« Victor Vasarely de l’œuvre peint à l’œuvre architecturé », Fondation Vasarely – Aix en Provence

L’exposition qui ouvre le 1er juin, sur une surface de 700 m², s’inscrit dans la perspective de la rénovation en cours du bâtiment de la Fondation Vasarely. L’objectif affirmé est « de présenter l’œuvre de Vasarely comme un processus créatif qui, à partir de la pensée plastique originale de l’artiste, aboutit notamment aux Intégrations architecturales du bâtiment ».

Le communiqué de presse présente ainsi ce projet :

« Le titre de l’exposition annonce clairement le choix du commissaire Jean-Paul Ameline, conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, de présenter l’œuvre du maître (1906 – 1997) dans toute sa continuité et son originalité. Articulé autour de quatre thèmes : Premières Années, Noir et Blanc, Folklore Planétaire et Cité Polychrome du Bonheur, le parcours offre une saisie suggestive de la pensée plastique de Vasarely. Conçu en collaboration étroite avec l’équipe chargée de la rénovation en cours du bâtiment, l’objectif est de présenter l’œuvre comme un processus créatif qui, à partir de la pensée plastique originale du plasticien, aboutit notamment aux Intégrations architecturales du bâtiment. L’exposition rapproche ces œuvres monumentales ou de documents qui y aboutissent. Les peintures, sculptures, croquis, dessins, films, photographies ou objets exposés permettent de saisir la méthode utilisée par Vasarely pour déployer la totalité des applications virtuellement contenues dans ses « prototypes-départ «  ».

Nous reviendrons sur cette importante exposition dès que nous aurons eu l’occasion de la visiter.

Catalogue sous la direction de Jean-Paul Ameline, avec les textes de Jean-Paul Ameline, Claude Pradel Lebar, Jacques Repiquet, Claudine Ripoll et Philippe David. Aux éditions Hermann.

En pratique :
Du 1er juin au 18 septembre
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h. Ouverture les jours fériés.
Fondation Vasarely
Jas de Bouffan
1, Avenue Marcel Pagnol
13090 Aix-en-Provence

En savoir plus :
Sur le site de la Fondation Vasarely
Sur le site de Marseille-Provence 2013
Sur le site des éditions Hermann

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Jardin d’addiction de Berdaguer & Péjus au MuCEM, Marseille

Dans sa dernière Newsletter, le CIRVA (Centre International  de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques) à Marseille signale qu’une œuvre de Berdaguer & Péjus réalisée et mise au point en 2009-2011 au CIRVA sera  présentée au MuCEM dès le 7 juin.
Jardin d’addiction doit ouvrir la section « Au-delà du monde connu » dans la galerie de la Méditerranée du MuCEM.

Jardin d’addiction. Exposition « Jardin d’addiction », Abbaye de Silvacane, La Roque d’Anthéron, 2011 © CIRVA Collection CIRVA

Cette lettre d’information présente ainsi cette œuvre précédemment exposée à l’Abbaye de Silvacane :

« Cette œuvre, dont les formes sont inspirées des synapses du cerveau, contient des parfums de substances addictives (café, drogues, alcools) que l’homme utilise pour bouleverser sa perception du monde. Elle pose la question de ce qui attire l’être humain vers cette part inconnue de lui-même, vers l’inconnu dans l’absolu…, ce qui l’apparente à une métaphore du voyage ».

En savoir plus :
Sur le site du CIRVA
Sur le site des artistes

Manila Vice au MIAM à Sète

Manila02_1Un regard sur la création contemporaine philippine.
Du 13 avril au 22 septembre 2013.

Après nous avoir bousculé avec l’exposition My Winnipeg en 2011-2012, le MIAM nous propose cette année de découvrir dans Manila Vice un étonnant dialogue entre des productions du génie populaire filipinos et les œuvres de 23 artistes contemporains de Manille.

Dans l’introduction du catalogue publié aux éditions Fage, Hervé DiRosa raconte la genèse de cette exposition, et en particulier, sa rencontre de Manuel Ocampo en compagnie de Pascal Saumade, dans les années 90 en Californie.

DiRosa dit d’Ocampo qu’il «est un artiste unique en son genre, comme on en rencontre rarement dans une vie. Son œuvre « mêle » traditions religieuses coloniales, peinture figurative naïve et surréaliste, punk hardcore californien et tous les classiques européens de l’expressionnisme à toutes les figurations[…] Il aurait pu rester en Californie où il avait passé sa jeunesse dans une famille d’immigrés philippins, et travailler pour les plus grandes galeries nord-américaines, mais, fort de son succès, il préféra rentrer à Manille. Ainsi il s’attacha non seulement à construire une œuvre forte et complexe qu’il diffuse à travers le monde, mais aussi à inventer et gérer des galeries et des espaces pouvant accueillir la création contemporaine des Philippines »[1].

Les trois hommes  partagent une vision commune de la place de l’artiste et conçoivent l’idée d’accueillir une exposition dont le commissariat serait assuré par Manuel Ocampo avec la collaboration de Pascal Saumade à qui l’on doit de mémorables précédent à Sète[2].

Manuel Ocampo n’est pas un commissaire ordinaire. Bien entendu, il choisit de montrer ce  qu’il aime et ceux qu’il défend, mais surtout il nous fait percevoir  l’environnement intellectuel et  esthétique qu’il partage avec ces 23 artistes invités. Ils sont le reflet de la diversité d’approches artistiques nécessairement subjective en réaction aux très rapides changements matériels et culturels de l’archipel.

Douze d’entre se sont déplacé à Sète pour créer ou mettre en place certaines de leurs installations.

Ocampo ne lui présente aucune de ses œuvres à l’exception de la fresque The Vices qu’il a peint dans le hall du musée pour accueillir le visiteur… Son dessin préparatoire reproduit dans le catalogue montre clairement les références à une culture catholique avec les mots Pride (orgueil),  Sloth (paresse), Greed (cupidité) ou encore Lust (luxure), Envy (Envie), Gluttony (Gourmandise)…
Si le nom de l’exposition s’inspire de celui d’un bar de Manille et joue sur le titre d’une série TV à succès des années 1980, Ocampo affirme aussi que, « Manila Vice défend une esthétique de pacotille destinée à dénoncer le rôle oppressant de l’église catholique aux philippines. L’art présenté ici s’inspire du naufrage que représente la ville même de Manille»[3].

Face à la fresque de Manuel,la  gigantesque impression sur papier peint (5 x 3 m.) d’une photographie de MM Yu (A few of My Favorites things,2009) nous immerge dans un océan de déchets d’où Manille tente de surnager.

Dans la galerie ouverte sur le jardin, quelques courtes vidéos et les collages hallucinés de Dexter Fernandez, portraits photographiques monochromes  largement couverts de papiers découpés aux couleurs saturées, improbables tatouages…

Dans l’espace principal d’exposition, le troisième niveau reste réservé, comme d’habitude aux fabuleuses vitrines de Bernard Belluc, noyau de la collection permanente.

Le grand mur qui fait face aux mezzanines est entièrement occupé par Roméo Lee. DiRosa le présente comme un « Elvis filipino, le Johnny Rotten de Manille, le premier punk de l’océan Indien, ancêtre des graffiteurs, maître à peindre et à penser de Manuel et centre tellurique de ce bouillonnement créatif »[4]. Il est venu au MIAM, peindre sur ce mur noir une vaste fresque surréaliste Leebing Things qui met particulièrement en valeur ses huiles figuratives de format moyen.  On y perçoit de multiples influences dont celle probable de Tim Burton. De multiples points de vue sur cet ensemble sont assurés par les ouvertures pratiquées dans le décor de la scénographe Isabelle Allégret.

L’accrochage conçu par Manuel Ocampo et Pascal Saumade  associent avec beaucoup d’à propos Art Modeste et  Art Contemporain.

On trouve donc d’étonnants moyens de transport, certains issus du quartier le plus déshérité de Manille, où  « des « taxis », tricycles et sidecars bâchés handmade à moteur de tondeuse à gazon ont encore le droit de circuler. D’une beauté sauvage, ils rappellent les montures délirantes des bikers de Mad Max »[5]. Une des fameuses Jeepney,  ces Jeeps abandonnées par les troupes américaines et  rallongées de 8 à 24 places assises, a été collectivement décorée par les artistes présents à Sète pour le montage de l’expo.
Dans les montagnes de Baguio, chez les mâcheurs de Bétel, des personnages grandeur nature ont  été commandés aux sculpteurs à la tronçonneuse de Wood Carving. Pape, flics et Gloria Macapagal-Arroyo , ex-présidente de la république, ponctuent ainsi le parcours…
Collections de Lime Containers (boîtes à Bétel), de comics ou de jouets voisinent avec installations de bougies, de vierges et de saints en plastique made in China. Témoins d’un art populaire, ils ont aussi influencé d’une manière ou d’une autre le travail des artistes de Manila Vice.

C’est particulièrement évident  chez Gerardo Tan dont l’installation Apparition associe vidéo et étagère de bougies en forme de Vierge.  Son voisinage avec une statue du pape et celle de la très pratiquante Gloria Macapagal-Arroyo s’impose. Un peu plus loin, on remarquera un diptyque à l’huile Dead End, étrange paysage nocturne à la lumière phosphorescente.
Chez Kwayan de Guia, on retrouve les chromes et les paillettes qui décorent les  Jeepney dans son Jukebox Homage à Perfumed Nighmare et dans son installation Bomba avec ses étonnantes bombe à facettes !

Le rapprochement du travail de Dina Gadia dans l’esprit des affiches de cinéma des années 1950 avec l’abondante production de comics est une évidence.
Le film de MM Yu Untiled Manila montre d’étonnantes scènes tournées à l’occasion de la semaine sainte ou la flagellation des pénitents, la reconstitution de la crucifixion voisine avec les centurions romains en scooter…

La majorité des œuvres présentées reflètent l’extrême tension, l’énergie exubérante de la ville mais aussi ses multiples contradictions, ses excès, la drogue, la prostitution, la corruption, la grande pauvreté qui voisine avec une richesse tapageuse, l’architecture de verre et d’acier qui côtoie d’improbables quartiers de cabanes construites avec les moyens du bord…

On remarque ainsi  Detritus Mindfield of Reality, installation mise en in situ par Carlo Ricafort. Deux installations de la jeune Maria Joena Zoleta 5 $tar Hotel  et Kinder Garden illustrent très explicitement l’urbanisme « créatif » de la population. Sa peinture est un étrange mélange de l’univers de la poupée Barbie et d’allusions sexuelles explicites.

La peinture est très présente dans l’exposition. Manuel Ocampo explique que c’est « un medium peu cher, accessible et qui se porte bien à la profusion visuelle viscérale de la ville – saleté,pollution et parfum bon marché »[6].

Avec beaucoup de pertinence, l’accrochage permet aux œuvres de s’exprimer, de dialoguer entre elles. Pas de discours, mais une volonté de partage, de surprendre et d’émouvoir. Une large place est laissée au visiteur pour qu’il construise sa propre vision de Manila Vice. Soyons honnête, tout n’est pas remarquable… Mais la sincérité du travail présenté est évidente. Il est impossible d’être indifférent à l’énergie qui se  dégage de ces œuvres. La découverte de ces artistes méritent  sans aucun doute le déplacement à Sète !

Le MIAM s’est associé au Carré Sainte-Anne à Montpellier . Numa Hambursin y propose une exposition personnelle de Manuel Ocampo pendant la même. Bien entendu, la visite des deux expos s’impose.

Grâce à un partenariat entre le MIAM et K-LIVE,  Roméo Lee, Carlo Ricafort et Jayson Oliveria,  ont réalisé, début avril 2013, un wall painting dans le centre ville de Sète, place des puces (rue de la Révolution). Cette fresque vient enrichir le MaCO (Musée à Ciel Ouvert) de Sète.

Liste des artistes :
Poklong Anading, Argie Bandoy, Bea Camacho, Valeria Cavestany, Lena Cobangbang, Louie Cordero, Maria Cruz, Gaston Damag, Kawayan De Guia, Dex Fernandez, Arvin Flores, Dina Gadia, David Griggs, Robert Langenegger, Romeo Lee, Pow Martinez, Jayson Oliveria, Katwo Puertollano, Carlo Ricafort, Timo Roter, Gerardo Tan, Mm Yu, Maria Jeona Zoleta

En savoir plus :
Sur le site du MIAM
Sur la page Facebook du MIAM
Catalogue publié aux éditions Fage
Sur le site KLive


Sujet de la télévision publique greque (ERT) – Interview en anglais de Manuel Ocampo


[1] Hervé DiRosa, Manila Vice, catalogue de l’exposition, p. 9
[2] Au MIAM entre autres : Cinemodeste , il était une fois de Broadway à Accra, 2002.  L’art modeste sous les bombes, 2007. Kitsch Catch, 2008. Sur le Fil, 2009.
[3] Manuel Ocampo, Temête sous un crâne, catalogue de l’exposition, p. 24
[4] Hervé DiRosa, p.12
[5] Pascal Saumade, Next exit to Manila, catalogue de l’exposition, p. 56.
[6] Manuel Ocampo, p. 26

« le MasToc, bâtiment décoiffé » – Quartier Griffeuille, Arles

Situé à l’Est d’Arles, le quartier de Griffeuille n’est pas une cité mais 
un quartier dont l’histoire a été dominée 
par l’implantation des ouvriers du chemin de fer au XIX°.

En 2012 de nombreux arlésiens de Griffeuille et d’ailleurs ont été associé à une exposition « De César à Griffeuille, on a trouvé un raccourci », photographiés en porteurs de pierres, en «Atlas locaux» portant le monde.
Cette année, dans le cadre de Marseille-Provence 2013, les artistes des Pas Perdus ont entrepris la construction du MasToc : un bâtiment-sculpture temporaire, intègré au paysage, qui a pour ambition d’interprèter « des visions, des rêveries, des jeux d’esprit formulés et co-portés avec les habitants devenus pour un moment des occasionnels de l’art».

Le « MasToc, un bâtiment décoiffé » est un projet mené dans le cadre du programme Quartiers Créatifs  de Marseille-Provence 2013

Inauguration du MasToc à Arles vendredi 31 mai 2013
Exposition gratuite ouverte du 1er juin au 29 septembre 2013.

En pratique :
Quartier Griffeuille
Esplanade Jules Vallès
13200 Arles

En savoir plus :
Sur le site Marseille-Provence 2013
Sur le site Les Pas Perdus
Sur l’exposition « De César à Griffeuille, on a trouvé un raccourci »

Sète #13 de Cédric Gerbehaye à la MID – Sète

Après le succès de la 5° édition du festival ImageSingulières, l’exposition Sète #13 de Cédric Gerbehaye se poursuit à la Maison de l’Image Documentaire jusqu’au 27 juillet.

Cédric Gerbehaye est le sixième photographe invité en résidence à Sète. Son travail a été présenté à la Chapelle du quatier haut, pendant le Festival.
Un ouvrage  » Sète #13 » a été co-édité avec le Bec en l’Air.

L’extrait suivant, signé Christian Caujolle, exprime parfaitement le travail de ce journaliste de formation et membre de l’agence VU’ :

« C’est Sète en hiver. Sète en noir et blanc telle que l’a vue Cédric Gerbehaye. Sète comme une découverte en terre inconnue pour celui qui nous a davantage habitués aux travaux au long cours loin, en Palestine ou au Congo, pour des travaux ambitieux documentant des univers en crise en proie à leur histoire. Sète comme un retour vers l’Europe, vers des racines aussi, Sète comme une pause dans le travail entrepris en Belgique, pour la première fois, chez lui après avoir passé tant de temps ailleurs. Sète – comme tous les travaux antérieurs – se retrouve cadrée au plus près, au plus précis, on dirait au scalpel si l’on ne craignait de laisser croire qu’il y a là quelque chose de froid, de sec. La redoutable acuité du regard se nuance en effet des vibrations de la lumière d’hiver, qui révèle sans exalter, qui module sans caresser. Pas de bavardage, de verbiage, de joliesses ou de tentative de narration, d’explication, aucun carnet de route. Le contraire, en somme de ces grands ensembles entrepris après un énorme travail de documentation sur les enjeux socio politiques, sur la façon dont l’histoire traverse le présent. Non, il s’agit d’arpenter, de voir, de donner à voir ce que l’on a perçu, croisé et vu. D’espérer que la rigueur permettra de donner à tout cela une consistance. De documenter au vrai sens du terme, en assumant l’impossibilité à être « objectif » ou exhaustif autant qu’en revendiquant l’envie de se confronter à un inconnu si proche comme à des inconnus qui nous sont contemporains. »

En savoir plus :
Sur le site de la Maison de l’Image Documentaire
Sur le site du Festival ImageSingulières
Sur le site de l’Agence VU’
Sur le site du Bec en l’Air