Esprit de famille au FRAC LR à Montpellier

Jusqu’au 7 mars prochain, le FRAC présente Esprit de famille, une exposition conçue avec l’Éducation nationale. Si l’objectif est de confronter les élèves de l’académie à une sélection d’œuvres issues de la collection du FRAC, l’exposition intéressera également amateurs et curieux. C’est avec plaisir que l’on retrouve plusieurs pièces vues récemment et que l’on (re)découvre des œuvres moins souvent montrées. Cet Esprit de famille rassemble Benoît Broisat, Belkacem Boudjellouli, Gérard Collin-Thiébaut, Daniel Firman, Joan Fontcuberta, Filip Francis, Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet, Man Ray, Javier Tudela, Patrick Van Caeckenbergh.

Daniel Firman, Trafic, 2002
Daniel Firman, Trafic, 2002, plâtre, vêtements, objets divers, 200 x 130 x 80 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. Photo Christian Perez. Collection Cnap, Paris, dépôt au Frac Languedoc-Roussillon

L’accrochage est naturellement construit sur des objectifs pédagogiques, mais ces derniers n’entravent jamais la fluidité, la cohérence et l’intérêt du parcours. Il offre d’agréables surprises, et laisse au regardeur une large place pour construire ses propres conversations avec les œuvres.

Une large cimaise coupe opportunément l’immense salle d’exposition et ménage ainsi une zone d’accueil.

Planté au milieu de ce mur, Trafic, de Daniel Firman, un autoportrait grandeur nature, dont la tête semble disparaître dans un amas d’objets hétéroclites, attire immédiatement le regard.

De chaque côté, on retrouve avec intérêt quatre des témoins de Benoît Broisat. Cette collection de diptyques associe un article de presse à un objet visible sur la photographie que l’artiste a récupéré après un étonnant travail d’enquête et de négociation. Ces associations interrogent sur la « réalité » des produits médiatiques et interpellent le visiteur sur les histoires qui accompagnent la quête de ces objets, sauf  à mettre en doute leur authenticité.

Seul un visiteur particulièrement attentif repérera Tu m’adores, tu m’énerves, copie d’après tu m’… de Marcel Duchamp, une toile de Filip Francis, installée en hauteur, au dessus des rayonnages, face à l’accueil… D’autres oeuvres « jouissent » d’un accrochage aussi inattendu. On conseille donc de prendre la fiche qui permet d’identifier les œuvres… et de les localiser !

Gérard Collin-Thiébaut, Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1997
Gérard Collin-Thiébaut, Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1997, bois, photographie sur PVC, 313 x 664 x 120 cm

Dans la vaste salle d’exposition, la reproduction photographique d’un enterrement à Ornans, de  Gérard Collin-Thiébaut, aux dimensions exactes du tableau de Gustave Courbet ( 313 x 664 cm ), attire comme un aimant. Dans un face à face tendu,  les trois jeunes de quartiers de Belkacem Boudjellouli semblent jauger les personnages sans visage de Courbet.

Belkacem Boudjellouli, Sans titre, 1997
Belkacem Boudjellouli, Sans titre, 1997, diptyque, fusain et acrylique sur toile, 2 x (200 x 120 cm)

Il faut un peu d’énergie pour quitter ce champ  de forces et pour revenir aux œuvres de taille plus modeste…  et ne pas oublier les petits habitacles bricolés de Javier Tudela.

Dansé 1 §,  une étonnante photographie d’un personnage en lévitation de Daniel Firman, entretient un curieux dialogue avec deux pièces d’Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet.

Si le danseur paraît être en apesanteur, Nuage #3, sculpture en marbre blanc, reproduction en 3D d’un détail d’une peinture vénitienne de la Renaissance, semble peser lourdement sur son socle. Les bandes de couleurs acidulées de Sunset 14S font écho au revêtement du sol sur lequel  plane le danseur de Firman.

Le fond de la salle est occupé par plusieurs échanges entre les œuvres de Gérard Collin-Thiébaut et celles de Filip Francis, autour des figures de Duchamp et de Courbet.


Du premier, le Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, de sa série des Défigurations critiques, rappelle, par bien des aspects, le L.H.O.O.Q.de Duchamp. Il était donc logique de rapprocher cette grande « machine de foire » de la Vélodie amoureuse, une sculpture par métaphore, évocation humoristique du tabouret et de la roue de bicyclette, premier ready-made duchampien…

Filip Francis, utilise la figure de Duchamp pour deux toiles (Profil de M.D.et Broyeuse de chocolat de M.D) qui jouent avec les limites de la perception…
En face, il convoque Courbet, et, avec sa Copie de « La rencontre » de Courbet dans le champ de vision périphérique, il interroge les limites de la vision. Pour les toiles de cette série, dans le champ de vision périphérique, « au lieu de fixer son regard au centre du sujet, il le déplaçait pour situer ce dernier dans les zones périphériques du cône de vision, acceptant la perte de contrôle que le procédé implique tout en faisant apparaître aussi bien les distorsions engendrées au niveau de la forme que les implications non visuelles de l’acte de peindre, comme le rôle du geste, de l’intelligence et de la mémoire ».

Joan Fontcuberta, Man Ray / Duchamp, de la série « Orogenèse », 2006
Joan Fontcuberta, Man Ray / Duchamp, de la série « Orogenèse », 2006, tirage argentique viré au sélénium, 75 x 100 cm. Collection Frac Languedoc-Roussillon. © Adagp, Paris 2015

Un peu plus loin, on retrouve avec plaisir, les Orogenèses de Joan Fontcuberta,  que le FRAC nous avait présenté l’été dernier. Le catalan utilise un logiciel de cartographie 3D qui traduit n’importe quelle image par une combinaison d’éléments de paysage : montagnes, vallées, fleuves, roches, nuages… Il produit ainsi des paysages plus ou moins fantastiques. Si ces images sont des produits numériques, réalisés sans appareil-photo, les épreuves exposées sont des tirages argentiques virés au sélénium.

L’une des deux Orogenèses est intitulée Man Ray / Duchamp, elle conduit logiquement à une série de dix photographies de Man Ray. Bien entendu, on y retrouve deux portraits de Duchamp Tonsure et  Rrose Sélavy !

Entre les paysages numériques de  Fontcuberta et les épreuves de Man Ray, Arboretum, l’installation de Patrick Van Caeckenbergh est une étonnante et merveilleuse découverte. Boîte à enchantement, herbier improbable, album de timbres qui rassemble des photographies extravagantes, classification saugrenue et  abracadabrante, délicieuse machine à divaguer et à rêver… entre collage et bricolage.

Esprit de famille est une proposition qui mérite sans aucun doute un passage par la rue Rambaud.
Attention, c’est jusqu’au 7 mars.

Le commissariat est  assuré par Cyril Bourdois, Inspecteur d’académie-Inspecteur pédagogique régional Arts plastiques et Julie Six, enseignante d’Arts plastiques. On lira ci-dessous la présentation de leur projet.

En savoir plus :
Sur le site du FRAC LR
Télécharger la fiche pédagogique
Sur les sites de Benoît Broisat, Belkacem Boudjellouli (Vasistas), Gérard Collin-Thiébaut, Daniel Firman (Galerie Perrotin), Joan Fontcuberta (àngels barcelona), Filip Francis (Galerie Jean Brolly), Anne-Marie Jugnet et Alain Clairet, Man Ray, Javier Tudela, Patrick Van Caeckenbergh (Galerie InSitu Fabienne Leclerc et Zeno X Gallery)
Les œuvres de la collection du FRAC LR sont visibles en ligne, avec le module Navigart de Videomuseum.

À noter :
Rencontre avec Belkacem Boudjellouli au Frac, le jeudi 5 mars 2015 à 10h
Atelier relaxation avec la chorégraphe Maud Chabrol, dans l’exposition, le vendredi 6 mars 2015 de 13h à 14h

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Tropisme 2015, Machine à habiter à La Panacée

Comme le rappelle le communiqué de presse, pour sa première édition, le Festival Tropisme 2014 affirmait : « Tropisme, un festival qui se pose des questions sur demain, qui décortique les mutations d’un monde en manque de repères, qui aimerait mettre un grand coup de pied dans un modèle culturel qui n’est plus adapté aux révolutions technologiques, esthétiques et sociales que l’on traverse… rien que ça ! »

Pour sa deuxième édition, du 25 février au 15 mars, Tropisme informe qu’il installe une vaste Machine à habiter à La Panacée, en coproduction avec le Centre de culture contemporaine de Montpellier.

EXYZT_dormir -®Julie Guiches
EXYZT_dormir -®Julie Guiches

Son directeur artistique,  Vincent Cavaroc,  nous propose « [d’]habiter le temps, en étendant significativement sa durée (de 5 jours, le festival passe à 3 semaines). Mais aussi et surtout habiter l’espace, en répondant à l’invitation de La Panacée à occuper ses murs à travers une programmation qui mêlera installations, concerts, créations architecturales et culinaires, rencontres, projections, jeux vidéos, boums et ateliers. Au centre de ce projet, le collectif EXYZT signera là sa dernière action avant de tirer sa révérence après 12 ans d’activités. Composé d’artistes, d’architectes, de constructeurs, de botanistes et de graphistes, EXYZT a été remarqué notamment en 2006 pour leur participation à la Biennale d’architecture de Venise. Pour Tropisme, le collectif transformera La Panacée en lieu de vie modulable, pensé comme une boite à outils permettant de multiples déploiements. Cette machine à habiter s’emparera des espaces d’expositions qui deviendront tantôt salon de conversations, ciné-club, chambres à coucher, mini-discothèque pour enfants, plateau radio, imprimerie… ».

On attend avec intérêt les architectures éphémères modulables du collectif EXYZT, Arcade ! de Nicolas Rosette et Laurent Monnier et The Giant Map, la carte interactive à piétiner de Takayuki Fukatsu & Akira Iwaya.

FA-Marseille-exposition Fenêtre augmentée, Friche Belle de Mai / Zinc, Marseille, 2013 - © Thierry Fournier et les artistes 2011-2015
Fenêtre augmentée, Friche Belle de Mai / Zinc, Marseille, 2013 – © Thierry Fournier et les artistes 2011-2015

On verra si la Fenêtre augmentée de Thierry Fournier nous séduira plus que celle qu’il avait proposée à la Friche Belle de mai, à Marseille, en 2013 ou au Centre Pompidou, en 2011…

On revient sur cette Machine à habiter dans les prochains jours.

En savoir plus :
Sur le site du Festival Tropisme
Sur la page Facebook du Festival Tropisme
Sur le site de La Panacée
Sur le site du collectif EXYZT
Sur la page Facebook du collectif EXYZT

Trankat à La Friche Belle de mai, Marseille

Jusqu’au 19 avril 2015, Sextant &+présente Trankat, une exposition collective qui présente des œuvres produites, dans le cadre d’une résidence d’artistes à Tétouan, depuis 2013.
Nom de la rue principale de la médina, Trankat est une résidence qui confronte des artistes internationaux et marocains, des artisans locaux et des étudiants des trois écoles d’art de la ville.

Les œuvres ont été réalisées par Saïd Afifi, Fouad Bouchoucha, Christophe Berdaguer & Marie Péjus, Jordi Colomer, Simohammed Fettaka, Ismaël, Mourad Krinah, Olivier Millagou et Moussa Sarr.

L’exposition, au 3ème étage de la Tour Panorama de la Friche belle de mai, est simple, efficace et particulièrement  réussie.
Le parcours s’organise autour d’un îlot central obscur indispensable aux pièces qui exigent un contrôle de la lumière. La mise en espace offre des espaces  généreux aux différentes propositions artistiques. L’accrochage propose des rapprochements opportuns et des confrontations judicieuses. L’éclairage, soigné, permet une excellente mise en valeur des pièces en volume, des photographies, des impressions et des vidéo-projections. L’enchaînement des propositions rythme la visite avec pertinence.

Chaque proposition est accompagnée d’un texte de salle avec un cartel, quelques repères biographiques et une brève présentation de la démarche artistique, souvent accompagnée d’une citation de l’auteur. À l’entrée, un texte d’introduction précise, avec clarté, les intentions de la résidence et de l’exposition.

Il faut remercier Sextant & + et les deux commissaires, Véronique Collard Bovy et Bérénice Saliou pour la qualité de cette exposition, la valorisation des œuvres présentées et le respect public. Une proposition qui mérite sans aucun doute un déplacement à La Friche.
On salue également l’engagement de la résidence Trankat, son rôle de passerelle entre les deux rives de la Méditerranée, et les pistes de réflexion qu’elle nous offre.

Trankat_1
Trankat – Dar Ben Jelloun – la résidence

On trouvera ci-dessous les éléments biographiques et les intentions artistiques présentés par le dossier de presse. On consultera avec intérêt le site de la résidence Trankat.

En savoir plus :
Sur le site de Sextant & +
Sur la page Facebook de Sextant & +
Sur le site de la Friche belle de mai
Sur le site de Trankat
Sur la page Facebook de Trankat

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Margaret Honda, Sculptures à la Friche La Belle de Mai

À l’occasion de ses 20 ans, Triangle France présente, jusqu’au 19 avril, la première exposition personnelle en Europe de l’artiste américaine Margaret Honda. Son projet Sculptures est  conçu comme une surprenante tentative de rétrospective organisée autour de trois éléments…

Sculpture

Margaret Honda, Sculpture, 2015, bois, placoplâtre, peinture, Triangle France
Margaret Honda, Sculpture, 2015, bois, placoplâtre, peinture, Triangle France

Une installation labyrinthique occupe la totalité du plateau au 4eme étage de la tour-panorama de La Friche. Intitulée Sculpture, cette installation circulaire est une juxtaposition de répliques grandeur nature des anciens ateliers de Margaret Honda. Les volumes sont matérialisés par des cloisons de bois et de placoplâtre peint en blanc, sans aucun détail architectural…  Ils sont entièrement vides, aucune œuvre est exposée !

Wildflowers

Margaret Honda, Wildflowers, 2015, film 16mm, négatif noir et blanc développé sur du film couleur, son optique, 03’09’’, Triangle France
Margaret Honda, Wildflowers, 2015, film 16mm, négatif noir et blanc développé sur du film couleur, son optique, 03’09’’, Triangle France

Au centre de cet espace, dans un vide laissé disponible, Margaret Honda a choisi de projeter un film réalisé en 16mm, Wildflowers,2015. Pendant un peu plus de trois minutes, un rectangle lumineux est accompagné d’un commentaire lu par deux narrateurs…

Writings 

Margaret Honda, Writings, 2015, ouvrage publié par Triangle France et le Künstlerhaus Bremen, Triangle France
Margaret Honda, Writings, 2015, ouvrage publié par Triangle France et le Künstlerhaus Bremen, Triangle France

Troisième élément du projet Sculpture, Writings est un ouvrage qui regroupe un ensemble de textes écrit par Margaret Honda sur son propre travail…
Coédité avec le Künstlerhaus Bremen qui accueillera, en 2016,une suite de cette exposition, il s’agit d’un tirage limité, numéroté et signé par l’artiste. Ce «catalogue raisonné» est disponible à la librairie de la Friche.

Sculpture, 2015, bois, placoplâtre, peinture
Wildflowers, 2015, film 16mm, négatif noir et blanc developpé sur du film couleur, son optique, 03’09’’
Writings, 2015, ouvrage publié par Triangle France et le Künstlerhaus Bremen

Le commissariat a été confié à Tenzing Barshee, invité par les trois directrices successives de Triangle France, Sandra Patron, Dorothée Dupuis et Céline Kopp.

Sculptures est une production de Triangle France avec  Le Cartel, fédération d’associations arts visuels basées à la Friche la Belle de Mai (avec ART-O-RAMA, Astérides, Documents d’artistes, Le Dernier Cri et Sextant & Plus), La Friche La Belle de Mai et Mécènes du Sud.

Sculptures ne manquera pas de surprendre et d’interloquer les visiteurs. Les réactions seront très certainement vives et diverses… Il est peu probable que cette proposition laisse son public indifférent.

En savoir plus :
Sur le site de Triangle France
Sur le site de la Friche La Belle de Mai
Sur le site de Margaret Honda

Continue reading Margaret Honda, Sculptures à la Friche La Belle de Mai

Ville de Montpellier : les expositions 2015

Lors d’une conférence de presse, le 10 févier à La Panacée, Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la Métropole a présenté la programmation des expositions en 2015 dans les lieux de culture gérés par la Ville de Montpellier.

La Panacée :

Avec sa programmation pour 2015, la situation de La Panacée est aujourd’hui plus lisible.
Elle accueillera trois manifestations  en partenariat avec des acteurs locaux et trois expositions programmées par l’équipe :

Machine à habiter. Coproduction Festival Tropisme / La Panacée. Du 25 février au 15 mars 2015.

machine_a_habiter
La coproduction de « Machine à habiter » donnera lieu à une série d’installations et d’évènements avec notamment EXYZT, Takayuki Fukatsu & Akira Iwaya, Arcade!

Festival Les Boutographies 2015. Production Grain d’image. Du 4 avril au 26 avril 2015

Boutographies 2015_1
Les Boutographies quittent donc  le Pavillon Populaire pour La Panacée… Les raisons de ce déménagement restent assez obscures… En effet, ce lieu, destiné à la photographie, est particulièrement bien équipé, notamment en matière d’éclairage, pour offrir d’excellentes conditions d’exposition. Souhaitons que Les Boutographies disposent des mêmes moyens à La Panacée…

Global Snapshot (Instantanés d’un paysage de l’information). Production La Panacée. Du 16 mai au 24 mai 2015.
Gwenola Wagon, Globodrome, 2009-2012 62 min, couleur et N & B Version originale anglaise, sous-titres français.   Réalisation : Gwenola Wagon. Avec la voix de Julian Penney. Musiques et remixage de Cédric Moreau et Geoffroy Wagon.
Gwenola Wagon, Globodrome, 2009-2012
62 min, couleur et N & B Version originale anglaise, sous-titres français.
Réalisation : Gwenola Wagon. Avec la voix de Julian Penney. Musiques et remixage de Cédric Moreau et Geoffroy Wagon.

Franck Bauchard, directeur artistique de La Panacée annonce « une manifestation d’un format singulier, combinant, exposition, laboratoire, performances, conférences, projections, connexions à distance, ateliers… pour interroger par les moyens de l’art notre rapport au flux d’information, à l’interconnexion permanente et à la globalité ».
Programme alléchant, mais on est surpris par la brièveté de ce projet… à peine une semaine !!!

His Master’s Voices. Coproduction La Panacée et HMKV Dortmund. Du 20 juin au 20septembre 2015
Asta Gröting, Convention / ces poupées qui disent oui 2, 2000, b/w photo, 224 x 129 cm  © VG Bild-Kunst, Bonn 2013, courtesy of the artist
Asta Gröting, Convention / ces poupées qui disent oui 2, 2000, b/w photo, 224 x 129 cm
© VG Bild-Kunst, Bonn 2013, courtesy of the artist

Initialement prévu pour le mois de Janvier 2015, cette exposition a été conçue par le Hartware MedienKunstVerein de Dortmun.  Elle aborde des relations entre la voix et différentes technologies de l’image et du son. Une partie de l’exposition sera adaptée pour Montpellier, avec en particulier The Forty parts Motet de Janet Cardiff.

Drawing Room 2015. Salon du dessin contemporain. Du 7 au 11 octobre 2015
Drawing Room, 2013 © Montpellier Magazine
Drawing Room, 2013 © Montpellier Magazine

Le salon montpelliérain du dessin contemporain survivra-t-il à son interruption en 2014 ?
En effet, cette interruption était plutôt malvenue, au moment où se créait Paréidolie à Marseille en même temps qu’Art-O-Rama, qui s’affirme comme un événement important de la rentrée dans le midi. Existe-t-il une place pour ces deux événements, avec des dates si proches ?
La vitalité des acteurs de l’art contemporain à Marseille ne risque-t-elle pas de faire de l’ombre au salon montpelliérain ?

Scène de l’imaginaire automate. Co-production La Panacée et MAMCO Genève. Du 21 novembre 2015 au 28 février 2016
Nathaniel Mellors, The Object, 2010 Silicone, métal, animatronic, pâte à papier, pompe, seau, 200 x 300 cm Courtesy de l’artiste, Matt’s Gallery Londres ; Monitor, Rome et Stogter van Doesburg, Amsterdam
Nathaniel Mellors, The Object, 2010
Silicone, métal, animatronic, pâte à papier, pompe, seau, 200 x 300 cm. Courtesy de l’artiste, Matt’s Gallery Londres ; Monitor, Rome et Stogter van Doesburg, Amsterdam

Conçue par le Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCO) de Genève, Scène de l’imaginaire automate devrait « s’inspire de l’histoire de la médecine à Montpellier et interroge la figure de l’automate à partir de la pensée médicale de l’homme/machine, une conception réactualisée aujourd’hui alors que les machines empruntent les caractéristiques du vivant. »

L’exposition fait l’objet d’un partenariat avec l’Université de Montpellier dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Elle devrait s’accompagner d’une valorisation des collections de l’Université (conservatoire d’anatomie, bibliothèque des sciences, collection Orfila & Rouvière, collection du LIRMM).

Pavillon Populaire :

Le déménagement des Boutographies pour La Panacée n’augmentera pas le nombre d’expositions au Pavillon Populaire. On retrouve le regard habituel sur l’histoire de la photographie… Les approches plus contemporaines que l’on avait pu apprécier en 2014 avec Changements d’état  de Patrick Tosani devraient être absente cette année.

La vie en Kodak – Colorama publicitaire de 1950 à 1970. Co-production Pavillon Populaire et Musée  Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saone. Du 25 mars au 17 mai 2015

La vie en Kodak - Pavillon Populaire_1Entre les années 1950 et 1990, Kodak produit des Colorama, images publicitaires panoramiques en couleurs de taille monumentale (certaines de 18 mètres de long !). L’exposition présentera 80 tirages réalisés à partir d’Ektachrome d’époque recueillis par le Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône.

Jakob Tuggener, Fabrik/ l’Usine : une épopée industrielle 1932-1952. Du 1er juillet au 18 octobre 2015
Photographies © Jakob Tuggener_1
Photographies © Jakob Tuggener

Avec cette exposition, le Pavillon Populaire devrait poursuivre son approche historique de la photographie. Gilles Mora proposera une sélection de 130 photographies issues du fonds Jakob Tugenner, étude originale sur la relation de l’homme avec le monde des machines, dans la Suisse des années 30…

Denis Roche, Photolalies. Du 18 novembre 2015 à fin février 2016
19 juillet 1978, Taxco, Mexique, Hôtel Victoria, chambre 80 © Denis Roche
19 juillet 1978, Taxco, Mexique, Hôtel Victoria, chambre 80 © Denis Roche

Pour cette dernière exposition 2015, Gilles Mora présentera une rétrospective de son ami  Denis Roche, lié au mouvement de la « photobiographie », porté par Les Cahiers de la Photographie, dont Roche est l’un des membres fondateurs avec Gilles Mora, Bernard Plossu et Claude Nori.

Carré Sainte-Anne :

En raison de travaux programmés pour la fin d’année, le Carré Sainte-Anne n’accueillera que deux expositions cette année. Les productions artistiques qui héritent des mouvements de la modernité ou la fin des avant-gardes des années 60 sont toujours au rendez-vous… L’art contemporain sera une nouvelle fois apporté par les Amis du Musée Fabre, avec  Joana Vasconcelos. L’enjeu reste toujours la confrontation à l’espace très particulier du Carré Sainte-Anne.

Léopold Rabus. Du 27 février au 3 mai 2015

Leoplod Rabus - Carré Sainte-Anne_1On retrouvera l’univers étrange et surréaliste de Léopold Rabus, découvert à Sainte Anne, dans l’exposition Signs of the Time, montée par Richard Leydier, en 2013.

Joana Vasconcelos. En partenariat avec les Amis du Musée Fabre. Du 10 juin au 1er novembre 2015
Joana Vasconcelos - Lilicoptère, 2012_1
Joana Vasconcelos – Lilicoptère Château de Versailles, 2012 – Photo: Kisa Lala

On attend avec curiosité la manière dont Joana Vasconcelos occupera l’espace de Sainte-Anne. Espérons que sa proposition sera à la hauteur de l’installation de Chiharu Shiota, After the dream, que les Amis du musée Fabre nous avait présenté en 2013.
Souhaitons aussi que son projet sera moins polémique et surtout plus convaincant que son accrochage à Versailles, en 2012…

Espace Dominique Bagouet :

La programmation poursuit l’exploration des figures du patrimoine artistique régional et la mise en valeur d’artistes travaillant à Montpellier et dans la région.

Patrice Palacio : JE_X. Du 4 mars au 19 avril 2015

Pacrice Palacio Espace Bagouet_1
Peintre montpelliérain de 37 ans, Patrice Palacio commence à avoir une renommée nationale. Il n’a jamais exposé dans sa ville… Cette exposition sera donc l’occasion de découvrir son travail.

Pierre Marquès :  Las doce campanadas (titre provisoire) à l’occasion de la 30e Comédie du Livre.  Mai 2015
Fantômes 2012 – Extrait  du roman graphique Tout sera oublié - Actes-Sud 2013 – technique mixte sur impression laser - 29,7 x 42 cm - © Pierre Marquès
Fantômes 2012 – Extrait du roman graphique Tout sera oublié – Actes-Sud 2013 – technique mixte sur impression laser – 29,7 x 42 cm – © Pierre Marquès

Né à Beziers, Pierre Marquès vit et travaille à Barcelone. Son travail actuel est essentiellement basé sur la mémoire historique. Il inclut livres, peintures et vidéos installations.

Salon du Livre d’Artiste. Du 29 au 31 mai 2015, pendant la 30e Comédie du Livre
Une dizaine d’éditeurs de livres d’artiste de France et d’Espagne présenteront leurs ouvrages.

Hommage à Georges Dezeuze. Du 24 juin au 8 novembre 2015.
© Georges Dezeuze
© Georges Dezeuze

Élève de  l’École des Beaux-arts de Montpellier en compagnie de Camille Descossy ou Albert Dubout, il y enseigne de 1945 à 1972. Avec le soutien de la famille et de son fils Daniel, acteur de Supports-Surfaces, l’exposition,  rendra hommage à son travail.

José Salles-Albella. Du 2 décembre 2015 au début février 2016
Par tout le haut – 90 x 130 cm – Nov 2014 © José Salles-Albella
Par tout le haut – 90 x 130 cm – Nov 2014 © José Salles-Albella

Ce sera donc l’occasion pour le public montpelliérain de découvrir la peinture figurative de José Salles-Albella, régisseur à l’École des Beaux-arts de Montpellier.

Espace Saint-Ravy (premier semestre) :
  • Marc Gaillet – In_Justice. Du 24 janvier au 15 février 2015
  • Sonia Bazantay. Du 28 février au 22 mars 2015
  • Xtrem et Dezem. Du 28 mars au 19 avril 2015
  • Les Briscarts – 17eme parcours d’Ateliers d’Artistes. Du  25 avril au 26 avril 2015
  • Outilne 2 – Montana Gallery. Du 2 mai au 24 mai 2015

 

Au-delà de cette riche programmation, la conférence de presse a été l’occasion pour le maire de souligner les ambitions de sa politique culturelle et de répondre aux questions de la presse.

À propos de La Panacée, Philippe Saurel a réaffirmé ce qu’il avait annoncé, au début décembre 2014, lors d’un vernissage au Musée Fabre (lire notre billet ici). Il souhaite que l’établissement passe rapidement sous la tutelle de la Métropole.
Suite aux échanges avec la salle, il semble assez évident que le Centre de Culture Contemporaine a été l’enjeu (pour ne pas dire l’otage) de conflits « politiques » assez troubles au sein de la municipalité…
Si la situation de La Panacée apparaît aujourd’hui comme « normalisée »…  Tout indique qu’il y a une certaine réorientation du projet. Philippe Saurel rappelle avec insistance que La Panacée est dévolue aux arts numériques, et parfois même simplement à un numérique générique dont on comprend assez mal les limites. Rappelons que le projet présenté dans le dossier de presse lors de l’ouverture du lieu définissait un périmètre un peu plus large et ambitieux à l’établissement : « Avec les innovations numériques au cœur du projet, ce centre de culture contemporaine favorisera la transdisciplinarité, en présentant des expositions et manifestations dans les trois domaines de l’art contemporain, de la création numérique et des nouvelles formes d’écritures, domaines rarement explorés ensemble »…

Cette normalisation n’a pas entièrement évacué un malaise qui semble persister. L’absence du directeur artistique de La Panacée à cette conférence de presse, la présence à la tribune d’une directrice administrative quasi muette, laisse assez songeur…  Souhaitons que l’équipe n’en sorte pas trop émiettée et démobilisée…  espérons qu’elle n’explose pas en vol dans les prochains mois ! Ce serait alors un regrettable gâchis…

La parole, largement monopolisé par Philippe Saurel, ses échanges parfois vifs et quelquefois complices avec la salle, son emploi récurrent  des formules « … X n’est pas un état dans l’état… , il n’y a pas de république libre de Y… », quelques sous-entendus, tout indique une volonté ferme de tenir en main les outils culturels …
La récente normalisation de l’usage des réseaux sociaux par les établissements culturels de la Ville pourrait nourrir quelques inquiétudes. La personnalisation de la politique culturelle est-elle à ce point indispensable ? Souhaitons que cette politique ne s’oriente pas trop vers une vision à court terme, avec une évaluation limitée aux simples chiffres de fréquentation et/ou aux retombées économiques…

Chroniques & billets d'humeur… sur les expositions d'art dans les musées et galleries à Montpellier, Nîmes, Arles, Avignon, Aix et Marseille

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