Exposition Nuage, Musée Réattu, Arles

Nuage - AfficheChaque année, le musée Reattu sait nous surprendre en renouvelant la sélection et l’accrochage d’œuvres de sa collection, en troublant celui-ci par l’invitation d’artistes contemporains qui viennent dialoguer avec le lieu et ses œuvres, en  produisant des expositions temporaires inédites et  d’une rare grande qualité…

Cette année, Michèle Moutashar, conservateur en chef du patrimoine et  directrice du musée Réattu, libère la totalité des espaces dont elle dispose (plus de 1.000 m2) pour nous présenter Nuage du 16 mai et jusqu’au 31 octobre. Elle assure le commissariat de cette exposition qui a été reconnue d’intérêt national par le Ministère de la Culture et de la Communication.
L’exposition Nuage s’inscrit dans la programmation de Marseille-Provence 2013.

Bien entendu, nous reviendrons sur cette exposition dès que nous aurons eu la possibilité de la visiter (c’est fait, premières impressions ici). En attendant, voici quelques lignes de présentation extraites du dossier de presse :

L’origine du projet

Si l’idée même du projet a trouvé sa source dans la nudité des nuages peints par Le Corrège à la Cathédrale de Parme, la conception de l’exposition est guidée par un passage du journal de Jean Arp, Jours effeuillés :

« Celui qui veut abattre un nuage avec des flèches épuisera en vain ses flèches. Beaucoup de sculpteurs ressemblent à ces étranges chasseurs. Voici ce qu’il faut faire : on charme le nuage d’un air de violon sur un tambour ou d’un air de tambour sur un violon. Alors il n’y a pas long que le nuage descende, qu’il se prélasse de bonheur par terre et qu’enfin, rempli de complaisance, il se pétrifie. C’est ainsi qu’en un tourne-main, le sculpteur réalise la plus belle des sculptures » [1].

C’est donc loin de la question du paysage et de la représentation, mais au plus près du corps, dans l’intimité du lien reliant l’ombilic au nuage, que se développe toute l’exposition.

La composition de l’exposition

Elle réunit plus de 120 oeuvres, dont certaines réalisées spécialement pour l’exposition, et 57 artistes : sculptures, installations – parfois réalisées spécialement pour le lieu – peintures, oeuvres sonores, photographies, vêtements, vidéos… – , s’y répondent en un champ de résonances multiples mêlant les genres et les géographies…

Le fil rouge qui traverse toute l’exposition apparaît dès l’entrée du parcours : une ancienne « pierre de méditation« , objet de lettré chinois, manifeste l’omniprésence du Nuage porteur d’énergie vitale dans toute la culture de l’Extrême-Orient, qu’on retrouve plus loin avec un extraordinaire oreiller en forme de nuage de la dynastie Song (XIIIe siècle).

Tout le corps de l’exposition est ainsi travaillé, à la manière d’un diapason, par la constellation que dessinent en creux trois fragments empruntés à la nature, trois objets insignes, qui condensent, notamment à travers les collections dont ils sont issus, l’infini de la relation de l’homme au nuage : un rocher, une racine d’arbre du XVIIe siècle, et une météorite…

Le premier mouvement, conduit par le rêve et la lévitation, débute par l’installation des fameux Silver Clouds d’Andy Warhol – en tête-à-tête avec la courbe du grand Rhône –, associe les sculptures de Arp, chez qui presque tout est nuage, aux encres de Spilliaert, et conduit de Meret Oppenheim aux photo-montages de Brassaï ou Dora Maar, aux diptyques de Jean-Baptiste Huynh

Au plus près d’un dialogue de plus en plus charnel avec le nuage, la suite du parcours déambule librement dans un laboratoire où Piero Manzoni, Man Ray, Raoul Ubac, Marcel Broodthaers, Susanna Hesselberg… font un usage particulier du coton, et où les cacahuètes, le plomb, les microsillons, les cintres, les coléoptères, les tableaux noirs, les tasses de café, les robinets de jardin et les téléphones participent allègrement à cette cuisine aussi ludique que métaphysique de l’objet-nuage.

L’extraordinaire labyrinthe intérieur que dessine l’architecture de l’ancien Grand Prieuré de Malte – cours, loggias, tribunes, chapelle, enroulement d’espaces tantôt intimes, tantôt dédiés au paysage – permet une approche extrêmement mouvante en symbiose avec le thème : de Cornelia Parker à Robert Therrien, Javier Pérez, Anselm Kiefer, Iñigo Manglano-Ovalle ou Michael Sailstorfer…, minuscules ou sans limites, les oeuvres disent tous les foisonnements de sens du nuage, tout à la fois objet pictural, outil critique, bouillon de culture, poche d’énergie, souffle spirituel, barbe à papa, figure de crise, machines à bulles, poème visuel ou agitateur de fiction scientifique…

Un thème universel – touchant à la fois aux mathématiques, aux sciences naturelles, à la musique, à l’informatique, au cinéma, ou à la littérature – qui permet un travail en profondeur avec de multiples partenaires et s’adresse à tous les publics par le biais d’une programmation culturelle très intense.

Liste des artistes :

Marina Abramovic – Jordi Alcaraz – Jocelyne Alloucherie – Dieter Appelt – Jean Arp – Patrick Bailly-Maître-Grand – René Bertholo – Céleste Boursier-Mougenot – – Brassaï – Marcel Broodthaers – Pol Bury – Jean-Baptiste Caron – Charlotte Charbonnel – Françoise Coutant – Richard Deacon – Martin D’Orgeval – Leandro Erlich – Brigitte Garcia – Luca Gilli – Laurent Grasso – Michael Hakimi – Jean-Luc Hattemer – Susanna Hesselberg – Pierre-Alain Hubert – Jean-Baptiste Huynh – Nathalie Joiris – Anselm Kiefer – Dora Maar – Chema Madoz – Iñigo Manglano-Ovalle – Man Ray – Piero Manzoni – Corinne Mercadier – Meret Oppenheim – Robert & Shana ParkeHarrisson – Cornelia Parker – Javier Pérez – Jean-Blaise Picheral – Jaume Plensa – Présence Panchounette – Christian Rothacher – Georges Rousse – Michael Sailstorfer – Jacqueline Salmon – Jim Shaw – Léon Spilliaert – Robert Therrien – Shomei Tomatsu – Yves Trémorin – Riwan Tromeur – Raoul Ubac – Arnaud Vasseux – Wang Ya-Hui – Andy Warhol – Edward Weston – Yohji Yamamoto.

En savoir plus :
Sur le site du musée Réattu
Sur le site Marseille-Provence 2013
Sure la page Arles de Marseille-Provence 2013


[1] 1. Jean Arp, Jours effeuillés, poèmes, essais, souvenirs, 1920-1965, Paris, Gallimard, 1966

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