« Mon île de Montmajour » par Christian Lacroix avec le CIRVA, Arles

EntréeLibre parcours de Christian Lacroix à l’abbaye de Montmajour du 5 mai au 3 novembre 2013.
Exposition dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la Culture.

Montmajour est un lieu unique et  magique situé à cinq kilomètres d’Arles. La colline (Mons Majoris) était autrefois une véritable île entourée de marais et dont l’accès ne pouvait se faire qu’en barque. Autour du marais qui fournissait poisson, gibier et pâturages, s’est édifié un riche domaine agricole. Des moines bénédictins y  ont vécu jusqu’en 1790. Ils ont construit deux ensembles monastiques : le monastère Saint-Pierre (Xe-XVe siècles) et le monastère Saint-Maur (XVIIIe siècle). Après la Révolution, l’abbaye, dépouillée de ses pierres de taille et de ses charpentes,  a été réduit à l’état de ruine.

Pour le jeune Christian Lacroix, l’endroit était un véritable lieu d’aventure où il partait avec ses amis à la recherche d’un trésor disparu et imaginaire, le fameux collier de la reine… Ce terrain de jeux et d’escapades deviendra lieu « de rendez-vous d’amour et de travail, lieu de culture et de méditation ».

Créé il y a trente à Marseille, le CIRVA (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques) voulait depuis longtemps que Christian Lacroix mette en scène une sélection de pièces parmi les quelques 600 œuvres de verre qu’il détient… Le lieu qui restait  à trouver… et il le fut, lorsque Véronique Legrand et le Centre des monuments nationaux proposa à Christian Lacroix une carte blanche à Montmajour.

Le couturier arlésien explique dans le livret offert au visiteur : « j’ai pu choisir mes œuvres favorites parmi celles déposées au CIRVA depuis trente ans exactement cette année, et les disposer au fil des différents espaces du site, accompagnées de photos, peintures et  installations d’art contemporain ou de pièces su XVIIIe issues des collections de la Visitation de Moulins et provenant des couvents des Visitandines du Midi. Avec, aussi, une invitation particulière à Gérard Traquandi qui a réalisé dans l’église des toiles spécialement inspirées par les lieux. Ainsi que quelques costumes d’Opéra que j’ai créés pour une «Aïda» à Cologne
J’espère ainsi montrer l’abbaye de Montmajour sous un jour inattendu et authentique a la fois, et faire découvrir les collections du CIRVA en leur faisant rencontrer et raconter en filigrane un des monuments les plus particuliers du pays d’Arles et de la région marseillaise
».

On retrouve dans cette exposition la qualité, la séduction et l’intelligence des accrochages auxquels Lacroix nous a habitué depuis la mémorable carte blanche qui lui avait été offerte par le musée Réattu en 2008, en passant par l’invitation à dialoguer avec les Picasso d’Arles en 2012.

Les œuvres sont magistralement mises en valeur, leur intégration aux différents espaces du site est parfaite. Des dialogues souvent très riches se tissent entre les pièces présentées.

Les surprises sont multiples, parfois spectaculaires mais aussi pleines d’émotion et parfois teinté d’un humour plein de retenue…

Cette exposition d’une grande richesse est à découvrir de toute urgence, avant les afflences probables de la saison estivale. Sa très grande richesse nous conduit à envisager la publication, dans les prochains jours, d’une série de billets pour en présenter les éléments les plus marquants.

Premier billet : « Mon île de Montmajour » , dans la crypte Saint-Benoît…

Soulignons que le personnel présent dans le parcours de visite est particulièrement aimable et attentif. Il sait faire preuve de beaucoup de tact, de gentillesse et de pertinence dans ses échanges avec les visiteurs.

Quelques vues de l’exposition de Didier Plowy / CMN Paris  (Cliquez sur une photo pour lancer un diaporama)

En savoir plus :
Billet du 16 avril : Christian Lacroix investit l’Abbaye de Montmajour
Sur le site du centre des monuments nationaux
Sur le site de Marseille-Provence 2013
Sur le site Arles Marseille-Provence 2013
Sur le site du CIRVA

Le CIRVA (Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques)

Centre d’art contemporain créé en 1983 à l’initiative du Ministère de la Culture, le CIRVA est installé depuis 1986 à Marseille dans un ancien bâtiment industriel, en plein coeur du quartier Euroméditerranée. Atelier verrier de recherche et de création contemporaine, le CIRVA accueille des plasticiens, designers ou architectes ayant des pratiques variées et désirant introduire le verre dans leur démarche créatrice. Ces artistes développent leurs projets de recherche et de réalisation, assistés de l’équipe technique du Centre, selon les modalités et le rythme convenant à chacun des projets.

Les artistes accueillis se confrontent alors, le plus souvent pour la première fois, à une matière fascinante mais difficile à maîtriser. Chacun des artistes révèle dans le matériau ce qui contribue à enrichir sa propre démarche. Sous la conduite de l’artiste, l’équipe qui l’assiste s’efforce d’ajuster la palette des techniques et des savoir-faire disponibles au plus près du projet artistique. Cette attitude les amène quelquefois à inventer de nouveaux procédés, et parfois même les outils propres à leur collaboration. Par exemple, la technique Mistral – verre projeté à chaud – imaginée par Gaetano Pesce, est née au CIRVA et a fait l’objet d’un dépôt de brevet.

Depuis plus de vingt ans, le CIRVA a accueilli quelque 200 artistes pour des projets divers, dans les domaines de l’art contemporain et du design ou des arts décoratifs. Il possède une collection d’environ 600 œuvres qui sont montrées au cours d’expositions dans des musées, centres d’art ou galeries à travers le monde.

L’abbaye de Montmajour

Montmajour se dresse sur la vaste plaine marécageuse de la vallée des Baux. A 5 kilomètres d’Arles, le glorieux Mons Major des chartes médiévales n’est qu’une modeste butte calcaire de 43 mètres d’altitude, qui jadis, formait une véritable île cernée par des eaux mortes, et dont l’accès ne se faisait qu’en barque. Autour du marais primitif qui fournissait poisson, gibier, pâturages et plantes d’oeuvre, s’était constitué un riche domaine foncier de terres à blé, vignes, oliviers, bois, cours d’eau, moulins, salines, pêcheries avec leurs serfs, leurs tenanciers et leurs dîmes. Des moines bénédictins y vécurent selon la règle de Saint-Benoît de Nurcie jusqu’en 1790. Ils édifièrent deux ensembles monastiques.

Le monastère Saint-Pierre (Xe-XVe siècles) : de ce premier lieu subsiste l’ermitage Saint- Pierre en partie aménagé dans le rocher sud. La nécropole rupestre fut aménagée au sommet de la colline et autour de la chapelle funéraire Sainte-Croix (XIIe siècle), véritable reliquaire architectural. La tour Pons de l’Orme (XIVe siècle) surplombe ce premier ensemble et offre à son sommet un panorama vers Arles, Tarascon, La Crau, Les Alpilles.

Le monastère Saint-Maur (XVIIIe siècle) : lieu de vie de la communauté réformée bénédictine de Saint-Maur installée à Montmajour en 1639, il fut édifié à partir de 1703 jusqu’en 1736. Il est actuellement en cours de restauration avant son ouverture à la visite. À l’origine de l’abbaye, étaient présents des hommes ayant choisi la solitude et la méditation sur le rocher de Montmajour. Jadis cerné par des eaux mortes, le but premier du site était d’accueillir les morts. En quelques décennies, ces hommes donnèrent naissance avant l’an mille, à une puissante abbaye bénédictine, avec au sommet du rocher une grandiose abbatiale consacrée à la Vierge. Les grandes familles firent preuve de générosité envers l’abbaye qui devint une sorte de sanctuaire dynastique.

À la fin du XIIIe siècle, l’autorité de Montmajour également renforcée par la possession d’une relique – fragment du bois de la vraie croix – couvrait alors 56 prieurés. Ce fut dans le courant du XIVe siècle que la décadence de l’abbaye débuta, avec la terreur, la dévastation des terres et de la population par le passage des « Grandes Compagnies », les épidémies de peste, de famine… Au XVIIe siècle, Montmajour connut grâce à la congrégation de Saint-Maur, une restauration spirituelle et matérielle, ainsi que la construction de nouvelles bâtisses ; les marais furent asséchés permettant l’augmentation des terres cultivables. Après la Révolution, l’abbaye fut dépouillée de ses pierres de tailles, de ses charpentes… la réduisant à l’état de ruine. Il fallut attendre 1840 pour que Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, la fasse classer et la sauve. L’abbaye de Montmajour est ouverte au public par le Centre des monuments nationaux.