo-impressionnisme  Concarneau. Calme du soir Opus 220 (allegro maestro) et Concarneau. Pêche à la sardine Opus 221 (adagio). Sommet d’équilibre et de sérénité cette dernière toile apparaît aussi comme une étape vers la modernité et l’abstraction.

 « Un ensemble unique : les décors d’Asnières-sur-Seine »

Un espace particulier est dédié au projet de décors pour la salle des fêtes de la mairie d’Asnières-sur-Seine que Signac présente, en 1900 et aux opérations de restauration/conservation entreprise par le musée avec l’aide de la Fondation Typhaine.

Nous avons longuement évoqué cet événement dans un article précédent et en signalant une intéressante interview de la restauratrice Anne Baxter.

Nous nous limiterons ici à souligner la rigueur scientifique de ce travail et pour la volonté du musée de le faire partager au plus grand nombre.

P. Signac, Le projet de décors pour la salle des fêtes de la mairie d'Asnières-sur-Seine, panneau central n°3, 1900, huile sur toileCollection particulière Copyright Tous droits réservés / cliché J. Hyde
P. Signac, Le projet de décors pour la salle des fêtes de la mairie d’Asnières-sur-Seine, panneau central n°3, 1900, huile sur toile. Collection particulière Copyright Tous droits réservés / cliché J. Hyde

« L’éclat de la couleur : le Sud »

Commence ensuite la seconde partie de l’exposition consacrée au Sud et en particulier à Saint‑Tropez.

Une première salle montre l’importance et la variété du travail graphique préparatoire de Signac avant d’entreprendre l’exécution de l’œuvre définitive à l’atelier. Parmi les techniques utilisées, sa passion pour l’aquarelle va grandissant . Il finit par abandonner la pratique de l’huile en plein air et se consacre à l’aquarelle sur le motif.
Cet espace présente plusieurs études pour les tableaux peints à Saint-Tropez, dont un très beau dessin de La Bouée rouge ou encore des études pour Bord de mer (le sentier de douane, Saint -Tropez) conservé au musée de Grenoble.
On apprécie aussi les « notations » de Signac à Marseille, au Lavandou, à Antibes, Nice, Tarascon, Avignon…  Un carnet, dans lequel Signac a rapidement croqué Deux mâts au large de la côte Corse, accompagne Voiliers dans le port d’Ajaccio, l’aquarelle définitive conservée au Musée d’Orsay.

« Le bonheur découvert : Saint-Tropez »

Répondant à la demi-lune où sont exposées les toiles de Saint-Briac et de Concarneau de 1991-1891, une rotonde présente une riche sélection d’œuvres peintes à Saint-Tropez à partir de 1892.
C’est sur les conseils de son ami Cross que Signac décide de partir pour le Sud. Il quitte le Finistère à bord de son bateau l’Olympia (ainsi baptisé en hommage à Manet) en compagnie de Théo Van Rysselberghe. Il rejoint la méditerranée par le Canal du Midi. À Saint-Tropez, éblouis par le site, il décide de s’installer. Il écrit à sa mère : «J’ai là de quoi travailler pendant toute mon existence […] c’est le bonheur que je viens de découvrir».

Il achète la villa La Hune en 1897, au-dessus de la plage des Graniers. Il passera six mois par an jusqu’en 1913.  Signac réalise le rêve d’atelier du midi de Van Gogh. Saint-Tropez et de sa maison  devient un lieu de rencontre pour de nombreux peintres (Henri Matisse, Louis Valtat, Henri Manguin, Charles Camoin, Albert Marquet, Maurice Denis…). Certains d’entre eux adopteront temporairement la technique néo-impressionniste avant de développer leur propre expression artistique.

Voiles et pins, 1896 est présentée au centre de cette rotonde. Cette œuvre non signée toujours en collection privée a été choisie comme affiche de l’exposition de Montpellier. Elle est à la fois emblématique des couleurs du midi et témoigne de la maîtrise de Signac et de l’évolution de son style, la touche plus large, en « mosaïque », devient de plus en plus systématique. Les harmonies, les rythmes et les couleurs dominent le sujet.

Vers la gauche, on admire Saint-Tropez. La Bouée rouge, 1895 du musée d’Orsay et successivement Saint-Tropez. Coucher de soleil au bois de pins, 1896, La Baie (Saint-Tropez), 1907 et Saint-Tropez. La Terrasse,1898 peint depuis l’atelier à la Hune. C’est un des rares tableaux où la figure humaine est présente. Il s’agit ici de sa femme Berthe Roblès.

Sur la droite de cette rotonde, l’exposition présente Sortie du port de Saint-Tropez, 1901-1903 et La Tartane. Saint-Tropez, 1905 qui encadrent une très belle étude pour Soleil couchant sur la ville, 1892.

On apprécie également la présence de Bord de mer (le sentier de douane, Saint -Tropez), 1905 du musée de Grenoble.
Cette section se termine par Le Port (soir). Couchant rouge (Saint-Tropez), 1906 prêté par un collectionneur de Chicago.

« Les rives méditerranéennes »

Cette dernière section évoque les autres séjours de Signac sur les rives de la Méditerranée, de Collioure jusqu’à Constantinople.

On note en particulier Cassis. La Jetée Opus 198, 1889 prêté par le Metropolitan Museum of Art, Avignon. Soir (le château des Papes),1909  du musée d’Orsay ou encore La Tour rose. Marseille,1913 du Museum Folkwang d’Essen.

Laguna.Voile jaune (Venise), 1904 du musée de Besançon, Mouillage de la Giudecca (Venise),1904  du Bayerischen Staatsgemäldesammlungen de Munich et Les Iles de la lagune (Venise),1905 de la Fondation Pierre Gianadda évoquent le séjour prolongé de Signac à Venise.

De son voyage à Constantinople en 1907, l’exposition présente  La Corne d’or. Matin, 1907 du musée d’Orsay accompagné par un bel ensemble d’œuvres graphiques.

En 1913, Signac s’installe à Antibes. Cette nouvelle résidence est représentée par  une série d’études où la traduction des effets atmosphériques domine.

Le parcours est complété par la présentation de trois œuvres contemporaines inspirées du néo-impressionnisme de l’œuvre de Signac dans l’atrium Germaine Richier. Vicente José de Oliveira propose une version photographique très personnelle d’Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte inspirée par Seurat, Sunday on the Grande Jatte(Gordian Puzzles). À son habitude,  Bertrand Lavier détourne le titre du tableau d’Essen La Tour rose. Marseille  qu’il réinterprète par une mosaïque intitulée le Château des Papes. Julio Le Parc, cofondateur du GRAV (Groupe de recherche d’art visuel) propose un large triptyque de sa série Alchimie, Alchimie 218.

Atrium-Richier
Musée Fabre, Atrium Germaine Richier. A l’arrière plan, Sunday on the Grande Jatte(Gordian Puzzles) de Vicente José de Oliveira et Alchimie 218 de Julio Le Parc. De droite à gauche Nicole BIGAS, Vice-présidente de Montpellier Agglomération, Marie LOZON DE CANTELMI, co-commissaire de l’exposition et responsable du département XIXe au musée Fabre, Michel HILAIRE, Directeur du musée Fabre et commissaire de l’exposition et Marina FERRETTI BOCQUILLON, Commissaire général et Directeur scientifique du musée des Impressionnismes.

Cette exposition, très éloignée de nos sombres préoccupations quotidiennes a un caractère léger et offre au visiteur une vraie bouffée d’air frais.

Si le parcours de visite est très agréable, et si l’accrochage n’appelle aucune remarque, on sent cependant quelque embarras  dans l’approche thématique qui a été choisie, la tentation de la chronologie semble réapparaître à plusieurs occasions…

Comme à l’habitude, au musée Fabre, les œuvres sont remarquablement mise en valeur par une lumière parfaite et une scénographie soignée et discrète.
Le choix des teintes pour les cimaises rappelle la palette de Signac. Un bleu évoque la lumière matinale et l’atmosphère des bords de Seine et de l’Océan. Un rose orangé rappelle la lumière d’un fin de journée d’été et la chaleur du midi. Malheureusement, cette couleur est parfois trop proche de la tonalité dominante de quelques toiles et le manque de contraste éteint un peu leur lumière et affadit la richesse de leur palette.
La rénovation du dispositif  d’éclairage, à l’occasion de l’exposition Corps et Ombres : Caravage et le caravagisme européen en 2012 et le choix des projecteurs à leds permettent aujourd’hui au musée de moduler avec beaucoup de précision l’éclairage des œuvres, tout en assurant les meilleures conditions de conservation. Le parcours de l’exposition peut ainsi associer œuvres graphiques et tableaux, sans reléguer dessins, aquarelles ou gravures dans une salle « annexe ».

Les dispositifs d’aide à la visite sont multiples et parfaitement adaptés à la diversité des publics. Dans le cadre d’un mécénat d’entreprise, l’entreprise Mazedia propose gratuitement deux applications en téléchargement à propos de l’exposition Signac, les couleurs de l’eau.

L’exposition est dédiée à la mémoire de Françoise Cachin, petite-fille du peintre, ancienne directrice du musée d’Orsay, et des Musées de France, cofondatrice du réseau FRAME. Le vernissage s’est fait en présence de sa fille Charlotte Liébert Hellman et de Marina Ferretti Bocquillon, directeur scientifique du musée des impressionnismes de Giverny, responsable des Archives Signac et commissaire général de l’exposition.

Le commissariat à Montpellier est assuré par Michel Hilaire, directeur du musée Fabre  et Marie Lozón de Cantelmi, responsable du département XIXe et art contemporain au musée Fabre.

La muséographie signée Martin Michel.

Les intertitres de cet article sont empruntés aux textes de salle.

En savoir plus :
Sur le site du musée Fabre

PERFORMANCE Empreintes et passages à l’acte, à la Friche la Belle de Mai, Marseille

Astérides présente dans le cadre de la saison New Orders du Cartel  et de Marseille-Provence 2013 : PERFORMANCE Empreintes et passages à l’acte, exposition et performances jusqu’au au 15 septembre 2013 à la Friche la Belle de Mai, Marseille.

Avec des œuvres d’Anna Byskov, Hsia Fei Chang, Marcelline Delbecq, Romina De Novellis, Nicolas Fenouillat, F2/Francine Flandrin, Igor Grubić, Louise Hervé Et Chloé Maillet, Jonathan Meese, Natsuko Uchino, Daphné Navarre, Nicolas Puyjalon, Darren Roshier, Noé Soulier.

Commissariat : Mehdi Brit

Les premières performances se sont déroulées du 4 au 7 juillet, les suivantes sont programmées du 30 août au 1er septembre et les13 et 15 septembre 2013.

Le projet conçu par Mehdi Brit est de s’interroger, mais aussi de nous questionner et de confronter des artistes sur ce qui reste une fois que la performance s’achève… « Que reste-t-il de ces traces ? Quelle valeur leur octroie l’artiste ? Ces fragments permettent-ils de saisir une lecture réelle ou une interprétation fictionnelle de ces moments désormais révolus ? » Il nous présente donc au cinquième étage de la Tour à la Friche une exposition de « quelques fragments, indices et autres résidus de ces épisodes en action […]à la lisière de la vérité, offrant de nouveaux visages à ces œuvres qui se sont consumées avec le temps ».

L’exposition montre les traces de performances de 15 jeunes artistes dont les origines et les pratiques sont aussi diverses que les choix esthétiques.  La scénographie ménage au centre du plateau un large espace destiné à la production d’une nouvelle performance de chacun des artistes convoqués . Cette expérience autour de la performance cherche selon Mehdi Brit à « mettre en lumière aussi bien les coulisses et le décor que la chair et le vivant d’une situation, d’une œuvre et d’une pensée qui ne cessent de se mouvoir face au temps ».

La très grande diversité des démarches artistiques et  la disparité fragments choisis exigent une attention soutenue du visiteur qu’il est difficile de conserver pour chaque proposition dans un environnement sonore parfois perturbant. L’enchaînement de cette exposition après la visite des projets d’Atelier van Lieshout  au quatrième étage ne favorise pas la disponibilité qui est dû à chaque artiste. Enfin, ce projet prend tout son sens avec la performance que chaque artiste propose aujourd’hui face à sa production passée. Pour apprécier le projet de Mehdi Brit, évitez l’enchaînement de cette exposition avec The Butcher, ou prévoyez une pause aux Grandes Tables ou ailleurs… Si les interrogations proposées par le commissaire vous intéressent, prévoyez de revenir plusieurs fois en tenant compte du calendrier des performances. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, Cartel propose, sur son site, un enregistrement vidéo des performances réalisées…

Pour notre part, dans des circonstances plutôt « défavorables » évoquées ci-dessus, nous avons cependant été intrigué par la correspondance envoyé à  Sandrine, vendeuse en à Marseille par Hsia Fei Chang, surpris par La Gabbia de Romina De Novellis et apprécier  les interventions dans l’espace public d’Igor Grubić… en attendant une nouvelle visite.

En savoir plus :
Sur le site du Cartel
Sur la page Facebook du Cartel
Sur le site d’Astérides

À propos des artistes :
Les présentations d’artistes qui suivent sont extraites du dossier de presse. Pour les performances à venir, les textes sont empruntés au site du Cartel.

Anna Byskov

Anna Byskov, On the steps of my sister, 2013 – © JC LETT

Née en 1984 à Quito (Équateur), Anna Byskov vit et travaille à Nice et à Paris. Elle a des origines et un parcours difficiles à réduire en trois mots. Partagées entre les cultures et langues danoise, anglaise, suisse, c’est quelqu’un qui cherche souvent ses mots. Son travail évolue lui aussi dans des zones floues du non-sens, du contre-sens ou de « l’anti-sens » : l’absurde finit toujours par prendre le dessus. Elle incarne souvent différents personnages dans ses vidéos qui rencontrent des problématiques, que ce soit dans la communication ou dans l’action, la tentative d’accomplir une tâche quelconque, rencontre toujours l’échec, produisant frustration, autodérision et répétitions du geste ou de la parole. Elle détient un diplôme d’études supérieures de la Villa Arson à Nice. Elle a, entre autres, participé au 55ème Salon de Montrouge (2010), Une forme pour toute action (Printemps de Septembre, 2010) et plus récemment, A la vie délibérée, une histoire de la performance sur la côte d’Azur de 1951 à 2011 (Villa Arson, 2012).

Performance le 6 juillet : On the steps of my sister

Anna Byskov sur le site documentsdartistes et sur le site du Centre national des arts plastiques

Hsia-Fei Chang

Hsia Fei Chang , Jack n’a qu’un oeil, 2013 – © JC LETT

Née en 1973 à Taipei (Taiwan), Hsia Fei Chang vit et travaille à Paris. Elle décline des propositions artistiques dans un registre à la fois populaire et tragico-ludique. Dans son travail, un grand nombre de modes d’expression sont conviés : littérature de gare, installation in situ, film amateur, sculpture monumentale… Pour ses célèbres « karaokés-performance » elle convoque tour à tour le répertoire de Mike Brand ou de Sheila, en passant par celui de Nico, du Velvet Underground.
Hsia Fei Chang fait partie de ces artistes qui explorent et questionnent les rapports humains et la place de la femme dans notre société.
Elle a exposé à La Maison Rouge (2012), au Casino Luxembourg, au Centre d’Art Contemporain de Meymac (2011), au FRAC Languedoc Roussillon, au musée du Quai Branly (2010), à la Biennale de Vancouver (2009), au Brooklyn Museum de New York (2007) et au Palais de Tokyo (2006).
En 2013, elle a présenté son travail à la Fondation Ricard (Paris) et dans le cadre d’Experienz au Wiels (Bruxelles, 2013).

Performance le 13 septembre : Jack n’a qu’un œil
A l’occasion des derniers jours de l’exposition, Hsia Fei Chang présentera sa performance révélée en partie par quelques indices disséminés dans un ensemble de correspondances, envoyées de Taïwan sur toute la durée de l’exposition. Ces lettres, cartes postales ou colis sont destinés à une certaine Sandrine Hugues, 39 ans, vendeuse en parfumerie à Marseille. En bas du mur, sur une étagère, reposent les objets qui sont arrivés avec le courrier transmettant leur propre histoire, une probable rencontre avec les mots.
Nous savons que Sandrine Hugues est hypothétiquement une référence à Audrey Horne, personnage phare de la série Twin Peaks et que la maison-close « Jack n’a qu’un œil » serait l’une des clés de la performance.

Hsia Fei Chang sur son site personnel et sur le site de la Galerie Laurent Godin

Marcelline Delbecq

Marcelline Delbecq, Poudroiements, 2013 – © JC LETT

Née en 1977, Marcelline Delbecq vit et travaille à Paris. Après des études de photographie (Columbia College, Chicago et ICP New York, 1995-1997), un DNSEP (Ecole Supérieure d’Art de Caen, 1997-2002) puis un DESS Art de l’exposition (Paris X-Nanterre, 2002-2003), le travail de Marcelline Delbecq s’est peu à peu éloigné de la pratique de l’image pour se concentrer sur la potentialité cinématographique de l’écriture.
Son utilisation du récit, de la voix, élabore un univers narratif mis en mots et en sons pour convoquer un ensemble d’images mentales oscillant entre description et fiction, passé et présent. Dans ses installations sonores, publications et lectures en public, les mots mettent en jeux la question du regard en devenant à leur propre tour des visions. Elle travaille régulièrement avec l’actrice Elina Löwensohn, le pianiste Benoit Delbecq et le bruiteur de cinéma Nicolas Becker.
Marcelline Delbecq a participé à de nombreux projets en France et à l’étranger (Centre Pompidou-Metz, Laboratoires d’Aubervilliers, MUDAM, Credac, Actoral, Printemps de septembre) et, plus récemment, à l’occasion du Nouveau Festival (2013) du Centre Pompidou, au Musée de la Chasse et de la Nature (Paris), au Centre d’art Contemporain de Meymac et à la Spazioa Gallery (Italie).

Performance le 13 septembre : Poudroiements

Partant d’interrogations sur la concordance des dates de l’invention de cinéma, de la photographie et de l’impressionnisme en peinture, Poudroiements est un récit qui interroge la temporalité de l’image, l’importance de la lumière, l’existence du paysage et l’origine de la vue à travers la métaphore de la Camera obscura. De courts paragraphes, composés comme des tableaux, comme des « Vues Lumière », forment la matrice d’un récit dont les éléments mêlent description, analyse, interprétation, documentaire et fiction, dans un constant aller et retour entre présent et passé, clarté et obscurité.

Marcelline Delbecq sur son site personnel

Romina de Novellis

Romina de Novellis, La Gabbia (la Cage), 2012 – © JC LETT

Née à Naples (Italie), Romina De Novellis vit et travaille à Paris. Après plusieurs années dédiées à la danse et au théâtre, elle est diplômée à la Royal Academy of Dance of London, puis elle continue ses études au DAMS de l’Université de Rome 3. Doctorante en Anthropologie et Sociologie à l’EHESS (Paris) avec une thèse en Anthropologie du corps, elle s’intéresse au concept d’un corps en procession, installé dans l’espace public en présence du regard des passants. Tableaux vivants au sein desquels elle explore des états de transe, d’aliénation et de folie qui peuvent se manifester avec le corps dans des conditions humaines précaires, aux marges de la société. A travers les figures de femmes, saintes, filles, icônes de la vie quotidienne, les protagonistes du travail de Romina De Novellis s’inspirent de l’anthropologie et de l’ethnomusicologie. Ce sont des messages sociaux et politiques.
Les performances de Romina De Novellis ont été présentées à l’occasion de Slick Art Fair, Paris (2009), Jeune création au CENTQUATRE, Paris (2011), La Biennale di Venezia, en collaboration avec l’artiste Pia Myrvold (2011), La Nuit Blanche, Paris, (2010 et 2012), au Centre d’art contemporain Darb 1718, le Caire (2011), 7.5 Club, Paris (2012), Zico House, Beyrouth (2012) et dans le cadre de Noli me tangere, exposition collective, Naples (2012), Unlimited Bodies, exposition collective, Londres (2013).

Performance le 4 juillet : L’APE

Romina De Novellis sur son site personnel et sur le site de la Galerie Laure Roynette

Nicolas Fenouillat

Nicolas Fenouillat, Solo, 2013 – © JC LETT

Né en 1978, Nicolas Fenouillat vit et travaille à Paris. Plasticien et musicien, ancien étudiant de l’école d’art de Montpellier (DNSEP, 2001) et de l’école curatoriale du Magasin à Grenoble (12ème session), il a participé à diverses expositions collectives en France et à l’étranger (Paris, Prague, New-York, Casablanca). Diverses expositions personnelles lui ont été consacrées à Genève, Melbourne et Amsterdam.
Batteur de Ned groupe psychédélique rock avec quatre albums à son actif qui totalise plus de 800 concerts en Europe et aux USA. En 1997, il crée le label de musique Skrecords (skrecords.org), organise des concerts et il ouvre, en 2005, une salle de concert à Lyon, Grrrnd Zéro. Il est aussi l’auteur en 2002, d’une ontologie sur des groupes  activistes, Aids Riot.
Il collabore également avec divers artistes : Joris Lacoste et Stéphanie Beghain (9 lyriques), les chorégraphes Laurent Pichaud, David Wampach, Mathilde Gautry et cette année avec Christophe Fiat à son projet Marcel Pagnol au pays de l’or bleu au sein du groupe musical POETRY, dans le cadre des ateliers de l’EuroMéditerranée (Marseille Provence 2013).
En 2012, il a entre autres, présenté Goo (Gymnastique pour Oeil et Oreille), performance avec Bruno Persat au Palais de Tokyo et Frissons, une exposition personnelle à la Lebenson Gallery à Paris. En 2013, il présentera une sculpture dans l’espace publique pour la ville de King’s Lynn (Royaume-Unis) et POETRY en collaboration avec Christophe Fiat à Montévidéo (Marseille) et dans le cadre de la Nuit des musées au Musée de la Chasse et de la Nature (Paris).

Performance le 4 juillet : Solo

Nicolas Fenouillat sur son site personnel et sur le site de la Lebenson Gallery

F2/ Francine Flandrin

F2/ Francine Flandrin, Portier de nuit pour accessoires indispensables, 2012-2013 – © JC LETT

Née en 1968, Francine Flandrin vit et travaille à Paris. Spécialiste Hue Dada de l’art contemporain, Francine Flandrin révèle dans une recherche plastique et performative transversale, un désir “no limit” de profiter ici et maintenant d’un temps qui ne cesse de filer. Mots d’esprit, grincements de dents et littéralité accompagnent son travail. En 2012, le musée de la Triennale de Milan repère Tout Sein, son LHOOQ du chou à la crème, détournement pâtissier dont elle conçoit la première sculpture léchable et rechargeable, que le musée exposa en 2013 dans Kama. Sesso e design. Cet hiver, elle organisait à la Librairie Mazarine Comme un interdit une exposition avec Wim Delvoye, Annette Messager, Otto Muehl, Eric Pougeau et proposait une réflexion sur la complexité et la relativité de la notion d’interdit au travers la religion, le sexe, l’histoire, la politique, la philosophie et l’économie.

De manière générale, elle évolue seule ou en collaboration, comme lorsqu’elle invita Hugo & Victor – les pâtissiers littéraires – à concevoir une galette un peu particulière afin de Tirer les rois avec une fève de calibre magnum. Elle forme avec Katia Feltrin un duet de performeuses et prépare dans une formation modulable et trans-disciplinaire, la première Encyclopédie Politique du Goût.

Performance le 15 septembre: Marseille à tous points de vue

Marseille à tous points de vue est une performance participative, qui permet d’ouvrir les yeux sur la complexité de l’adaptation à une culture qui nous est étrangère, car si la cité phocéenne est parfois au centre des questions sur l’immigration : « elle intègre les immigrés toujours mieux et plus vite qu’ailleurs ». Francine Flandrin proposera donc de varier quelques paramètres de notre perception, afin de vivre l’expérience Hue Dada de l’intégration.

Francine Flandrin sur son blog « Les Vanités contemporaines »

Igor Grubić

Igor Grubić 366 Liberation Rituals, 2008-2009 – © JC LETT

Né en 1969 à Zagreb ( Croatie ), il vit et travaille à Zagreb. Igor Grubić ne cesse de réaliser des interventions dans l’espace public souvent polémiques annonçant un regard aussi bien critique que poétique sur la société contemporaine.
Il rend hommage au RedPeristil (1968) et fait scandale avec le Black Peristil dans la cour de l’ancien palais romain à Split en 1998, action réalisée de façon anonyme qu’il définit « comme un miroir magique » qui « reflète l’état de conscience de la société » (1998). Avec ses 366 Liberation Rituals, Igor Grubić continue de provoquer et de transgresser avec des actions anonymes, souvent relatées par la presse, les documents et plus particulièrement la vidéo.
C’est en 2006-2008 que ce dernier développe le projet East Side Story, référence aux violences à l’égard des minorités sexuelles pendant les Gay Pride à Belgrade (2001) puis à Zagreb (2002), une installation vidéo aujourd’hui présente dans les collections du Musée d’art contemporain de Zagreb et de la Tate (Londres). En 2012, Igor Grubić a participé à Manifesta 4 (Bruxelles), la 11ème Biennale d’Istanbul, Festival d’Automne, au Cycle de performances-fil rouge du Festival de la Croatie en France et à la programmation hors-les-murs de la FIAC 2012.

Performance le 6 juillet : 366 Liberation Rituals

Dans l’espace dédié aux performances, Igor Grubić réalisera trois happenings, une introduction partielle et élémentaire du protocole défini pour les 366 Liberation Rituals.

Louise Hervé et Chloé Maillet

Louise Hervé et Chloé Maillet – Avant le monde et après, 2010 – © JC LETT

Nées en 1981, Louise Hervé et Chloé Maillet vivent et travaillent à Paris. Les travaux de Louise Hervé et Chloé Maillet mêlent l’archéologie, l’histoire et la science-fiction sous des formes variées. Formulant des hypothèses à partir de matériaux prélevés dans leur environnement, les conférences, appelées aussi « performances didactiques » sont leur médium privilégié. Elles ont réalisé deux moyens-métrages dont la diffusion fait aussi l’objet d’une performance. Diplômées en histoire de l’art, Louise Hervé et Chloé Maillet collaborent depuis 2000. Elles sont respectivement diplômées de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy et doctorante en Anthropologie historique à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. En 2001, elles ont fondé ensemble l’International Institute for Important Item, structure à travers laquelle elles développent un travail de reconstitution plus ou moins historique. Elles réalisent de nombreuses lectures-performées à l’occasion de leurs expositions collectives et personnelles. En 2012 : Pytha goras and the monsters, Kunstverein Braunschweig ; Attraction étrange, Synagogue de Delme ; La Triennale, Palais de Tokyo, Paris ; Kunsthaus Glarus ; L’homme de vitruve, Centre d’art contemporain d’Ivry, Le Credac ; Read, Look ! We promise it’s not dangerous, Emily Harvey Foundation, New York ; Une reconstitution et un souterrain, Crypte Notre Dame, Paris.

Performance le 30 août : Les femmes préhistoriques

« Nous avons une idée assez précise de l’histoire de la performance. Une des origines de celle-ci serait à trouver dans la retraite de Ménilmontant des Saint-Simoniens entre 1830 et 1832. C’est le moment où ces ingénieurs, disciples du révolutionnaire Saint-Simon, se sont réunis et ont donné en spectacle, le dimanche dans leur jardin et devant un public, leur mode de vie en communauté. Un procès retentissant a mis fin à cette aventure intitulée « la retraite de Ménilmontant ». C’est certainement pour cette raison que cet épisode a été évacué de l’histoire de la performance. Pour nous, cette dernière a donc plusieurs origines exogènes à l’histoire de l’art. »

Présentées dans le cadre de la Triennale, Intense Proximité au Palais de Tokyo (2012), l’installation et la performance intitulées Avant le monde, et après,  proposent un dialogue sur les théories de Johann Jakob Bachofen (1815-1887), posant les jalons du matriarcat à la genèse des plus grandes civilisations. Ses textes et recherches, entre autres Das Mutterrecht (Le Droit Maternel, 1961), ont plus largement constitué une source essentielle dans les actions féministes du 20ème siècle. En confrontant ces écrits à l’intérêt considérable pour le matriarcat dans le cinéma de science-fiction des années 1950,  Louise Hervé et Chloé Maillet révèlent sur une table lumineuse, un feuilleton composé d’un rouleau transparent de trois mètres de longueur avec des posters de série B et des couvertures de livres.
À l’occasion d’Empreintes et passages à l’acte, Louise Hervé et Chloé Maillet ont fait appel à un chercheur – paléontologue basé à Marseille pour réinterpréter leur œuvre, soulignant ainsi de nouvelles questions sur le genre dans la préhistoire.

Louise Hervé et Chloé Maillet sur le site de la galerie Marcelle Alix

Jonathan Meese

Vue Jonathan Meese – © JC LETT

Né en 1970 à Tokyo (Japon), Jonathan Meese vit et travaille à Berlin. Figure incontournable de la scène berlinoise, Jonathan Meese réalise installations, peintures et performances aux tonalités expressionnistes et avec toujours beaucoup d’humour. Diplômé de l’académie des arts de Hambourg, il participe la même année à la première Biennale de Berlin en 1998, puis à d’importantes expositions collectives comme Generation Z au PS1 (New York, 1999), New Blood à la Saatchi Collection (Londres, 2004) et Dionysiac au Centre Pompidou (Paris, 2005). Une grande rétrospective, Mama Johnny, lui est consacrée à la Deichtorhallen de Hambourg et au Magasin de Grenoble en 2006.
Parmi ses performances les plus étonnantes, on peut mentionner, entre autres, l’action réalisée sur le Parsifal de Wagner au Berlin Staatsoper en 2005 et l’hommage à Noël Coward à la Tate Modern en 2006. A l’occasion du Festival de Salzbourg en 2010, Jonathan Meese s’attèle aux décors de la première mondiale de Dionysos, un opéra inédit de Wolfgang Rihm sur la vie de Nietzsche. Il a dernièrement signé la scénographie de Médée de Marc-Antoine Charpentier au Théâtre des Champs-Elysées (Paris, 2012) et présenté à cette occasion dans le cadre de Nuit Blanche 2012, une série de vidéos de ses performances réalisées dans l’atelier.

Jonathan Meese sur son site personnel et sur le site de la galerie Daniel Templon

Natsuko Uchino

Vue Natsuko Uchino – © JC LETT

Née en 1983 à Kumamoto, Natsuko Uchino vit et travaille entre Paris, New York et le Japon. Artiste inter-disciplinaire et membre fondateur de l’organisation Art et Agriculture (NY), Natsuko Uchino s’attache à nourrir chaque aspect de son oeuvre pour en faire émerger une pensée exprimée avec la sculpture, le film et la performance, confrontée au processus d’un environnement naturel. De l’érosion à la fermentation, l’inconstance du vivant et la fragilité du monde biologique se manifestent dans ses projets et sculptures performatives.
Diplômée en Art à Cooper Union à New York, elle a travaillé comme agricultrice, céramiste et cinéaste dans la vallée du Hudson. En 2011-2012, elle est invitée comme artiste-résidente au CCA Kitakyushu (Japon). En 2012, Natsuko Uchino développe une exposition itinérante composée de céramiques réalisées en collaboration avec Matthew Lutz- Kinoy à la Rijksakademie puis présentée au Elaine MGK – Bâle, à la Villa Romana – Florence avec le groupe curatorial Dingum, et à la Kunsthalle – Baden Baden. Elle participe à la seconde biennale du Land Art en Mongolie (Ikh Gazriin Chuluu & National Mongolian Modern Art Gallery) et à la VIIème Globale Conférence d’Evian pour débattre sur les relations émergentes entre art, écologie et agriculture.
En 2013, elle réalise un nouveau travail en céramique à Tamba, Sasayama-shi ancien village Minguei depuis ~1200. Ces travaux sont présentés en service continu au Social Kitchen – Kyoto, et ont été exposés à Tokyo par Rocket Gallery, Cook& Co. et Sakumotto.

Natsuko Uchino sur son blog

Daphné Navarre

Daphné Navarre, XXX, 2013 – © JC LETT

Née  en 1982 à Paris, elle vit et travaille à Paris. Daphné Navarre est une artiste franco-autrichienne, formée d’une part à la Villa Arson à Nice puis aux Beaux Arts de Vienne en Autriche dans l’atelier de Heimo Zobernig.

Daphné Navarre extrait des fragments de vie et d’histoires par le moyen de la censure, de l’effacement, du vide, dérobant au regard, le sujet même de l’œuvre. Ses œuvres cachent et révèlent et c’est en donnant aux formes et aux images une valeur, une dimension méditative qu’elle parvient à rendre visible le sensible, et la fragilité percutante.

En 2011, au Palais de Tokyo Daphné Navarre a réalisé l’installation Singapour Marina Bay, une œuvre in situ retraçant chronologiquement, à l’aide de matériaux simples, plus de six ans d’expositions passées, présentées dans l’un des modules du musée.
Depuis elle a participé à plusieurs expositions collectives notamment Les archives sauvages à La Villa Arson, Blabla et Chichi sur un bateau à la Galerie Hussenot, Celest im Berg à l’Institut Français d’Innsbruck en Autriche.
En 2013, Daphné Navarre réalise suivez-moi, une performance au Musée de la Chasse et de la Nature et participe à plusieurs expositions collectives, N’habite plus à l’adresse indiquée, au Centre d’art de Clamart, In a sentimental Mood à la Galerie des Galeries, Archéologia à 40mcube à Rennes.

Performance le 31 août

« Des performances passées, il me reste des mots, les phrases s’enchaînent les unes après les autres, comme un défilement d’images. Avec ces deux données, les mots et cet assemblage d’objets, le spectateur pourra rejoindre ce qu’il lit, les souvenirs, les sensations et composer à travers son imaginaire, l’histoire de ces formes disparues.
Il faisait froid, j’étais une fleur. La harpe jouait, mais le vent déviait sa musique. Le mur était blanc et petit à petit les balles de tennis l’ont criblé d’ocre rouge mais coulant. Le son de la balle contre le mur, le son de la balle contre le crucifix. La fleur dansait, se déployait. Cela devait être magique. Le jeu des reflets. La soie fragile de cette robe de nuit. Nous nous regardions fixement. Le baiser du cerf. Le silence. Ma voix a lâché. »
Dans le travail de Daphné Navarre, la performance s’inscrit dans un laboratoire oscillant entre l’expérience et la formulation esthétique. L’artiste propose un cabinet de curiosité personnel dans lequel les fragments de ses performances réalisées à la Villa Arson, avec le collectif KIT et au Musée de la Chasse et de la Nature deviennent aussi bien des objets de présentation que des outils à utiliser pour la réalisation d’une nouvelle action. En annonçant l’empreinte comme un signe défiant toute temporalité, Daphné Navarre défend une trajectoire aux couleurs multiples faisant de la performance et de son souvenir un territoire en constante mutation défiant la valeur et l’interprétation dogmatiques d’une œuvre.

Daphné Navarre sur son site personnel

Nicolas Puyjalon

Nicolas Puyjalon, Le Mont Analogue, 2013 – © JC LETT

Né en 1983, Nicolas Puyjalon vit et travaille à Berlin. Récemment diplômé des Beaux-arts de Toulouse (2009), Nicolas Puyjalon réalise des performances très proches du registre de la danse et du théâtre. Sa rencontre en 2006 avec Performunion, collectif berlinois, ainsi qu’avec l’artiste Zabo Chabilaud a été déterminante. Il écrit très précisément ses performances sur ce qu’il nomme des partitions ou des cartes, et qui sont en réalité de très beaux collages. Puyjalon construit souvent des « véhicules » à partir de matériaux de récupération fragiles et tente une traversée en chevauchant l’objet composite d’un côté à l’autre d’une scène dessinée préalablement avec du scotch sur le sol. Depuis 2010, il multiplie aussi les collaborations sous de faux noms de labels tel que Pipi’NPee (avec Pauline Payen), DESANTICIPATIONRECORDS (lors d’un tandem Ben/Nicolas, il lance une invitation à Arnaud Coutellec, Leila Peacock, Eve Servières, Estelle Vernay).

Performance le 7 juillet : Le Mont Analogue

Nicolas Puyjalon sur son site personnel

Darren Roshier

Darren Roshier, Darren Roshier essaie d(e s’)autohistoriciser, 2013 – © JC LETT

Né en 1990, Darren Roshier vit et travaille à Vevey (Suisse). Il a commencé ses études en philosophie et en psychologie, option complémentaire en arts visuels pour ensuite intégrer le programme Bachelor Arts Visuels à l’École cantonale d’art du Valais (ECAV). Il s’investit dans la scène artistique veveysanne en organisant en décembre 2009 une exposition dans son appartement, Le Zoo expose Vevey. L’artiste participe ensuite à plusieurs expositions, notamment Perdu quelque part (Sierre, 2010), La Minoterie IV, (Moulin de Rodynam, Orbe, 2011) ; ainsi qu’en 2012 : Darren Roshier sera-t-il artiste ? (titre non définitif), Tentative d’obtention de diplôme, Impression (Kunsthaus Grenchen, Granges, Suisse), Adresse(s) (Le Musée de Carouge, Carouge, Suisse), So Swiss!, (centre d’art Le Pavé Dans La Mare, Besançon, France), Art moyen VS Ismism ou presque, (CAN, espace L’Ov, Neuchâtel, Suisse).

Performance le 6 juillet : Darren Roshier essaie d(e s’)autohistoriciser

Darren Roshier sur son blog

Noé Soulier

Noé Soulier, Working Drawings, 2013 – © JC LETT

Né en 1987, Noé Soulier vit et travaille à Paris. Il a étudié au conservatoire national supérieur de Musique de Paris, à l’école nationale de Ballet du Canada, et à P.A.R.T.S. (Bruxelles) d’où il sort diplômé du cycle de recherche en 2010. Il a aussi étudié le clavecin avec Élisabeth Joyé. En parallèle à sa démarche de chorégraphe, il étudie actuellement la Philosophie à la Sorbonne (Paris IV). En 2009, il présente le solo The Kingdom of Shades au Beursschouwburg (Bruxelles). En 2010, il est lauréat du premier prix du concours Danse Élargie, organisé par le théâtre de la Ville (Paris) et le musée de la Danse (Rennes), avec la pièce Little Perceptions. Depuis sa résidence au Pavillon Neuflize OBC-laboratoire de recherche du Palais de Tokyo (Paris), Noé Soulier présente régulièrement ses performances et pièces chorégraphiques dans de nombreux lieux et festivals en France et à l’étranger.

Performance le 31 août: Hand catching signs

Les processus sont très différents selon les projets. Lorsque je travaille seul, le processus est long, environ un an, et très organique. Je peux infléchir le projet à tout moment par rapport aux intentions de départ. En ce moment, je travaille sur un projet de ce type mais aussi sur une création pour le Ballet de Lorraine. Il faut prendre beaucoup de décisions en amont. De nombreuses personnes sont impliquées : les danseurs, l’orchestre, l’équipe technique. Ce qui m’intéresse c’est d’essayer de garder une spontanéité et une disponibilité pour ce qui peut advenir malgré cette structure contraignante. Il faut une préparation très fine, qui permet de coordonner tous les collaborateurs dans un temps réduit sans prédéterminer leur action. J’essaie de développer des matériaux ouverts, qui peuvent donner lieu à différentes interprétations et qui peuvent ainsi s’adapter aux individus et aux circonstances spécifiques.
Cette série de dessins constitue un exemple de ce type de matériaux. Ils sont liés à différentes pièces explorant les possibilités syntaxiques et sémantiques du vocabulaire de la danse classique : Le Royaume des ombresSigne blanc, et la création en cours pour le Ballet de Lorraine. Hand Catching Signs utilise uniquement des gestes de pantomime présents dans les ballets du XIXe siècle. L’articulation spatiale et temporelle qui permet de distinguer chaque geste s’érode peu à peu de manière à créer des agencements de sens de plus en plus ambiguës et problématiques.

À propos du commissaire :

Mehdi Brit et Sandrine Meats | Interviewer la performance. Paroles d’artistes, regards sur la France depuis 1960. Intervention dans le cadre du colloque « La performance : vie de l’archive et actualité », AICA-France/Villa Arson. 25, 26 et 27 octobre 2012

The Butcher – Atelier Van Lieshout à la Friche de la Belle de Mai, Marseille

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The Butcher présenté par le Cartel à la Friche jusqu’en décembre 2013 est l’exposition principale proposée par Atelier Van Lieshout autour de laquelle s’organise l’importante programmation d’expositions et d’événements regroupés sous le titre générique New Orders.

Crée en 1995 par Joep Van Lieshout, l’Atelier Van Lieshout (AVL) est installé dans les docks de Rotterdam. Entreprise collégiale, elle regroupe une vingtaine de personnes : architectes, artistes, ouvriers qualifiés dans le travail de matériaux divers. Une perception d’un monde en pleine mutation où se mêlent provocation, humour, ironie et un certain cynisme marquent les productions d’AVL.
Lire la suite The Butcher – Atelier Van Lieshout à la Friche de la Belle de Mai, Marseille

Prospection, Pablo Garcia et Michaël Viala au Prieuré Saint-Pierre à Pont-Saint-Esprit

Affiche_1Du 12 juillet au 4 octobre 2013, Pablo Garcia et Michaël Viala présente Prospection, une exposition réalisée dans le cadre de Ulysse l’Original.

Dans le dossier de presse, Céline Mélissent présente ainsi ce projet :

« Ce qui réunit les artistes est avant tout un goût pour la radicalité et d’une certaine manière, une forme d’utopie matérialiste.

Chargé d’histoire, le lieu qui les accueille s’impose par sa monumentalité. La structure architecturale puissante et l’esthétique brute du Prieuré Saint-Pierre invitent les artistes à se mesurer à lui et à mettre en lumière ou en jeu le génie du lieu. La métamorphose repose sur la fonctionnalité pratique ou symbolique de l’espace. Traces d’histoire, prélèvements, relevés et mesures servent directement le processus de création.

Conçues spécifiquement pour le Prieuré, les installations et les sculptures invitent les visiteurs à percevoir différemment et à expérimenter autrement ce qui est. Au risque de perdre ses repères, la géométrie de l’occident se confronte ici à des singularités multiples et communes qui impliquent physiquement les personnes. L’utopie n’est pas un rêve mais une possibilité, qui se donne ici dans l’instant du regard ».

Nous reviendrons ici sur cette exposition dès que nous aurons eu l’occasion de la visiter. En attendant, vos commentaires sont les bienvenus !

Sur sa page Facebook, le FRAC Languedoc-Roussillon présente des photographies in situ prises lors du vernissage.

Atomville, de Pablo Garcia

« C’est en se confrontant à la réalité du lieu d’exposition, à sa monumentalité et à l’environnement de Pont-Saint Esprit, proche des sites nucléaires de Marcoule et Tricastin, que Pablo Garcia a construit sa proposition de réaménagement du prieuré. Face à la promesse d’avenir devenue menace, l’artiste a opté pour une construction qui ramène aux gestes vitaux. Il sera question d’habiter l’œuvre comme on habite le monde.

Atomville réinvestit le site en bunker anti atomique collectif. Inspiré à la fois des habitats enterrés américains des années 60, mais aussi des bunkers truffant les montagnes suisses, nous naviguons ici entre un projet immobilier improbable et un confort (bien que rude et esthétiquement minimal) imaginé pour une autonomie de plusieurs mois en collectivité. En scénarisant le réel, l’artiste remet en question certaines évidences, celle en toile de fond de la domination à travers les âges des grandes forces de destructions, et celle du nihilisme généralisé, du pessimisme cultivé et du désenchantement omniprésent. La fiction propose d’aller au-delà, de se réorganiser, de réaffirmer le sens de la vie. Atomville est une construction « provisoire », une micro-utopie à travers laquelle Pablo Garcia modélise et diffuse une situation perturbante. Cette pièce serait comme un acte symbolique dans le mouvement irréversible du temps, un modèle d’action à l’intérieur du réel. Les fictions de l’art sont bel et bien des hétérotopies ». Extrait du dossier de presse.

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PSE1, de Michaël Viala

« Pour l’exposition Prospection, ma proposition s’articule autour d’une pièce centrale. PSE1 est à la fois une sculpture, une architecture et un travail de peinture, répondant aux modalités physiques de l’espace dans lequel elle s’inscrit.

Structure ouverte et colorée, cette construction a été pensée selon un protocole précis. La première étape a consisté en l’observation et l’appréhension globale du lieu, avant un prélèvement topologique précis. Dans l’atelier, la conception s’est faite sur plans. Multipliant les dessins et les possibles, des propositions ont pris formes. Le parti pris de PSE1 repose sur l’association orientée de deux espaces identiques, reliés par une opération de groupe Ponctuel de symétrie (ce système d’organisation en réseau existe en cristallographie sous le terme de macle). Les deux espaces de référence sont les bras du transept de l’église. Le transept est la partie du bâtiment qui permet de former la traverse d’une croix. Les bras sont les deux fractions situées de chaque côté de la croisée, c’est-à-dire de l’intersection du vaisseau principal et du transept. La hauteur de PSE1 est déterminée par une démarcation colorée visible sur l’ensemble des murs. Cette ligne horizontale semble indiquer un ancien niveau ou étage, sachant que ce lieu a eu plusieurs fonctions au cours de son histoire. PSE1 est une structure composée de poutre en sapin relié par des connecteurs en aciers. Ces éléments sont recouverts d’une peinture noire mate venant souligner la régularité de la construction. Les montants verticaux et horizontaux sont également peints, ici en suivant un protocole qui repose sur un jeu de symétrie et d’inversion .

La pièce est centrée dans l’espace du transept, mais de manière non orthogonale par rapport à l’ensemble de l’édifice. Elle invite au déplacement dans l’espace et permet de voir des lignes et des plans se dessiner dans et sur la structure. La sculpture s’ouvre sur elle-même, laissant apparaître l’espace qui la définie. Le lieu d’exposition et l’intérieur du prieuré répondent ainsi à l’une des définitions fondamentales de l’architecture : « l’architecture c’est créer du vide ». Bien qu’association de deux espaces, PSE1 existe en tant que structure vide, directement liée à l’architecture, conçue et modelée avec et en fonction du lieu. Ce travail montre par glissements successifs la cohabitation intrinsèque qui opère entre dessin, architecture, sculpture et peinture. PSE1 n’a d’autre fonction que d’être ce qu’elle est : une proposition spécifique pour un espace et un temps donné ». Extrait du dossier de presse.

(Cliquez sur une photo pour lancer un diaporama)

En savoir plus :
Sur le site du FRAC-LR
Sur la page Facebook du FRAC-LR

À propos des artistes :
– Pablo Garcia
est né en 1983, il vit à Montpellier.
Consulter son site personnel .
– Michaël Viala
est né en 1975 à Nîmes, il vit à Montpellier.
Michaël Viala est représenté par la Galerie Vasistas, Montpellier.
Consulter son site personnel .